‹ Recherches sur les lésions du centre ovale des hémispheres cérébrauxChapitre 90 sur 116 · PLAIE DE LOBES FRONTAUX, SANS HÉMIPLÉGIE NI APHASIE · texte numérisé non relu

PLAIE DE LOBES FRONTAUX, SANS HÉMIPLÉGIE NI APHASIE

par Trousseau (11.

Au printemps de 1825, deux officiers en garnison à Tours eurent une querelle qui se termina par un combat singulier. Les deux adversaires se rendirent sur- le terrain en habit bourgeois et p ai1 une pluie battante L’un d’eux, qui essuya le premier le feu de son adversaire, reçut une balle qui traversa le ruban du chapeau, le cerveau d’une tempe à l’autre, et vint soulever l’os temporal du côté opposé. La matière cérébrale jaillit au dehors parle trou que la balle avait fait et nous en trouvâmes des morceaux sur le- bord du chapeau. Le blessé fut apporté immédiatement à l’hôpital de Tours pendant la visite du matin.

Il était dans la stupeur et quoiqu’il respirât avec facilité, il ne donnait aucun signe de connaissance. On incisa le muscle temporal- du côté gauche ; avec la spatule on souleva la portion dhs qui était brisée et on retira la balle.

A la fin de l’opération, le pauvre malade fit avec les mains un geste qu’il accompagna d’un remerciaient fait à voix trèsbasse.

Chose- étrange ! cette épouvantable blessure marcha à souhait : après quelques jours le malade parlait et il n’y avait aucun signe de paralysie-. Un mois plus tard' il se levait, et,, pendantcinq mois qu’il passa à l'hôpital, vivant presque constamment avec feS internes de service, il les amusait par sa gaieté, par sa causerie piquante : il occupait ses loisirs à faire des comédies et des vaudevilles. Vers la fin de l’été il survint une céphalalgie violente, de la stupeur, puis lessignes d’ un ramollissement aigu du cervean, et à l’autopsie on trouva dans le trajet de la. balle une esquille qui avait déterminé une inflammation de la substance cérébrale. La balle avait traversé les deux lobes frontaux à leur partie moyenne, et dès le premier jour qui avait suivi la blessure, le malade n’avait pas présenté de signes de paralysie: il avait parlé et jamais il n’v avait eu la moindre hésitation dans l’expression de la pensée

(1) Michel Peter,- — D/t' V aphasie MiO/prèn- les ■ Uçons-'j>rofès§ik$ ü VH<Uel-lHm Mu Tfavsxr.aaa (tiaz. hmd) 186ü> pftge-43§)>.;

jusqu’au moment où survint le ramollissement cérébral qui causa la mort.

OBSERVAVION LXXVII

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