TROISIÈME CAS
Fibrine 3,2
Globules 82,4
Matériaux solides du sérum | ^'^^^^^^^^^ ^^'^
( ] norganiques . . 0,9
Eau 849 , 6
Eu jetant un coup d'oeil sur ces trois analyses, on peut voir que dans le second et le troisième cas , les globules sont de beaucoup descendus au-dessous de leur quantité physiologique •, cette circonstance ne salirait être attribuée à la présence de l'albumine dans l'urine , puiscpie , dans le premier cas , nous trouvons que les globules sont restés en quantité normale 5 mais nous pouvons rendre compte , dans ces deux cas, de la diminution considérable des globules par les circonstances suivantes :
Le second cas en effet est relatif à une femme hydropique , et qui était arrivée à un état d'anémie assez prononcé pour qu'on entendit chez elle im bruit de souffle aux artères carotides -, son sang devait donc contenir peu de globules.
Dans le troisième cas où la diminution des globules est beaucoup moindre (82 , 4 au lieu de 61 , 6) , il s'agit d'une autre femme qui , atteinte d'un érysipèle à la face , avait été déjà saignée une première fois et avait subi une forte application de sangsues, lorsque de l'albumine apparut dans l'urine. On s'explique ainsi l'abaissement du chiffre des globules, abaissement qui toutefois fut plus considérable qu'il ne l'est d'ordinaire dans des circonstances semblables. Un peu plus tard une seconde saignée, pratiquée après que de la nourriture avait été accordée, fit voir une augmentation dans les globules 5 plus tard enfin ,
lorsque après la disparition de l'albumine du sein des urines, on pratiqua une quatrième saignée, et qu'on trouva l'albumine du sang revenue à son état normal, deux circonstances frappèrent encore notre attention, d'une part une nouvelle diminution des globules, et d'autre part une augmentation de la fibrine. Pourquoi ces nouveaux changements dans le sang? C'est que peu de jours avant la dernière saignée, plusieurs ganglions lymphatiques du cou s'étaient enflammés , et étaient rapidement arrivés à la suppuration 5 la malade avait dû être de nouveau soumise à une diète sévère. Telles furent les causes tout accidentelles et de l'accroissement de la fibrine et de la diminution des globules.
Nous avons cité dans le cours de ce Mémoire assez d'exemples semblables pour qu'aucun doute ne puisse être élevé sur l'interprétation que nous donnons à ces faits.
Analyse du sang de la troisième saignée.
Fibrine 3,0
Globules 88,2
Matériaux solides du sérum j «^S^ïiiq^^es- • • • 66 , o
( inorganiques . . 6,7
Eau 836,1
Analyse du sang de la quatrième saignée.
Fibrine 4,2
Globul GS 71,0
Matériaux solides du sérum j «^^S^^'q^^s- • • • 7^,0
( inorganiques. . 6,9
Nous nous sommes donc rendu parfaitement compte de ces singvdières oseillations que présentèrent, dans trois saignées successives faites à un même individu, les ditierents éléments du sang, et c'est ainsi que plus nous avons avancé dans l'exposition de nos recherches, plus il nous est devenu facile, par l' analyse des faits, de ramener a quelques principes les causes de tous ces changements de composition du sang qui, par leur mobilité même et par la rapidité de leur succession, sembleraient au premier coup d'oeil échapper à toute règle , et se reproduire comme au hasard. Au milieu de ce désordre apparent il y a des lois qui s'accomplissent, et pour les trouver il ne s'agit que de dégager les phénomènes de leur complication (i).
Qu'on nous permette , avant de terminer, une dernière remarque sur le parti que quelques personnes supposent qu'on pourrait tirer de l'examen de la densité du sérum , pour évaluer la quantité d'albumine et de sels contenus dans le sang. Ou a effectivement vérifié que dans la maladie de Bright, où le sang contient moins d'albumine, son sérum a aussi moins de densité (Christison , Rayer et autres) -, mais toute diminution de densité du sérum estelle le résiûtat d'une diminution de l'albumine, et par contre est-on fondé à donner pour preuve de l'abaissement du chiffre de l'albumine dans le sang, la densité de moins en moins grande que présente le sérum à mesure qu'on répète la saignée? Nous ne saurions l'accorder, car ce serait là un résuhat qui se trouverait généralement en désaccord avec celui qu'ont fourni nos analyses. Pourquoi
r.) On trouvera à l'article de la bronchite capillaire deux autres cas ou, avec un grand abaissement du chiffredes matériaux solides du sérum, co.n cida encore la présence de ralbuminc dans Furine.
donc , j^i pareil cas , le sérum perd-il de sa densité? C'est que celle-ci ne dépend pas seulement de la quantité d'albumine et de sels du sang. En effet , la proportion d'albumine et de sels restant la même , il suffit que les globules du sang diminuent pour que la quantité d'eau augmentant proportionnellement, la densité du sérum se trouve abaissée. Or, comme le résultat le plus constant des saignées pratiquées à des intervalles rapprochés est de faire baisser la proportion des globules, on conçoit sans peine que les données fournies par la densité du sérum peuvent induire en erreur, en faisant rapporter à l'albumine et aux sels une diminution de proportion qui le plus souvent porte réellement sur les globules. Lors donc que l'on constate un abaissement de la densité du sérum , la seule conclusion que l'on puisse tirer de ce fait, c'est que le sang est appauvri. L'analyse seule peut apprendre lequel de ses principes a subi un abaissement de proportion.
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