CHAPITRE I. — HISTORIQUE DES INSTRUMENTS ET DES MÉTHODES
usage (le la triangulation grapliiriue, mais en vérifiaient l’exactitude, en déterminant les latitudes astronomiquement et les longitudes par le transport de chronomètres aux points extrêmes de leurs levers, tandis que les topographes anglais effectuaient une triangulation précise au moyen du théodolite depuis l’Inde jusqu’à la frontière de l’Afghanistan, en traversant la frontière de Perse à l’IIindou-Kousch et en revenant dans rinde. Le long de la frontière à déterminer, les opérateurs anglais avaient des points triangulés en assez grand nombre pour pouvoir travailler sur leurs planchettes, selon le système indien. »
Le général Walker avait affirmé que l’on pouvait assez rapidement dresser des topographes, même en recourant à des personnes peu instruites; le colonel Iloldich l’a prouvé, de son côté; la triangulation seule était faite par des officiers exercés et c’est avec des opérateurs improvisés et peu nombreux (trois ou quatre) qui les secondaient que l’on est parvenu à couvrir en deux ans une étendue de territoire qui mesurait laoooo milles carrés (3ooooo'“"i). « Les Cartes ainsi construites n’étaient sans doute pas aussi achevées que celles des Américains, mais il n’y avait rien de négligé, au point de vue topographique, de ce qui avait une importance militaire ou politique. »
XXXI. — Suite de l’ enquête. Opinions diverses concernant l’usage de la planchette de précision.
Parmi les autres assistants qui ont pris part à la discussion provoquée par M. Pierce, un certain nombre et ceux surtout qui avaient été attachés à la grande Carte topographique du Royaume-Uni {Ordnance Survep), sans contester l’utilité de la planchette, étalent d’avis que c’est avec raison qu’elle n’a pas été adoptée en Angleterre pour les opérations cadastrales. Ils pensaient, en général, qu’il vaudrait toujours mieux, quand on emploie cet instrument, ne pas chercher à atteindre une très grande exactitude et se contenter alors d’une planchette légère (du poids de lo à i5 livres au plus) plutôt que de recourir
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aux planchelles de précision dont le poids alleinl de à 5o livres.
Ils n’ignoraient pas cependant que ces instruments avaient été couramment employés sur le continent et aux États-Unis, mais l’un d’eux, M. lirough, faisait remarquer que presque partout on leur préférait aujourd’hui le tachéomètre {transit théodolite and stadia). Cette préférence se manifestait depuis quelques années, selon lui, même aux États-Unis où le professeur J. -B. Johnson a levé, au tachéomètre, rien qu’en Pennsylvanie, 3ooo milles carrés (75000'^™^). M. Brough avait expérimenté lui-même la planchette dans les montagnes du Harz et en Suède où de fréquents orages ont lieu, et il avait été amené à conclure que l’avantage résultant de ce que l’on construit le plan sur le terrain se trouve contrebalancé par une augmentation de dépense, le travail sur le terrain étant beaucoup plus cher que celui que l’on exécute dans le bureau.
D’autres membres défendaient, au contraire, énergiquement la plancbette de précision. Ainsi, M. T. -G. Gribble, faisant allusion à ce que l’on était allé jusqu’à contester les avantages économiques de la planchette dans les études de chemins de fer, rappelait que M. Walrond Smith s’en était servi avec un succès incontestable dans des cas où l’on était pressé par le temps. « Une fois, entre autres, où l’on avait à craindre que le personnel qui opérait ne pût pas parvenir à faire le travail en temps utile, M. Smith arrivait avec sa planchette, se mettait à l’œuvre, en dépit de la plus vive opposition, et terminait seul, dans le délai fixé, le lever impatiemment attendu. »
Quelques renseignements complémentaires a propos des instruments QUE l’on peut associer A LA PLANCHETTE, NOTAMMENT LA CIIAMHRE NOIRE ET LA CIIAMRRE CLAIRE. — Ull autre illterlo-
cuteur, M. Kilgour, qui avait exécuté de nombreux levers topographiques dans les Alpes, en Égypte, dans l’Afrique du Sud, citait les instruments qu’il avait été conduit à employer conjointement avec la planchette. Tout d’abord, il donnait un aperçu des conditions variables dans lesquelles il avait dû opérer selon les pays, les climats, le but à atteindre, etc., expliquant, par exemple, par quel tour de force il était par-
CIIAP1THE I. — IIISTOniQUE DES INSTRUMENTS ET DES MliTHODES. ^53
venu (') à relever les bords du Nil entre la première et la
(') Nous ignorons si M. Kilgour, qui était en possession de tant de ressources, s’est servi de Vomnimètre d’Eckliold, mais nous saisissons l’occasion qui se présente de signaler un instrument permettant, paraît-il, de mesurer avec une très grande précision les distances et les dilTérences de niveau de points assez éloignés de celui que l’on a choisi pour station.
L’omnimètre, imaginé par Eckliold, en Angleterre, de la famille et de la forme des Instruments de Géodésie dits universels et pouvant, en effet, s’adapter comme eux aux différents usages du théodolite et du cercle méridien, est pourvu en outre de deux organes conjugués qui constituent un micromètre particulièrement délicat, savoir : un puissant microscope dont l’axe optique est perpendiculaire à celui de la lunette et qui est entraîné par celle-ci dans son mouvement de rotation, et une échelle horizontale placée immédiatement au-dessus du cercle azimutal (à 6p“ au-dessous de l’axe de rotation de la lunette) dont les divisions sont lues à l’aide du microscope. Cette échelle peut se mouvoir micrométriquement devant un index porté par une monture rectangulaire fixe, à l’une des extrémités de laquelle se trouvent un écrou, la vis micrométrique et son tambour. L’échelle a une longueur de 4^° et est divisée en 200 parties numérotées de deux en deux, et le pas de la vis est égal à l’une de ces divisions. Le tambour est lui-même divisé en 100 parties égales dont on apprécie le cinquième au moyen d’un vernier; en sorte que l’on peut considérer l’échelle de 4p® (o", ioi6) comme divisée en 100000 parties égales par ce mécanisme, ce qui correspond à peu près, pour l’une des divisions, à un millième de millimètre {un micron).
Le principe de la mesure des distances et de celle des différences de niveau, à l’aide de cet instrument, est facile à saisir {fig. 90).
0 est le centre de rotation de la lunette et du microscope;
AB l’échelle divisée horizontale, et c le pied de la perpendiculaire abaissée du point 0 ;
QR est une mire verticale placée au point Q dont on veut déterminer la distance horizontale OC;
a5î LES INSTRUMENTS, LES MÉTHODES ET LE DESSIN TOPOGRAPHIQUES.
seconde calaracle, avec une planchette installée sur le pont d'un bateau.
m et n sont les deux divisions de l’échelle correspondant aux positions OM et ON de la lunette, Om et 0« du microscope.
On a évidemment