SURDITÉ — SURDI-MUTITÉ — BÉGAIEMENT
Il importe d'ajouter que ni le père, ni la mère de cette fille ne sont goitreux, mais ils habitent un village dans lequel il y a des goitreux.
Les faits semblables à ceux qui viennent d'être cités sont nombreux; on les trouve surtout dans les familles atteintes de goitre, et il n'est pas douteux, ainsi que l'admettent d'ailleurs beaucoup d'auteurs, qu'ils ne doivent être rapportés à l'endémie goîtro-crétineuse.
m. — De la surdité, de la surdi-mutité et du bégaiement,
DANS LEURS RAPPORTS AVEC l'eNDÉMIE GOiTRO-CRÉTlNEUSE.
Les rapports de ces diverses infirmités avec l'endémie du goitre et du crétinisme ne sont contestés par personne. On a cité plus haut les opinions de divers auteurs et les faits sur lesquels ils s'appuient; on peut ajouter ici que M. Saint-Lager a réuni sur cette question des documents statistiques intéressants.
Il est certain que l'imperfection de la parole et des sens existe non seulement très fréquemment chez les crétins, mais aussi, assez souvent, chez leurs parents. M. de Rambuteau, dans le mémoire qu'il adressa au ministre de l'Intérieur, pendant qu'il était préfet du Valais, a signalé les mêmes faits.
On a cru néanmoins devoir chercher quelques éléments nouveaux pour éclairer cette question. C'est dans ce but qu'on a relevé tous les cas d'exemptions du service militaire, pour cause de surdi-mutité et de bégaiement, dans les quatre-vingt-neuf départements, pendant seize années, de 18S0 à 1865.
Ce travail n'a point fourni, à quelques exceptions près, les résultats qu'on aurait pu espérer.
g^^g DE L'ENDÉMIE DU CRÉTINISME
Les cas de surdi-mutilé et de bégaiement, comparés à la population générale, sont en effet trop peu nombreux pour révéler la concordance entre le goitre et le crétmisme,
et ces infirmités.
Ce qu'il faudrait, au point de vue statistique, cest un relevé dans lequel on distinguerait les cas de surdi-mutité et de bégaiement qui se trouvent dans les familles atteintes de goitre et de crétinisme, et dans celles qui en sont exemptes. Alors, sans nul doute, le rapport apparaîtrait très tranché; mais un pareil travail n'a point été fait.
Néanmoins, il y a quelques concordances assez remarquables, même au point de vue très général auquel on s'est placé.
C'est ainsi que, pour la surdi-mutité, la Savoie et les Hautes-Alpes ont la proportion la plus forte, qui correspond à l'endémie goîlro-crétineuse la plus intense. Mais à côté de ces faits, on trouve que les départements d'Indreet-Loire et du Pas-de-Calais, par exemple, qui n'ont que des proportions extrêmement faibles de goitreux, se trouvent au premier rang pour la surdi-mutité. Il y a donjc, pour certains départements, des causes spéciales de surdi-' mutité, qui n'ont aucune relation avec l'endémie goitro.- ■ crétineuse.
Les mêmes réflexions pourraient être faites pour ce qiir a trait au bégaiement.
On a cru cependant devoir donner ici, à titre de document, la classification des quatre-vingt-neuf départements, tant pour la surdi-mutité que pour le bégaiement.
Cette classification a été faite, comme on peut le voir^ par ordre de gravité décroissante des deux infirmités.