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Louis XIV, comprenant que les Pays-Bas étaient perdus pour son petitfils, engagea celui-ci à céder ses droits à Maximilien-Emmanuel, encore en possession de Namur et de Luxembourg, ainsi que d'une partie du Hainaut, la prévôté de Chimai. La paix paraissait prochaine, et celte cession pouvait fournir à l'électeur, son fidèle allié, le moyen de récupérer ses États hérédiaires, dont l'Autriche s'était emparée. L'acte par lequel Philippe V transporte à Maximilien ses provinces des Pays-Bas est du mois de juin 1711. Le 16 août suivant, l'électeur ordonnait et prescrivait de mettre ses armoiries à la place de celles de Philippe V, dans tous les bureaux des receveurs et des notaires , sur les acquits, passavants, placards, etc.
Le 47 mai 1719, il se faisait inaugurer à Namur avec toute la pompe des cérémonies que ce prince affectionnait spécialement.
La paix d'Utrecht, du 11 avril 1713, garantissait à l'Empereur la souveraineté des Pays-Bas catholiques, mais avec cette réserve, que Maximilien Emmanuel resterait en possession des provinces de Namur et de Luxembourg, jusqu’à ce que ses États héréditaires lui eussent été restitués par l'Autriche. En exécution de ce traité, la garnison française de Namur évacua la forteresse et en fit la remise aux troupes des Provinces-Unies; Fautorité civile
‘ Une seconde cession, plus explicite et sans condition de retour, fut faite le 2 janvier
1742, Elle se trouve dans Dumont, Corps universel de diplomatique, VIT, 1, 288 et 289, etc.
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continua à être exercée, au nom de Maximilien, par le conseil d'État qu'il avait Insütué. |
Ce fut seulement le 1 décembre 1714 que l'électeur fit savoir aux autorités de son pays de Namur que, par suite des traités de Rastadt et de Baden, la souveraineté des ville et comté de Namur, ainsi que de Beaumont et de Ghimai, devant être remise à l'Empereur, il déliait ses sujets de leur
serment de fidélité.
La fabrication des liards de Namur, tant au nom de Philippe V qu'à celui de Maximilien-Emmanuel, donna lieu à de nombreuses réclamations de la part des officiers monétaires du gouvernement de Bruxelles et à plusieurs mesures répressives, pour empêcher leur introduction dans les provinces occupées par les armées alliées. II paraitrait même, d’après ces réclamations, que les monnayeurs de Namur se permettaient de frapper des liards au nom du feu roi Charles IF, et cela en si grande quantité, que les provinces voisines en étaient comme inondées !. Ce fut pour remédier à cet abus que, en 1712, on démonétisa les liards à l’ancien type de Charles IT, le briquet couronné, entouré de trois écussons ?, Ce type fut remplacé par celui à Ja Lête à perruque, au revers du monogramme trois C entrelacés et couronnés. Comme on aurait dû s’y attendre, Maximilien-Emmanuel imita aussitôt ce nouveau {type ?: sous une perruque à la Louis XIV, toutes les têtes se ressemblent. Les monogrammes, ou chiffres en lettres cursives entrelacées, sont également tous à peu près pareils : il fallait done lire les légendes pour distinguer les liards de l'électeur de ceux de Charles VE.
Après que Namur fut rendu à l'Empereur, le 14 février 1715 , lé conseil de Namur, statuant en vertu d’un décret du comte de Kinigsegg , ordonna que les liards aux coins de S. M. L. seraient seuls recus dans le comté, Cette ordonnance, dont l'exécution présentait de grandes difficultés , dut être renouvelée le 12 mars suivant. Les liards de Maximilien-Emmanuel ne disparurent
! Archives de l’État, à Bruxelles.
? Placard du 25 août 1712.
5 Placard du 5 octobre 1712.
cependant pas immédiatement de la cireulation, surtout dans la province de Luxembourg, où leur cours fut toléré et réglé par les placards du 31 mars 1718 et du 20 décembre 1719.
On possède de nombreuses ordonnances de Maximilien-Emmanüel sur le cours des monnaies nationales et étrangères ! dans les provinces de Luxembourg ei de Namur. C'était l’époque où Louis XIV, obéré par un demi-siècle de guerres, employait, comme expédient financier, la plus fatale de toutes les mesures, le surhaussement ou l’altération des monnaies. Le contre-coup de ces ordonnances désastreuses se faisait sentir en Belgique , et le gouvernement de Namur, comme celui de Bruxelles, se croyait obligé de suivre l’impulsion du pays voisin. Il serait inutile, pensons-nous, d’énumérer ces
divers placards : on en trouve l'indication et l'analyse dans la Liste chronolo- :
gique des édits et ordonnances publiée en 1851, par la Commission royale des anciennes lois.
Maximilien commença par employer, sur ses monnaies d'or, les types antérieurs de Charles IL et de Philippe V, du souverain au lion. En A1 il y substitua un nouveau type, assez semblable à celui des monnaies de Louis XIV : la tête du prince d'un côté et de l’autre l'écusson couronné de ses armoiries. Ses pièces d'argent sont également imitées de celles de Charles IT et de Philippe V; mais il n’employa point l’ancien type du souverain d'argent à la croix de Bourgogne, ou patacon, type que continua Charles VI et qui devint celui de la couronne de Brabant de Marie-Thérèse et de François Fer,
Dans son ordonnance du 20 juillet 1744, ainsi que dans quelques ordonnances suivantes sur la valeur des monnaies, après avoir parlé des souverains «aux types de nos prédécesseurs et à nos coins, » Maximilien-Emmanuel énumêére, parmi les pièces évaluées, les couronnes d’or et les ducats. Bien que le texte même de ces ordonnances puisse faire supposer que ces pièces ont été aussi frappées aux coins de Maximilien, nous croyons qu'il ne s'agit là
! Plusieurs de ces monnaies étrangères ne sont désignées que par des noms populaires sous lesquels il n’est pas toujours facile de les reconnaître. Les poqueux ou petits escalins, dont il est si souvent question à Namur et surtout à Luxembourg, sont, à ce que nous croyons, une monnaie de Metz.
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que des couronnes et-des ducats de ses prédécesseurs, Philippe IV, Albert et Isabelle, et que l'électeur n’a jamais fait d’autres monnaies d’or que le double et le simple souverain.
Le placard du 7 mai 1714, qui décrète l'émission de monnaies d'or et d'argent à l'effigie et aux armes de l'électeur, pour une somme totale de cinq cent mille florins, énumère ces diverses pièces et en fixe le poids et le ütre, qui, du reste, étaient ceux des monnaies de Charles Il et de Philippe V. C'était :
1° Le souverain d'or !, à 22 carats 5/4 de grain, de 22 -Æ% pièces au marc ;
2° Le demi-souverain à l'avenant;
3° L’écu d'argent (souverain d'argent) à 10 deniers, 11 grains et demi de fin et de 8 5555; pièces au marc ;
4° Le demi-écu à l'avenant ;
o° Le quart d'écu à l'avenant ;
6° L’escalin à 6 deniers 23 1/2 grains de fin et de 46 <$$ pièces au marc;
1° Le demi-escalin (ou plaquette) à l'avenant.
Toutes les pièces d'or et d'argent de Maximilien - Emmanuel , sauf l'escalin, qui se rencontre plus fréquemment, sont rares et difficiles à réunir. La collection la plus complète est celle du cabinet royal de Munich, où cependant nous n'avons pas trouvé le quart d’écu que possède M. le comte de Robiano et qui a été gravé par Van Loon. Les grandes pièces d'argent, les ducatons et leurs subdivisions semblent n'avoir pas cireulé. Nous n’en connaissons que des exemplaires neufs, à fleur de coin. Le gouvernement autrichien, si jaloux de ses prérogatives, ne se sera sans doute pas montré moins sévère à l'égard de ces monnaies, qu'il ne l'avait été à l'égard des liards de cuivre. Toutefois nous n'avons pu découvrir l'indication du décret ou du placard qui les retire de la circulation.
Les entrepreneurs de la monnaie de Namur se nommaient Henri Van Soest et Jacques-François Blommaerts.
Le 22 novembre 1713, Son Altesse Électorale fit saisir entre leurs
1 Ou double souverain; le demi ou simple souverain.
mains, pour étre inventorié, tout ce qui se trouvait dans l'hôtel de la monnaie. Cette saisie avait pour but de garantir son droit scigneurial sur la fabrication faite par lesdits Van Soest et Blommaerts. Un inventaire en existe aux Archives de l'État, à Bruxelles, portant la date 2 décembre 4713. L'estimation totale des machines, outils, charpente, etc., monte à fl. 7431, 17 patards.
On y trouve cinq presses (balanciers) avec leur équipage, estimées 600 f. la pièce; un balancier aux escus avec ses deux boules de plomb, estimé seulement 111 fl.; des coupoirs, laminoires, ete. Mais aueun coin : ceux-ei n'appartenaient pas au fermier de la monnaie ; ils étaient la propriété du prince.
La dernière délivrance d’or et de liards que firent Van Soest et Blommaerts, est du 7 décembre 17124, sept jours après que Maximilien eut abandonné la souveraineté des Pays-Bas. Son Altesse avait commis, pour faire l'examination des ouvrages de ses monnayeurs, le marquis de Roisin et le procureur général Tiery; et, pour garantir son droit seigneurial, il fit saisir, une seconde fois les instruments qui appartenaient aux entrepreneurs.
Le 26 juillet 1715, le gouvernement autrichien s’empara provisoirement de ces instruments et outils. Hs furent transportés et déposés à l'arsenal de Namur.
En 1717, Van Soest et Blommaerts, qui s'étaient réfugiés à Paris, donnérent procuration à un sieur Van den Bisdom, d'Anvers, à l'effet de réclamer leur propriété.
L'avis du maitre général des monnaies Wautier, sur celte réclamation, était qu'il convenait de tout confisquer, en vertu du droit de conquête, et pour punir les maitres de Namur du tort qu'ils avaient fait au pays en fabriquant des liards contrefaits , ce à quoi ils n'avaient jamais été autorisés par l'électeur, puisque ce prince avait au contraire ordonné de mettre comme marque distinetive un petit lion sur les pièces qui provenaient de la monnaie de Namur. L'avis du conseil des finances et celui de la chambre des comptes furent plus conciliants. Ces deux corps proposaient d'accepter, « pour ne pas chagriner Son Altesse Électorale , » les offres de Van Soest et de Blommaerts, de céder leurs outils au prix de l'estimation de 17138, qui montait sans les
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charpentes , à 6587 1. 5 patards. C'était au surplus, d’après le conseil des finances, un marché fort avantageux pour le gouvernement de $. M. I.
Cet avis fut suivi, à ce qu'il paraît , car le 13 août 1720, le maitre général Wautier était de retour de Namur avec tous les ustensiles qu'il avait été chercher, en vertu d’une commission spéciale du conseil des finances , en date du 31 juillet précédent. Ces ustensiles furent répartis entre les hôtels de Bruxelles et d'Anvers.
Quant aux coins, matrices et poinçons des monnaies de Maximilien-Emmanuel, on présume qu'ils ont été emportés en Bavière avec les archives particulières du prince. Îl en est de même des comptes de fabrication, dont on ne trouve aucune trace, ni à Namur, ni à Bruxelles.
Avant de passer à la description des monnaies, il ne sera pas inutile de donner, une fois pour toutes, l'indication et la nomenclature des nombreux titres que prenait Maximilien-Emmanuel. Ces titres ne sont exprimés, le plus souvent, sur ses monnaies, que par des lettres initiales isolées et séparées par des points ; c'était alors la mode en Allemagne ; et beaucoup de légendes de monnaies de cette époque sont de véritables hiéroglyphes qu’on ne peut lire que quand on sait d'avance ce que c'est! On trouve sur les monnaies de Namur, en tout ou en partie : Maximilianus. Emanuel Dei gratia utriusque Bavariae, superioris Palatinatus, utriusque Burgundiae, Brabantiae , Limburgr, Luxemburgi et Geldriae dux ; comes Palatinus Rheni ; sacri Romani imperu Archidapifer, elector et vicarius, Landgravius Leuchtenberqae : comes Flandriae, Hannoniae et Namurci; Marchio sacri Romani impert; dominus Mechliniae.
N° 254. Lion couronné tenant l'épée haute de la droite et posant la gauche sur un globe : MAX - EMANUEL -D:G-S-R-I-A-E: ET: VIC-1711 &. — Écu aux armes des provinces des Pays-Bas, ayant en cœur l’écusson de Bavière, entouré du collier de la Toison d’or et sommé d’une couronne ducale fermée : U-B:B:L:L:ET:G:DUX COMES : F - H - ET : NA.
Collection de M. Serrure.
Or. 5.24. (Souverain d’or au lion.)
! Un savant numismate de Berlin, M. F.-W.-A. Schlickeysen , secrétaire de la Société numismatique, a publié, il y a quelques années, un glossaire spécial pour la lecture de ces légendes à initiales.
N° 252. Même type : MAX : EMANUEL D :G:S-R:1:AR - EL - ET + VIC %. Sous le lion 1712.
— Même revers qu’au numéro précédent.
: Cabinet royal de Munich.
Or. (Souverain d’or au tion.)
N° 255. Tête de profil à droite, avec la perruque à la Louis XIV : % 1712. MAX: EMANVEL V:-B.-S-P.B-L:L:& G:DVX. Sous le buste un monogramme composé des lettres T.B.
— Écusson aux: armes des provinces des Pays-Bas, avec un petit: écusson de Bavière en abîme et sommé d’une couronne ducale : C-P-R:S.I.A-EL.&4 VIC-LL-C-F-H&N-M:SRI:D:MECH.
Même cabinet.
Or. (Double souverain.)
Le monogramme TB est la marque du graveur Thomas Bernard , qui travaillait alors, à Paris, à la suite des médailles de Louis XIV, avec Molart, Henri Roussel, Breton, Joseph Roettiers, Jean Mauger et autres. Deux monnaies de Maximilien sont signées par Bernard, le double souverain et l’écu d'argent de 1712. Nous ignorons si les autres pièces sont également de lui.
N° 254. Tête de profil à droite, avec perruque à la Louis XIV : % MAX: EMANUEL D:G-:U-B-S-P-B:L:L & G :DUX. Sous le buste 1713.
— Écu aux armes des provinces des Pays-Bas, avec un petit écu de Bavière en abîime et sommé d’une couronne ducale : COM-P-R:S:R:[I-AR & ELE-: L-L:COM:F-H-&N:MAR:-S-R:I.D.M.
Collection de M. Serrure.
OR. 5.60. (Souverain d’or.)
N° 255. Tête à droite, coiffée de la grande perruque à la Louis XIV. Sous le col le monogramme B : #% 1712. MAX : EMANVEL V.B-S-P-B.L-. L-&:G: DVX. — Écu aux armes des provinces des Pays-Bas, portant en abîme l’écusson de Bavière, entouré du collier de la Toison et sommé d’une couronne ducale fermée: C:P-R-S-R-I-A-EL:&-VIC:LLC-F-H.&.N-MSR:-I-D. MECH.
À, (Écu.)
N° 256. Tête à droite, coiffée de la grande perruque à la Louis XIV ; buste drapé : & 1715 MAX EMANVEL V-B.-S-P.B:L:L:-8& G:DVX.
__ Écusson rond, aux armes comme ci-dessus : C:P:R-S:R:I-+A-:EL:£ VIC-LL:-C-F-H°:&-N-MSR:I:D-MECH.
Cabinet royal de Munich.
A. (Ecu.)