‹ Recherches sur les monnaies des Comtes de Namur (volume 2)Chapitre 9 sur 59 · ALBERT II · texte numérisé non relu

ALBERT II

Ce comte était encore fort jeune lors de la mort d'Albert IL. Ce fut son aieule, Ermengarde, qui prit le gouvernement du comté. Albert fit ses premiéres armes dans la guerre que l’empereur Henri IIL soutient contre Baudouin, comte de Flandre. En 1071 ou 1072, il prit parti pour Richilde contre Robert le Frison, et se trouva à la bataille de Brocqueroie, près de Mons. En 1076, il aida l'évêque de Verdun à se remettre en possession de son comté que le duc de Lorraine lui avait enlevé. En 1086, il prit de nouveau la défense de cet évêque contre Godefroi de Bouillon, dont il assiéga inutilement le château. L’évêque de Liége, s'étant porté médiateur entre les parties belligérantes, rétablit la paix, en 1089.

Albert mourut en 1105. Il avait épousé Ide ou Relinde, fille de Bernard , duc de Saxe, et veuve de Frédéric, duc de Lothier, de laquelle il eut : Godefroi, son successeur; Frédéric, évêque de Liége; Henri, comte de Ja Roche; Albert, mort aux croisades; Ide, femme de Godefroi le Barbu, duc de la basse Lorraine, et Alix, femme d'Otton IF, comte de Chini.

Avec le long règne d’Albert III commence la numismatique du comté de Namur. On n’a, du moins jusqu'à présent, retrouvé aucune monnaie antérieure à ce prince, et tout fait présumer qu'il fut le premier des comtes de Namur qui plaça son nom sur la monnaie. C’est depuis quelques années seulement qu’on a connu, en Belgique, l'existence des deniers d'Albert. Les premiers exemplaires de ces monnaies, ainsi que les deniers de Baudouin de Flandre, de Rennadus de Mons, etc., furent trouvés en Danemark, en Suède ou en Russie, dans des dépôts considérables de monnaies de la même

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époque appartenant à divers pays de l'Europe centrale. Le catalogue des monnaies et médailles de M. 0. Devegge, qui furent vendues en septembre 18514, contenait plusieurs de ces pièces. M. Devegge avait légué une grande partie de sa collection au musée royal de Copenhague !.

N° 1. Profil à droite : x CAPVT. — Croix pattée, dans un grènetis, et anglée de quatre globules : 4 NAMVCVM.

Musée royal de Copenhague.

Cette pièce et celle qui la suit ne portent pas de nom de comte, mais leur ressemblance avec les deniers au nom d’Albert prouve assez qu’elles sont de la même époque. Ne serait-on pas tenté d'y voir un premier essai d’émancipation que fit Albert, en supprimant le nom impérial, sans oser encore y substituer le sien ?

La croix du revers du n° 1 est tout à fait semblable à celle qui figure sur des deniers de Baudouin V de Flandre (1036-1067), contemporain d’AIbert IT de Namur. Celle du n° 2 rappelle le type de quelques pièces anglosaxonnes de la même époque. La légende plus que naïve de caput, mise autour d’une tête, fut imitée plus tard par les évêques de Liége, qui inscrivaient autour des types gravés sur leurs monnaies : clavis equus , mutun (mouton), facun (faucon), leo, etc.

N° 2. Tête de profil à gauche : ŒEONAM.

— Croix fourchue, évidée, portant en cœur un annelet, et anglée de quatre autres

annelets. (Sans légende.) Musée royal de Copenhague.

A. Poids inconnu.

Ce denier à été frappé à Dinant, à l’époque où la pièce précédente a été faite à Namur.

N° 5 à 8. Tête de profil à droite, ceinte d’un bandeau : ALBERT VS.

— Dans le champ et entouré d’un grènetis le mot MONETA, disposé d’une manière cruciforme : # NAMVCENSIS. d

A. 1.00, d’autres moins de 0.90.

‘ O. Devegge’s Mynt- og Medaille Samling.

eh pare ses are

Cette pièce a été publiée, pour la première fois, par M. B. De Koehne, planche VITE, n°5, du 2% volume de son Zeëschrift fur Munz-Siegel und © Wappenkunde, Berlin, 1842. M. Piot l’a donnée de nouveau, dans la Revue de la numismatique belge, 1. I, 3% série, pl. HT, n° 12, d'après un exemplaire qui avait été trouvé à Namur. Le type de ces pièces à la légende cruciforme est bien du temps d'Albert IT; et c’est, mélés à des monnaies de la même époque, que plusieurs exemplaires de ce denier ont été déterrés en Danemark. Nous en donnons six coins variés.

N° 9. Tête de profil à gauche, diadémée : ALBERT VS.

— Croix à doubles bandes, dans un grènetis, évidée en cœur et portant un point central entouré d’un petit cercle. Dans les angles de la croix, quatre croissants, les pointes en dehors : x OEONAM.

Musée royal de Copenhague.

A. 4.00, et moins.

L'atelier de Dinant a dû frapper ce type à la croix alors qu’on employait; à Namur, la légende cruciforme. Le poids identique des deux pièces indique assez qu'elles proviennent d'émissions faites à la même date. La croix à doubles bandes et anglée de croissants à été employée par Magnus le Bon, roi de Danemark (1042-1047).

N° 10. Le cabinet de l'État, à Bruxelles, possède un exemplaire de ce denier où M. Piot croit lire DEONANT.

Un exemplaire de cette même pièce (avec Deonam) a été décrit par M. Dannenberg, dans la 3° livraison des Mémoires de la Société numismatique de Berlin, 1857.

N° 11. Tête de face, entourée d’un cercle perlé en forme d’auréole : ALBSRTVUS. — Croix pattée dans un cercle perlé et anglée de deux globules et de deux eroiïsettes ? : x NAMVC(um).

Cabinet de M. B. De Kochne, à Saint-Péters-

bourg.

N° 12. Buste de trois quarts et à gauche : ALBERT VS. — Croix fourchue, au centre évidé en cercle et anglée de quatre losanges :

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