‹ Recherches sur les maladies mentalesChapitre 75 sur 122 · A LL · texte numérisé non relu

A LL

xtJ\3

63 Tarn

J Orr

67 Maine-et-l.oire. . . .

68 Tarn-et-Garonne. . .

70 Vendée

72 Ule-el-Vilaiiie ....

74 Cher

73 Mord

76 Lot-et-Garonne. . .

77 Hérault

78 Pas-de-Calai?. . . .

79 Mayenne

80 Loir-et-Cher . . . .

aOITRIi

Série.

Hommes. Femmes.

81 Indre-et-Loire . . .

82 Vienne

83 Loire-Inférieure. .

84 Charcnte-Inférieuri'

85 Finistère

86 Deux-Sèvres. . . .

87 Morbihan

88 Manche

89 Côtes-dii-Nord. . .

Tolal.

Proportion pour 1,000.

O.îi

O.îj

R|ÎC.\.PITUL.\TI0.\

Totaux généraux . .

Il résulte de ce tableau qu"il y a, en Fi\ance, dix départements dans lesquels le goitre, pour la population au-dessusde vingt ans, s'élève à la proportion très forte d'au moins 5 p. 100. Ces dix départements, à l'exception de l'Aisne, sont tous des pays de hautes montagnes. Au premier rang se trouvent la Savoie, la Haute-Savoie et les Hautes-Alpes, dans lesquels la proportion des cas de goitre est de 9, llJ ou même 13 p. 100.

Dans vingt-trois autres départements, la proportion est ^ d'au moins 2 p. 100. Les plus gravement atteints soni|f la Loire, le Rhône, le Puy-de-Dôme, la Haute-Loire et l'Oise.

Enfin, dans douze départements, la proportion dos goitreux est encore d'au moins 1 p. 100.

'T'^-ment» oùla Proportion des Goitreux est daumoms i».p.lOO Iw-ternerit^où laPropoi'tiori desC/OÎI/T'eux est daunioin» 2. p. 100 1— T<"i<!ineats où la Proportion des Goitreux est d'au moins l.p.lOO ^ V-w-ter/icnts où la Proportion des CoîtreuxrM, au dessus del p.lOOO *Pa'1eriierit» oùUilVoporti/m de» Goitreux cstd<dp.M)00 et au dessous dZJ

DISTRIBUTION G ÉOGRAl'DIQUR 621

Il y a donc quciranle-cinq départements en France, dans lesquels le nombre des goitreux, pour la population audessus de vingt ans, s'élève au moins à 1 p. 100.

Cette proportion permet d'affirmer que, dans certaines [larties de chacun de ces départements, la maladie règne avec une intensité assez grande.

L'endémie, en effet, comme on le verra, est bien loin tl ètre répandue d'une manière uniforme. Il y a parfois des arrondissements entiers qui sont indemnes et d'autres, au contraire, qui sont gravement atteints.

L'endémie règne encore dans d'autres départements, mais d'une manière beaucoup plus légère et dans des localités restreintes. C'est donc, avant tout, ces quarante-cinq départements qui méritent d'être étudiés, au point de vue de l'endémie du g'oître.

En suivant leur situation sur une carte, on constate qu'ils constituent un ensemble affectant une forme assez remarquable ; l'endémie commence au nord par une simple ligne continue, représentée par les départements de l'Aisne, de l'Oise et des Ardennes ; puis cette ligue s'élargit et Von trouve une agglomération des sept départements de la Meuse, de la Moselle, de la Meurtbe, du Bas-Rhin, du Haut-Rhin, do la Haute-Marne et de la Haute-Saône. C'est au milieu de cette agglomération qu'est placé le déparlement des Vosges, l'un des plus gravement atteints. En allant toujours du nord au sud, la ligne se rétrécit et n'est plus formée que par la fin de la Haute-Saône, du Doubs et le commencement du Jura. Ce dernier département est situé au sommet d'une seconde agglomération bien plus considérable que la première et qui affecte une forme à peu près triangulaire. Elle est composée de vingt cl un départements, parmi lesquels se trouvent ceux oii la maladie sévit avec le plus d'intensité; ce sont, à droite, la Savoie,

g22 GOITRE

le Rhône, l'Isère, la Loire, etc. Le côté gauche du triangle est formé par les départements de Saône-et-Loire, de l'Allier, de la Corrèze, du Puy-de-Dôme et de la Dordogno. Au centre et à la base se trouvent la Loire, la Haute-Loire, l'Aveyron, le Cantal, l'Ardèche, etc.

Il reste un troisième groupe, séparé des deux précédents par les départements relativement indemnes de Tarn-et- Garonne et du Tarn. Il se compose de cinq départements, qui sont, en allant de l'ouest à l'est, les Basses et les Hautes-Pyrénées, la Haute-Garonne, l'Ariège et les Pyrénées-Orientales . *

En suivant sur la carte les départements atteints, on constate ce fait singulier que le goitre épargne les dépar-i tements du Centre, mais bien plus encore ceux de l'Ouest. f Il en résulte que l'endémie, dans son ensemble, présente, | jusqu'à un certain point, la forme d'un fer à cheval, l'extrémité de la branche supérieure étant formée par l'Oise, celle de la branche inférieure par la Dordogne et la partie courbe par les départements des Hautes-Alpes, du Jura et de l'Isère, etc. L'intérieur du fer à cheval et son ouverture sont remplis par les départements du centre et par la frontière de l'ouest, dans lesquels la maladie n'existe pas.

Telle est la distribution géographique de l'endémie du goitre, considérée d'une manière générale. Plus loin, elle sera étudiée pour chaque arrondissement et chaque canton, dans les soixante déparlements le plus gravement atteints.

Marche tie l'endémie du goitre en France pendant cinquante ans (1816 à 1865).

Les rapports qui ont été adressés à votre Commission indiquent presque tous une diminution du nombre des goî-; treux, et on ne peut guère, à cet égard, citer que deux

IJISTItlBL'TIU.N GÉOGRAPHIQUE 623

exceptions; l'uno a élo signalée parle D"" Ménestrel pour (jnelques communes des Vosges, et l'autre par le D'' Rousseau pour la commune de Grozon, près de Poligny.

Les auteurs des rapports attribuent la décroissance h lieux causes principales : la première serait l'augmentation (le l'aisance générale des populations et l'amélioration des conditions hygiéniques qui en a été la conséquence; la seconde, le soin qu'on prend, beaucoup plus qu'autrefois, de faire traiter le goitre à son début. Cependant les documents que vous avez reçus ne con- I tiennent aucune statistique faite à une époque plus ou 1 moins éloignée et qui eût pu être comparée à des relevés I récents.

On comprend que des documents de ce genre seraient I nécessaires pour démontrer que l'endémie est en progres- : sion décroissante; des appréciations générales et toujours I plus ou moins vagues ne sauraient suffire pour qu'on i admette ainsi sans contrôle un fait qui offre un si grand i intérêt.

Il y a cinq ans, votre rapporteur avait relevé sur les ta- ! blcaux conservés à la sous-préfecture de Saint-Jean-de- " Maurienne les cas d'exemption pour goitre depuis 1796 I jusqu'à l'époque de l'annexion ; et, loin de constater ainsi : une décroissance de l'endémie, il avait au contraire reconnu une augmentation dans un assez grand nombre de localités ; il a donc pensé qu'il importerait qu'un travail analogue fût fait pour les départements dans lesquels a eu lieu l'enquête > statistique. Avant d'exposer les résultats de ce travail, il convient de dire comment on a procédé pour les recherches.

Les variations de l'endémie ont été étudiées d'après un relevé de cinquante années fait sur les tableaux du recrulemcnt, de 1816 à 1865, Ces cinquante années ont été divi-

sécs on cinq pédodcs de dix années chacune, cl c'esl la comparaison do ces cinq périodes qui a permis de constater les changements qui se sont produits.

Pour déterminer l'augmentation et la diminution, il iv paru utile d'opposer l'une à l'autre deux périodes de vingt années chacune; la première s'étend de 1816 à 1833 et la seconde de 1846 à 1863.

11 est vrai qu'en prenant les vingt dernières années seulement et les divisant aussi en deux périodes comparées mtre elles, on trouve uu plus grand nombre de départe«^i ments présentant une augmentation, ce qui accuserait pour quelques départements une légère recrudescence dans la période de 1846 à 186S, mais il est facile de montrer que le travail fait sur cette base eût été moins exact. Dans la Meurtlic, par exemple, la proportion est de 3S,37 p. 1,000, pendant la première période; dans la seconde, elle monte à 38,41 ; puis elle tombe à 20,49 et à 12,73, dans la troisième et la quatrième, pour remonter à 16,50 dans la dernière.

Comme on le voit, pour les trente dernières années, la diminution est extrêmement marquée, et cependant, si on se bornait k opposer les deux dernières périodes seulement, on trouverait une augmentation d'un tiers. Les deux périodes extrêmes, de vingt années chacune, constituent donc une meilleure base pour obtenir des résultats se rapprochant autant que possible de la vérité.

On est arrivé ainsi- à constater, en ne prenant que les soixante départements où la proportion des goitreux est la plus forte, que l'endémie a augmenté dans vingt-six d'entre eux et diminué dans dix-sept.

Il importe d'ajouter qu'il y a d'autres déparlements dans lesquels il y a augmentation ou diminution: mais on s'est 1 arrêté à ceux qui présentaient, pour l'augmentation, une '

MAHciiR nE l'endémie 625

proporlion d'un tiers au moins, et, pour la diminution, une proportion d'un quart.

En se bornant dès ce moment aux vingt-si.v départements dans lesquels l'augmentation a été la plus forte et au moins d'un tiers, on arrive aux résultats suivants pour l'ensemble de ces départements :

Dans la première période de 1816 à 1835, les contingents et les cas de réforme pour infirmités se sont élevés à 322,193; le nombre des goitreux a été do 4,254, d'où la proportion de 8,14 p. 1,000.

Dans la seconde période de 1846 à 1865, les contingents et les cas d'exemptions pour infirmités forment, pour les vingt-six départements, un total de 823,677, et le cbilTre des g-oilreux s'élève cà 11,429; la proportion est de 13 87 p. 1,000.

L'endémie du goitre, dans la deuxième période, a donc sévi avec plus d'intensité dans la proportion de 8,14 à 13,87, soit une aug-mentation de plus de moitié.

Il reste maintenant à examiner les aug-mentations qui se sont produites dans chaque département en particulier.

L'endémie a au moins triplé dans l'Orne et a plus que tloublé dans l'Yonne, la Haute-Saône, l'Eure, la Haule- Savoie, le Doubs, les Ardenncs.

Elle a doublé dans la Haute-Marne.

L'augmentation est presque aussi forte dans l'Oise, la Nièvre, la Savoie, la Meuse, la Gôte-d'Or, Seine-et-Oise, l'Aube et l'Ain.

Viennent ensuite, avec des augmentations de moitié ou au moins d'un tiers, les départements do Seine-et-Marne, de la Sarthe, de l'Aisne, du Jura, des Boucbes-du-Rliônc, de la Creuse, de Vaucluse, de la Loire, de la Haute-Loire et de la Lozère.

BAILLAIKJKH

, Il imporlc (le faire remarquer que dans les vingl-six déparlemenls où l'augmenlalion a été au moins d'un tiers, le fait est loin d'avoir pour tous la même importance.

Il faut surtout s'attacher ici aux départements dans lesquels l'endémie sévit avec intensité et qui contiennent un très grand nombre de goitreux. Tels sont surtout la Haute-Savoie, la Savoie, l'Aisne et le Jura.

Yiennent ensuite la Haute-Saône, le Doubs, la Haute- Marne, l'Oise, la Meuse, la Loire, la Haute-Loire et la Lozère.

Ces douze départements contiennent plus de 2 p. 100 de goitreux, et cette proportion, déjà assez forte, tend à augmenter.

Les dix départements qui restent ne contiennent plus que 1 p. 100 ou même une proportion moindre. Cependant il importe de signaler l'accroissement relativement considérable qui a eu lieu dans l'Eure, les Ardennes, la Nièvre, la Côte-d'Or, l'Aube et l'Ain.

Les autres départements n'ont plus que des proportions très faibles; et, bien que les recberches aient été faites pour cinquante ans, une erreur serait plus facile à commettre. Les augmentations qui sont indiquées pour l'Orne et pour • l'Yonne n'en méritent pas moins de fixer l'attention.

L'augmentation dans les vingt-six départements a été rarement progressive pendant les cinquante années; c'est cependant ce qui a eu lieu dans l'Oise, où Ton voit se suc- céder, de dix ans en dix ans, les proportions de 7, 9, M, 15 et 16 p. 1,000.

Dans les autres départements, l'augmentation a été progressive pendant les quarante dernières années, soit seu Icment pendant les trente dernières. Tantôt, comme dans les Ardennes, l'endémie, après avoir-f lus que doublé, reste stationnaire et reprend sa marche progressive pendant les

MARCHE DE l'eNDÉMIE 627

lieux dernières périodes. CeLLe marche est représentée par les proportions de 2, 3, 5, 7 et 9 p. -1,000.

Un autre fait qui semble aussi, sous ce rapport, mériter (le lixcr l'attention, c'est l'envahissement du goitre dans des départements qui, autrefois, paraissaient presque complètement épargnés. On peut citer, entre autres, le Doubs, les Ardennes et la Ilaute-Saône.

Le premier commence par une proportion de 3 p. 1,000 et offre 11 p. 4,000 dans la dernière période; dans les Ardennes, la proportion, qui n'est que de 2 p. 1,000 dans la première période, atteint 9 p. 1 ,000 pendant la .dernière.

Enfin, dans la Haute-Saône on trouve 2 p. 1,000 au début, et 16 p. 1,000 à la fin.

Les mêmes faits se présentent encore dans d'autres départements où l'endémie est moins intense; on peut citer l'Aude, la Creuse, la Côte- d'Or, la Nièvre, etc.; ces départements commencent par des proportions de 2 ou 3 p. 1,000 et arrivent à S ou 6 p. 1,000.

Il résulte de ce qui précède que l'endémie du g-oitre est en progression croissante dans ving-t-six départements, et qu'il y en a dix-sept où l'augmentation a été au moins de moitié.

Ces faits n'ont pas besoin de commentaires, et il est inutile d'insister sur l'intérêt qu'ils présentent pour l'étude do l'éliologie et de la prophylaxie.

Quant à la diminution de l'endémie, elle a eu lieu dans (lix-scpt départements, qui, réunis, donnent les résultats suivants :

De 1816 à 1835, les contingents et les cas de réforme pour infirmités, dans ces dix-sept départements, ont été de 367,411; les exemptions pour goitre se sont élevées à 9,7o2, d'où la proportion de 26,52 p. 1,000.

ggg GOITRE

Dans la deuxième pcrioilo de 1846 à 1863, les conlingcnts elles cas de réforme onlélé de 601,774 elles exemptions pour goîlrc de 9,081, d'où la proportion de 1^5,10 p. 1,000. La proportion est donc tombée de 26,32 à 13,10, ce qui constiLuc une diminution de plus d'un tiers.

Si, après avoir constaté ce résultat général, on passe à l'examen de chaque département en particulier, on trouve ' que, dans onze départements, l'endémie a diminué de plus de rnoitié. Cotte diminution est surtout très remarquable dans le Bas-Rhin, la Meurthe, les Alpes-Maritimes et le Haut-Rhin. Elle est très forte aussi dans la Charente; mais c'est un département à endémie faible (6 p. 1,000).

Le fait le plus remarquable est celui du Bas-Rhin, où l'endémie est tombée dans la proportion de 6,35 à 1.

Dans la Meurthe, qui vient après, la diminution n'a eu lieu que dans la proportion de 2,52 cà 1.

Il importe de faire remarquer que les dix-sept départements dans lesquels le goitre a diminué sont presque tous atteints gravement par l'endémie. Quatre ont plus de. 30 goitreux pour 1,000 habitants (Alpes-Maritimes, Hautes- Pyrénées, Ariège, Basses-Pyrénées); neuf ont plus de^ 20 p. 1,000 (Meurthe, Haut-Rhin, Ardèche, Pyrénées-Orien-» taies, Dordogne, Corrèze, Haute-Garonne, Moselle, Isère); deux ont plus de 10 p. 1,000 (Aveyron, Bas-Rhin); il ne reste donc que deux départements à endémie très faible, la Charente et le Tarn.

Si on recherche comment la diminution s'est produite, on trouve qu'elle n'a eu lieu d'une manière progressive que dans deux départements, ceux du Bas-Rhin et des Hautes- Pyrénées.

Dans le Bas-Rhin, la décroissance, depuis cinquante ans, est indiquée par les proportions suivantes : 60, 39, 25, 10 et 3 p. 1,000. On trouve de même pour les Hautes-Pyrénées

mauciik de l'endému-: 629

les proportions dccroissanles de G6, puis de GO, Si, 43 et,

10 p. 1,000. Comme on le voit, la décroissance ici ne s'est pas maintenue pendant la dernière période. Dans les départements du Haut-Rhin, de la Corrèze, de l'Aveyron, de l'Isère, de l'Ariège et de l'Ardèclie, la diminution est progressive pour les trente dernières années seulement. Dans les Basses-Pyrénées, la proportion est restée lamèjne depuis vingt ans; elle est de dO p. 1,000.

En suivant sur une carte les départements dans lesquels

11 y a eu augmentation ou diminution, on constate que la progression croissante ou décroissante n'a pas eu lieu çà et là, comme au hasard; qu'au contraire, elle s'est produite par régions comprenant un certain nombre de départements. C'est ainsi qu'on trouve se succédant les uns aux autres, sur une ligne continue, les départements de l'Oise, de l'Aisne, des Ardennes, delà Meuse, de la Haute-Marne, de la Haute-Saône, du Doubs, de la Côte-d'Or, dans lesquels l'augmentation est partout considérable. A côté de ces départements, on remarque une agglomération de quatre autres départements dans lesquels l'endémie a diminué; ce sont le Haut-Rhin, le Bas-Rhin, la Meurtheet la Moselle. Dans le Bas-Rhin surtout, la diminution constitue un fait extrêmement remarquable, puisqu'elle a eu lieu, comme il vient d'être dit, dans la proportion de 6,53 à 1.

n est impossible assurément de n'être pas fi-appé de cette singularité de neuf départements dans lesquels l'endémie a subi une augmentation souvent considérable, et qui touchent à une agglomération de quatre autres départements où elle a, au contraire, diminué dans une proportion très forte.

Si des départements du Nord on passe à ceux du Sud, et qu'on examine la ligne oi^i se trouvent successivement l<;s départements des Basses et des Hautes-Pyrénées, de la

Haute-Garonne, de l'Ariège et dos Pyrénées-Orientales, on constate que, là aussi, la diminution existe sur la ligne entière.

Enfin, outre les deux groupes qui viennent d'être indiqués, il en existe un troisième, formé de quatre départements et dans lesquels il y a aussi diminution : ce sont la Charente, la Corrèze, la Dordogne et l'Aveyron. Pour le Cantal, qui est enclavé en grande partie dans ce groupe, l'endémie, depuis quarante ans, y paraît tout à faitstalionnaire.

Ainsi, sur dix-sept départements dans lesquels la diminution a eu lieu, il y en a treize distribués en trois groupes distincts. Les quatre autres sont isolés : ce sont le Tarn, les Alpes-Maritimes, l'Isère etl'Ardèche.

Les résultats qui viennent d'être exposés pour les variations de l'endémie depuis cinquante ans ne peuvent soulever, en apparence au moins, aucune objection en ce qui concerne la décroissance dans un certain nombre de départements, ces résultats étant d'accord avec l'opinion générale. Il n'en est pas de même pour ce qui a trait à l'aggravation de l'endémie signalée dans plus de vingt-six départements. Un pareil fait a lieu de surprendre, car personne ne songe à nier que depuis cinquante ans une amélioration progressive ne se soit produite dans le bien-être des populations et par suite dans les conditions hygiéniques.

Il importe donc, avant d'admettre ce résultat, de bien s'assurer que les recherches sont exactes.

La proportion des exemptions pour g-oitre dans un département suffit-elle pour juger de l'intensité de l'endémie? Cela ne paraît pas pouvoir être mis en doute, si on prend d'assez longues périodes.

Or, les faits qui viennent d'être exposés sont déduits, comme on l'a vu plus haut, de la comparaison de deux pé-

MAliCllK 1)K L'KNDÉMIli t^-J'

riodcs de vingt années chacune. La base sur laquelle reposent les recherches ne paraît donc pas pouvoir être attaquée. Les objections ne pourraient être tirées que des variations possibles dans la manière dont opèrent les conseils de revision.

Peut-on supposer, par exemple, qu'on aurait été moins sévère pour réformer les goitreux de 1816 à 1833 que de

Il est facile de démontrer que cette supposition ne saurait être admise et que c'est bien plutôt le contraire qui pourrait avoir eu lieu.

Et d'abord, il importe de faire remarquer que le chiffre proportionnel des réformés a toujours été en diminuant, en même temps qu'on élevait le chiffre des contingents.

A mesure, en effet, qu'il a fallu un plus grand nombre de soldats, on s'est montré moins rigoureux pour certaines causes d'exemption; en outre, comme on le sait, on a abaissé le niveau de la taille.

La conséquence de ces changements a été des plus remarquables.

Le chiffre total des contingents de 1816 cà 183S ne s'est élevé qu'à 1,160,000 hommes, et celui des réformés à 1,075,000. C'est à peine, entre le chiffre des contingents et celui des réformés, une différence de 100,000. Au contraire, de 1846 à 1865, le chiffre des contingents s'est élevé à 2,120,000 hommes et celui des réformés à 1,257,773; la différence est donc de plus de 850,000.

Ainsi, tandis que de 1816 à 1835 on réformait 92 conscrits pour avoir 100 soldats, de 1845 à 1865 les réformés n'étaient plus que de 57 p. 100; or, c'est précisément dans cette période d'exemptions de moins en moins nombreuses pour infirmités qu'on constate l'augmentation dos exemptions pour goitre.

ÉvidemmenL, le coulrairc devrait avoir lieu.

En outre, de J8l6à 1835 Lous les soldais poiiaicnl un col, ce qui rendait bien difficile l'admission des conscrits atteints même d'un goitre très peu développé.

Une dernière raison, c'est qu'on sait aujourd'hui mieux qu'autrefois que les goîtres peu volumineux guérissent par le seul changement de pays, et c'est encore là une considération qui a dû rendre les conseils de revision plus difficiles au point de vue des exemptions pour goitre.

11 est donc infiniment probable que depuis vingt ans, loin d'avoir exempté proportionnellement plus de goitreux, on a dù, au contraire, en exempter moins, et dès lors la manière d'opérer des conseils de revision ne saurait expliquer l'augmentation assez considérable indiquée par les tableaux du recrutement ; elle semble donc bien réellement devoir être attribuée à une aggravation de l'endémie.

On ne peut évidemment invoquer, pour expliquer ce fait, ni l'augmentation de la misère, ni les changements dans les conditions hygiéniques, qui en auraient été la conséquence.

En se plaçant à ce point de vue, on devrait au contraire, dans les déparlements de l'Aisne, de l'Oise et des Ardennes, par exemple, constater depuis cinquante ans une diminution progressive du goitre. On est donc conduit à admettre qu'il existe quelque cause inconnue, devenue plus active sous l'influence de conditions encore indéterminées.

Quant au développement de l'endémie dans des localités où elle existait à peine autrefois, il importe de rappeler que les auteurs ont déjà cité des faits tendant à prouver qu'elle peut disparaître de certaines contrées et, au contraire, se répandre dans d'autres qui jusque-là avaient été tout à fait indemnes.

D'après Humboldt, le goitre n'existait point à Mariquila.

iMAltCIIK 1)K T/eNDÉMIE C)X\

dans la Nouvelle-Grenade, avant 1780, eL les femmes de celte ville jouissaient même auLrcFois d'une grande réputalion de beauté. Depuis cette époque, l'endémie s'est développée et sévit avec intensité. Le môme auteur assure qu'il en est encore ainsi pour plusieurs autres localités sur le plateau do Santa-Fé de Bogota. Sigault, dans son ouvrage sur les maladies du Brésil, affirme qu'il y a vingt ans le ^oître était à peine connu dans le Rio -Grande du Sud. AlaintenanI, l'endémie règne dans plusieurs villes,

Hof parle de l'apparition récente de l'endémie dans plusieurs cantons de l'Ilmerthal.

D'après Wollierspoon, le goitre était inconnu au fort IKent avant 1820.

• A Beauregard, dans le Puy-de-Dôme, suivant Miral- . Jeudy, l'endémie n'aurait fait son apparition que depuis la I fin du siècle dernier.

A ces faits, cités par M. Sainl-Lager, on peut en ajouter d'autres tendant à démontrer l'augmentation de la fréi qiience du goitre dans des contrées où il existait déjà à un i faible degré,

• Des exemples de ce genre ont été observés au Brésil, ■ aux Etats-Unis, en Allemagne, en Italie, ctc. Les rapports

adressés à votre Commission signalent quelqueç communes des Yosges et du Jura dans lesquelles l'endémie aurait augmenté.

En étudiant plus loin l'étiologie, il y aura lieu de rechercher si les faits d'augmentation ou de diminution du goitre dans certaines localités peuvent être invoqués pour soulenir ou pour combattre certaines doctrines. Il suffira de Idire, dès ce moment, que, quant à l'augmentation, l'in- 1 fluence de l'hérédité l'explique dans une certaine mesure.

Le goitre, en ciïet, comme on le verra, est une maladie ! très héréditaire, qui se perpétue indéfiniment dans certaines

634 GOÎÏRR

familles, pour peu que la prcdisposilion soit aidée par une influence endémique, mémo légère. Il importe, d'ailleurs, de faire remarquer qu'il s'agit ici d'une maladie qui entraîne beaucoup moins que d'autres l'extinction plusoumoins rarj pide des familles par suite d'une morbidité exceptionnelle; l'influence héréditaire continue donc beaucoup plus long-, temps, et, sous ce rapport, le goitre pourrait, jusqu'à un certain point, être rapproché des difformités.

En résumé, pour ce qui a trait aux variations de l'endémie du goitre en France, en comparant entre elles les deux périodes de 1816 h 1845 et de 1846 cà 186S, on est ar-| rivé aux résultats suivants:

1° L'endémie du goitre, depuis cinquante ans, a aug-. menté dans vingt-six départements, et diminué dans dixsept,

2° En résumant les vingt-six dans lesquels il y a eu augmentation, on trouve que celle-ci a été de plus de moitié.

3° Dans huit départements, le nombre des cas de goîlro a au moins doublé.

4° Dans plusieurs départements où Pendémie existait à peine il y a cinquante ans, elle s'est graduellement développée et est arrivée à une proportion assez forte.

5° Quant, aux dix-sept départements oii l'endémie a diminué, la diminution n'a été réellement très marquée que dans le Bas-Rhin, le Haut-Rhin et la Meurthe.

6° Eu suivant sur une carte les départements où l'endémie a augmenté ou diminué, on constate que ces changements ne se sont pas produits çà et là, mais par régions. C'est ainsi que, sur les dix-sept départements oii il y a eu diminution, treize forment trois groupes distincts et séparés les uns des autres.

CATLTE des Variations

DE L E^DEIM1E, Dr GOITRE

e:s fr.\nce

Pendaat50ans (del8]6àl865)

PaxMTBaillapoer o

tentation

T'^Hcrneiits où leTiombre des Goitreux a au rruvins doublé Vteinents oùrabugmentatdjo-n a été plu.s de moitié 'T*^'^«riient,jt où laugmenta,tioi» a été d'un tiers au moins

Dépai'tements oùla diaiiiimtion a été déplus de LOOpourlOOl Départements oùla dimiaution a été de plus ithO pouœ 100 Départements oùla dimiiintioii a été déplus de 2,^ pom-100 d.

'f -ii. BAll,i.UlHK ET FILS

MARCIllî DK t/eNDI'MIE

Du nombre des goîli-eiix en France.

On a VU qu'en récapitulant le nombre des goitreux dans les 89 déparlements, on arrivait pour la population audessus de vingt ans, c'est-à-dire pour 22,840,089 habitants, à trouver un cliilîre de 374,043 goitreux, ce qui donne une proportion de plus de 1 1/2 p. 100.

D'autre part, on a vu aussi que, sur 13,-109 cas de goitre, il y en avait 2,209 cbcz des enfants ou des jeunes gens auidessous de vingt ans. Le nombre des goitreux dans la population au-dessous de vingt ans serait donc approxiiualivement le cinquième de celui qui a été indiqué pour la population au-dessus de vingt ans; il faudrait donc ajouter 74,800 à 374,043, ce qui donnerait un total de 448,843 goîitreux pour toute la France.

Il convient de faire remarquer que celte augmentation d'un cinquième, pour la population au-dessous de vingt ans serait certainement trop faible, ainsi qu'il résulte des reclierclies particulières citées plus haut. Dans les enquêtes, en effet, on se borne généralement à compter les goitres volumineux et, le plus souvent, on oublie de noter ceux des enfants.

En outre, il importe de rappeler que, pour les comptes rendus du recrutement, il y a une proportion assez forte de cas de goitres qui échappent à toute investigation. En 1865, comme il a été dit plus haut, sur 153,021 jeunes gens réellement examinés par les conseils de revision, 52,875 avaient été réformés pour diverses infirmités, el, sur ce nombre, 1,502 seulement l'avaient été pour cause de goitre. Parmi tous les autres, il y avait certainement des goitreux qui ont été exemptés pour d'autres causes. Qu'on

suppose, par exemple, un cinquième .seulement (1) de cos ;■, 52,875 conscrits considérés comme non examinés au point . de vue du goitre, ce serait environ 30,000 cas de goitre qui i devraient être ajoutés au nombre total.

Enfin, on pourrait rappeler que dans cinquante-cinq , départemeiits, qui sont, il est vrai, les plus légèrement 1 atteints par l'endémie, la proportion des femmes aux hommes est supérieure à celle de 3 goitreuses pour 1 goî- ; treux; or, c'est cette proportion qui a été adoptée pour' établir les résultats cités plus haut.

Il serait donc possible, pour ces diverses causes, d'ajouter' 50,000 ou 60,000 goitreux au chiffre indiqué ci-dessus. '

En résumé : Il est permis do conclure des recherches qui i précèdent :

1° Qu'il y a en France environ 500,000 goitreux (2);

2° Si on s'en tient au chiffre de 448,000, qu'on a établi d'après les comptes rendus du recrutement, mais qui est: certainement trop faible, on a encore la proportion trèS'^ forte de 1 goitreux pour 84 habitants;

3" Que la maladie règne à l'état endémique dans soixante départements, mais qu'il y en a quarante-cinq assez grave-ment atteints dans un ou plusieurs de leurs arrondissements. .

En présence de ces faits, il convient de rappeler que l'endémie du goitre, à mesure qu'elle acquiert plus d'in-tensité, tend à produire la dégénérescence de la race.

Il importe donc de rechercher avec soin les moyens prophylactiques les plus propres à arrêter la marche d'une maladie si répandue et dont les conséquences peuvent peu à peu devenir si graves.

(1) Ce fait est directement prouvé par les documeuts originaux du re^ crutement par communes. Ces documeuts prouvent en cllot que trùs. souvent plusieurs motifs d'exemption sont invoqués par le même conscrit.

(2| Ce chiffre concorde avec les résultats cites plus haut et déjà oblemp piu- Boudin et par M. Grange. fr

DISTRIBUTION CtÉOGRAPHIQDE

DE L'ENDÉMIE DU GRÉTINISME

L'élude de l'endémie du crélinisme offre des difficultés i qui n'existent pas pour l'endémie du goitre, et ces diffi- I cullés sont si grandes qu'on ne peut espérer établir que I des approximations dont l'exactitude pourrait souvent être ■ contestée.

Le goitre, en général, ne se développe qu'à l'âge de huit ou dix ans, et cette infirmité ne constitue pas une cause : fréquente de mortalité, de sorte qu'une enquête faite avec ! beaucoup do soin peut, en réalité, donner exactement le I nombre des goitreux. La maladie est d'ailleurs des plus ! faciles à reconnaître et des erreurs ne sont point à craindre. I II en est tout différemment pour le crélinisme.

Pendant les premiers mois et môme pendant les deux I premières années, sa constatation, comme on l'a vu, est I plus ou moins difficile, et il se présente beaucoup do cas douteux. On a donc à craindre un grand nombre d'omissions. Ce fait est d'ailleurs directement prouvé par les ré- ' sullats des enquêtes.

(338 CRl'iTINlSMK

Ainsi, la Commissioa de PiémoiiL, surplus de 7,000 cvètins, n'en a guère Irouvé que 300 âgés de moins de dix ans. Pour se convaincre qu'il y a ici une Irôs grave erreur, il suffit de réfléchir que les enfants au-dessous de dix an^ forment plus du cinquièm'e de la population, et que c'est; dans cette période qu'il y a le plus do crétins. C'est donc, au moins 1,500 ou 1,800 crétins sur 7,000 que l'enquête aurait dû faire connaître.

Pour apprécier l'intensité de l'endémie, il faudrait encore tenir compte delà mortalité exceptionnelle qui sévit sur les enfants atteints de crétinisme. « D'après les renseignements fournis par les médecins des lieux infectés, dit le rapporteur de la Commission de Piémont, la mortalité des enfants est relativement beaucoup plus grande; la plupart meurent subitement après le sevrage, par convulsions, par diarrhée ou par hydrocéphalie. » Cette mortalité exceptionnelle prouve que les résultats fournis par une enquête qui n'a pu constater que l'état actuel de la population, sont très loin de la vérité. Ce qu'il faudrait indiquer dans chaque localité, ce n'est pas seulement le nombre des crétins qui existent à un moment donné, mais celui des crétins qui sont morts pendant une période déterminée. Or, de semblables recherches n'ont point été faites jusqu'ici.

11 existe une troisième cause d'erreur, aussi grave que les deux premières. Elle vient de la difficulté de distinguer le crétinisme de l'idiotie, et l'idiotie due aux causes endi'miques de celle qui se produit sous l'influence do causes plus générales sévissant dans les départements rxcmpls de goitre.

11 n'est donc pas permis d'espérer que les maires chargés de l'enquête statistique aient pu faire ces distinctions souvent difficiles pour les médecins eux-mêmes.

D'un autre cùlé, dans les tableaux du rccrutemeni, on a

MAHCiiii Dii l'endémie 639 réuni dans une môme colonne les cas d'cxemplions pour idiotie et pour crélinisme.

Les documents dont on dispose ne permettent donc pas d'isoler les cas véritablement dus aux causes endémiques locales.

Pour faire comprendre combien est grave là confusion entre le crétinisme et l'idiotie, il suffira de dire qu'il y a en France des départements exempts de goitre et qui néanmoins renferment une forte proportion d'idiots.

Par exemple, si l'on réunit les départements de la Vendée, du Lot-et-Garonne, de la Somme et de la Seine-Inférieure, on trouve une proportion qui est en moyenne de près de 5 p. 1,000, tandis que, dans les mêmes départements, la proportion des goitreux ne s'élève pas en moyenne à 3 p. 1,000.

Assurément, ces cas nombreux d'idiotie ne peuvent en aucune manière être rattachés à l'endémie du goitre. Il y aurait donc lieu de rechercher dans quelle proportion ces cas étrangers à l'endémie se trouvent mêlés à ceux qu'elle produit. Mais comme il a été dit plus haut, on ne peut espérer que les maires chargés de l'enquête statistique aient pu surmonter les difficultés que ce sujet présente.

Il faut donc, jusqu'à nouvel ordre, accepter comme un fait qu'on n'a pu éviter dans les diverses enquêtes, la confusion des cas de crétinisme et d'idiotie. . En résumé, omission, dans les relevés, d'un très grand nombre de crétins âgés de moins de trois ans ; d'autre part, mortalité exceptionnelle qui réduit dans une forte proportion le nombre des cas que l'on est appelé à constater ; enfin, confusion entre les véritables crétins et les idiots, telles sont les causes qui rendent très difficile l'élude do la dis- .tribution géographique de l'endémie du crétinisme et plus

6i0 CUliTINIS.MK

encore de son intensité relative dans les différents départements.

Malgré ces difficultés, on peut néanmoins, en meltaiil àprolitles documents fournis par les tableaux du reci utement, par l'enquête statistique et aussi les recherches spéciales publiées par divers auteurs, établir les faits suivants :

L'endémie du crétinisme règ-ne avec une grande intensité dans les deux départements des Hautes-Alpes et de la Savoie. La proportion moyenne du nombre des idiots en | France n'étant guère que de 3 p. 1,000 (abstraction faite des Hautes-Alpes et de la Savoie), cette proportion s'élève', pour le premier de ces départements à 22 p. 1,000 et, pourif le second, à 16 p. 1,000. Il importe de rappeler que la proportion des g-oîtreux est de 111 p. 1,000 dans les Hautes-Alpes, et de 134 p. 1,000 dans la Savoie. 11 y at donc ici concordance entre la proportion très forte et tout cà fait exceptionnelle des crétins et des idiots et celle des g'oîtreux.

Dans dix autres départements où le nombre des goitreux s'élève de 20 à 100 p. 1 000, le nombre des crétins et idiots atteint encore la proportion de 4 à 6 p. 1,000. Ce sont : la Haute-Savoie, les Basses- Alpes, l'Isère, l'Ardèche, la Drôme, les Alpes-Maritimes, les Hautes-Pyrénées, l'Ariège, la Haute-Garonne et la Lozère.

Dans ces dix départements, l'existence simultanée d'un' très grand nombre de goitreux et d'un très grand nombre d'idiots rend encore très probable une influence très marquée de la cause endémique du goitre sur la produclionlj (le l'idiotie.

Au-dessous des proportions qui viennent d'être indiquées, on a beaucoup plus à craindre de simples coïncidences. Cependant il importo encore de citer un certain nombre de départements à endémie goitreuse dans lesquels la por-

MARCHE DE l'endémie (iil

portion des idiots est de 3 à 4 pour 1,000. Ce sont : l'Aveyron, le Lot, la Creuse, la Haute-Loire, les Vosges, le Puyde-Dôme, les Pyrénées-Orientales, la Dordogne, Ia«Côteil'Or, les Basses-Pyrénées, l'Oise, l'Allier, la Haute-Marne, la Loire et l'Aube.

L'endémie du crélinisme existe dans d'autres départements, mais elle y est assez limitée pour que le nombre des crétins ne modifie pas d'une manière sensible les résultats généraux obtenus pour l'idiotie.

Tels sont les départements de la Meurthe, de la Moselle, du Bas et du Haut-Rhin, et même le département de l'Aisne, dans lequel l'enquête statistique a relevé un assez grand nombre de crétins goitreux.

Cette enquête, d'accord avec les renseignements fournis par les tableaux de recrutement, confirme d'ailleurs un fait depuis longtemps reconnu, c'est que l'endémie du crétinisme sévit surtout dans les pays de montagne.

Il y a en France trois groupes principaux de départements qui doivent être signalés sous ce rapport.

Le premier se compose de 8 départements contigus : la Savoie, la Haute-Savoie, l'Isère, les Hautes-Alpes, les Basses-Alpes, les Alpes-Maritimes, la Drôme et l'Ardèche.

Le second comprend 5 départements : les Hautes-Pyrénées, les Basses-Pyrénées, l'Ariège, la Haute-Garonne et les Pyrénées-Orientales.

Dans le troisième groupe, se trouvent la Lozère, la Haute- 1 Loire, le Puy-de-Dôme.

Il faut, à ces 16 départements, ajouter celui des Vosges.

Bien que votre Commission n'ait à s'occuper que du ' crétinisme, votre rapporteur a cru utile, dans le but d'éclai- I rer la question, de faire un relevé général du nombre ; approximatif des cas d'idiotie et de crétinisme en Franco,

BAII.LAnOF.R, II. 41

d'après les tableaux du recrulement, en prenant une moyenne de seize années.

Il résulte d'un tableau ci-joint que le nombre des cas d'idiotie et de crétinisme peut être évalué, pour toute la ; France, à plus de 120,000, ce qui donne, pour la population totale, une moyenne de 3,2 pour 1,000; mais si l'on re- ; tranche, comme il convient, les Hautes-Alpes et la Savoie, dont les proportions exceptionnelles doivent vicier le ré- y sultat général, on trouve que la proportion moyenne des " cas d'idiotie et de crétinisme dans les 87 départements est, en réalité, de 3 pour 1,000.

d^^dre. Départements.

Populfl tion.

Crétins et idiots.

Proportion pourl.ûOO.

4 Lozère

b Hautes-Pyrénées. . .

9 Lot-et-Garonne. . .

10 Alpes-Maritimes . .

11 Somme

12 Seine-Inférieure. . .

20 Haute-Garonne . . .

21 Lot

22 Tarn-et-Garonne. . .

23 Creuse

A reporter. . , .

DISTRIBUTION GÉOGRAPHIQUE 643-

,. Départements.

Population.

Crétins et idiots.

Propor pour l.(

Report

24 Maine-et-Loire

23 Haute-Loire

26 Orne

29 Manche

30 Puy-de-Dôme

31 Pyrénées-Orientales. .

32 Sarthe

33 Dordogne

34 Calvados

33 Cùte-d'Or

36 Allier.

37 Eure-et-Loir

38 Deux-Sèvres

39 Basses-Pyrénées. . . .

40 Oise.

42 Haute-Marne . ...

43 Indre

46 Ain

47 Finistère

49 Yonne

50 Seine-et-Marne ....

51 Seine-et-Oise

53 Vaucluse

54 Cantal

53 Doubs . . ,

56 Charente-Inférieure. .

38 Meurthe

61 Moselle

A reporter . . . . 22.380.643 89.99G

Départements. Population.

d'ordre.

Report 22.386.643

62 Gard 429.747

63 Cher • . • • 336.613

64 Ille-et-Vilaine u92.603

6b Loire-Iiiférieiire. . . . 598.598

66 Saôue-et-Loire . . . . 600.006

67 Haut-Rhii) ....... 530.285

68 Bas-Rhin 588.970

69 Pas-de-Calais 749.777

70 Indre-et-Loiie 325.193

71 Hérault 427.245

72 Jura 298.-477

73 Aisne 565.025

74 Gers 295.692

75 Morbihan 501.084

76 Loiret 357.110

77 Haute-Vienne 326.037

78 Charente 378.218

79 Tarn 355.513

80 Rhône . 678.648

81 Nièvre 342.773

82 Marne 390.809

83 Haute-Saône 317.706

84 Côtes-du-NorJ 641.210

85 Gironde 701.855

86 Nord '. 1.392.041

87 Bouches-du-Rhône.. . 547.903

88 Corse 259.861

89 Seine 2.150.916

'ïoTAbX. . . . 38.066.564

Crétins et idiots.

Proportion pour 1.00).

Quant aux variations de l'endémie du crétinisme, elles ne pourraient être déterminées qu'à l'aide des tableaux du recrutement; mais, comme il a été dit plus haut, le crétinisme dans ces tableaux n'a point été séparé de l'idiotie. Les documents, d'ailleurs, ne permettent pas de remonter à plus de seize années, ce qui serait tout à fait insuffisant.

Votre rapporteur a pu, néanmoins, faire des recherches

•v. s fi

CARTK TROISIEMK

CARTE, de la

Distribution o'e'ograpliiqiie

du

CRÉTINIS^IE ETDELIDIOTIE EX FRANCE

Par- ]Sr; Baillartfer

'^'aneinenls

où Ici. 1 VoporLioii (les Crcthîs ou IdioLs esl- dau moins 'h'wiemerii;<oûla l*i-opor-Uon des Crétixis ou Idiots est d'au moins SplOOO VKeniera.soàlal'poportiondxîS Crétins ouTdiol-s est datimoiris 2p.l000 L-^T 'l'^rtftrr.ents où U J Vopor-tLon des Cretois ou Idiots est aadessous dc2p.l000

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