‹ Recherches sur les instrumentsChapitre 34 sur 122 · XV. — Quelques observations sur les conditions · texte numérisé non relu

XV. — Quelques observations sur les conditions

de la vision.

Limitation de la distance du point de vue au tableau et de l’angle visuel. — Pour terminer les considérations générales dont nous avons voulu faire précéder la Métrophotographie appliquée au lever des plans, nous présenterons encore quelques observations sur les limites de la distance du tableau à l’observateur, et de l’amplitude de l’angle visuel qui influent nécessairement sur l’usage que l’on peut faire des perspectives dessinées ou photographiées pour restituer aux objets représentés leurs véritables positions relatives et leurs dimensions. Ces limites sont imposées par notre organisation elle-même.

On se rendra immédiatement compte des meilleures conditions dans lesquelles il convient de se placer pour dessiner (*)

(*) On a compris la sérieuse importance de cette branche (le la Métrophotographie dans d’autres pays, principalement en Prusse, où l'on est allé jusqu à organiser un service public sous le nom d 'Institut photo grammétrique, pour restituer les plans avec leurs élévations en nombre suffisant de tous les édifices publics intéressants et des grands travaux d’art.

mie perspective ou pour regarder un tableau exécuté, en se reportant à la Jlg. 1 jo, page 891 du tome I de cet Ouvrage, qui représente l’un des perspeclographes les plus anciens et les plus simples, composé d’une vitre et d’un œilleton. On conçoit, en elï'et, que la distance de l’œilleton, qui figure matériellement le point de vue, à la vitre, c’est-à-dire au tableau, est celle de la vue distincte ordinaire, deom,^5à om,3o, et l’on pourrait ajouter que la longueur du bras de l’opérateur ne lui permettrait pas d’augmenter beaucoup celle distance. Quant a l’angle visuel ou champ du tableau dans le sens horizontal, il ne semblerait pas impossible de lui donner une grande amplitude, mais, à de rares exceptions près, les peintres ont toujours cherché à permettre au spectateur d’embrasser le tableau d’un seul coup d’œil, afin de rendre plus parfaite l’illusion de la restitution du sujet dans l’espace, et ils ont été conduits ainsi à donner à ce tableau une largeur tout au plus égale à la distance du point de vue, ce qui donne 5o° environ pour l’amplitude de l’angle visuel (').

Hâtons-nous de dire que, dans la pratique de la peinture, on amplifie généralement, en craliculant, le dessin exécuté dans ces conditions rigoureuses ou dans des conditions analogues, mais alors, naturellement, la distance du point de vue au tableau s’accroît proportionnellement, et c’est ainsi que, pour se placer au point de vue, on regarde les grandes toiles d’assez loin.

Nous pourrions insister, à celte occasion, sur la convenance, quand on lient à accroître l’illusion, de se placer exactement au point de vue, aussi bien pour des peintures,

(') Dans le tableau de la Cène, de Léonard de Vinci, la distance du point de vue est égale à la largeur de ce tableau. Ce grand peintre avait cependant donné deux règles qui augmentaient encore celle distance : dans la première, il la voulait triple, et dans la seconde, elle était double de la largeur du tableau.

Raphaël a souvent réduit aussi la distance à la largeur du tableau.

Egnatio Danti lui donnait une fois et demie à deux fois cette largeur.

D’autres peintres et d’autres auteurs ont varié pour la distance toujours entre une largeur et trois largeurs; aucun n’a admis une dislance inférieure à celle de la perpendiculaire abaissée du point de vue pris pour sommet d’un triangle équilatéral construit sur la largeur du tableau, ce qui donne le champ maximum de 6o°.

Page 1