‹ Recherches sur les monnaies des Comtes de NamurChapitre 108 sur 110 · AOUT · texte numérisé non relu

AOUT

Lettres de l’evèque de Liege, donnant privilège pour forger monnaie à Yves et dans la seigneurie de Florennes. .

Nous Hugues, par la grace de Dieu évesque de Liége, scavoir faisons à tous que, comme très hault excellent prince nostre chier sires, messire Albert, par la grace de Dieu roy des Romains, a toujiours accroissants donné privilége à notre aymé cousin Monsieur Thibault de Lorrainne, seygneur de Rumigny et de Florinnes, de battremonnoye à Yve, dedans les terres de nostre esvechiet, nous, en wardans les proflits de nostre Esglise, nous consentons lesdits priviléges et volons et octroions que ledit nostre cousin aussi en puissent battre à Florinnes telle monnoye comme les porroient battre à Yve, ou en autre lieu en sa terre dedans les terres de nostre esvechiet, telle comme il la peut faire battre à Yve, par le vertu de ses priviléges; en telle manière que laditte monnoye que si batteroit à Yve, il doit tenir de nous et de nostre Église en accroissement du fief qu'il tient de nous. Et encor doit donner à nous et à noz successeurs, chacun an à toujiours, sur laditte monnoye, vingte cinques mares en fin argent ou la valeur. Et ainsi étoit que laditte monnoye ouvrat, ou si laditte monnoye n’ouvrait continuellement, selon le tems que on ouvrera on doit payer les vingte cinques mares, c’est à dire que ouvrera trois mois, on payerat la quart partie. Et ainsy de plus plus, du moins le moins. Lesquelles vingte cinques mares doivent être payés à nous ou à noz successeurs ou à nostre épiscopal commandement, tous les ans à la Nativité de Nostre-Seigneur, en la forme et en la manière dessusdit.

A ces choses dessusdites , pour nous et noz successeurs, promettons nous tennir et le warder loiallement et en bonne foy, et à ce obligeons nous tous nos biens et tous ceulx de notre Église, en quelque lieu quils soyent. Tesmoing, nostre seel mis à ces présentes.

Donné en nostre chastel de Huy, le lundi après la feste sainet Bettremien *, lan de grace courant par mil et trois cent.

Archives du château de Florennes. Copie d’une écriture du XVIlme siècle, et d’une orthographe évidemment

rajeunie.

1 Barthemens, Berthiemien, Bertremeus, Burthemeu, Bertremieu, Bertermil, ete., etc. Barthélemi. La fête saint Barthélemi se célèbre le 24 août. En l'an 1500, le lundi aprés le 24 août était le 28 de ce mois.

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| Lu Eh |

Ve 1507. — 6 JUIN.

Accord intervenu entre l'évèque de Liège, Thibaut de Bar et le duc de Lorraine, par la médiation de Renaud de Bar, évèque de Metz.

Nos Regnals de Bair, par la graice de Deu evesques de Mes, faisons savoir à tous que, com reverans peires en Deu, Thiebaut de Bair, par la graice de Deu evesques de Lieges, nostre freires, et nobles princes nostre aimeis et fiaubles Thiebaus, dux et merchis de Lorainne , eussent descort ensamble entre aus si com de Florines et de la terre que nostre freires dessus dis tenoiten sa main et de son chasteil de Montviruel ! qu'il ii avoit abaïtut, et de plusours damaiges que li dis dux disoit que nostre freires li evesques dessus dis li avoit fait en la terre de Florines et de Montviruel et des chasteleries appendans; et ausis que li dis evesques demandoit à dit due plusours deniers et encoisons por monneie que li dis dux avoit fait faire à Florines ou en la chastelerie , et ausis de tous chaisteis et muebles et encoisons que li uns poioit demander à l’autre dou temps trespessei Jusques à jour-dui, et les dites parties s’en soient estées mises sor nos, et aient aut à convent qu'il en tanroient ceu que nos en diriens , ordeneriens et rapporteriens par droit ou pour amour ou par leur grei où par leur assentement ; et nos, par le conseil de bones gens et par le grei des dites parties, en ordenons et rapportons en la forme et en la manière que ei après sensieut : Cest assavoir que li dis dux rait Florines et toute la terre maintenant quitemant, sauf ce que li dis dux la tengne dou dit evesque en fie, ansi comme on l'a tenu ansiennement. Encoir disons-nos que li dis evesque nostre freires ne soit mies nuisans, ansois il soit aidans en sa bone foi et en sa bone loiaulteit au refaire le chastel de Montviruel s’autres il n'icstoit debait ce qu'il pouroit par raison sanz tort faire, par quoi nos, evesques de Mes dessus dis, le peussiens refermer pour le dit duc ansis com nos l'avons convent au dit due par nos lettres pendans que de ce sont faites, lesqueiles li dis dux ait. Etdisons, ordenons et rapportons que li dis dux soit quites et délivrés envers le dit evesque de Lieges de toutes les demandes qu'il li poioit demander, si com de chateiz et d’encoisons soit pour monnotes faîtes, soit pour autres quereles dou temps trespessei jusques à jour-dui. Et disons, ordenons et rapportons que tuit Hi prisons que nostre freires evesques dessus dis tient , qui ont estei prins ou temps pessei jusques à jour-dui, pour le dit due, soient quite et délivré, par ensi que li dis evesques nostre freirés ait et prangne sauvetei soffizant des prisons qu'il tient, que de leur prinse, mals, ne damaiges ne vangne à lui ne à sa dite eveschie, ne à ceaus qui furent à aus panre

1 Vireux-sur-Meuse.

ne auz lours. Et disons, ordenons et rapportons que de tous les damaiges que li dis evesques nostre freires a fait au dit duc, en temps qu'il ont aut battens ensamble jusques à jour-dur, soit à Florines et en la terre, à Montviruel et en la terre, ou autre part où que ce soit, que li dis evesques en soit quites et délivrés envers le dit duc et tuit cil qui en ont aidiet le dit evesque encontre le dit due. Et n’en puet ne ne doit li dis dux ne sui enfant , ne autres pour aus , jamaix riens demander au dit evesque ne à son eveschie ne à ceaus qui avec lui furent à damaige faire ; et noméement li dis dux, sui enfant , ne autres pour aus , ne puent jamaix riens demander ne encoisener le signour de Halpes ne le signour de Peis ne lor aïdans. Et disons, ordenons et rapportons que tuit li prison que li dis dux ou sui enfant tenoient en lor prison ou par ostaiges, qui aient esteit prins ou temps de cest descort qu'il et li evesques nostre freires ont aut ensemble, soient quite et délivré, sauf ce que li dis dux et sui enfant aient sauvetei soffizant d’aus, que de lor prinse malz ne damaiges ne vangne à dit duc à sa duchié ne à ses enfans, ne à ceaus qui furent à aus panre ne à lours. Et toutes ces ordenacions et rappors dessuz dis avons-nos fait par les greis et les assentemans de l’evesque de Liéges et dou due dessus dis, sauf les héritaiges et les fies de l'eveschie de Lieges, li quelz ont promis à tenir et à warder li uns envers l’autre, les convenances dessus dites par lor foys donées corporelment. En tesmoignaige de ce nos avons saellei ces présentes lettres de nostre saeil avec les saeilz le dit evesque de Liéges et le dit due. Et nos , evesques de Liéges et li dux dessus dit, recognoisons que li dis evesques de Mes ait fait par nos et par nostre consentement le rapport et l’'ordinacion des chozes ensi comme elles sont desseur dites et devisées ; et les prometons à tenir nos, evesques de Liéges, au dit due, etnos, dux, au dit evesque de Liéges, par nos fois donées corporelment et suz l'obligation de tous nos biens. En tesmoignaige de vériteit, pour ce que ces chozes soient fermes et estaubles, nos avons mis nos saeils en ces presentes lettres avec le saeil l'evesque de Mes dessus dit, que furent faites le mardi devant la feste saint Barnabé l'apostre , quant li miliaires nostre signour corroit par mil trois cens et sept ans, Où MOYS de junet.

Chartes de saint Lambert, aux archives de l'État à Liége. Original muni des sceaux des évêques de Metz et de Liége; celui du duc étant enlevé. N° 481 de l'Inventaire de M. Schoonbroodt.

P.S. — Les chartes reposant aux archives de Liége ont été collationnées par M. Stanislas Bormans, arehiviste-adjomt.

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