ALBERT II
Ce comte était encore fort jeune lors de la mort d'Albert Il. Ce fut son aïeule, Ermengarde, qui prit le gouvernement du comté. Albert fit ses premiéres armes dans la guerre que l’empereur Henri IE soutient contre Baudouin, comte de Flandre. En 1071 ou 1072, il prit parti pour Richilde contre Robert le Frison, et se trouva à la bataille de Brocqueroie, près de Mons. En 1076, il aida l'évêque de Verdun à se remettre en possession de son comté que le due de Lorraine lui avait enlevé. En 1086, il prit de nouveau la défense de cet évêque contre Godefroi de Bouillon, dont il assiéga inutilement le château. L’évêque de Liége, s'étant porté médiateur entre les parties belligérantes, rétablit la paix, en 1089.
Albert mourut en 1105. Il avait épousé Ide ou Relinde, fille de Bernard , duc de Saxe, et veuve de Frédéric, due de Lothier, de laquelle il eut : Godefroi, son successeur; Frédéric, évêque de Liége; Henri, comte de la Roche; Albert, mort aux croisades; Ide, femme de Godefroi le Barbu, duc de la basse Lorraine, et Alix, femme d'Otton IF, comte de Chini.
Avec le long règne d'Albert IT commence la numismatique du comté de Namur. On n’a, du moins jusqu'à présent, retrouvé aucune monnaie antérieure à ce prince, el tout fait présumer qu'il fut le premier des comtes de Namur qui plaça son nom sur la monnaie. C’est depuis quelques années seulement qu'on à connu, en Belgique, l’existence des deniers d'Albert. Les premiers exemplaires de ces monnaies, ainsi que les deniers de Baudouin de Flandre, de Rennadus de Mons, etc., furent trouvés en Danemark, en Suède ou en Russie, dans des dépôts considérables de monnaies de la même
ST de = ‘7
époque appartenant à divers pays de l’Europe centrale. Le catalogue des monnaies et médailles de M. 0. Devegge, qui furent vendues en septembre 1851, contenait plusieurs de ces pièces. M. Devegge avait légué une grande partie de sa collection au musée royal de Copenhague !.
N° 1. Profil à droite : # CAPVT.
— Croix pattée, dans un grènetis, et anglée de quatre globules : 4 NAMVCVM. Musée royal de Copenhague.
Cette pièce et celle qui la suit ne portent pas de nom de comte, mais leur ressemblance avec les deniers au nom d'Albert prouve assez qu'elles sont de la même époque. Ne serait-on pas tenté d'y voir un premier essai d’émancipation que fit Albert, en supprimant le nom impérial, sans oser encore y substituer le sien ?
La croix du revers du n° 1 est tout à fait semblable à celle qui figure sur des deniers de Baudouin V de Flandre (1036-1067), contemporain d’AIbert HT de Namur. Celle du n° 2 rappelle le type de quelques pièces anglosaxonnes de la même époque. La légende plus que naïve de caput, mise autour d’une tête, fut imitée plus tard par les évêques de Liége, qui inserivaient autour des types gravés sur leurs monnaies : clavis, equus, mutun (mouton), facun (faucon), leo, ete.
N° 2. Tête de profil à gauche : ŒEONAM.
— Croix fourchue, évidée, portant en cœur un annelet, et anglée de quatre autres annelets. (Sans légende.)
Musée royal de Copenhague.
A. Poids inconnu.
Ce denier a été frappé à Dinant, à l’époque où la pièce précédente a été faite à Namur.
N° 3à 8. Tête de profil à droite, ceinte d’un bandeau : ALBERT VS. — Dans le champ et entouré d’un grènetis le mot MONETA, disposé d’une manière cruciforme : # NAMVCENSIS. “1
À. 1.00, d’autres moins de 0.90.
‘ O. Devegge’s Mynt- og Medaille Samling.