‹ Recherches sur les monnaies des Comtes de HainautChapitre 75 sur 182 · FA · texte numérisé non relu

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Quant au mot cokibus, si l’on en croit Ducange (), il signifierait une espèce de coiffure de tête, nommée aussi coquille, surtout en usage aux dames et aux enfants, et qui serait la véritable origine du mot cocu. Nous sommes bien loin de nos pauvres petites monnaies de Wallincourt, comme l’on voit. Roquefort ne le donne sous aucune de ses trois formes cokibus, kokibus, coquibus. À défaut des livres, cherchons ailleurs. La pièce de billon de Wallincourt représente une aigle éployée, si l’on veut un oiseau, un petit coq, un coquibus, comme aura dit le peuple. Cette étymologie-là n’en vaut-elle pas bien une autre? Puis, ce ne serait pas la seule fois que le roi des basses-cours aurait chassé — d’un écusson — l'oiseau du roi des dieux, comme disent les professeurs de collége.

Nous recommandons celte explication au nouvel éditeur de Ducange. Poursuivons l'examen de la charte de 1306.

Par chaque mare de Kokibus la tolérance de poids était de six pièces en dessus ou en dessous, soit 2 pour cent. Celle du titre de */, de grain (*/o), c'était beaucoup ; mais avec un titre aussi faible il devait étre déjà assez difficile de s’en apercevoir. Les essais se faisaient à la monnaie de Valenciennes, qui était alors un des ateliers monétaires les plus considérables du nord des Gaules. Le comte, pour son droit régalien sur cette belle monnaie, percevait par chaque marc (300 pieces) cinquante-deux Kokibus, plus de

Malgré tout le respect que nous devons à notre ancien prince et droiturier seigneur le comte Guillaume de Hainaut, et le sincère désir de ne pas nous brouiller avec les puissances de la terre , la vérité nous force

la valeur actuelle, en argent, serait de grammes 0.022 ou un demi-centime, sans compter le cuivre.

(*} Coquinus species caputi.: vox gallica ejusdem notionis atque coquille, eapitis scilicet tegmen in formam conchæ effectum ; unde nomen..……… atque inde fortassis accersenda vocum coquart et coquillard origo, quibus significatur vir cujus uxor moechabatur, vel stultus, fatuus, ineptus.

à dire que c'était là agir bien plus en lombard, voire même en juif, qu’en prince. Mais ce pauvre comte de Hainaut trouvait son excuse dans ce qui se faisait en France. Car le roi Philippe-le-Bel, le roi faux-monnayeur, en employant cet infâme moyen de soutirer l'argent de ses sujets, était un modèle que devaient presque forcément suivre ses vassaux et ses voisins, s'ils ne voulaient pas voir disparaître tout leur numéraire.

Nous avons vu, à la date du 9 octobre 1506, que le comte de Hainaut avait permis au seigneur de Wallincourt de faire monnaie dans son donjon, où lui-même faisait frapper des Kokibus par le Florentin Bernard Rogier. Il est presque certain que cemême Bernard Rogier aura frappé la monnaie de Jean de Wallincourt, et que le même atelier servait pour la monnaie noire du comte et pour celle de ce seigneur. Jusqu'à présent, on n’a retrouvé des monnaies de Jean de Wallincourt que le cavalier; mais ce seigneur, ayant forgé monnaie pendant 8 ans au moins, de 1506 à 1314, il est présumable qu'il ne se sera pas borné à imiter une seule pièce de ses voisins, le cavalier au drapeau. Il faut s'attendre, au contraire. à retrouver de lui tous ou la plupart des types employés par le comte Guillaume et l’évêque de Cambrai. Il est vrai que, de Bauduin de Beaumont, on na retrouvé non plus que le cavalier ; mais à l’époque du cavalier à l'épée de Bauduin de Beaumont, ce type était presque le seul en usage. Et puis, qui sait ce que la terre cache encore de pièces inconnues? Avons - nous seulement retrouvé le quart de ce qui existe, ou de ce qui a existé?

En recherchant tout ce qui concernait Wallincourt, nous avons remarqué que le chroniqueur Enguerrand de Monstrelet fut fait baïlli de cette terre en 1444. C’est là une illustration qui vaut bien celle des Cokibus.

Toute gloire passe dans ce monde. Au siècle dernier, Wallincourt n’était plus qu’un modeste village dont la seigneurie (!) appartenait à la famille

(‘) Duronr, Histoire de Cambrar. Il s’agit de Ia seigneurie du village, car le Donjon-

Pairie appartenait au prince de Ligne.

La Woestine, et personne ne s’y doutait qu'on y eut jadis frappé monnaie, Aujourd'hui Wallincourt a perdu son donjon, ses Cokibus, sa pairie, Monstrelet et même les La Woestine; maïs il lui reste un maire et un garde champêtre. Il en reste moins à Ninive et à Babylone.

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MIRWART.

L'ancienne seigneurie de Mirwart (‘), dans les Ardennes, aujourd’hui dépendance de la commune d’Awenne, arrondissement de Neufchâteau ,

province de Luxembourg, était au moyen âge un fief considérable qui

relevait de la terre de Bouillon. M. le baron De Reiffenberg, dans le premier volume des Monuments pour servir à l'histoire des provinces de Namur, de Hainaut et de Luxembourg, publié à Bruxelles en 1844, a donné une notice très-intéressante sur Mirwart, et les nombreuses vicissitudes que la possession de cette terre a éprouvées. Nous en extrayons ce qui concerne les comtes de Hainaut à qui cette seigneurie a appartenu. Le château de Mirwart, avec ses dépendances qu’on qualifie de Comilatus, dans le Cantatorium de St-Hubert, avait été vendu, en 1082, par la comtesse Richilde de Hainaut à Henri-le-Pacifique, évêque de Liége, qui ajouta de nouveaux ouvrages à la forteresse et y mit garnison. Ce domaine resta en la possession des évêques de Liége jusque vers la fin du XII siècle, que Gui de Hainaut, dit le Postulé, évêque élu, le vendit à son frère Jean d’Avesnes, mambour de l’évéché. Cette vente, racontée de différentes manières par divers historiens, parait impliquer contradiction avec un acte rapporté dans le Thesaurus de MarTÈnE et Duran», tom. f, pag. 4259, par lequel un Jehan, sire de Cons, et Isabiaus, sa femme,

(:) Ou Mierwart.

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fille de monseigneur Henri, seigneur de Mirewaut qui fu, vendent ce château au comte de Hainaut, et avec une autre charte, reproduite par M. De Reïffenberg, volume ci-dessus cité, pag. 450, par lequel la mère de la susdite Isabiaus vend également ses droits sur la même terre. Mais, comme le fait judicieusement observer M. De Reiïffenberg. il est sans doute question, d’une part, de la seigneurie immédiate et, de l'autre, du domaine utile.

En 1502, l'évêque de Liége, Adolphe De Waldeck, qui considérait cette terre comme indüment distraite du domaine de son église, et fatigué d’ailleurs des exactions que la garnison du château commettait dans la contrée voisine, assiégea la forteresse, la prit et la rasa de fond en comble. Mais en 1509, le comte Guillaume ayant mis le siége devant le château de Thuin qui appartenait à l’évêque, pour forcer celui-ci à lui restituer Mirwart, il intervint un accommodement, et des arbitres réunis à Nivelles adjugèrent la terre de Mirwart à la comtesse Philippine de Hainaut, mère du comte, et condamnèrent les Liégeois à rebâtir le château.

En 1554, le comte Guillaume vendit Mirwart à son cousin Jean de Bohème, comte de Luxembourg. Cette terre, après avoir passé successivement aux comtes de Namur, aux seigneurs de La Marck et d’A remberg, à la famille de Smackers, à celle d’Hoffschmidt qui la vendit en 1824 à M. Dartigues, fut revendue, en 1826, à une société industrielle à qui elle appartient actuellement (1844). Sic transit gloria mundi!

On ne connaît, jusqu'à présent, aucune monnaie que les comtes de Haïnaut auraient fait frapper à Mirwart.

LE CHAPITRE DE MAUBEUGE

Parmi les nombreuses et riches abbayes du Hainaut, le chapitre noble dcs dames chanoïnesses de Maubeuge paraît être le seul qui ait joui du droit d'émettre une espèce de monnaie. Ce droit, très restreint du reste, a eu pour origine un méreau de présence, qui, échangeable contre une monnaie réelle, était à cause de cela reçu de confiance dans la ville et les environs, et auquel le grand bailli, Philippe de Croy, donna cours dans tout le Hainaut, par lettres du 8 février 1541, v. s. (1542).

MM. Estienne, de Maubeuge, et Leroy, de Valenciennes, dans le tome V des Archives du Nord de la France, pag. 41 et 319, se sont occupés des deniers de plomb du chapitre de Sainte-Aldegonde. Les divers documents qu’ils ont rencontrés concernant ces deniers, sont :

4° Un compte de l'an 1388 où l'on trouve : Pour une molle a faire deniers de plonck, et le fachon de v° mériauls.. 0x) sols.

% Lettres patentes de Philippe-le-Bon, du 16 avril 1463, rappelant défense précédemment faite au Chapitre de forger de nouveaux deniers, et qui restreignait leur usage à celui de méreaux ou jetons de présence dans l’église. Vu la demande des dites chanoinesses, le due Philippe leur octroie . le droit de faire forger de ces deniers, deux fois l'an, pour une somme totale de 32 livres tournois, chaque année, lesquels auront cours dans ja ville de Maubeuge et ses faubourgs seulement (*). Le chapitre était tenu

(:) Pièces justificatives, n° XVIII.

de les échanger, à leur présentation, contre d’autres espèces coursables en Hainaut.

La défense précédente, rappelée dans l'acte de 4463, n’a pas été retrouvée par M. Estienne, mais M. Gachard, archiviste général du royaume, en parcourant les archives de la chambre des comptes à Lille, a remarqué, dans un compte-rendu par Philippe de Croy, à la date du 4 mai 1462. l'indication d'une somme payée à Colart Poisson pour avoir porté, aux abbesses et demoiselles de Maubeuge, lettres du grand bailli leur interdisant de forger et mettre en circulation leurs deniers de plomb. C’est bien là l'interdiction contre laquelle elles s'étaient pourvues auprès dusouverain qui répondit à leur requête par les lettres ei-dessus.

S Des extraits de compte de 1500 ei 1515 mentionnant la fabrication de ces pièces.

4 Du 25 février 1530, v. s. (1551). Permission donnée par le prévôt des monnayeurs de Namur, à Gilles Ramonet, de pouvoir faire faire à Namur vingt croix et six piles pour forger les monnaies de l’abbesse de Maubeuge. Le 20 mars suivant, cette permission est confirmée, au nom de l’empereur, par le lieutenant du gouverneur et bailli de Namur FY:

° En 1540, jugement et punition de deux colporteurs de faux deniers de Maubeuge et autres, qui avaient été fabriqués dans le château de Reynbourg, au pays de Juliers (”).

6° Du 8 février 1541, v. s. (1542), leitres de Philippe de Croy, grand

(*) Pièces justificatives, n° XIX et XX.

(:) La contre-façon des deniers de Maubeuge paraît avoir été très fréquente, et cela s'explique assez par la vileté du métal et la facilité de sa fabrication. Ce fut également pour « avoir jecté forgié et contrefaict aucuns deniers de plombs portant la figure des deniers de Mauboege, » que Jean de Lassus fut banni par sentence des échevins de Mons, du 14 février 1550 (1551). On remarquera au surplus que la peine appliquée aux faussaires de la monnaie de Maubeuge était loin d’être aussi sévère que celle des faux monnayeurs de la monnaie légale (monetæ publicæ adulteratores). Celle-ci était

toujours la peine de mort, et souvent le bûcher (Wemesis Carolina. Cap. CX1).

bailli de Hainaut, par lesquelles, revenant sur une défense qu'il avait faite peu auparavant aux dames de Maubeuge de forger monnaie, il leur accorde, selon leur ancienne possession, de pouvoir « faire forger deniers » en tel nombre et quantité et de telle estoffe et aussi bonne que à la » coustume. » C'est-à-dire de plomb et d’étain, et pour 32 livres par an seulement. Ces deniers seront d’un coin nouveau, différent du vieux, et auront cours dans tout le pays de Hainaut. Toutefois on ne sera tenu de les prendre en payement pour plus de deux gros (°).

Cette fois, il n’est plus question de l'obligation de la part du chapitre d'échanger ses deniers contre d’autres espèces. À partir de 4542, les deniers de Maubeuge sont done, pour le Hainaut, assimilés à une véritable monnaie. |

7° Divers extraits de compte des années 1544, 1559, 1560 et 1590. Dans ce dernier il est dit qu’en cette année il n’a point été fabriqué de ces deniers, à cause qu’on refusait de les recevoir.

En 1597, le chapitre fait présenter requête au grand-bailli pour pouvoir forger ses deniers ; ce qui prouve que l'octroi de 1542 avait été révoqué. 11 s'adresse également à l’archidue Albert, mais probablement sans succès, car on ne voit plus nulle trace de cette fabrication dans les comptes, si ce n’est en 4660, où elle est rappelée pour mémoire.

Il résulte de tout ceci, qu'il a dù exister un assez grand nombre de variétés des méreaux du chapitre de Maubeuge antérieurs à leur assimilation à la monnaie légale, en 1542; mais aucun de ces anciens méreaux n’est parvenu à notre connaissance. La pièce qui se trouve dans plusieurs collections, qui a été gravée par le père Triquet dans sa Ye de sainte Aldegonde (?), et qu’on rencontre figurée dans la plupart des tarifs d'Anvers du XVE siècle, est évidemment le denier de plomb et d’étain, au nouveau coin de 4542. M. Lacroix. archiviste du Hainaut, en a fait connaitre un

(:) Pièces justificatives, n° XXF.

) Éditions de 1655 et 1665.

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exemplaire portant le millésime de 1562. Cette curiosité numismatique nous donne peut-être la date d’une des dernières émissions de ces deniers, car elle est de deux ans postérieure à la dernière mention de leur fabrication relevée dans les comptes du chapitre par M. Estienne (o

Le méreau échangeable de 1463 était taxé à un denier. A raison de 8 livres 15 sols pour le marc d'argent, un denier représentait alors un poids égal à la 2,100° partie du marc, ou environ 0.11 centigrammes, 2 centimes et demi.

La pièce de plomb et d’étain autorisée par le grand-bailli en 1542, est portée dans les tarifs pour deux mites (un demi- -denier). En comptant l'argent à raison de 14 livres au marc, le demi-denier représenterait Ja 6,720 partie du mare ou 3 centigrammes, moins d’un centime.

N° 192*, Sainte Aldegonde debout, tenant la crosse de la main droite et un livre ouvert de la main gauche, Une colombe tient un voile suspendu sur sa tête (2) : BEATA x ALDEGVNDIS x VIRGO. Dans le champ : .S. AL (Sancta Aldegundis).

— Croix ancrée et évidée, ayant, en cœur, une étoile à cinq rais, et coupant la légende : ORA } PRO | NOBIS | DEVM.

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Li. ARR:

N° 195. Mèmes types et mêmes légendes, sauf les chiffres 13 62, dans le champ.

Chez M. Lacroix, à Mons.

(*) Revue de la numismatique belge, tom. III, pag. 584. (°) La légende rapporte que, lorsque sainte Aldegonde prit le voile, au monastère d'Hautmont, le Saint-Esprit, sous la forme d’une colombe, vint le lui poser sur la tête.

FAGNOLLE,

Fagnolle ou Fagneulle, aujourd’hui village de larrondissement de Philippeville, province de Namur, était jadis un fief relevant de Ja ,pairie de Barbançon. Le tableau général de la cour féodale du Haïnaut en 1475. imprimé dans le premier volume des Monuments de SainT-GENois, mentionne le fief de Faignælles comme appartenant à la dame Jacqueline de Moy, à cause de bail (en qualité de tutrice) de Nicolas de Barbenchon (de Ligne), son fils. Un document plus ancien encore vient nous prouver que cette localité appartenait, par un lien féodal, à notre province ; c’est la liste des paroisses, de 1186, rapportée par Jacques de Guyse dans son Histoire du Hainaut. Cette liste, assez inexactement imprimée dans Ja traduction du marquis de Fortia, a été reproduite par M. Benezech (”) avec les variantes de deux manuscrits de Valenciennes. On y trouve, dans le doyenné d’Avesnes, une localité nommée Faverolles, Favroles, dont le nom actuel, inconnu, estremplacé par des guillemets. En note, M. Benezech ajoute : « Peut-être Fagnolle près de Mariembourg. » Nous sommes persuadé, en effet, que le mot Faveroles n’est qu’une erreur de copiste, comme il en existe beaucoup d’autres dans les mêmes manuscrits.

Au siècle dernier, en 4774. les états de Hainaut firent dresser par leur

(:) Etudes sur Uhistoïre de Jacques de Guise, traduite par M. le marquis de Fortia

d'Urban, par J.-M.-G. Benezecu. Valenciennes, 1841, in-8°.

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archiviste, Dumont, une nouvelle carte héraldique des armoiries des nobles de la province, par correction, quant aux émaux, de celle faite en 1653. Ce doeument curieux est accompagné de pièces justificatives et d’une liste officielle, par ordre alphabétique, des villes, villages et hameaux du Hainaut autrichien et français, par prévôtés, châtellenies et bailliages. F'aigneul y figure parmi les douze bannerets du comté de Hainaut, avec cette remarque : « Le trécheur, sans couleur distincte en la earte de 1655, » remplacé en la nouvelle carte par la couleur de sinople fleuragé. » Voici l’écu de Fagnolle tel qu’il est représenté sur la carte de 4774.

Ce document authentique n’a été formé, dit Dumont, qu'après avoir consulté une foule d'ouvrages et de manuscrits dont il donne la longue nomenclature. Nous y remarquons « le Dictier du Jardinet du Hainau, » in-4 de plus de 500 pages; un Ms. en 3 volumes in-f" déposé chez » les prêtres de l’Oratoire de Mons , qui est un recueil des besognés d’un » roi d'armes, contenant plus de 500 généalogies, etc. »

Malgré les prétentions des états de Hainaut, le feld-maréchal prince de Ligne, qui possédait la terre de Fagnolle, la fit reconnaître, en 1770, comme seigneurie immédiate de l'empire, et ériger en comté.

En 1786, le prince fut reçu, en cette qualité, dans le collége des comtes du cercle de Westphalie, et, le 5 juillet 1788, membre du collége des comtes de l'empire germanique (Or

(‘) Almanach de Gotha, 1856.

La République vint et brisa la couronne du comte de Fagnolle, comme elle avait brisé celle du roi de France et de Navarre. Le feld-maréchal, plus heureux que Louis XVI, s'était retiré à Vienne et était resté sujet de l'empereur ; il obtint, en 1805. comme indemnité de la perte de Fagnolle, le ei-devant chapitre séculier noble d'Edelstetten, dans le margraviat de Ringau, avec voix virile au conseil des princes du Saint-Empire (1). Il ne perdait pas au change : sa nouvelle seigneurie comprenait plusieurs villages et rapportait annuellement seize mille florins, tandis que le revenu de Fagnolle n’était que d'environ cinq mille cinq cents florins (”).

M. le baron De Reiffenberg, dans son élégante et spirituelle biographie du feld-maréchal de Ligne, raconte que le prince, prenant au sérieux sa souveraineté, « où il n'y avait ni clergé ni parlements, » l'avait offerte à Jean-Jacques Rousseau qui se croyait persécuté en France.

La qualité de comte immédiat de l'empire donnait au prince de Ligne le droit régalien de battre monnaie à son nom et à son effigie. Il fit usage de ee droit. On connait de lui un ducat d'Allemagne, portant d’un côté le buste du prince à gauche : CAROLUS P. S. I. R. A LINEA C. FAGNOLENSIS. au-dessous du buste les lettres L. H.; au revers, l’écusson de Ligne sur un manteau ducal et entouré du collier de la Toison d’or, au bas les lettres C. W. (). Nous ignorons s’il fit aussi forger des monnaies d'argent. Le

(*) Un an après, en 1804, il revendit ce domaine au prince d'Esterhazy.

(:) Recez de la députation de l'empire du 25 février 1803. Scnozr,, Histoire des traités de paix, tom. VI, pag. 450.

() Les initiales L. H. et C. W. désignent sans doute l'atelier monétaire où la pièce a été frappéeetle nom du graveur des coins. La lettre H, seule, était le différent monétaire de Gunizhbourg dans le margraviat de Burgaw. On ia voit sur les monnaies de Luxembourg, frappées en 1790, pendant la révolution des patriotes, alors que le gouvernement autrichien, qui n'avait conservé que cette province des Pays-Bas, ne pouvait plus employer les presses de Bruxelles. Mais il est douteux que, jointe à une autre lettre,

cette initiale puisse recevoir la même explication.

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