‹ Recherches sur les monnaies des Comtes de Namur (volume 2)Chapitre 12 sur 59 · GODEFROI · texte numérisé non relu

GODEFROI

Albert avait, depuis cinq ans, associé Godefroi à son gouvernement, lorsqu'il lui laissa le comté de Namur. L'élection de Frédéric de Namur à l'évêché de Liége engagea Godefroi dans la lutte que son frère soutint contre son compétiteur, Alexandre de Juliers, qu'appuyait Godefroi le Barbu, comte de Louvain. Le choix d’un abbé de Gembloux fut cause d’une nouvelle guerre entre Godefroi et le même comte. Godefroi assiégea deux fois la ville et Pabbaye de Gembloux qu’il emporta d'assaut et livra au pillage et à la destruction. Il mourut le 49 août 1139, à l’abbaye de Floreffe qu'il avait fondée et où il s'était retiré depuis quelques mois. Sa première femme, Sibylle de Château-Porcien, lui avait donné deux filles. Il eut de sa seconde femme, Ermesinde de Luxembourg : Henri qui lui succéda; Albert, mort jeune; Clémence, mariée à Conrad, duc de Zeringen; Béatrix, femme de Gonthier, comte de Rethel, et Adélaïde ou Alix, femme de Baudouin IV, dit le Bâtis- - seur, comte de Hainaut. :

N° 20. Tête nue à gauche, les cheveux hérissés : .ODEFRID... — Croix pattée et pommettée, anglée de quatre étoiles : ….DEON..

Collection de l'État, à Bruxelles.

Ce petit denier a été donné à la Bibliothèque royale par M. Lelewel, qui

lattribuait à Godefroi HI, due de Brabant. M. Piot, qui le publia dans la

licvue de la numismatique belge *, supposait que c'était une monnaie faite en

commun par ce Godefroi et Thierri d'Alsace, comte de Flandre. M. Vander

Chys l’a donné également au due Godefroi ?. D'autres avaient proposé un

évêque d'Utrecht de ce nom (1156-1178) et Thierri VI, comte de Hollande (1122-1157).

Un examen plus attentif de la pièce ne permet pas de lire, au revers,

. autre chose que le nom de la ville de Dinant, DEONANT ; et la ressemblance

parfaite de la tête avec celle qui figure sur les dernières monnaies d'Albert HI

vient encore confirmer l'attribution de ce denier à son successeur Godefroi.

N° 2%. Guerrier casqué, à cheval et à gauche, tenant un drapeau. Dans le champ trois annelets et un astre. (Sans légende.) — Donjon à deux étages. Sur la rentrée du premier étage sont posés deux oiseaux. (Sans légende.)

Collection de M. le colonel Meyers.

Publiée, pour la première fois, dans la Revue de la numismatique belge, tome IF, 2% série, planche IV, n° 9.

M. le colonel du génie Meyers sauva du creuset, il y a quelques années, une partie d'un dépôt considérable de monnaies qui avait été trouvé à Maestricht. Ge dépôt se composait, presque en entier, de pièces appar tenant à des seigneurs contemporains de Godefroi et dont les possessions étaient voisines du comté de Namur. Cette circonstance engagea M. Piot à attribuer à Godefroi la pièce muette ci-dessus, et à justifier son attribution par le type du revers qu'employa également l’évêque de Liége. Or ce type est à peu près celui qui figure sur le sceau de Dinant, ville où l'évêque et le comte frappaient tous deux monnaie. La pièce au guerrier ne pouvant convenir à un . évêque, doit nécessairement appartenir au comte.

1 Tome III, p. 235.

? De Munten der voormalige hertogdommen Braband , ete.; Haarlem, 1851; in-4°, En rendant compte de cet ouvrage, dans la Revue de la numismatique hr M. Piot a, É premier, rectifié

l'erreur dans laquelle il av ait induit le savant professeur de Leide, et restitué la pièce au comte de Namur.

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© Ge

N° 92. Église ou bâtiment à trois tours; au-dessus deux annelets. — Croix évidée dans laquelle se trouve une autre croix pattée et légèrement fourchue, avec un sautoir au centre : …EFRIDV.

Collection de M. le colonel Meyers.

Cette pièce provient également du dépôt trouvé à Maestricht. Elle à été publiée deux fois dans la Revue de la numismatique belge (tome VE, 1"° série, pl. XI, n° 4, et tome IE, 2 série, pl. VE, n° 29) et est attribuée, par MM. Piot et Meyers, à l’un des Godefroi, dues de Lothier. M. Piot pense qu'elle a été frappée à Anvers, à cause de la ressemblance du bâtiment du revers avec celui qui figure sur un sceau de cette ville.

Il nous semble que le bâtiment à trois tours, employé plus tard, comme type de leurs petits deniers, par les comtes de la maison de Hainaut et de la maison de Courtenay, offre assez d’analogie avec celui de la pièce de M. Meyers pour pouvoir la réclamer en faveur de Namur. Ce serait alors le denier de Godefroi frappé à Namur pendant que le type précédent était employé à Dinant.

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