MAJORITÉ
Après les trois années de la ferme d’Helman Cobbe, l'atelier de Namur fut probablement fermé de nouveau.
Des lettres patentes de l'empereur Charles-Quint, en n date du 6 mars 1527, conférèrent, pour le terme d’une année, à Jehan Cobbe (sans doute le fils 1 Helman) la ferme des monnaies de Namur.
Du 27 avril 1527 au 11 avril 1598, ce nouveau maitre particulier forgea les pièces suivantes ! :
Des florins carolus d’or à 14 carats et de 84 au mare, ayant cours pour 20 patards ;
Des deniers d'argent nommés réaulæ , à AA deniers 5 grains de fin et de 80 au marc, ayant cours pour 6 gros de Flandre ;
Des deniers réaulx à 5 deniers 12 grains de fin et de 78 1/2 au mare;
4° Des patards à 3 deniers 17 grains de fin et de 80 au marc; 3° Des deniers noirs nommés courtes, à T grains de fin et de 18 sous 10
ne (226) au marc, ayant cours pour - miles ;
G° Des deniers noirs nommés #ailles de Namur, sans aloi et de 24 sous nu au mare, « ayant cours en la comté de Namur, d’anchienneté, les » LXXH pour 13 gros monnoie de Flandres. »
ER Plumme reçut, du chef de cette fabrication, 1aliy res parisis, Ou livres de 20 gros de Flandres. À ce qu'il parait, e’est la dernière fabrication de monnaies qui eut lieu, à Namur, pendant le règne de Charles-Quint.
N° 951. Éeu à l'aigle biceps, couronné et posé sur une croix ne qui coupe la légende : KAROLYS | D x G x ROM | IMP xZ x EX —— Écu à seize quartiers sommé d’une couronne ouv tn : DA x MICHI x VIR TNTE x CLR x HOSTES x TVOS EX.
Collection de M. Serrure.
A. 2.80. (Demi-réal, ou pièce de 5 gros.)
1 Archives de l'État, à Bruxelles.
N° 952. Écu à seize quartiers, sommé d’une couronne ouverte et accosté de deux croix de Bourgogne : DA x MICHI x VIRTVTE x CONTRA x HOSTES x TVOS — Croix évidée, coupant la légende et portant en cœur l’écu impérial à Paigle
biceps : KAROL | D xG x RO | IMPxZ x H | ISP x REX.
A. 2.95. (Patard.)
N° 955. K couronné dans le champ : 2? KAROLYS x D x G x ROM x IMP x HISP. — Croix évidée ayant en cœur le briquet : 2 DA x M x VIRTVTE x CO... TVOS.
B.N. 0.70. (Courte ou double mite.)
Même collection.
PHILIPPE I (VE DE xamur).
L'atelier de Namur, fermé depuis 1528, fut ouvert de nouveau par le duc de Parme en 1578. Ce prince y transféra, selon l'avis du conseil des linances, l'atelier établi l'année précédente à Luxembourg par don Juan d’Autriche, mais qui n'avait jamais activement fonctionné. Georges Monachy !, ci-devant graveur de coins de l’évêque de Liége, de l’évêque de Cambray et de l'abbé de Stavelot, et qui avait gravé les coins des monnaies faites à Luxembourg , fut chargé de la confection des coins de la monnaie de Namur. Le maitre particulier Pierre Dolet avait rempli les mêmes fonctions à Luxembourg. On fut obligé de faire venir des ouvriers de la monnaie de Dôle en Franche-Comté.
L'ancienne maison de la rue de la Croix, qui, par lettres patentes du 3 mars 1563, avait été affermée à la ville de Namur pour y établir une école, servit encore une fois de local pour la fabrication de la monnaie, On ne sait point au juste à quelle date cessa cette fabrication, à laquelle on travaillait encore le 2 octobre 1579. Il parait seulement probable qu’elle ne s’est pas prolongée jusqu'en 1580, puisqu'on ne trouve pas de pièces à ce millésime , et que, de plus, dans le courant de décembre 1579, le due avait appelé
! Voir dans la Revue de la numismatique belge, t. HE, 2% série, p. 294, un excellent article
de M. Pinchart sur ce graveur liégeois.
Monachy aux fonctions de graveur de la monnaie de Maestricht. Au mois de juin de cette même année 1580, la chambre des comptes de Namur était obligée d’avoir recours à l'atelier de Maestricht pour faire frapper ses jetons, preuve évidente que l'atelier de Namur ne fontionnait plus alors.
Voici, d’après M. Pinchart, les pièces d'argent qui furent frappées dans cette ville, depuis le 24 décembre 1578 jusqu’au 2 octobre 1579 " : Le philippus-daelder, le demi-philippus, le cinquième et le dixième de la même pièce; le patard et le demi-patard; et en cuivre, le double denier ou pièce de quatre mites, le denier ou double mite et la pièce d’une mie.
Il eùt été convenable d'indiquer ici le nombre exact qui avait été forgé de chacune de ces pièces; mais le registre dont M. Pinchart avait fait usage, et qui aurait pu nous fournir ces renseignements, n’a pas été retrouvé dans le dépôt des archives.
Aueun cabinet ne possède, à notre connaissance, les monnaies d'argent de l'atelier de Namur de 1578-1579, à l'exception du sol ou patard.
Le 12 juin 1592, Meynart de Zwoll, maitre particulier de la monnaie de Maestricht, fut commissionné par les seigneurs du bureau des finances, à l'effet de forger monnaie dans l'atelier de Namur. Il y fabriqua, pendant l'espace de trois mois et quatre jours, du 23 juillet 1592 au 27 octobre de la même année, les monnaies suivantes ? :
1° Des demi-réaulx d'or à 18 carats et de 70 et !/8 de pièces au marc. Ces pièces, émises jadis pour 30 sous, étaient portées à 53 sous;
20 Des philippus-daelders à 10 deniers de fin et de 7 et ?/64 de pièces au marc. Les philippus-daelders, émis jadis à 30 sous, étaient portés à 50 ;
3° Des demi-philippus-daelders au même titre et de 14 °/52 de pièces au mare.
Si cette fabrication ne dura pas longtemps, elle fut fort active en ce qui concerne les monnaies d'argent, puisqu'on y employa 31,801 marcs pour
| Registre aux délivrances des ouvrages monnayez fabriquez à Namur, commencé le 25 dé-
cembre 14578. — Archives de l'Etat à Bruxelles. 2 Archives de l'Etat à Bruxelles.
les daelders, et 4522 marcs pour les demi-daelders. Les demi-réaulx d'or, au contraire, ne furent frappés qu'au nombre de 713 pièces.
Après la fabrication de 1592, la monnaie de Namur fut définitivement fermée. Cependant, vers le milieu du X VIP: siècle, en 1640, Jacques Baré, échevin, et Vincent de Harscamp, munitionnaire, firent quelques démarches pour être autorisés à établir, à Namur, un atelier monétaire pour le cuivre. Ils s’adressèrent à cet effet au conseil des finances, qui renvoya leur requête à l'avis du conseil de la province. Par lettre du dernier juin 1643, ce conseil transmit l'affaire au conseil privé avec un avis favorable; mais il ne parait pas qu’on y ait donné d'autres suites 1.
! Dossier de la correspondance du conseil provincial de Namur, aux archives de l’État à Namur. Ce dossier contient les pièces suivantes :
1° Le conseil des finances, sous la date du 5 octobre 1640, communique au eonseil provincial une requête de Jacques Baré, sur laquelle il demande un avis;
2° Réponse à cette lettre, sous la date du 30 octobre 1640. Le conseil répond qu'il a reçu la requête du sieur Jacques Baré, échevin de Namur, commis à la marque de la batterie (métier des batteurs en cuivre), et de Vincent de Harscamp, munitionnaire de Sa Majesté, tendante à ce qu'il leur soit permis « de forger monoyes de cuivre en liars et demi-liars, aux coings et armes » de Sadite Majesté et de ladite ville. » — « Satisfaisant de notre part à l'avis requis, dirons que » ci-devant y a eu forge de monnoye d’argent et cuivre en cette ville, la place de laquelle a » depuis esté destinée à des escoles publiques, et par après cédée aux perès jésuites qui y ont » basti partie de leur collége.... Par ainsi, il nous semble que pour remettre cette forge et » accommoder le public, principalement les artisans et petit peuple, de menues monoyes, et en » exterminer les estrangères, qui sont de très-mauvais alloy, si comme les vieux et nouveaux » liars de Liége et Bouillon, dits respectivement Hulpaiz, gros nez et Chiroux, et les patars de » France, signamment ceux qu’entendons estre nouvelement forgez et blanchis à Nurinberg, » Sadite Majesté pourra bien octroyer auxdits suppliants permission de forger et faire forger » en cette dite ville, à leurs frais, lesdits liars et demi-liars, aux coings et armes de Sadite Ma- » Jesté y adiouté quelque petite marque ou enseigne de ladite ville, comme il s’est practiqué » ancienement, et ce iusqu'à la quantité de 25,000 mares, ou plus, si besoing est, et à tel poid » et bonté intrinsèque, comme aussi à charge de reconnoître et payer à Sadite Majesté tels » droits Seigneuriaux que par instructions à donner par les conseillers et maistres généraux des » monoyes de Sadite Majesté ou autres, pourra estre avisé, pour avoir cours icelle monoye non » seulement en cette province, mais en toutes autres de l’obéissance de Sadite Majesté... »
3° Requête adressée au conseil provincial de Namur, en 1643, par Vincent de Harscamp et Jacques Baré. — Ils rappellent qu'il y a quelque temps, ils avaient offert de battre des liards de permission , et de redresser à cet effet la monnaie de Namur. Mais leur requête « ayant passé » par advis de Mess. des finances et de la chambre des comptes, ensemble des surintendants » des monoyes de Bruxelles, » et ensuite du conseil provincial, « leur intention (des requé- » rants) auroit esté jugée utile et profitable au publicque , comme ils eroyent. Nonobstant Sadite
Écu à cinq quartiers, sommé d’une couronne fermée et accosté de deux briquets : > PHS : DET . G. REX . HISP - CO -+ NAMV.
— Croix ailée, fleuronnée, coupant la légende, ayant en cœur une fleur à quatre pétales et anglée de deux briquets et de deux lions: DOM | MIH | ADI | 1579.
Collection de M. Moons, à Anvers.
B.B. Poids inconnu.
Variété : au revers DMI | MIH | ADIV | 1579.
Collection de la Société archéol. de Namur.
Gette pièce se trouve, sous le nom de patard, dans l'Ordonnancie voor wis-
selaers
de 1633, page 240. (Gg. v°.)
Mêmes types que le n° 254 : $ PHILIP - DEI : GR + + R - HISP «+ CO + NAM. — DOM | MIH | ADIV | 1579.
Musée impérial de l'Ermitage.
B.B. Poids inconnu.
. Écu au lion, sommé d’une couronne perlée : cp DOMINVS + MIHI x ADIVTOR x
— Briquet posé sur une croix de Bourgogne, accostée de quatre annelets : % PHILP -« DEI : GRA - R - HISP : CO : NAMVR.
Collection de la Société archéol. de Namur.
Variété avec NAMV.
Même collection.
Le nombre d’annelets mdique la valeur de la pièce; quatre mites, deux
» Majesté n’auroit rien voulu décerner sur leur requête, que premier ne fust aussy oy » Monsieur Soninius, conseiller fiscal du conseil privé, ès mains duquel a esté mise lad, requete » avec lesd. avis; et comme entretamps, lesd. noires monoyes estrangères continuent plus » que jamais leur cours préjudiciable, ils ont jugé estre de leur debvoir de poursuivre ce qu'ils » ont encomencé, pour le service de Sadite Majesté et le bien de sesd. subiets, lesquels deux » points touchant de près vosd. seigneuries, comme chefs de cetted. province, ils se sont advisés
» de recourir à icelles, suppliants que leur bon plaisir soit d'avancer et promouvoir l'issue de » ce dessein. »
4° Lettre du dernier juin 1643, par laquelle le conseil provincial de Namur communique la requête ci-dessus au conseil privé, avec avis favorable.
(Communiqué par M. J. Borgnet.)
mites. La pièce d’une mite est sans annelet. Nous ne donnons pas le poids de ces monnaies de cuivre, qui varie considérablement d’un exemplaire à l’autre de la même pièce. :
N° 257. Écu au lion, sommé d’une couronne perlée: % DOMIN : MIHI + ADIVTOR : 1578. — Briquet posé sur la croix de Bourgogne, accosté de deux annelets : PHI- LIP + DEI + G + R + HISP + CO + NA.
Collection de M. Serrure.
Variété : les mots du revers séparés par des points au lieu de croisettes. Collection de la Société archéol. de Namur.
Autre : CO. N.