‹ Recherches sur les monnaies des Comtes de Namur (volume 3)Chapitre 17 sur 54 · PHILIPPE LE NOBLE · texte numérisé non relu

PHILIPPE LE NOBLE

Baudouin V avait, par son testament, partagé ses États entre ses fils. Baudouin l’ainé, qui fut depuis empereur de Constantinople, eut la Flandre et le Hainaut; Philippe le second fut marquis et comte de Namur; mais à la charge de tenir ce comté en fief du Hainaut dont il relèverait à l'avenir. Le comte de Bar lui disputa les armes à la main la possession de ce qu'il prétendait être le domaine légitime de sa femme, Ermesinde. Il s’ensuivit, en 4197, une trêve qui fut convertie en paix définitive, par le traité de Dinant, du 26 juillet 1199. Cette paix enlevait à Philippe les comtés de Durbui et de la Roche, ainsi que la partie du comté de Namur située sur la rive droite de la Meuse, jusqu’à la forêt d’Arche. Ce territoire démembré comprenait principalement ce qui forma plus tard la prévôté de Poilvache, rachetée par Marie d'Artois, en 1342 !.

Philippe mourut le 9 octobre 1212, sans laisser de postérité.

N° 37. Dôme ou abside d’une église accostée de deux tours : # MÆARCIS. —— Croix pattée, dans un cercle perlé, et anglée de deux globules et de deux croissants : #* NAMVR.

Collection de M. Decraene.

N° 58. Même pièce, mais les croissants placés dans les cantons 1 et 4. Collection de la Société archéol. de Namur.

Voir, pour ces petits deniers, la Revue de la numismatique belge, 1. VF,

planche V.

1 J, Borgnet, Histoire du comté de Namur.

N° 39. Dôme ou abside circulaire d’une église accostée de deux tours : x NAMŒOVENS. __ Croix pattée, dans un cercle perlé, et anglée de deux globules et de deux croissants : x MARCHIO.

Collection de la Société archéol. de Namur.

N° 40. Comme ci-dessus. — x MARCIS {la croix placée en sautoir ). Même collection.

La même pièce avec la croix droite.

Collection de M. Ulysse Capitaine.

N° 41. Même type : # NAMVR.— La croix droite anglée de deux croissants et de deux globules : x MARCIS.

Collection de M. Serrurc.

N° 42. Comme ci-dessus. — Légende illisible.

Collection de M. A. Everaerts.

N° 43. Comme ci-dessus. — Croix en sautoir; légende rétrograde : # MARCES.

Collection de la Société archéol. de Namur.

Nous sommes persuadé qu'il existe de ce petit denier des variétés nom breuses que nous n’avons pas décrites; car il est rare d’en trouver deux identiquement pareils. Cela fait suppposer que l’emploi de ce type ne doit pas être limité au règne de Philippe le Noble. Les successeurs de ce prince, dont on ne connait pas d’autres monnaies, l’auront sans doute continué pendant la première moitié du treizième siècle. Le même fait se présente dans le Haïnaut, pour les petits deniers contemporains de Mons et de Valenciennes, qui offrent, avee ceux de Namur, une grande analogie et dont le type a aussi duré très-longtemps.

N° 44. Comme ci-dessus : NXMVR. < — Croix anglée de deux globules et de deux eroissants. Un globule commence la légende, au lieu d’une croix : e MAR...

Collection de la Société archcol, de Namur.

N° 45. Tête casquée de face, à droite un drapeau. (Sans légende.) — Église sommée d’une énorme fleur de lis et accostée de deux tours. Trois points placés perpendiculairement à droite, deux à gauche. (Sans légende.)

Collection de M. Gaillard.

Cette pièce a été décrite par M. Piot, t. [, 2° série, page 160 de la Revue de la numismatique belge , comme appartenant à un comte de Namur de fa première moitié du treizième siècle. Quant à déterminer positivement à quel comte elle doit être donnée , nous avouons avec lui que la chose nous parait impossible. Elle ne pourra le devenir que par l’exhumation d’un dépôt de nature à en fixer plus spécialement la date. M. Gaillard attribue au comté de Flandre, sans donner aucune autre raison en faveur de son opinion que la ressemblance de la tête casquée de face avec celle des deniers de Gand, qui est de profil. La fleur de lis était, à cette époque, un ornement banal qui n’appartenait pas plus à la Flandre qu’à un autre pays.

YOLENDE gr PIERRE DE COURTENAY.

Après la mort de Philippe le Noble, le comté de Namur revenait, de droit, à Henri, son frère, qui avait succédé à Baudouin sur le trône impérial de Constantinople. Selon toute probabilité, ce fut par suite d’une cession écrite ou tacite de ce prince que sa sœur Yolende, mariée à Pierre de Courtenay, S'empara du comté de Namur. En 1216, à la mort de l’empereur Henri, Pierre et Yolende furent appelés à lui succéder dans la dignité impériale. Ils laissérent en partant le comté de Namur à leur fils ainé, Philippe.

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