OBSERVATION XXII
FOYER HÉMORRHAGIQUE RECENT DANS LE CENTRE OVALE DE l’hÉMI- SPHÈRE GAUCHE. — HEMIPLEGIE DROITE. — APHASIE (1).
Une femme de 65 ans, est admise dans les premiers jours de décembre 1876, dans le service de M. Vergely, à l’hôpital Saint- André, à Bordeaux. Hémiplégie droite complète (face et membres), depuis six jours; la langue peut être tirée hors de la bouche et n’est pas déviée: la malade comprend très-bien ce qu’on lui demande, mais ne peut prononcer une parole : elle répond par gestes aux questions qu’on lui pose. Pouls lent, régulier, 60. — Mort quatre jours après l’entrée à l’hôpital, dix jours après le le début des accidents.
A l’autopsie, on trouva l’écorce de l’hémisphère gauche parfaitement saine. Sur des coupes, on mit à découvert un foyer hémorrhagique du volume d’une noix, siégeant dans le centre ovale du lobe fronto-pariétal, et atteignant en avant le sommet du faisceau pédiculo- frontal inférieur.
Le moment est venu de soulever une question dont la solution présente de sérieuses difficultés. On sait que les différentes parties de la zone motrice corticale, jouissent les unes relativement aux autres, d’une certaine indépendance fonctionnelle. Telle région de l’écorce préside aux mouvements de la face, telle autre aux mouvements du membre supérieur ou du membre inférieur. Or, on peut se demander si, en quittant la couche grise des circonvolutions, les fibres blanches se
(1) Observation communiquée h la Société de médecine de Bordeaux séance du 16 décembre 1876, par M. Vergely.
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mêlent, se confondent dans un lacis inextricable, ou si elles se dirigent vers les masses centrales sous forme de faisceaux continus et distincts dans tout leur trajet. Si la première hypothèse est vraie, une lésion limitée de la portion motrice du centre ovale devra nécessairement déterminer une hémiplégie plus ou moins forte, selon l’étendue de la lésion, mais toujours totale, en ce sens que la face, le membre supérieur et le membre inférieur, seront toujours affectés simultanément. Si c’est, au contraire, la seconde hypothèse qui répond à la réalité des faits, on comprend très-bien qu’une lésion limitée aux faisceaux provenant des régions de l’écorce qui président, par exemple, à la mobilité de la face ou du membre supérieur, puisse ne déterminer qu’une paralysie isolée de la face ou du membre supérieur.
En d’autres termes, cette question anatomique a pour corollaire ce problème clinique : les lésions limitées du centre ovale peuvent-elles donner lieu à des monoplégies ?
Les observations suivantes ne peuvent laisser aucun doute sur la solution de ce problème (1).