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CHAPITRE III

— ICONO.M KTKIE ET M ÉTROPHOTOGRAPIIIE.

Sur le rôle des observatoires militaires pendant le siège de Paris par les années allemandes.

Il ne m’était pas possible, dans la Note lue devant l’Académie des Sciences, de donner des détails sur l’organisation du service des observatoires militaires pendant le siège de Paris, mais j’ai contracté, à cette époque, des obligations envers un trop grand nombre de personnes pour que je ne saisisse pas l’occasion qui se présente de rendre hommage à leur dévouement. Le lecteur qui voudra bien prendre la peine de parcourir cette courte Notice jusqu’au bout lui trouvera, je l’espère, quelque intérêt, aucun des eiïorts faits pendant l’Année terrible ne pouvant être indifférent à quiconque aime la France. Il y a ainsi bien des faits ignorés, bien des épisodes touchants que les témoins ne devraient pas laisser tomber dans l’oubli. Peut-être trouverai-je, plus tard, le temps de réunir d’autres souvenirs ; en attendant, je vais essayer de m’acquitter envers un groupe de savants et d’artistes dont les historiens de la défense de Paris ne se sont pas occupés, sans doute parce qu’ils faisaient trop peu de bruit.

Le 20 septembre 1870, le gouverneur de Paris m’ayant confié la mission d’éclairer le commandement sur les mouvements de l’ennemi et sur les travaux qu’il ne manquerait pas d’entreprendre contre les forts et contre la place, je me rendis à l’Observatoire, dont le directeur, M. Delaunay, mit avec empressement à ma disposition son personnel et, parmi les instruments, ceux qui pouvaient s’adapter à nos besoins.

Immédiatement même, nous fîmes une première installation qui devait servir de modèle ailleurs, et nos lunettes commencèrent à explorer la région Sud. A l’autre extrémité de Paris, à Montmartre, un étranger, M. le Dr Gruby, nous offrait un observatoire tout monté d’où nous découvrions la région du Nord et de l’Est ( ' ).

(’) Le Dr Gruby était ce célèbre médecin d’origine hongroise, mort récemment (en 1899), dans un âge très avancé et dont la plupart des jour-

l8o LES INSTRUMENTS, LES MÉTHODES ET LE DESSIN TOPOGRAPHIQUES.

Pour compléter noire matériel, je m’adressai à l’École Polytechnique el au Conservatoire des Arts et Métiers, ainsi qu’à la maison Bardou qui, à elle seule, me prêta vingt lunettes terrestres de 54m"‘ à io8mm d’ouverture.

Enfin, je fis appel aux physiciens, aux ingénieurs et j’obtins de M. le général de Chabaud-Latour, mon chef immédiat, qu’un certain nombre d’officiers du Génie fussent attachés, les uns à poste fixe, les autres à litre temporaire, en qualité de commissaires militaires, aux principaux observatoires.

On trouvera à la fin de cette Notice les noms de ces collaborateurs, ainsi que ceux de plusieurs artistes éminents qui ont bien voulu s’associer à nous et qui ont donné à l’œuvre douloureuse que nous poursuivions le charme de leur talent.

J’ajoute que les ingénieurs hydrographes de la Marine, avec qui nous n’avons cessé d’entretenir les meilleures relations et d’échanger des renseignements utiles, avaient choisi, de leur côté, trois monuments élevés, Saint-Sulpice, l’Arc deTriomphe de l’Étoile et la Tour de Solférino, à Montmartre, d’où ils embrassaient un très vaste horizon.

Nos observatoires permanents, au nombre de douze, étaient répartis, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur, de manière à ne négliger aucun des points accessibles à la vue. A l’intérieur, nous occupions le Panthéon, l’Observatoire national, la tour des Phares de Chaillot, l’étage le plus élevé d’une maison de Passy, une haute maison à la porte Maillot, près de l’enceinte, et l’observatoire du Dr Gruby; à l’extérieur, nous avions installé des postes qui fonctionnaient régulièrement au Mont- Valérien, aux forts de Romainville et de Nogent, au donjon de Vincennes, dans le clocher de Villejuif, aux forts de Montrouge el d’Issy.

Mais ce n’était pas tout, et plusieurs observateurs étaient détachés sur un grand nombre d’autres points avancés et souvent dans le voisinage immédiat de l’ennemi : à Sainl-Ouen, en avant des forts de Saint-Denis, au fort d’Aubervilliers, au

naux ont publié la curieuse biographie. Nous avons eu avec lui les relations les plus courtoises, mais il ne s’est jamais occupé de ce que nous faisions dans son observatoire qu’il nous avait livré sans réserve.

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