MARIE D’ARTOIS
DAME DE POILVACHE.
La veuve de Jean [°, qui avait acquis la terre de Poilvache, en son nom personnel, comme nous l'avons vu ci-dessus, page 10, y fit frapper monnale, et maintint en activité l'atelier qui avait fonctionné pour Jean de Bohême. |
Le 11 septembre 1353, elle transporta à son fils Guillaume la terre et le château de Poilvache.
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On ignore, dit Croonendael , l’époque de sa mort et le lieu de sa sépulture, Les autres historiens namurois répêtent, à ce sujet, l’assertion de Croonendael. Cependant, comme le testament de Marie d'Artois, conservé aux Archives du royaume (chartrier de Namur), est daté de Winnendaele, le 48 janvier 1865 (1366, n. st.), et que, d’un autre côté, l’on trouve dans les Monuments anciens de Saint-Genois , page 925, un compromis entre ses enfants pour le partage de sa succession, du 18 mars même année, la date de sa mort est nécessairement circonserite entre ces deux termes trèsrapprochés, du 18 janvier au 18 mars 1366. Quant au lieu de sa sépulture, son testament l'indique également. Elle demande d’être nhumée aux Frères- Mineurs de Namur, et rien ne doit faire supposer que ses fils n'aient pas exécuté cette dernière volonté de leur mère.
N° 98. Type ordinaire des esterlins à la tête couronnée : * MARIX DOZX.X...... (Maria domicilla artesiensis ).
— Grande croix anglaise des esterlins, anglée de douze besants : MON | ETX | MER | AVD.
Collection de M. le comte de Robiano.
N° 99. Château à trois tours, ou portail dit brabançon : .. OONETA MARZAY.. — Croix pattée dans un cerele : # D'ARIADCZ . .....
Même collection.
Décrite par M. le comte de Robiano, dans la fievue de la numismatique belge , 1. VI, p. 459.
N° 100. Château à trois tours : # MARIA DŒÉAARTESN. — Croix pattée dans un cercle : # OONSETAX MERZ VD.
Collection de M. Serrure.
B.N. 0.50. D'autres 0.62.
N° 101. Un exemplaire de cette pièce, appartenant à M. Rouyer, porte distinctement : ARTOSN, et les légendes commencent par une croix.
rom Li, PRE + M Ton, æ D ne de — dti md
N° 102. Château à trois tours : * MARIE : DARTOIS. — Croix pattée dans un cercle : * MONETA MERZ VD’.
Collection de la Société archéol. de Namur.
La légende, en français, de cette petite monnaie est une chose assez rare, à celte époque, et qui mérite d’être remarquée.
Les monnaies de Marie d'Artois, frappées à Poilvache, ne sont pas, à proprement parler, des monnaies de Namur, mais bien de la seigneurie de Méraude,
GUILLAUME fe.
Ce prince n'avait que treize ans lorsqu'il succéda à son frère sous la tutelle de sa mère, Marie d'Artois. Son long règne fut en même temps l’un des plus prospères. L'acquisition de la prévôté de Poilvache, faite par sa mère en 1349, rendit au comté une grande partie du territoire que lui avait enlevé le désastreux traité de Dinant, de 1199. Par un acte en date du 12 novembre 1361, Guillaume racheta de Wenceslas, duc de Luxembourg et de Brabant, les terres et châteaux de Mirwart, Orchimont, Longprez, Nassoigne, etc. Ces terres avaient déjà été acquises de Jean de Bohême, par Marie d'Artois, en 1344; mais le comte de Namur avait été forcé de les abandonner au duc de Luxembourg par l'accord du 6 février 1357.
La terre de Beaufort, qu'il avait achetée pour son frère Robert, lui revint par succession. Il augmenta , en outre, son domaine de la terre de Walcourt, que Wery de Rochefort lui vendit en 1363 ?.
En 1391, l'année même de sa mort, il échangea la seigneurie de l'Écluse, qu'il céda à Philippe le Hardi, comte de Flandre, contre la terre de Béthune, dont il ajouta le nom à ses ütres.
1 En 1590, cette terre fut revendue par le comte Guillaume à Albert, comte de Hainaut; mais elle fut de nouveau annexée au comté de Namur par Philippe le Bon, en 1458.
Guillaume avait été marié deux fois. Il laissa de sa seconde femme, Catherine de Savoie, deux fils qui lui succédèrent, et une fille Marie, qui épousa Guy de Châtillon, comte de Blois.
On possède un grand nombre de monnaies du comte Guillaume 1°", mais nous n'avons pu retrouver aucun document concernant leur fabrication ou leur cours. Voici quelques notes que nous avons recueillies comme ayant rapport avec le sujet que nous traitons.
Dans un registre de la chambre des comptes, n° 1002, reposant aux Archives de l'État, à Bruxelles, on lit, folio 50 : « Les canges de Namur ne » sont nient censiés pour ceste année (1350), car li maisires qui font le » monnoie monseigneur, les tiennent par convenanche. »
Les canges sont, à ce que nous croyons, les offices de changeurs de monnaies, offices si importants au moyen âge et qu'on affermait à Namur.
En 1369, Johannin de Malboge ou Malbourge, cangeur, bourgeois de Namur, est jugé par l'échevinage, « atteint de corps pour justichier à le » volenté monseigneur le conte », parce qu'on avait trouvé chez lui de Ja fausse monnaie f!,
Le Répertoire des causes et questions, manuserit original de 1485, qui va être publié par la Commission royale d'histoire, contient, sur cette affaire, quelques détails de plus. Les pièces trouvées chez ce changeur namurois et qu'il avait cachées dans un collier de cheval, sous de la paille, étaient noires et empreintes d’armoiries de seigneurs qui n'avaient pas le droit de battre monnaie. Malboge trouva moyen de s’accorder avec le comte, en lui payant la somme de mille moutons de Brabant ?.
La fausse monnaie était un des sept cas pour lesquels il était permis à la justice d’entrer de force dans le domicile d’un bourgeois.
ën l'an 1374, le comte Guillaume, « du seeu de son mayeur et esche-
| Registre concernant le criminel, aux Archives de la ville de Namur; 1565-1385, folio 85. 2 Folio 27. « Il est assavoir que ung nommé Jehennin de Malbourge, cambgeur de Namur, » a esté trowé qu'il avoit del faulse monnoie en sa maison tout noire ensingnié et signé » d'armes de seigneur non puissant ou auctorisé de povoir forgier, que néantmoins il avoit » prins et receu, comme trowé fut en ung goreau au dedens son estrin , en sadite maison, ou » marchiet de Namur. Au moyen de quoy et qu'il estoit prisonnier, en présence de Justice le
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» mayeur le calenga, et fin fut jugié d’estre justicié à la volenté du conte de Namur, comme
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» vins de Namur et autres ! » fit fabriquer une monnaie blanche, nommée jolys, qui valait, la pièce, 12 sols monnaie de Namur (ou petite livre). 34 jolys égalaient un double d’or du coin de Brabant (?), et 36, un franc de France. Il fit aussi forger une petite monnaie noire du même nom, qui ne valait que quatre deniers payement de Namur, la pièce. Gette monnaie noire faisait donc la trente-sixième partie de la monnaie blanche.
Parmi toutes les monnaies de Guillaume I* qui sont parvenues jusqu’à nous, quelle est celle qui portait ce nom de joly ? I serait assez difficile de le deviner. Seulement il ne faut la chercher que parmi les plus grandes monnaies d'argent, celles que l’on est convenu d'appeler plaques ou doubles gros. Nous avons vu , dans l’Introduction, que le gros, en 1356, faisait 7 sols de Namur. Le Joly, qui en faisait 12, doit être une pièce approchant de la valeur du double gros. Quant au 7oly noir, il restera perdu dans cette foule de petites pièces de billon que l’on possède du long règne de Guillaume.
Les comtes de Namur et les sires de Marbais, seigneurie située aux confins du Brabant et du comté, étaient en contestation touchant leurs droits respectifs sur la terre de Marbais. Le 25 octobre 1884, Robert, frère du comte de Namur, rendit un jugement arbitral qui réglait divers points en litige entre le comte et Jean, sire de Marbais, et laissait en réserve les articles suivants : « Camp de bataille, foriugier, faire monnote, mortes-mains, » fourmortures, ete. ?. » S’ensuit-il que les comtes de Namur ou les sires de Marbais aient jamais usé de ce droit, contesté entre eux, de faire monnaie à Marbais? Non, sans doute ; et il est même permis de croire qu'il ne figure là que comme faisant partie de la liste ordinaire des droits régaliens. Cependant l'existence de pareilles monnaies n’est pas impossible. N’avons-nous pas retrouvé et cela au fond de l'Irlande — la monnaie des sires d’Agimont,
» faulx monnoier. Après lequelle jugement , ledit Jehennin trowa manire de faire son accort » avoic mondit seigneur le conte, qui fu telle que pour, l'offence par lui commise, en dedens » certain jour préfix et dénommés, il payeroit au proffit de mondit seigneur le conte la somme » de mille moutons de Brabant, qu'il promist et ewt en convent de faire, à condicion que s’il » estoit trowé défaillans au jour, demouroit attaint dudit cas de erismes. » Jugement confirmé en 1570. (Communiqué par M. Jules Borgnet.)
1 Répertoire des causes et questions, MS., fol. 84.
2 Revue de la numismatique belge, t. XF, p. 211.
DES COMTES DE NAMUR. 75 voisins aussi du comté de Namur et dont aucun document n'avait pu faire prévoir la découverte ?
De ce qu’on ne connaissail aucune monnaie d'or des comtes de Namur antérieurs à Philippe le Bon, on avait cru pouvoir affirmer que ces comtes n'avaient pas eu d'autre numéraire que le billon et l'argent, Il était cependant assez diflicile de s'expliquer pourquoi un prince riche et puissant, comme Guillaume [*, se serait abstenu de frapper des monnaies d’or, alors que tous ses voisins le faisaient : les évêques de Liége et ceux de Cambrai, les dues de Brabant, les ducs de Luxembourg, les comtes de Hainaut, les comtes de Flandre, et jusqu’à de petits dynastes, comme le sire de Rummen., Cette OPInion, partout admise, était cependant erronée. Nous en avons trouvé Ja preuve matérielle , il y a environ vingt ans, chez un orfévre de Bruxelles : cétaient les débris, coupés en quinze ou seize morceaux, d’un royal au Lype du roi Jean, du comte Guillaume de Namur. Malheureusement la pièce n’était pas raccommodable et, par une nouvelle contrariété, ces parcelles, que nous avions achetées quand même, se sont depuis lors égarées.
Nous avons l’intime conviction que Guillaume [ à, comme les autres princes belges, imité les monnaies royales de cette époque; qu'il a fait des moutons, des francs, des couronnes, etc.
Les monnaies du moyen âge ne sont recherchées et étudiées, chez nous, que depuis trente ans à peine. Les pièces que la terre cache encore et que le hasard en fera surgir sont plus nombreuses, peut-être , que tout ce que l’on a réuni jusqu'à présent,
ATELIER DE NAMUR
N° 105. Tête de face et couronnée des esterlins anglais d'Édouard LL : x 0 WIL- LEALMVS € LMVR.
— Croix ordinaire des esterlins, traversant la légende et anglée de douze be-
sants : HAM | VRE | EHS | IS x.
Musée impérial de l’Ermitage.
A. Poids inconnu.
La légende qui entoure la tête a été arrangée dans le but de faire ressem-
bler la pièce à un véritable esterlin anglais d'Édouard HE. À l'exemple de son parent , le comte Robert de Flandre, Guillaume fait précéder son nom des deux lettres & (pour EpEL, nobilis), et de cette manière les trois premières lettres de la légende deviennent &OW. Il la termine par ŒÆomes RaMVRG ; mais les trois dernières lettres peuvent être prises aisément pour MYB, le dominus vBerniae des esterlins d'Édouard. Les exemples de supercheries semblables sont extrêmement fréquents.
On nous a objecté qu'il était peu probable qu'on eùt employé, dans une province toute wallonne, le mot edel. Rien n'empêche alors de commencer par D (dominus) et de rattacher le premier € à la fin de la légende pour avoir : NAMURExsis ou NAMURcEnsis, si on le préfère.
N° 104. Tête de face et couronnée, type des esterlins anglais : + ... LMVS GOMES. __ Croix ordinaire des esterlins, anglée de douze globules : RAM | VRE |
ts DES
Collection de M. le comte de Robiano.
N° 103. Lion couronné avec le bâton péri en bande. Bordure des gros tournois de douze trèfles. Au-dessus du lion une petite aigle : MONEMA x RAMVRC’. __ Croix pattée coupant la légende intérieure : GVT | LEL | M: GO | MES. Légende extérieure : + BHDICIV : SIT: ROME : DAT: NRI: DE : HOUVePEP Même collection.
N° 106. Lion. Bordure des gros tournois de onze feuilles (de vigne?) et d’un petit lon. Au-dessus du lion, une petite aigle : MORSMX x RAMVR.
— Croix pattée coupant la légende intérieure : RAM | OUR | GEO | MES. Légende extérieure : + BROIEMV : SIM: ROME: DOI XPI:
Collection de M. Serrure.
A. 2.49. Exemplaire usé.
On connait, pour le Hainaut, des pièces semblables, qui ne portent aussi que : HARONIS ŒOMES, sans le nom du comte. La même chose se reproduit en Brabant.
N° 107. Lion rampant, au bâton péri en bande et couronné, dans une épicycloïde à six
lobes : & MONEMX : RADVR... SIS.
— Grande croix pattée coupant la légende et anglée de deux aigies et de deux lions : GUIL | LEÏoG | ODES | NAQV.
Type employé, en Flandre, par Louis de Créey (1322-1346 ).
N° 108. Lion rampant couronné, au bâton péri en bande, dans une épicycloïde à six lobes : # MOREMX : RAMVR : € : SIS.
— Grande croix pattée coupant la légende et anglée de deux lions et de deux aigles : GVIL | LELM | VB oO | MES x
Collection de M. le comte de Robiano.
N° 109. Lion rampant couronné, au bâton péri en bande, dans une épicycloïde à six lobes : x MORE... AMVREENSIS.
— Grande croix anglée de deux lions et de deux aigles et coupant la légende :
GOME | LAM | VRIE | 2...
Même collection.
A. ».» (pièce ébréchée).
N° 1410. Lion couronné dans une épicyeloïde à six lobes : x o G : COMES o D'X- MVREN”. — Grande croix ailée coupant la légende : MO | RE | MX | PA.
Collection de M. Serrure.
N° 144. Lion dans un cercle: MONEMX DAMVRES.
— Grande croix pattée et anglée de quatre feuilles (de vigne?) coupant la
légende : G x GO | MES | LAM | OVR.
Type employé, dans le Hainaut, par Guillaume 11 (1837-1345).
N° 412. Lion au bâton péri en bande, dans un cerele : + MONE...... VR?’C. — Croix pattée au centre : x GVILL..... MVR”.
Collection de la Société archéol. de Namur.
Publiée dans la Revue de la numismatique belge, t. IX, 3% série, p. 21.
N° 113. Lion au bâton péri en bande et couronné, dans un cercle : # MOHEMX : NAMVR : CE.
— Croix pattée au centre : x GVILLELMVS : GOMES.
Collection de M. Serrure.
N° 114. Quatre lions couronnés dans une épicycloide à quatre lobes. Quatre annelets dans les angles rentrants: + MONEMX : NOVZ : LAMVR : C : SIS. — Croix pattée dans un cercle. Légende intérieure : x GVILLSLM? ŒOME”. Légende extérieure : x BROIEMV : SIM: ROME : DHT: NRI: DE :