HENRI L’AVEUGLE
La règne de Henri l'Aveugle fut un des plus longs et en même temps des plus agités que présente l’histoire de Namur. Successivement en guerre avec tous ses voisins et presque toujours malheureux dans ses entreprises Inconsidérées, ce comte, qui possédait aussi les comtés de Luxembourg, de la Roche et de Durbui qu'il avait reçus par héritage, vit finir avec lui la première race des comtes de Namur.
Après la mort de sa première femme, dont il n'avait pas eu d'enfants, le comte Henri institua, en 1163, pour héritiers de tous ses comtés, sa sœur Alix et son fils qu’elle avait eu de Baudouin de Hainaut et qui fut connu sous le nom de Baudouin V. Vers 1170, Henri se remaria avec Agnès de Gueldre, dont il ne tarda pas à se séparer. Cependant, en 1187, un événement inattendu vint troubler la bonne harmonie qui régnait entre le comte de
Hainaut et son vieil oncle. Ce dernier venait d’avoir une fille de sa femme Agnès, dont il s'était rapproché à la suite d’une maladie et à la sollicitation du souverain pontife.
Le comte de Hainaut prétendait que la naissance de cet enfant ne pouvait pas lui enlever des droits acquis. Il s’adressa à l'Empereur, qui le maintint dans son droit de succéder (1187). Cette décision impériale amena une transaction entre les deux comtes : Henri consentit à laisser à son neveu les comtés de Namur, de Durbui et de la Roche, à la condition que sa fille Ermesinde aurait en apanage le comté de Luxembourg. Ermesinde était alors fiancée au fils du comte de Champagne. De nouvelles hostilités éclatérent bientôt entre Henri et le comte de Hainaut, qui prit deux fois la ville de Namur, où il fut reçu à seigneur, le 28 décembre 1189, par la noblesse et la bourgeoisie. Une paix s’ensuivit, en juillet 4190 , et fut ratifiée par l'Empereur. Ce monarque déclara qu'il avait érigé en marquisat les comtés de Namur , de Durbui et de la Roche, en faveur du comte de Hainaut. Baudouin prit depuis lors les titres de prince de l'Empire et de marquis de Namur. En 1193, le comte Henri maria sa fille, que le comte de Champagne avait renvoyée, avec Thibaut, comte de Bar, et recommença la guerre contre Baudouin. Son armée fut battue, en 1194, à Neuville sur la Méhaigne. Des historiens prétendent qu'il mourut peu de jours après cette défaite; d’autres, comme les PP. Bertholet et de Marne, fixent la date de sa mort en 1196. Le comte Baudouin était mort le 17 décembre précédent.
Les plus anciennes mentions de la monnaie de Namur que l’on ait trouvées dans des actes ou dans des chroniques, ne remontent qu’au règne de Henri l’'Aveugle. Une bulle de l'an 1147, donnée par le pape Eugène ILE en faveur de, Pabbaye de Bonne-Espérance, porte : Partem decimae quae ad Fossensent ecclesiam pertinet sub annuo censu duorum solidorum NAMURCENSIS MONETAE. Un acte d'Inguerrand d'Orbais, relatif à une donation faite à la même abbaye et daté de lan 1172, parle également de la monnaie de Namur : Viginti NUMIMNOTUIM NAMURCENSIS MONETAE, annualim in ascensione Domini sèbi solvendorum. On trouve dans les diplômes de Le Mire, t. HE, p. 350, une bulle
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du pape Lucius IIF, en faveur des chanoinesses de Sainte- Waudru à Mons, donnée en 1181, et dans laquelle on lit: Censum quem vobis debet ecclesia de Liechies quinque solidorum MONETAE NAMURCENSIS. Une charte de Baudouin V, comte de Haïnaut et marquis de Namur, donnée l’an 1192, parle également de la monnaie de cette ville : Viginte quatuor solidos NAmucExsis MONETAE. Enfin il est encore fait mention de cette monnaie dans une bulle du pape Célestin, de lan 1194, en faveur de l'abbaye de Bonne-Espérance, dans laquelle on lit : Altare de Curcellis et allodium Sancti Foillani, sub annuo censu sexaginta solidorum NAMURCENSIUM quem canonicis de Fossts annuatim , etc. Il serait inutile, ce semble, de multiplier davantage ces citations de passages où il est question de la monnaie de Namur, alors qu’on ne peut en tirer aucun renseignement pour trouver le rapport de cette monnale avec d’autres monnaies de la même époque.
N° 93. Tête de profil et casquée à droite. La main droite tient lépée haute appuyée sur l'épaule : .EIN RI C9 (rétrograde).
— Croix ancrée et anglée de quatre palmes, dans un grènetis; sans légende.
Collection de la Société archéol. de Namur.
Voici enfin une pièce de Henri l’Aveugle et portant son nom! Ce petit denier vient confirmer, de tout point, l'attribution conjecturale des deniers analogues, à la légende comes, qu’on avait donnés instinctivement à ce prince. Ici le nom de Henri ne laisse plus de place au doute, soit qu'on le lise EINRIC, sans H, ou qu’on retrouve la lettre initiale qui semble devoir exister au commencement de la légende. Le C renversé (3) qui la termine n’est, à ce que nous croyons , que l’abréviation de VS, si fréquente sous cette forme (9) dans les manuscrits et dans les imprimés du quinzième et du seizième siècle. Une pièce de Henri Il, évêque de Liége et contemporain de notre comte de Namur, offre également le nom de Æenricus avec la même abréviation 1.
1 Revue de la numismatique belge, t. I, 2%° série, pl. I, n° 2.
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N° 24. Tête de profil à gauche, casquée. La main droite tient l'épée haute : COS.
Croix pattée dans un cercle perlé, anglée de palmes qui, de même que la croix, divisent les lettres de la légende: NIA/|.|.|.1E| S | 0 (namucensis, la lettre O superflue et pour remplir la case ).
Collection de M. le comte de Robiano.
Publiée par M. Piot, dans la Revue de la numismatique belge, 1. 1, 2%° série, p. 154.
N° 95. Profil casqué à gauche, tenant de la main droite l'épée haute : COMES. — Croix pattée dans un cercle, anglée de quatre palmes et coupant la légende : CR | Ve | Xe | ox | . (Crux.) Collection de l’État, à Bruxelles.
N° 96. Tête de profil à gauche, casquée. De la main droite, une épée haute : COHES. Croix évidée dans un cercle et coupant la légende: | NA | HV | CE | SO |.
Collection de la Société archéol. de Namur.
Voir Revue de la numismatique belge, t. VE, pl. V, n° 2. La légende du revers y à été lue, à tort, CONAMVCE.
N° 97. Profil casqué à gauche, tenant de la droite un drapeau : CODES. __ Abside circulaire d’une église entre deux tours à toits coniques. La croix de l’abside est accostée de deux points et sommée d’un coq perché, à droite.
Collection de M. Cuypers.
A. Poids inconnu.
Voir Revue de la numismatique belge, 1. E, 2% série, pl. I, n° 9.
N° 98. Profil casqué à gauche, tenant de la droite un drapeau : COMES. — Type de l’agnel de saint Louis : AGNV.
Collection de M. Serrure.
Voir Revue de la numismatique belge, t. VE, pl. V, n° 5.