CHAPITRE I. — HISTORIQUE DES INSTRUMENTS ET DES MÉTHODES
cavalier, porlanl un pavillon fixé au haut d’une hampe {staff), allait alors se placer successivement en des points convenablement espacés (souvent môme sans doute assez rapprochés les uns des autres) et les deux opérateurs visaient à la fois ce signal mobile. On obtenait ensuite les points correspondants en reportant les lignes de visée de l’une des planchettes sur l’autre. Des surfaces de plusieurs milles carrés ont été reconnues et relevées très rapidement par ce procédé, avec des détails qui eussent exigé de longues et pénibles opérations par toute autre méthode. »
Emploi simultané du dessin pittoresque et du théodolite ou de LA PLANCHETTE. — Nous reppoduisons enfin le passage suivant de la communication de M. Pierce, qui fait ressortir l’utilité du dessin pittoresque, en même temps qu’il confirme l’opinion' déjà émise, à tant de reprises, sur les avantages du lever à la planchette. •
« Parmi les diagrammes exposés, on trouvera une série de profils esquissés ou de croquis panoramiques extraits d’un carnet de notes de campagne pour le lever des sources du Mississipi. Dans le lever des grandes surfaces pour la Carte américaine, une série continue de ces croquis est prise de chacune des stations où l'on installe le théodolite et, auprès des différents points remarquables, on inscrit les angles observés. Ces croquis, quoique imparfaits, sont d'un grand secours pour la construction de la Carte, non seulement parce qu'ils servent à enregistrer les observations, mais pour rappeler les formes du terrain.
» Celui qui opère avec la planchette a incessamment devant les yeux le panorama naturel, d’après lequel il peut représenter sûrement et de la manière la plus saisissante les accidents du relief du sol, en les contrôlant et en les corrigeant au besoin. Lorsque plusieurs objets naturels sont pris pour repères, un croquis est le meilleur moyen de les distinguer et vaut mieux que toutes les descriptions écrites pour éviter les erreurs d' identité. Comme compléments du dessin topographique, les croquis pris de points élevés son t très précieux. »
El plus loin : « Dans les levers récents du Yellowslone Park, on a trouvé avantageux de dessiner des croquis panoramiques continus sur des planchettes légères.... Ces croquis constituent, en réalité, une reconnaissance de toute Vétendue du terrain levé et sont bien préférables à ceux que l’on trace à la hâte sur les feuillets d’un carnet de notes O . »
XXX. — Suite de l’enquête. Observations présentées par plusieurs assistants, particulièrement en ce qui concerne l’emploi de la planchette dans les colonies.
On a vu que M. Tierce avait parlé des services que la planchette pouvait rendre aux ingénieurs coloniaux; il est donc intéressant de connaître, à ce sujet, l’opinion des personnages les plus compétents qui assistaient à sa communication. Deux d’entre eux, M. le général J. -T. Walker, C. B., et le lieutenant-colonel E.-H. Iloldich, R. E., se trouvaient précisément dans ce cas, le premier ayant dirigé pendant longtemps les travaux topographiques dans l’Inde (2) et le second ayant été chargé d’importantes opérations de délimitation sur la frontière de l’Afghanistan.
Le général Walker, familiarisé pourtant, depuis trente ou quarante ans, avec la planchette, convenait tout d’abord que
(') Le lecteur retrouvera au Chapitre III de ces Recherches les idées émises dans les passages soulignés, exprimées presque dans les mêmes termes, appliquées depuis plus d’un siècle par l’illustre Beautemps-Beaupré et que nous n’avons cessé de recommander depuis près de cinquante ans à l’attention des topographes, en leur montrant le parti si avantageux qu’ils pouvaient tirer des perspectives exactes obtenues à l'aide de la chambre claire et plus facilement encore par la Photographie.
Les ingénieurs de la Carte topographique et de la Carte géologique des États-Unis, de leur coté, n’ont pas seulement fait usage de croquis panoramiques, mais aussi, depuis plusieurs années, de vues photographiques du plus grand intérêt et d’une rare perfection, prises dans les parties les plus pittoresques des Montagnes-Rocheuses, du Colorado, du Yellowstone Park, etc. Il en sera également question au Chapitre III.
O Les belles Cartes de V Atlas indien à l’échelle de ont été pu-
bliées sous la direction du général Walker, qui en avait réuni les éléments par la méthode indiquée ci-après.