DIMENSIONS
Les dimensions que peuvent atteindre les Myxosporidies sont extrêmement variables suivant les espèces.
D’ailleurs, les phénomènes de croissance n'étant pas interrompus pendant la formation des corps reproducteurs, on peut, pour une espèce donnée, observer de grandes différences dans le développement des individus sporifères.
P. THÉLOHAN.
On peut (lire qu’en général ceux de ces organismes qui vivent au sein des tissus sont susceptibles d’acquérir un volume beaucoup plus considérable que les formes libres.
Chez ces dernières, il existe manifestement une taille maxima que l’organisme semble ne jamais dépasser, et il est facile de déterminer des chiffres qui représentent les dimensions moyennes du corps protoplasmique et peuvent être pris en considération au point de vue de la distinction des espèces.
Parmi les autres, au contraire, il en est dont la croissance semble pour ainsi dire indéfinie quand se trouvent réalisées certaines conditions de siège et d’habitat particulièrement favorables.
Certaines Myxosporidies libres, appartenant aux disporées, restent toujours très petites. Elles affectent, en général, la forme sphérique ; telles sont :
Leptotheca parva (vésicule biliaire du Maquereau], ne dépassant pas 10-12p de diamètre ;
Ceratornyxa pallida 15-18a;
Henneguya brevis et media , 20 p ;
Myxidium sphericum , 20 p ;
La Ceratornyxa truncata de la Sardine est un peu plus grande ; chez les exemplaires sphériques, le diamètre atteint 30 *jl ; chez d’autres, le corps, de forme ovoïde, mesure 35 p sur 25 p.
Chez Ceratornyxa arcuata , les individus revêtant la forme en massue, que l’on peut considérer comme typique, présentent de 30 à 45 U de longueur totale, la région amincie en forme de queue pouvant égaler la portion renflée ; celle-ci mesure en moyenne 12 p de largeur maxima.
D’autres espèces, parmi les Disporées, atteignent des dimensions beaucoup plus considérables.
Chez la Leptotheca ayilis, l’individu représenté fig. 29, PI. VII, mesurait 85 p de long sur 20p de largeur maxima; un autre, du type de la fig. 17, présentait 80 p de long et atteignait 40 p de diamètre au niveau de sa partie postérieure, à la naissance des lobes.
Dans la Ceratornyxa sphœrulosa, j’ai relevé les dimensions moyennes suivantes :
Individus sphériques, diamètre 90 p ;
Individus ovoïdes, 90 à 100 p sur 32 p..
La partie centrale où se trouvent les spores chez C. appcrnl ici data mesure en moyenne .‘10-40 g dans son plus grand diamètre; les prolongements peuvent atteindre 80 g de longueur.
D’après ce qui précède, on voit que chez certaines Myxosporidies disporées, la masse de protoplasma qui forme le corps est presque complètement employée ù la formation des spores (fig. 28) qui, parvenues à maturité, ne sont plus entourées que d'une couche protoplasmique relativement peu considérable.
Chez d'autres, au contraire, le volume des corps reproducteurs est presque insignifiant par rapport à la masse totale (fig. 1).
Pour la raison que j'ai indiquée plus haut, les différences de taille entre les individus sporifères sont plus marquées chez les Myxosporidies qui donnent naissance à un grand nombre de spores.
Chez le Chloromyxum Leydigi, j’ai observé des individus de forme sphérique et contenant de nombreuses spores dont le diamètre variait de 50 à 100 g. D’autres exemplaires, de forme plus ou moins irrégulière et également sporifères, présentaient les dimensions suivantes :
58 g de longueur sur 36 g de largeur maxima.
Chez le Chloromyxum fluviatile :
25 à 30 g de grand diamètre ;
la Sphœrospova divergeas : 65 g sur 60. — 60 g sur 20 g.
la Glugea Marionis: 50 g sur 40 g.
Enfin, parmi les Myxosporidies parasites des cavités organiques, la Sphœromyxa Balbianii mérite, au point de vue de ses dimensions comme au point de vue de sa forme, une mention particulière. On a vu que ce parasite se présente le plus souvent sons forme d'une petite masse plus ou moins régulièrement sphérique, facilement reconnaissable à l’œil nu, dans la vésicule biliaire des Molella et de la Cepola rubescers. Cette petite sphère, représentée de grandeur naturelle, dans la figure 56, peut atteindre 3 et 4 millimètres de diamètre : mais elle est le plus souvent formée par la réunion
P. THÉLOHAN.
de plusieurs individus repliés et comme pelotonnés les uns sur les autres ; ceux-ci, en forme de membrane assez mince, à contours à peu près circulaires, mesurent souvent A à 5 mm de diamètre ; leur épaisseur ne dépassant guère 80 w. Cette espèce est donc de beaucoup la plus grande de toutes les Myxosporidies libres.
Parmi celles qui vivent dans les tissus, on peut observer des dimensions bien plus considérables.
Les Henneguya media et brevis et la Spliœrospom elegans , qui forment la transition entre ces deux catégories de parasites, ont la même taille dans le tissu conjonctif de l’ovaire que dans les tubes du rein (20 de diamètre).
Ce n’est guère que dans les cas ou le parasite revêt dans le tissu la forme kystique, que l’on peut apprécier ses dimensions.
On observe sous ce rapport, entre quelques espèces, des différences assez marquées.
Ainsi, les kystes du Myxobolus oviformis des nageoires du Goujon, ne dépassent guère l mm de diamètre. Au contraire, le M. Müllevi sur les nageoires de la Chevaine, forme des tumeurs qui peuvent atteindre 3 mm . C’est également la taille rnaxima que présente le M . ellipsoïdes sur les branchies de la Tanche. Les kystes de ilf. inœqualis (branchies de la Carpe) et de Y Henneguya media (branchies de la Perche et du Brochet), peuvent atteindre le volume d’un petit pois; de même la Glugea microspora de l’Epinoehe. Cette dernière peut se présenter sous l’aspect de masses muriformes de près d’un centimètre de diamètre; ces formations doivent peut-être, comme nous le verrons, être considérées comme constituées par la réunion de plusieurs individus.
Parmi les Myxosporidies à l’état d’infiltration diffuse, les dimensions, comme la forme, sont le plus souvent impossibles à préciser.
Cependant, dans les tumeurs que forme le M. ellipsoïdes dans la vessie natatoire de la Tanche, la masse parasitaire, généralement facile à délimiter, mesure souvent plus d’un centimètre d’épaisseur.
D’autres fois, le parasite, tout en infiltrant le tissu, se présente sous une forme particulière qui permet de le mesurer facilement. Tel est le cas pour certaines Glugéidées des muscles, que l’on trouve sous
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forme de petits kystes qui représentent probablement, comme nous le verrons plus loin, autant d’individus distincts.
Ces kystes à l’état de maturité mesurent :
25 à 35 ix chez le Pleistophora :
10 a chez Thelohania oclospora ;
14 ;x chez Th. GinrdL
Dans la plupart des Myxosporidies des tissus, les dimensions feront au contraire, impossibles à déterminer.
Dans certains cas seulement, on peut indiquer la taille des tumeurs plus ou moins nettement limitées auxquelles donne lieu la présence du parasite, mais ces évaluations ne sont guère précises en raison de la quantité plus ou moins considérable de tissu hospitalier que renferment ces formations.
Les plus grosses que j’aie observées, sont incontestablement les tumeurs consécutives à l’infection musculaire du Barbeau, qui peuvent atteindre les dimensions d’un œuf. Chez ce meme Poisson, j’ai trouvé dans le tissu conjonctif qui entoure la vessie natatoire, une petite tumeur sporique de la grosseur d’une noisette et qui était formée par un amas de spores compris dans les mailles d’un réticulum conjonctif provenant de l’hypertrophie du tissu infesté.
Un autre fait que je dois encore citer est relatif à la Glugf'a gigantea .
Dans le seul cas où je l’aie observé, ce parasite avait amené, comme on l’a vu, la formation d'une énorme tumeur qui, après avoir débuté dans le tissu conjonctif du rein, avait produit une distension considérable de la cavité abdominale de l’hôte (Crenilcibi'ics melops) et atteignait à elle seule le poids de 6r r , 5, le poids du Poisson après son ablation n’étant que de 9« r .
Je rappelle que dans ce cas, comme dans celui de presque toutes les Myxosporidies des tissus, ces données ne fournissent que des renseignements très approximatifs sur le développement du parasite, en raison de la structure de ces tumeurs, à la formation desquelles le tissu de l’organe envahi prend une part plus ou moins considérable.
En somme, on voit que les dimensions des Myxosporidies sont extrêmement variables. Parmi les formes libres, on trouve tous les intermédiaires entre certaines espèces se présentant sous forme de
P. THKLOHAN.
petites sphères protoplasmiques qui ne dépassent pas 10 à 12 de diamètre {Leptotheca pana) et d’autres, telles que la Sphœromyxa Balbianii, chez laquelle le corps en forme de membrane à contour circulaire» peut atteindre 5 mm de diamètre.
Les parasites des tissus sont, en général, susceptibles d'un développement bien plus considérable, mais leurs dimensions faciles a apprécier quand on a affaire à des kystes bien limités (Glur/ea microspora, kystes branchiaux de Myxobolus, Hennegaya , etc.), sont impossibles à déterminer exactement quand il s’agit d’une infiltration diffuse du parasite dans les tissus infestés.
En raison de ce fait que la sporulation, chez ces organismes, ne marque pas le terme des phénomènes d’accroissement, les caractères tirés de la taille des individus perdent chez eux beaucoup de l'importance qu'ils présentent pour les autres groupes du règne animal.