CHAPITRE II
Lésions des faisceaux occipitaux du centre ovale.
Nous ne connaissons guère mieux les fonctions de la région occipitale du cerveau que celles de la région préfrontale. M. Ferrier (1) a reconnu que chez les singes l’excitation électrique des lobes occipitaux ne produisait aucun résultat. Leur ablation expérimentale ne détermine pas de paralysie. Cinq fois M. Ferrier a enlevé les lobes occipitaux en masse ; à la suite de cette mutilation les animaux conservent la sensibilité et la motilité volontaire ; la soif persiste, mais l’appétit disparaît, et la mort survient au bout d’un petit nombre de jours. Un seul singe a survécu à celte opération. Après cinq jours d’abstinence volontaire, il s’est remis à manger et a guéri. M. Ferrier croit que l’intégrité des lobes occipitaux est en rapport avec la conservation de l’appétit et plus généralement des sensations viscérales. C’est là une hypothèse qui mériterait d’être soumise à l’épreuve de recherches nouvelles.
Chez l'homme, les lésions corticales des lobes occipitaux ne donnent lieu à aucune paralysie motrice (Charcot et Pitres). Chez certains malades, à l’autopsie desquels on a trouvé des ramollissements corticaux du lobe occipital, M. Charcot a noté l’existence de démangeaisons cutanées, de fourmillements, etc. Jamais ces lésions ne donnent lieu à de l’anesthésie vraie.
Les lésions limitées des faisceaux occipitaux du centre ovale, ne paraissent pas avoir une symptomatologie plus nette que celles des faisceaux préfrontaux. Tout ce qu’on peut dire pour le moment avec quelque certitude, c’est qu’elles ne dé-
fi) Ferrier. — The functions ofthe Brain. Londres, 1876, p. 192.
terminent pas de paralysies appréciables, ainsi que le démontrent les observations suivantes :