CHAPITRE III. — ICONOAI lÎTIUli ET MÉTROPIIOTOGIUPllIE. I
stations photographiques cl les rallachemenls des stations, isolées (') à l’un au moins des sommets de ce canevas, doit avoir été exécuté préalablement avec le plus grand soin sur la feuille de dessin. Nous n’avons sans doute pas besoin de revenir, à ce sujet, sur des notions familières à tous les topographes, nous réservant d’examiner dans un autre paragraphe les considérations d’après lesquelles on doit se guider pour choisir les sommets de la triangulation ou des cheminements et les stations isolées.
Nous supposons également, d’un autre côté, que l’opérateur ayant relevé sur son carnet les angles nécessaires pour l’orientation de Y axe de chacune des épreuves prises aux différentes stations, les traces des plans de ces épreuves, c’està-dire des tableaux verticaux des différentes perspectives, sont rapportées sur la feuille de dessin. On n’emploie, en effet, que les traces des perspectives, et si, pour la démonstration, nous avons eu recours au rabattement des perspectives ellesmêmes dessinéesou photographiées, en les déplaçanld’ailleurs pour éviter les superpositions (2), on devine aisément qu’il deviendrait impossible de disposer sans confusion des épreuves nombreuses sur la même feuille de dessin.
Admettons donc que toutes les opérations précédentes ont été effectuées et considérons deux épreuves prises de stations voisines dans des conditions telles qu’elles renferment évidemment des parties communes du terrain à étudier; le premier soin de l’opérateur, et c’est la partie la plus délicate de sa tache, sera de reconnaître, d’identifier les mêmes objets considérés comme autant de signaux naturels, les mêmes points tels que les angles d’un champ, d’un bois, d’une roule, d’un sentier, des bords d’une pièce d’eau ou d’un ruisseau, la même arête d’une maison, d’un rocher, dans les hautes montagnes, les angles rentrants ou saillants des glaciers, des bords des champs de neige, et partout des changements de
( ’ ) On verra plus loin l’importance de ces slalions que nous qualifions d’isolées.
(:) C’était ce que nous avions fait tout d'abord pour la reconnaissance du lorl de Vincennes (§ 11) et pour celle du village de Iîue, celte dernière comportant en loul huit photographies.
I >s I.E8 INSTRUMENTS, LES .MÉTHODES ET LE DESSIN TOPOGRAPHIQUES.
leinies du sol dus à la nature de la végétation, du terrain luimême ou de ce qui le recouvre.
Ici nous laissons la parole à M. le commandant Javary qui, après une pratique continue de huit années, avait résumé ses observations dans le Mémoire déjà cité :
« On doit prendre, dit-il, les points par séries, suivant les cours d’eau, les chemins, les groupes de maisons, les limites des bois; on en répartit ensuite un certain nombre sur le terrain, autant que possible sur les crêtes, les thalwegs, les changements de pente. Les premiers servent à la planimélrie et pour le nivellement ; les seconds servent seulement pour le nivellement. Les points qu’on marque ainsi sont des arbres, des arbustes, des limites de culture, des pierres, mille objets que l’on serait quelquefois embarrassé de nommer, mais qu’on voit clairement sur les deux épreuves ( 1 ). »
Celte confrontation achevée sur les deux épreuves considérées — et rien n’empêche de l’étendre plus lard à d’autres points que l’on aurait négligés dans une première ébauche, — on projette tous ceux qui sont numérotés sur les lignes d'horizon, puis en se servant de bandes de papier pliées de la longueur de ces lignes d’horizon, on relève avec soin les pieds des perpendiculaires sur le bord de chaque bande, en inscrivant à côté le numéro correspondant.
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de ces bandes sur laquelle se
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trouvent indiqués en outre l’axe de l’épreuve, c’est-à-dire le point principal de la perspective, le numéro de la station et celui de l’épreuve. Chacune de ces bandes est alors portée
(') Nous n’avons pas besoin de rappeler (pie le commandant Javary a partout opéré dans des pays très civilisés et à des altitudes moyennes, mais il est aisé d’étemlre les indications qu’il donne à toutes tes autres contrées.
CUUMTItlC III. — KidNOMÉTIUK ICT MlhllOPIIOTOGIlAPIIIK. I H)
sur la feuille de dessin le long de la Irace du lableau de l'épreuve indiquée, et, après avoir établi la coïncidence des points principaux, on la lixe au moyen de pointes à tète plate appliquées à ses deux extrémités ( punaises des dessinateurs).
Cela fait, il ne reste évidemment plus qu’à chercher, sur les deux bandes, le même numéro et à tracer deux lignes allant aux stations correspondantes dont l'intersection donne le point du plan qui portera le même numéro. Au lieu de tracer les lignes de construction qui fatigueraient et encombreraient le dessin, on se sert avantageusement de (ils attachés à une aiguille piquée à chaque point de station, que l’on tend en les faisant passer successivement par les points portant, deux à deux, le même numéro d’ordre, et l’on n’a qu’à marquer leurs points d’intersection sur le dessin.
Planimélrie. — Il n’y a pas lieu d’entrer dans beaucoup de détails relativement au tracé de la planimélrie. Il va de soi que l’on doit s’attacher à obtenir en premier lieu les lignes principales qui en forment pour ainsi dire le canevas, c’està-dire les routes, chemins, cours d’eau, groupes d’habitations, murs de parcs ou de grandes enceintes, limites des bois et des cultures bien accentuées, etc. Quant à la marche à suivre pour se reconnaître au milieu des points rapportés, qu’il vaut mieux ne pas trop multiplier en commençant et dont le numérotage systématique auquel il a été fait allusion antérieurement sert de lïl conducteur, il faut convenir qu’elle exige un certain apprentissage; mais nous nous bâtons d’ajouter que ceux qui prennent la peine de s’y livrer ne tardent pas à sentir qu'ils n’ont, pour ainsi dire, qu’à se laisser guider par la confrontation incessante des photographies.
Nous pouvons affirmer personnellement que, dès nos premiers essais faits avec les vues dessinées à la chambre claire et, à plus forte raison, avec des vues photographiées, nous avons prévu la satisfaction, nous allions dire le plaisir qu’éprouveraient par la suite ceux qui se livreraient résolument à ce genre d’opérations.
Nivellement et tracé des courbes. — Le nivellement com-
l6o LES INSTRUMENTS, LES MÉTHODES ET LE DESSIN TOPOGRAPHIQUES.
porle deux phases ou même deux opérations distinctes; la première, de beaucoup la plus simple, consiste dans le calcul des côtés des différents points rapportés sur le plan et peut être confiée à un aide ('); la seconde, ayant pour objet la représentation conventionnelle du relief du sol par des courbes de niveau équidistantes, exige, au contraire, la participation attentive de l’ingénieur topographe qui ne se contente pas de consulter les deux épreuves combinées que nous avons supposées, mais toutes celles sur lesquelles se trouvent représentées les mômes parties du terrain et dont il a dù s’aider, dans bien des cas, pour le tracé de la planimétrie.
La PL XIII, qui est une réduciion, à l’échelle de du
plan de Sainle-Marie-aux-Mines levé photographiquement et dessiné à l’échelle de 37^- en 1867 par M. le capitaine Javary aidé de M. Galibardy, garde du génie, est un spécimen destiné à donner une idée de l’importance des résultats auxquels on était parvenu en France dès celte époque.
(’) On a cherché et proposé différents procédés pour simplifier autant que possible ces calculs; nous les ferons connaître dans le Chapitre suivant et nous nous bornerons ici à rappeler que les différences de niveau de l’axe optique de l’appareil et des différents points considérés s’obtiennent par une quatrième proportionnelle x après avoir mesuré pour chaque point :
i° Sa distance à la station sur le dessin et à l’échelle de ce dessin, D;
2° La distance en millimètres de la sLation à la projection de la perspective du point sur la ligne d’horizon, toujours sur le dessin, d;
3° Enfin la hauteur apparente positive ou négative, c’est-à-dire au-dessus ou au-dessous de la ligne d’horizon, en millimètres, sur l’épreuve photographique, h.
Ainsi
Ces différents éléments sont inscrits dans les colonnes d’un registre dont voici la forme :