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CHAPITRE I. — HISTORIQUE DES INSTRUMENTS ET DES MÉTHODES. 3o

cause du prisme à réflexion totale qui sert à lire, à l’aide d’une loupe portée par la monture, la graduation du limbe mobile en même temps que l’on voit le point à relever à travers la pinnule opposée.

La boussole à prisme, d’ailleurs, n’est pas seulement employée comme instrument de poche et dans les reconnais-

sances rapides. On en construit d’assez grandes, munies d’un genou à rotule que l’on monte sur un trépied simple, sans vis calantes. Sous cette forme, cet instrument a beaucoup servi aux officiers attachés à la construction des Cartes de VOrdnance Siin’ey', pour le lever dés détails, aussi bien que réduit dans ses dimensions, et tenu à la main il sert habituellement dans les reconnaissances ( ' ).

(') On a vu dans les dépositions de l’enquête sur la planchette que, même pour le lever des détails, on avait, en Angleterre, fait un usage constant du tliéodolite et de la chaîne et que, dans l’Inde, depuis un siècle, on se servait couramment de la planchette simple. Il semblerait, d’après cela, que la boussole ait été négligée chez nos voisins. Cependant, indépendamment de la boussole de mines à alidade centrale dont il a été question un peu plus haut, les ingénieurs et les constructeurs anglais se sont occupés depuis longtemps du perfectionnement de la boussole topographique, comme on peut s’en assurer en consultant l’Ouvrage souvent cité de Geokge Adams : Geometrical and graphical Essaya, etc., pages 206 à 2i3, et ligures de la planche XV. On y remarque encore la disposition presque générale de l'ali-

Boussole à prisme.

3o4 LES INSTRUMENTS, LES MÉTHODES ET LE DESSIN TOPOGRAPHIQUES.

La méthode générale est toujours celle des cheminements, mais on emploie encore accessoirement celles des intersections, des relèvements et des recoupements.

Rapporteur rectangulaire. — A l’occasion de la boussole à prisme, nous mentionnerons aussi le rapporteur rectangulaire, également employé par les opérateurs anglais dans le cabinet ou même sur le terrain. Dans ce dernier cas, les angles et les distances mesurées au pas sont rapportés immédiatement sur des feuilles de papier de o“’,25 à o'”,3o de côté, posées successivement sur une tablette ou une feuille de carton, ou bien sur un hlock-notes de pareilles dimensions.

Les feuilles de papier portent une série de lignes parallèles très fines qui peuvent ou même qui doivent être irrégulièrement espacées à des intervalles variant de 5'“'" à 10“™ (‘). Ces lignes représentent des directions perpendiculaires à celle du méridien magnétique, de l’Ouest à l’Est par conséquent.

Le rapporteur est un rectangle d’ivoire ou de métal de 16*=“ et de côtés environ, dont l’un des longs côtés est une

dade centrale à deux pinnules et aussi une boussole carrée avec alidade sur l’un des côtés de la boîte. Mais vers la même époque, ou même un peu antérieurement à la fin du siècle dernier, le célèbre capitaine Kater imaginait l’instrument qui porte son nom et qui n’est autre que le prismatic compass, à cela près qu’au lieu d’un prisme à réflexion totale, Kater employait un miroir plan argenté incliné à l\b°. Voyez, au besoin, dans le Traité complet du Magnétisme, par M. Bécqüerel ( Paris, Firmin-Didot, 1846), le Paragraphe IV du Chapitre II, intitulé Boussole du capitaine Kater pour relever la position d’un point éloigné, et la figure correspondante. On sait, en effet, que le capitaine Kater, avant de se faire connaître par ses études sur les télescopes et surtout par ses belles recherches sur le pendule, avait exécuté aux Indes de nombreux travaux trigonométriques et topographiques. La popularité actuelle de la boussole à prisme dans l’armée anglaise et dans les services publics en général est constatée dans de nombreuses publications telles que : A Treatise on military Surveying, etc., by lieutenant-colonel Basil Jackson, etc. (London, W.-H Allen and G“, i853); A Treatise on mathematical instruments, etc., by J. -F. Heather, M. a.; a rudimentary Treatise on hand and engineering Surveying, by T. Baker, C. E. (London, Crosby Lockwood and Son, 1897); le Catalogue illustré des frères Elliott, de Londres, 1898, etc.

(’) Les détails que nous donnons ici sont empruntés à l’Ouvrage cité plus haut du colonel Jackson, professeur de Topographie au Collège militaire de la Compagnie des Indes, à Addiscombe. Quelques-unes des dispositions indiquées paraissent lui être dues et, dans ce cas, lui font sûrement honneur, car elles sont très ingénieuses et dignes d’être signalées.

ClIAPITUK I. — mSTOniQUK DES INSTRUMENTS ET DES MÉTHODES. 3o5

échelle de parties égales, les trois autres portant la division angulaire.

Dans les boussoles dont nous nous occupons, la graduation du limbe, inscrite de part et d’autre du diamètre, correspon-

Fig. io5.

dant à la position de l’aiguille ou du barreau aimanté, c’està-dire au méridien magnétique, va de o° à i8o° du Nord au Sud en passant par l’Est, et du Sud au Nord en passant par l’Ouest. Lors donc que l’on observe une direction, il y a lieu,

3oG LKS INSTRUMENTS, LES MÉTHODES ET LE DESSIN TOPOGRAPHIQUES.

après le nombre de degrés et de minutes, d’ajouter l’indication E ou O.

La figure ci-dessus {fig. io5), qui représente le rapporteur dans deux positions correspondant à des lectures de et de i55°3o'0, nous dispensera d’entrer dans d’autres explications. On remarquera seulement d’une part la série des lignes inégalement espacées de la feuille de dessin et de l’autre celle des parallèles aux petits côtés du rapporteur menées par les divisions de l’échelle des parties égales et par conséquent équi- * distantes, qui servent, par la coïncidence de leurs directions avec celles des lignes de la feuille de dessin, à assurer la perpendicularité des grands côtés du rapporteur qui doivent prendre la direction du méridien magnétique.

Cliiiomètre ou clisimètre. — Comme la boussole à prisme ne comporte pas d’organe propre à évaluer les angles de pente, on lui adjoint un clisimètre, improvisé au besoin, qui n’est autre chose que l’antique qiiarré géométrique, composé d’un morceau de carton sur lequel est tracé un quart de cercle de o'",o8 à o"’,io de rayon divisé en degrés, avec un petit fil à plomb attaché au centre. Les rayons qui forment le cadran sont parallèles à deux des côtés du carré et, pour pointer sur un objet éloigné et mesurer la pente de la ligne de visée, on se sert de deux courtes aiguilles ou de petites pinnules en carton, fixées aux extrémités et près du bord supérieur du carré dont le plan est rendu vertical et sur lequel bat le fil à plomb dont le passage sur le quadrant divisé indique la pente cherchée.

Boussole de Burnier {fig. io6). — Cet instrument imaginé, il y a une cinquantaine d’années, par le colonel du génie Burnier, dè l’armée fédérale suisse, est tout à fait analogue au précédent et s’emploie de même, fixé sur un trépied, à la main et au besoin à cheval. L’aiguille ou le barreau aimanté, au lieu d’un disque, porte une couronne dont les divisions n’ont pas à être redressées en passant devant la loupe d’observation, ce qui a permis de supprimer le prisme. La garniture de laiton qui enveloppe l’organe magnétique a seulement une ouverture

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fermée par une lame de verre pour éclairer les divisions de la couronne qui passent devant la loupe. Pour mesurer les pentes dans des conditions semblables, le colonel Goulier a ajouté à la boussole Burnier une autre couronne divisée en degrés

Fig. io6.

de part et d’autre d’un zéro qui vient se présenter devant la loupe quand, la boîte de l’instrument étant renversée dans un plan vertical, la ligne de visée est rendue horizontale. On comprend aisément que ce résultat est obtenu au moyen d’un excès de poids donné à la partie de la couronne correspondant à 90°.

B. Boussoles ordinaires a aiguille indépendante. — Parmi les boussoles de poche à aiguille libre, c’est-à-dire à limbe fixe, qui ont été employées dans les reconnaissances par les officiers français et par les ingénieurs, nous signalerons celles du colo-

3o8 LES INSTRUMENTS, LES MÉTHODES ET LE DESSIN TOPOGRAPHIQUES.

nel Hossard, du colonel Leblanc, du colonel Peigné ei du commandant Delcroix,

La boussole du colonel Hossard {fig. 107) est une boussole à boîte carrée de o®,o8 de côté, dont le couvercle porte à

Fig. 107.

Boussole du colonel Hossard.

l’intérieur une glace étamée de mêmes dimensions que celle qui recouvre l’aiguille et le limbe. Un diamètre perpendiculaire à la charnière est gravé sur cette glace et correspond à une tige plate de laiton que l’on relève du côté opposé de la boîte et dont l’image, projetée sur le diamètre gravé, détermine le plan de visée. Selon les circonstances, l’observateur peut tenir la boîte

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