PLAIE PROFONDE DES LOBES FRONTAUX, SANS HÉMIPLÉGIE NI APHASIE
par Bérard (2).
Homme de 29 ans, frappé au front le 4 mars 1843, par des éclats de pierre à la suite de l’explosion d’une mine. Le malade porté à l’hôpital raconte lui-même son accident; il répond aux questions qu’on lui adresse et peut marcher depuis le bureau jusqu’à son lit. Pas de paralysie ni de contracture. Intelligence nette, un peu de somnolence. Fracture comminutive du frontal. Le lendemain, on constate un peu d’hémiplégie faciale droite. Pas de paralysie des membres, coma, mort.
(1) Raymond. — Bulletins de la Société anatomique, 1841, p. 183.
(2) Bérard. — Bulletins de la Société anatomique, 1843, p. 118.
Autopsie. — Tout le lobe antérieur gauche est converti en une niasse molle, rouge, sanguinolente, contenant dans son intérieur de nombreux fragments osseux. Celle altération s’étend jusqu’au fond de la scissure de Sylvius. La même désorganisation a détruit les deux tiers internes du lobe antérieur droit, dans toute sa hauteur, par conséquent, toute la partie de ce lobe qui repose sur la voûte orbitaire. En arrière, elle s’arrête au niveau de la divergence des racines blanches des nerfs olfactifs. Tout le reste du cerveau est parfaitement sain.