JEAN LE BRACONNIER
Écuyer, seigneur de la Tour d'Âncy, maltre-échevin du é août iB6i au .. août iK62y
et du 5 juiUet 1866 au 90 juin iK67.
La famille Le Braconnier^ portait, suivant Dom Pelletier: D'azur à la fasce d'argent accompagnée, en chef, de deux étoiles d'or et, en pointe, d'un huchet lié de même*. Les étoiles auront sans doute été ajoutées par un des descendants du maitre-échevin Jean, car elles n'apparaissent pas sur la pièce suivante.
' H. Emmanuel Michel , dans sa Biographie du Parlement de Metx , a consacré un article à la famille Le Braconnier.
> Suivant un Nobiliaire manuscrit, les étoiles et le huchet auraient été d'argent.
MONNAIE
* MONETA © NOVA « MET entre deux grènetis ; dans le champ, Un écu avec fasce accompagnée en pointe d'un huchet\
q|. + QVARTVS © DENAR entre deux grènetis; dans le champ, l'écu de la ville, en forme de cartouche, présentant au centre un point qui ne marque sans doute que la trace du compas dont s'est servi le graveur. Metz avait, dès ce temps, pour armoiries : Parti d'argent et de sable; mais cette dernière couleur est figurée par un semis de points tel que celui qui représente l'or; on sait en effet que ce n'est qu'au commencement du xviii' siècle que les graveurs ont appliqué avec quelque soin les signes conventionnels des couleurs, bien que ce système de représentation ait été créé cent ans plus tôt, ainsi que le démontre la Revue archéologique^ , parla citation d'un texte de 1639 '.
Billon noir, pesant 0,55 gramme; ma collection (pi. i, fig. 1).
Ce joli spécimen, entièrement inédit, est une imitation des nombreuses angevines ou quarts de deniers messins, qui circulaient à cette époque *, et qui, suivant Le Noble, valaient environ deux treizièmes du denier tournois'.
* Le huchet esl ici une pièce significalivc.
* Article de M. Duchesne, année 1853, p. 97.
* » L'or est pointillé 9 Targent esl sans aulcune hachure, car dénotant le blanc Ton ne sçauroil le mieux .tt faire connoisire qu'en n'y faisant rien du tout, le gueules est haché en pal, Fazur en fasce, le sinople en
<t bande , le sable est haché doublement et le pourpre en barre ; si bien que sans peine , sans enluminure , n sans charger sa mémoire, et sans embarasser son esprit, on connoistra les couleurs des armoiries; inuenit tion dont ie m'asseure les généalogistes me sçauront bon gré. n {Aouvelle méthode de cognoistre les métatUD et eoulewrt 9ur la taiUe-doucet par Wlson de La Colombière, 1639.)
* L*angevine est une monnaie fort ancienne à Metz, ainsi que le prouvent des titres authentiques de 1326 où il çn est déjà question. Elle figure encore en 1613 parmi les monnaies offertes au roi Henri IV (de Saulcy, Recherehêt «tir les Monnaies de la cité de Metz, p. 118 et 119). On s'est souvent plaint de Taloi de cette monnaie (voir mes Recherches sur les Monnaies des Èvêques de Toul, p. 59, note 1).
s Le Noble, loe, cit., p. 33.
WIRIAT GOPERE,
Du 1*' août 1K76 au .. juillet iV77, et du 24 décembre iS85 au .. août 1K88.
Portait : D'azur à la fasce danchée d'argent , accompagnée de trois coupes d'or, deux en chef, une en pointe (Epitaphes de Metz, MS. p. 30 \ et Mémoires sur Metz, MS. 69% t. V, p. 34B •).
MONNAIE
* WIRIAT * COPERE • 1B85 entre un grènetis et un filet circulaire ; dans le champ, un écu présentant une fasce danchée ; en chef et en pointe, des objets que Ton prendrait au premier abord pour des fers de lances, mais dans lesquels on reconnaît avec plus d'attention des pièces parlantes, c'est-à-dire des coupes en forme de calices, surmontées de leurs couvercles.
i^. T^ OCTAVA • SOLIDI • 1B84 entre un filet et un grènetis; dans le champ, un écu parti d'argent et de sable. Le sable est indiqué par des traits recroisés.
Pièce en billon , pesant 0,65 gramme ; n'était pas connue de Dupré de Geneste; ma collection (pi. i, fig. 2).
C'est une imitation du demi-liard ou huitième de sol *, subdivision qui n'a été fabriquée par la cité que pendant peu d'années \
Le seul huitième de sou décrit par M. de Saulcy est aussi de 1584 , et le
* Ce manuscrit, recueil des inscripiions relevées sur les pierres tombales des églises de Metz, est dû à Dom Sébastien Dieudonné.
* Les mémoires sur Metz comprennent un grand nombre de titres originaux pour la plupart, et réunis en volumes , par les soins éclairés de M. J. Qercx, bibliothécaire de la viUc.
s Le sou était à Metz une monnaie de compte valant douze deniers ; il s'ensuit que la petite pièce de Copère valait six fois celle que nous avons décrite au nom de Le Braconnier.
* De Saulcy, Reeherchêi iur les Monnaies de la cité de MetM, p. 118.
droil en est identique au revers de la monnaie que nous venons de décrire ; d'où l'on peut conclure que Copère a employé un des deux coins ayant servi , l'année précédente , à la fabrication du menu billon municipal , et a seulement remplacé l'autre par une matrice à ses armes, avec la date de 1K85.
JACQUES PRAILLON,
Do 28 juillet 1B78 au .. août 1581, du 2i août 1588 au .. décembre 1600,
et du 2i février 1604 au . . mars 1606.
Jacques Praillon eut son hôtel envahi parle peuple lorsque M. deSoboles, qui commandait à Metz , rétablit en mars 1 K95 , une taille contre laquelle on protestait depuis longtemps. Sur les plaintes du mattre-échevin, quelques mutins furent mis en prison ; d'autres furent bannis de Metz pendant six mois. Plus tard, le maître-échevin se ligua contre M. de Soboles avec Pierre Joly, et fut emprisonné en même temps que ce dernier, le 21 avril 1601 *.
Jacques Praillon cultiva les lettres*.
On n'est pas bien fixé sur l'écu de ce maître-échevin ; toutefois les épitaphes de Saint-Martin ' et le recueil manuscrit de M. Â. Malherbe le blasonnent ainsi : De gueules à la bande d'argetit , chargée d'une coquille de sable entre deux roses de gueules.
N' 1. — T> ENDVRER t> POVR DVRER; grènetis; écu à bande chargée comme il vient d'être dit. Dans le champ, des chiffres arabes sé-
< Biitoire de Metz par les Bénédictins, t. III, p. 149.
> Biographie de la MoseUe, par M. E.-Â. Bégin, t. III, p. 624.
' P. 187, MS. dé la bibliothèque de Meiz.
parés par Técu^ forment la date de 1578, année de la nomination de M. Praillon.
Bj. )^ MONETA i> NOVA )^ METENSIS, écu de Metz, parti en pal, a\ec hachures en diagonales telles que celles qui représentent aujourd'hui le pourpre.
Cette pièce ne porte pas l'indication de sa valeur ; Dupré de Geneste , dans une note manuscrite, la signale comme ne pesant que 8 grains ou 0,42 gramme, et n'étant qu'un tiers de denier messin , fraction qui n'existe point dans les monnaies de la cité. Ce renseignement me semble inexact, d'autant plus que le même archéologue le reproduit ailleurs avec une variante (pi. I, fig. 3).
N- 2. — i> PATIENTIA VICTRIX; armoiries de Praillon; 1604.
i^. ^ MONETA • NOVA • METENS ; armoiries de la cité.
Argent, pesant 15 grains ou 0,75 gramme; collection de la ville de Metz (pi. I, fig. 4).
Cette monnaie a été frappée lorsque M. Praillon rentra pour la dernière fois aux affaires, en 1604, après une interruption de trois ans \
JETON
T>IA-PRALL*CON*D*R*M*ESCH*DE*METZ; dans le champ, l'écu de Praillon entouré d'une couronne de lauriers.
i^. 1594 VINCIT QVI PATITVR; dans le champ, un personnage rompant, au milieu des flammes, une colonne ou un corps d'arbre dénudé.
Ce beau jeton nous donne les titres du maitre-échevin qui Ta fait frapper; il est en cuivre blanchi et fait partie du cabinet impérial des médailles, à Paris (pi. i, fig. 5).
* Ce maitre-échevin a sans doule fait aussi frapper monnaie en iWS, année où commence la seconde période pendant laquelle il administra la cité.