Recherches sur les instruments
Les progrès de la Topographie, comme ceux des autres arts, ont été naturellement dirigés en vue d’économiser le temps et la dépense pour obtenir un même résultat utile, généralement même supérieur. L’exposé historique qui a fait l’objet des deux premiers Chapitres était destiné à montrer que, dans le cas qui nous intéresse, c’était surtout la durée des opérations sur le terrain que l’on avait cherché à abréger de plus en plus, en simplifiant les mesures directes des distances et des différences de niveau.
Sans revenir sur les détails des procédés en question lesquels se sont modifiés, comme on l’a vu, à mesure que les instruments eux-mêmes se perfectionnaient, abstraction faite toutefois de la méthode des alignements appliquée au Cadastre qui, de propos délibéré, emploie à peu près exclusivement la L.( H.
chaîne ou les règles, on reconnaît aisément que le but proposé a été atteint plus complètement qu’auparavant depuis que l’on a réduit le nombre des stations, en s’appuyant instinctivement sur les propriétés de la perspective. En chacune de ces stations, en effet, on ne mesure pour ainsi dire plus que des angles visuels horizontaux ou verticaux, les premiers (que l’on obtient aussi graphiquement avec la planchette) servant à multiplier les repères de la planimétrie, et les seconds, ceux du nivellement; enfin, depuis le commencement et surtout depuis le milieu de ce siècle, on a eu recours aux angles visuels microméiriques pour lever les détails de la planimétrie par rayonnement, la môme visée sur la mire parlante pouvant servir à déterminer la cote du point considéré. C’est ainsi que l’on est parvenu à réduire considérablement les opérations manuelles, et il est facile de se rendre compte du rôle prépondérant que joue déjà la perspective dans ces simplifications.
Des considérations semblables ont été présentées dans l’Avertissement du premier Volume, mais nous devions les reproduire ici pour insister sur les conséquences, si intéressantes, à notre point de vue, de la méthode la plus expéditive dont on se soit avisé jusqu’à présent, laquelle suppose d’ailleurs toujours la détermination préalable d’un nombre suffisant de repères obtenus à l’aide d’une triangulation et d’un nivellement de précision.
Rappelons tout d’abord que, sur les caries et les plans topographiques complets, le figuré conventionnel du terrain par des hachures n’a été accompagné de cotes de nivellement que fort tard et surtout après l’invention des courbes de niveau; on sait, d’un autre côté, que ce n’est qu’exceptionnellement et pour des plans à d’assez grandes échelles destinés aux ingénieurs que les levers nivelés par courbes sont effectués rigoureusement, à grands frais. Généralement, au contraire, le tracé des courbes est exécuté au sentiment, en parlant des repères auxquels nous venons de faire allusion, en nombre très restreint, et l’opérateur se laisse guider par es formes du terrain telles qu’elles lui apparaissent aux différentes stations, ce qui exige de sa part une grande attention