ATELIER INDÉTERMINÉ
N° 88. Château à trois tours, ou portail brabançon. Bordure des gros tournois : **X IORS:
| COS : DAODR.
: — Croix pattée dans un cercle : * BRABAXTIE DVX. Légende extérieure : » LOMEXR : DOMINI : LOST ..... DICT . .
| Collection de M. L. De Coster.
L Ce gros offre la plus grande analogie avec les pièces de bas aloi que les
bp: administrateurs de la Flandre, Jean, comte de Namur, et ses collègues, firent
| | frapper pendant la lutte contre la France, de 1302 à 1305. C'est le même
type, le même métal, la même fabrication. L'inscription du revers, Bra- BANTIE DUX, indique qu'il s’agit ici d’une monnaie commune faite pour le duc Jean IT de Brabant et le comte Jean I* de Namur.
Déjà, par un traité du 31 octobre 1299 et une convention subséquente du 2 avril 1300, dont les effets devaient durer jusqu’à la Saint-Jean-Baptiste 1301, Robert de Béthune, gouverneur de la Flandre pendant la captivité de son père, le comte Gui, avait conclu, avec le duc de Brabant, un accord au sujet du partage des bénéfices de leurs monnaies, qui seules devaient avoir cours dans les deux pays. La durée de ce traité a-t-elle été prolongée ; le traité lui-même a-t-il été remplacé par un nouvel accord? Notre pièce semble le faire présumer. |
Peut-être aussi serait-elle le produit d’une convention entre le duc de Brabant et le comte Jean, agissant comme comte de Namur. Nous préférons cependant y voir une monnaie flamande, non-seulement à cause de sa ressemblance avec les péllewilles d'Alost, mais surtout par cette considération qu'un traité a existé à cette époque entre la Flandre et le Brabant, et que rien ne prouve qu'un traité semblable ait été fait pour le comté de Namur.
Cette curieuse monnaie, dont on ne connait qu'un exemplaire, a été publiée par M. Van der Chijs, pl. XXXHIE, n° 40. « Cest, » dit-il, sans autre explication, « une monnaie faite en commun par le due de Brabant et le » comte Jean de Namur. »
JEAN If.
Ce prince, toujours absent de son comté, dont il laissait le gouvernement à sa mère, Marie d'Artois, mourut le 2 avril 1335, lorsqu'il se rendit en Prusse pour combattre les idolätres. IT n'avait pas été marié.
Il ne serait pas possible de distinguer d’une manière certaine les monnaies de Jean IT de celles de son père Jean Ie. Nous lui donnons celles dont le type semble être le moins ancien, mais sans insister sur leur attribution.