‹ Recherches sur les modifications de proportion de quelques principes du sang, fibrine, globules, matériaux solides du sérum, et eau, dans les maladiesChapitre 10 sur 21 · CHAPITRE H · texte numérisé non relu

CHAPITRE H

Maladies dans lesquelles la fibrine reste en quantité normale ou diminue > en meme temps que les globules restent aussi en quantité normale ou augmentent.

L’augmentation de la fibrine, caractère constant de l'état phlegmasique, est-elle liée à la nature même de cet état, ou bien dépend-elle de l’existence de la fièvre qui l’accompagne? On peut d’autant plus se poser cette question, que dans l’état phlegmasique la fibrine diminue dès que la fièvre cesse , comme dans la tuberculisation puli monaire elle augmente dès que la fièvre s’allume d’une 1 manière continue. Nous ne craignons pas cependant

d’affirmer que c’est de l’état phlegmasique , et non de la fièvre qui. l’accompagne, que dépendait l’augmentation de fibrine dans les cas que nous avons passés en revue; si, dans ces cas, nous avons vu souvent la fibrine croître avec la fièvre, c’est que la violence de celle-ci traduisait la plus grande intensité de l étal phlegmasique. Il est en effet une autre grande classe de maladies aiguës dans lesquelles le phénomène fondamental est une fièvre aussi intense et souvent plus durable que la fièvre des pldegmasies, et dans lesquelles le sang va cependant se présenter à nous sans augmentation de fibrine, et souvent au contraire avec une notable diminution de ce principe. Ces maladies sont les pyrexies, ou les fièvres proprement dites, et ici l’analyse du sang vient merveilleusement rétablir et confirmer une distinction réelle de nature entre cet ordre de maladies et l’ordre des inflammations. Ainsi donc il faut qu’une phlegmasie entretienne la fièvre, coïncide avec elle, ou s’y ajoute, pour que la fibrine du sang vienne à augmenter.

Mais indépendamment de ces maladies générales qu’on appelle des pyrexies, il en est d’autres que la fièvre n’accompagne plus, qui semblent être toutes locales, et dans lesquelles nous avons souvent rencontré une diminution de la fibrine soit absolue, soit relative aux globules dont la quantité se trouvait augmentée. Ce sont les congestions et les hémorragies cérébrales.

Article premier. — Pyrexies. — Nous rangerons en cinq groupes les faits dont nous avons à rendre compte à propos de l’état du sang dans les pyrexies.

Dans le premier groupe nous comprendrons les faits relatif s à cet état morbide tout particulier qui précède, dans beaucoup de pyrexies, l’invasion du mouvement fébrile, et qui en constitue ce qu’on appelle le prodrome.

Dans un deuxième groupe nous placerons un certain nombre de faits relatifs à des pyrexies qui , nées de causes ^variables et marchant avec des symptômes divers, n out pas de places déterminées dans les cadres nosologiques, et n’ont pas reçu non plus de nom spécial. Il y a là un trouble général qui se traduit par un mouvement fébrile de durée et d’intensité variables, et dont l’état des solides ne saurait rendre raison. Là se trouve un certain nombre de ces fièvres dont Pinel désignait les unes sous le nom de fièvres inflammatoires, et les autres sous le nom de fièvres bilieuses; nous donnerons simplement à ces pyrexies le nom de fièvres continues.

Un troisième groupe renfermera les cas de fièvres typhoïdes proprement dites.

Nous rapporterons à un quatrième groupe les cas de fièvres éruptives (variole, rougeole, scarlatine).

Dans un cinquième groupe enfin trouveront place les lièvres intermittentes.

Dans aucun de ces cinq groupes la fibrine ne présente d’augmentation de quantité, si ce n’est dans quelques cas qui forment une exception qui n’est qu’apparente, et dont on peut sc rendre compte; souvent au contraire la fibrine diminue de quantité, soit d’une manière absolue, soit d’une manière relative. Les globules peuvent conserver leur état normal ; dans un certain nombre de cas ils augmentent suivant une proportion très remarquable, et ils ne diminuent jamais que par le fait de circonstances dont l’influence vient se surajouter à celle de la maladie.

Il suüît de mettre en parallèle ces résultats généraux, avec ceux que nous adonnés le sang dans les phlegmasies pour saisir tout ce qu’ils ont de différent. Arrivons maintenant aux détails.

Ann. de Chim. ei île Phfs , T. i.xxv. (Novembre 1 8 jo.) 1 8

§ 1eri — Du sang dans le prodrome des Jievres continues. — Nous avons examiné ce sang chez huit malades et dans neuf saignées.

Dans aucun de ces cas nous n’avons trouvé la fibrine plus abondante que de coutume ; dans trois d’entre eux elle était un peu au-dessous des limites de sa quantité normale, et cependant encore au-dessus de i \ dans deux autres cas elle était encore moins abondante, n’étant plus représentée que par 1,8 dans un cas et 1,6 dans l’autre. Les globules au contraire ne furent trouvés , dans aucun cas , au-dessous de leur chiffre physiologique, et plus souvent meme ils le dépassèrent, de manière à donner les chiffres i36,4, 187,9, 1.42,7, 1 4^,5 , et jusqu’à 157,7. L’individu qui offrit ce dernier chiffre n’avait que 1,6, en fibrine ; il entra à l’hôpital dans un état d’abattement musculaire des plus prononcés \ après plusieurs jours de repos ses forces se relevèrent, il se trouva mieux, et alors nous le fîmes saigner de nouveau. Un changement notable s’était opéré dans son sang : la fibrine avait augmenté, en restant toutefois encore au-dessous de son chiffre normal, et marquait 2,1; les globules, si abondants, étaient descendus de 167,5 à 129,3 \ les matériaux solides du sérum étaient tombés de 96,5 à 88,9. Ces matériaux, d’ailleurs, dans tous les cas, se maintinrent assez haut, entre 84,1 et 96,5-, l’eau fut par conséquent toujours peu abondante, ne dépassant jamais la quantité moyenne, et s’abaissant au - dessous de celle-ci par des intermédiaires jusqu’à 744,2, l’un des chiffres les plus bas que nous ayons rencontré pour l’eau.

Ier TABLEAU.

Rapport proportionnel des différents principes du sang dans le prodrome des fièvres continues.

Saignées.

DATE

do

l'invasion

FIBRINE

MATÉRIAU

DU

organiques.

ÉRUM

inorganiq.

EAU

1er cas. .

7e jour

2e cas.. .

3e cas. . .

4e cas.. .

5e cas (a)

6e cas. . .

(a) Jeune fille de 13 ans réglée , éprouvant depuis deux mois un malaise général avec vertiges et diminution d’appétit.

(b) Cette deuxième saignée osl pratiquée lorsque lo malade est complètement guéri.

§ h. — Du sang dans les fièvres continues non typhoïdes. — Nous avons examiné ce sang chez onze malades et dans vingt-une saignées.

Cinq de ces fièvres continues se sont à peu près terminées par le retour à la santé, sans qu’aucun organe soit devenu le siège d’altération appréciable ; six autres, après une certaine durée, ont en quelque sorte abouti à une lésion phlegmasique , comme érysipèle, angine, bronchite, etc. Il est nécessaire que nous distinguions ces deux séries de cas, car ils entraînent dans le sang des modifications différentes. C’est ce que nous allons chercher à déterminer.

Les cinq malades appartenant à la première série ont subi dix saignées.

Un seul parmi eux donna en fibrine 5,6, c’est-à-dirc la limite inférieure du sang des phlegmasies: c’était une jeune fdle de 18 ans, qui à une saignée antécédente avait donné en fibrine 4,6. Aucun accident particulier ne nous expliqua cette notable quantité de fibrine , (pii fut trouvée le septième et le neuvième jour delà fièvre; et comme, d’une part, dans aucun autre cas de fièvre continue simple nous n’avons rencontré autant de fibrine, comme d’autre part le chiffre de 5,6 nous a paru toujours coïncider avec un état phlegmasique , nous sommes très portés à penser qu’il y avait ici une affection de ce genre qui nous a échappé (1).

Chez les quatre autres malades, la fibrine, une fois encore à 4,2, varia toutes les autres fois entre 3,3 et 2,2.

Les globules , dans ces cinq cas, présentèrent aux premières saignées des différences très grandes, sur lesquelles nous devons donner quelques détails.

D’abord ils s’élevèrent une fois au chiffre énorme de x85, 1 (le plus haut que nous ayons jamais rencontré) ; c’était chez un malade âgé de 58 ans, qui avait eu 3,3 en fibrine, et chez lequel aucun phénomène spécial 11e traduisait cette grande quantité de globules. Il offrit cet ensemble de symptômes qui caractérisent la fièvre inflammatoire, telle qu’elle est décrite dans la Nosographie de

(i) Préoccupés de la singularité de ce cas , et lorsque notre rédaction

était terminée, nous avons été de nouveau consulter les notes que nous

avions prises auprès du lit delà malade, et nous avons vu que depuis

longtemps elle souffrait d’une douleur habituelle de l’hypocondre droit

douleur qui s’était beaucoup exaspérée depuis l’invasion de la fièvre. Nous laisserons cependant ce cas dans ce lieu où nous l’avions d’abord placé; cet exemple d’une rectification de diagnostic par la considération

du chiffre de la fibrine fera mieux ressortir la valeur de ce chiffre.

Pinel ; il garda la lièvre sept à huit jours au plus, et guérit sans aucun autre accident.

Chez trois autres malades les globules donnèrent le chiffre 120,7, IX7?4> io3,6, et ce fut dans ce dernier cas que la fibrine atteignit le chiffre de 4,6*

Enfin chez le cinquième malade il n’y avait dans le sang que 82,5 en globules, chiffre inférieur qui fonderait une exception au fait général que nous avons tout-à-1 heure établi , si une circonstance spéciale ne venait pas l’expliquer. Ici, en effet, le mouvement fébrile s’était développé chez une jeune fille qui avait un commencement de chlorose.

Dans les secondes et troisièmes saignées les. globules suivirent leurs lois ordinaires, c’est-à-dire qu’ils allèrent toujours en descendant vers un chiffre de plus bas en plus bas à mesure qu’on répétait les saignées 5 chez la jeune fille chlorotique ils s’abaissèrent jusqu’au chiffre 62,4, et cependant la fièvre persistait encore.

Ils revinrent au chiffre normal 128,3 chez le malade qui en avait eu d’abord i85,i , et qui fut saigné de nouveau lorsqu’il n’avait plus de fièvre.

Les matériaux solides du sérum se maintinrent dans les limites de 90,9 à 81 , excepté une fois, où ils s’élevèrent à 98,7. L’eau varia de 85i,g (chez la chlorotique saignée pour la troisième fois), à 725,6 chez le malade qui eut ï85,i en globules.

II* TABLEAU

Rapport proportionnel des différents principes du sang dans les fièvres continues simples.

tti

en

DATE

de

l’invasion

FIBRINE

EAU

organiques.

inorganiq.

7ejour

io3,6

1er cas. .

2e cas. . .

3e cas (b)

tf

4e cas (c)<

CO

5e cas (e)

(a) Cette deuxième saignée est pratiquée apres la guérison du malade.

(b) Complication do gastrite chronique et de maladie organique du cœur.

(c) Complication de chlorose.

(d) Symptômes de

colite au moment où cette troisième saignée est pratiquée.

(e) La malade ne prend que des bouillons depuis dix jours quand la saignée est pratiquée.

Analysons maintenant les cas où, après avoir persisté seul pendant un temps plus ou moins long, le mouvement fébrile se compliqua de la plilegmasie de quelque organe. Sur six cas de ce genre il y en eut trois dans lesquels l’intervention d’une amygdalite dans deux cas, et d’un érysipèle dans un autre, n’entraîna dans le sang aucune modification nouvelle ; le sang avait peu de fibrine, de 3,8 à x,6, et beaucoup de globules (160, y , i48, i3i). Mais il y eut trois autres cas dans lesquels l’apparition d’un état phlegmasique appela une augmentation de la fibrine, et, chose remarquable et confirmative de tout ce que nous avons dit précédemment, les globules revinrent dans ces trois cas à un chiffre beaucoup plus bas que dans les trois

autres cas précédents, 1 1 8,6, i 14,7, 94» 1 ? ce dernier chiffre étant celui d’une seconde saignée. Quant à la quantité de fibrine dans ces trois cas, elle fut de 5,4 chez un individu qui, après quelques jours de fièvre, fut pris d’une bronchite intense; elle fut de 5 chez un autre malade dont la fièvre se compliqua d’angine, et le cas est d’autant plus digne d’attention, qu’à une première saignée, pratiquée avant l'invasion de l’angine, le sang n’avait fourni que 3,6 en fibrine; enfin une femme, chez laquelle une méningite vint terminer une fièvre de quelques jours de durée , n’avait eu que 3,i en fibrine, avant l’invasion du délire; pendant que celui-ci existait, elle en eut 4 5 plus tard les signes dephlegmasie encéphalique cessèrent, ainsi que la fièvre; mais cette femme resta aliénée. Une troisième saignée fut pratiquée dans ce dernier état , et nous trouvâmes de nouveau la fibrine descendue à 3,7.

Ces faits montrent assez de quelle manière et dans quel sens un état phlegmasique , qui vient compliquer une simple fièvre, peut changer la condition du sang créée par celle-ci. Supposez la phlegmasie très légère, il pourra se faire que le sang n’en soit pas modifié: il en fut ainsi dans nos trois premiers cas; supposez la phlegmasie plus intense, et sur-le-champ elle marquera sa présence par une augmentation de la quantité de fibrine, c’est ce qui arriva dans nos trois derniers cas.

Les matériaux solides du sérum varièrent dans ces six ras de 76,6 à q5 ,6, et l’eau de 758,9 à 8^4,3.

( >So )

IIIe TABLEAU.

Rapport proportionnel des différents principes du sang dans les fièvres continues compliquées dans leur cours d’une phlegmasie.

DATE

de

FIBRINE

EAU

l'invasion

organiques

inorganiq.

9e jour

ier cas (a)<

2e cas (c).

3e cas (d).

4e cas (e).

5e cas (f).

6e cas (g).<

(a) Complication d’angine assez intense.

(b) Recrudescence de l’angine.

(c) Angine couenneuse.

(d) Complication d’érysipèle de la face très léger

(e) Gonflement et rougeur des amygdales.

(f ) Bronchite aiguë intense ; la malade est souffrante depuis quelques mois.

(g) La malade a accouché, il y a trois mois , et a toujours été souffrante depuis.

(h) Symptômes de méningite peu intense.

§ ni. — Du sang dans la fièvre typhoïde. — Nous avons examiné le sang cliez vingt individus atteints de cette maladie, et dans cinquante saignées.

Nous n appelons du nom de lièvre typhoïde que la

fièvre continue qui reconnaît pour caractère anatomique l'inflammation exanthémateuse , puis ulcéreuse, des follicules intestinaux. Les lésions dont le tube digestif est le siège dans cette maladie, toutes spéciales qu’elles sont , appartiennent par leur forme aux lésions phlegmasiques; par conséquent on serait en droit de supposer que, dans une pyrexie de ce genre, le sang doit participer jusqu’à un certain point de ce qu’il y a d’inflammatoire , sinon dans l’essence de la maladie , au moins dans l’altération des solides qui l’accompagne-, mais il n en est nullement ainsi. Le sang de la fièvre typhoïde n’a aucune sorte de rapport, sous le point de vue de la proportion relative ou absolue de la fibrine, avec le sang des inflammations. Quelle que soit l’intensité de la phlegmasie intestinale, le sang n’en emprunte pas ses caractères. Mais tandis que les ulcérations des voies digestives, dans la fièvre typhoïde, quels que soient leur nombre et leur étendue, ne sauraient donner au sang les qualités que l’inflammation lui imprime, le sang pourra revêtir exceptionnellement ces qualités, si dans le cours d’une fièvre typhoïde, il survient une phlegmasie accidentelle, dont l’existence reste indépendante de celle de la fièvre au milieu de laquelle elle s’est jetée. A l’exception de ce dernier cas, dont nous traiterons à part, la fibrine, dans une fièvre typhoïde bien caractérisée, ne s’élève jamais d’une manière notable au-dessus de son chiffre physiologique; elle le conserve assez souvent; mais souvent aussi elle s’abaisse au-dessous de lui, offrant ainsi une manière d’être précisément inverse de celle qu’elle offre dans toute phlegmasie bien établie. En outre, tandis que, dans celle-ci, la fibrine augmente en raison directe de l’intensité de la maladie, c’est Je contraire qui a lieu dans la fièvre ty-

phoïde; plus cette fièvre acquiert de gravité, et plus la quantité de fibrine va en diminuant; et cette diminution peut être telle, que c’est dans certaines foxanes graves de la fièvre typhoïde que s’est trouvé poux' nous le minimum de la fibrine , tandis que soxx maximum s’est rencontré dans la pxxeumonie. Il ne faudxait pas croire d’ailleurs que cette fibrine diminue aixisi ou par la répétition des saignées, ou par la prolongation de la diète. Car dans quelque maladie que ce soit, faites intervenir les influences de diète et de perte de sang , vous ne verrez pas diminuer la fxbrine, si ce n’est dans quelques cas très rares, dont nous avons précédemment parlé, alors que l’organisation est profondément épuisée par des hémorragies très abondantes et très répétées, et encore dans ces cas la diminution de la fibrine est coixstamxnent pi’écédée d’une très grande diminution des globules; or c’est ce qui n’a pas lieu dans la fièvre typhoïde. Ajoutons enfin que dès que cette fièvre reprend une tendance vers le mieux, et avant que l’économie ne se soit réparée par assez d’aliments, on voit sur-le-champ la fxbrine remonter vers un chiffre plus élevé pour continuer à augmenter dans la convalescence, et cette ascension de la fibrine a lieu à une époque où les globules continuent à descexxdre, vu l’épuisement où est encore le malade, et l’insuffisance de son alimentation. Nous avons vu, en parlant de l’état, du sang dans les phlegmasies, que dès le début même de ces maladies, et avant que les saignées ou la diète n’eussent agi, les globules, loin de s’élever, avaient au contraixe, dans beaucoup de cas du moins, une tendance marquée a diminuer. Dans la fièvre typhoïde les globules offrent une tendance inverse : plus en effet on examine le sang a nue époque rapprochée du début de la maladie, plus on

trouve de cas dans lesquels les globules non-seulement n’ont pas diminué, mais ont au contraire augmenté d’une manière très notable. Nous ne disons pas qu’il en est toujours ainsi , nous disons qu’il en a été ainsi dans plus de casque dans la plupart des autres maladies, et cela nous semble d’autant plusdigne d’attention, quedéjà, dans les cas relatifs au prodrome des lièvres continues, nous avons constaté la même disposition des globules «à devenir plus nombreux. Si maintenant nous recherchons le chiffre des globules à une époque plus avancée de la lièvre , nous trouverons que dans plusieurs cas ils se maintinrent encore assez élevés; et si, malgré une diète déjà longue et des pertes de sang déjà subies, on trouve encore le chiffre des globules un peu au-dessus de la moyenne ou à son niveau, on 11e devra pas hésiter à en conclure que dans les premiers temps de la maladie le sang a dû contenir un grand excès de globules, sinon il en offrirait moins à l’époque avancée où ou l’examine.

L’augmentation du nombre des globules est donc un des traits saillants qui ressortent de l’analyse du sang dans la lièvre typhoïde. Mais cette augmentation n’est pas constante, comme l’est l’augmentation de la fibrine dans les phlegmasies; elle n’est donc pas une condition essentielle de l’existence de la maladie; et ce qui le prouve encore, c’est que, même dans le cas où les globules sont très abondants au début , ils ne tardent pas à le devenir de moins en moins, à retomber vers leur chiffre normal, ou à s’abaisser au-dessous, et cependant la maladie continue et s’aggrave. Remarquons toutefois que dans le cas même où, absolument parlant, la quantité de globules n’est pas très considérable, elle peut l’être encore beaucoup relativement à la fibrine, qui a généralement diminué.

En résumé, une diminution de la fibrine d autant plus marquée et d’autant plus considérable que la fièvre typhoïde a elle-même plus de gravité, voilà le trait caractéristique de l’altération du sang dans cette maladie , d’où se déduit, comme autre trait, un excès de globules par rapport à la fibrine; mais dans les premiers temps il n’y a en réalité (et cela même pas toujours) qu’excès de globules, et la fibrine n’est alors en moins que par rapport à eux. A une époque de gravité plus grande , il y a en x’éalité diminution de la fibrine, d’où il suit que le caractère fondamental de l’altération du sang dans la fièvi'e typhoïde ne se développe ou ne devient manifeste que daxxs sa forme grave, et que, daxxsles cas légers, il peut arriver que le sang ne présente que des cai'actères pxxrenxeixt négatifs. Prouvons maintenant ces diverses assertions par l’indication de quelques chiffres.

Dans les divers cas de fièvre typhoïde doxit ixous pré-> sexiterons ci-dessous le tableaxx général, la fibrine a doxxné pour maximum 3, y, et pour xxxinimum x (i) ; nous ne pre-

(i) Nous avons cité plus haut un cas que nous avons plus récemment observé, et dans lequel le sang ne compterait plus que o ,9 en fibrine. L’individu auquel ce cas est relatif était parvenu, lorsqu’on le saigna, à ce degré de la fièvre typhoïde où les symptômes adynamiques sont très prononcés ; il avait du délire , une stupeur considérable, et du sang s’écoulait comme passivement de la surface de la membrane muqueuse de la bouche et de celle des fosses nasales; la langue et les dents étaient couvertes de croûtes noires. Malgré cet étal très grave, et malgré cet abaissement si remarquable du chiffre de la fibrine, le malade est aujourd’hui en pleine convalescence.

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