RECHERCHES SUR LES MONMAIES
que des couronnes et des ducats de ses prédécesseurs, Philippe IV, Albert et Isabelle, et que l'électeur n’a jamais fait d’autres monnaies d’or que le double et le simple souverain.
Le placard du 7 mai 171%, qui décrète l'émission de monnaies d'or et d'argent à l'effigie et aux armes de l'électeur, pour une somme totale de cinq cent mille florins, énumère ces diverses pièces et en fixe le poids et le titre, qui, du reste, étaient ceux des monnaies de Charles IT et de Philippe V. C'était :
{° Le souverain d'or !, à 22 carats 5/4 de grain, de 22 <£% pièces au marc ;
2 Le demi-souverain à l'avenant ;
3° L’écu d'argent (souverain d'argent) à 10 deniers, 11 grains et demi de
fin et de 8 7122 pièces au marc ;
4° Le demi-écu à l'avenant;
5° Le quart d'écu à l'avenant;
6° L’escalin à 6 deniers 23 1/2 grains de fin et de 46 1$$ pièces au mare;
1° Le demi-escalin (ou plaquette) à l'avenant.
Toutes les pièces d’or et d'argent de Maximilien - Emmanuel , sauf l’escalin, qui se rencontre plus fréquemment, sont rares et difficiles à réunir. La collection la plus complète est celle du cabinet royal de Munich, où cependant nous n'avons pas trouvé le quart d’écu que possède M. le comte de Robiano et qui a été gravé par Van Loon. Les grandes pièces d’argent, les ducatons et leurs subdivisions semblent n’avoir pas cireulé. Nous n’en connaissons que des exemplaires neufs, à fleur de coin. Le gouvernement autrichien, si jaloux de ses prérogatives, ne se sera sans doute pas montré moins sévère à l'égard de ces monnaies, qu'il ne l'avait été à l'égard des liards de cuivre. Toutefois nous n'avons pu découvrir l'indication du décret ou du placard qui les retire de la circulation.
Les entrepreneurs de la monnaie de Namur se nommaient Henri Van Soest et Jacques-François Blommaerts.
Le 22 novembre 1713, Son Altesse Électorale fit saisir entre leurs
! Ou double souverain; le demi ou simple souverain.
mains, pour être inventorié, tout ce qui se trouvait dans l'hôtel de la monnaie. Cette saisie avait pour but de garantir son droit seigneurial sur la fabrication faite par lesdits Van Soest et Blommaerts. Un inventaire en existe aux Archives de l'État, à Bruxelles, portant la date 2 décembre 1713. L'estimation totale des machines, outils, charpente, etc., monte à fl. 74314, 17 patards.
On y trouve cinq presses (balanciers) avec leur équipage, estimées 600 f1. la pièce; un balancier aux escus avec ses deux boules de plomb, estimé seulement 111 fl.; des coupoirs, laminoires, etc. Mais aucun coin: ceux-ci n’appartenaient pas au fermier de la monnaie; ils étaient la propriété du prince.
La dernière délivrance d’or et de liards que firent Van Soest et Blommaerts, est du 7 décembre 1714, sept jours après que Maximilien eut abandonné la souveraineté des Pays-Bas. Son Altesse avait commis, pour faire l’examination des ouvrages de ses monnayeurs, le marquis de Roisin et le proeureur général Tiery; et, pour garantir son droit seigneurial , il fit saisir, une seconde fois les instruments qui appartenaient aux entrepreneurs.
Le 26 juillet 1715, le gouvernement autrichien s'empara provisoirement de ces instruments et outils. Ils furent transportés et déposés à l'arsenal de Namur.
En 4717, Van Soest et Blommaerts, qui s'étaient réfugiés à Paris, donnérent procuration à un sieur Van den Bisdom, d'Anvers, à l'effet de réclamer leur propriété.
L'avis du maitre général des monnaies Wautier, sur cette réclamation , était qu'il convenait de tout confisquer, en vertu du droit de conquête, et pour punir les maîtres de Namur du tort qu'ils avaient fait au pays en fabriquant des liards contrefaits, ce à quoi ils n'avaient jamais élé autorisés par l'électeur, puisque ce prince avait au contraire ordonné de mettre comme marque distinetive un petit lion sur les pièces qui provenaient de la monnaie de Namur. L'avis du conseil des finances et celui de la chambre des comptes furent plus conciliants. Ces deux corps proposaient d'accepter, « pour ne pas chagriner Son Altesse Électorale , » les offres de Van Soest et de Blommaerts, de céder leurs outils au prix de l'estimation de 1713, qui montait sans les
charpentes , à 6587 fl. 5 patards. C'était au surplus, d’après le conseil des finances, un marché fort avantageux pour le gouvernement de $S. M. I.
Cet avis fut suivi, à ce qu'il parait , car le 13 août 1720, le maitre général Wautier était de retour de Namur avec tous les ustensiles qu'il avait été chercher, en vertu d’une commission spéciale du conseil des finances, en date du 31 juillet précédent. Ces ustensiles furent répartis entre les hôtels de Bruxelles et d'Anvers. |
Quant aux coins, matrices et poinçons des monnaies de Maximilien-Emmanuel, on présume qu'ils ont été emportés en Bavière avec les archives particulières du prinee. Il en est de même des comptes de fabrication, dont on ne trouve aucune trace, ni à Namur, ni à Bruxelles.
Avant de passer à la description des monnaies, il ne sera pas inutile de donner, une fois pour toutes, l'indication et la nomenclature des nombreux titres que prenait Maximilien-Emmanuel. Ces titres ne sont exprimés, le plus souvent, sur ses monnaies, que par des lettres initiales isolées et séparées par des points : c'était alors la mode en Allemagne; et beaucoup de légendes de monnaies de cette époque sont de véritables hiéroglyphes qu’on ne peut lire que quand on sait d'avance ce que c’est !. On trouve sur les monnaies de Namur, en tout ou en partie : Maximilianus Emanuel Dei gratia utriusque Bavariae, superioris Palatinatus , utriusque Burgundiae, Brabantiae , Limburgi, Luxemburgi et Geldriae dux ; comes Palatinus Rheni ; sacri Romani imperi Archidapifer, elector et vicarius, Landgravius Leuchienbergae : comes Flandriae, Hannoniae et Namurci; Marchio sacri Romani imperit; dominus Mechliniae.
N° 251. Lion couronné tenant l’épée haute de la droite et posant la gauche sur un globe : MAX - EMANUEL -D:G:S-R-I-A-E:ET : VIC-1711 &. — Écu aux armes des provinces des Pays-Bas, ayant en cœur l’écusson de Bavière, entouré du collier de la Toison d’or et sommé d’une couronne ducale fermée : U-B-B:L:L-ET -G:DUX COMES : F -H - ET : NA.
Collection de M. Serrure.
Or. 5.24. (Souverain d’or au lion.)
! Un savant numismate de Berlin, M. F.-W.-A. Schlickeysen , secrétaire de la Société numismatique, à publié, il y a quelques années, un glossaire spécial pour la lecture de ces légendes à initiales.
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N° 252. Même type : MAX - EMANUEL D:G-S:R:1I:AR : EL: ET - VIC &. Sous le lion 1712.
— Même revers qu’au numéro précédent.
Cabinet royal de Munich.
Or. (Souverain d’or au lion.)
N° 953. Tête de profil à droite,-avec la perruque à la Louis XIV : & 1712. MAX : EMANVEL V:B:-S.-P-B:L:L:& G:DVX. Sous le buste un monogramme composé des lettres T.B.
— Écusson aux armes des provinces des Pays-Bas, avec un petit écusson de Bavière en abîime et sommé d’une couronne ducale : C-P:R:S-1-A-EL:E€& VIC-LL-C-F-H&N-M-SRI:D:MECH.
Même cabinet.
Or. (Double souverain.)
Le monogramme TB est la marque du graveur Thomas Bernard, qui travaillait alors, à Paris, à la suite des médailles de Louis XIV, avec Molart, Henri Roussel, Breton, Joseph Roettiers , Jean Mauger et autres. Deux monnaies de Maximilien sont signées par Bernard, le double souverain et l'écu d'argent de 4712. Nous ignorons si les autres pièces sont également de lui.
N° 254. Tête de profil à droite, avec perruque à la Louis XIV : % MAX: EMANUEL D:G-U-B:S-P-B:L-L& G :DUX. Sous le buste 1715.
— Écu aux armes des provinces des Pays-Bas, avec un petit écu de Bavière en abime et sommé d’une couronne ducale : COM-P-R-S-R:I-AR & ELE : L:L-COM:F:H-&N-MAR:-S-R:-I1-D-M.
Collection de M. Serrure.
Or. 5.60. (Souverain d’or.)
N° 9255. Tête à droite, coiffée de la grande perruque à la Louis XIV. Sous le col le monogramme B : % 1712. MAX - EMANVEL V-B-S-P-B-L-L:&:G- DVX. — Écu aux armes des. provinces des Pays-Bas, portant en abîme l’écusson de Bavière, entouré du collier de la Toison et sommé d’une couronne ducale fermée:C-P-R-S-R-I1-:A-EL:-&-VIC-LLC-F-H-&-N-MSR:I-D: