‹ Recherches sur les origines de l'ÉgypteChapitre 59 sur 87 · D"" FOUQUET · texte numérisé non relu

D"" FOUQUET

Le Caire, 8 juillet 1897.

Beit-Allam.

En général les crânes de Beit-Allam étaient absolument remplis de sable fin. Dans quelques-uns d'entre eux, de petits cailloux blancs, de forme irrégulière, étaient mêlés au sable. Leur présence me semble absolument fortuite et n'a d'autre cause que le mouvement de Teau qui a très certainement amené le sable et les cailloux. — Ceux des crânes dont il est question en ce moment avaient le sommet de la tète tourné vers la profondeur de la terre. C'est ce qui explique comment, par le trou occipital, des cailloux ont pu pénétrer dans la cavité crânienne. En vidant ces crânes on trouve une preuve indéniable de la position qu'ils occupaient. En effet, lorsque la presque totalité du sable est sortie, on voit apparaître des matières brunes,

restes du cerveau, qui se trouvait placé dans la partie la plus déclive et cette partie est le vertex (crânes 21, 22, 23). La matière cérébrale, très friable, presque pulvérulente, ne m'a pas semblé mêlée à du bitume comme je l'ai fréquemment noté ailleurs et même dans certains crânes de cette série (n** 8).

La fouille a mis à jour vingt-cinq crânes en état d'être étudiés, treize d'hommes et douze de femmes. Les os étaient en général assez bien conservés. J'ai pris les mesures de ceux qui, étant arrivés intacts, ont pu être rapportés au crâne emballé avec eux. Dans deux ou trois cas, avec des os d'un sujet jeune et correspondant bien par tous leurs caractères, au crâne installé dans la même caisse, on trouvait des os d'un autre sujet. En considérant la façon dont l'emballage avait été fait et en tenant compte des éclaircissements qui m'ont été fournis de la part de M. de Morgan, par M. Jéquier, je me crois en droit de conclure que le mélange avait pu être fait dans le tombeau même et au moment de l'ensevelissement. Ce fait mériterait d'être étudié sur place avec soin et c'est pour cela que j'y insiste. Il viendrait, en effet, à l'appui d'une hypothèse très vraisemblable, émise par mon savant ami R. Verneau, au cours d'une analyse du travail de M. F. Pétrie sur les fouilles de Ballas et Négadah'. A propos du cannibalisme, vrai ou faux, de la nouvelle race découverte au voisinage d'Abydos, le D' Verneau dit que : « les faits allégués à Tappui de cette assertion s'expliqueraient tout aussi bien si l'on admettait simplement un décharnement à l'air libre, précédant l'ensevelissement définitif».

Pendant le transport des ossements, du lieu d'exposition où ils se décharnaient à l'endroit où ils étaient définitivement inhumés, le mélange pouvait et devait même s'effectuer. — Je signalerai d'ailleurs, plus loin, à propos de la nécropole de Guebel-Silsileh, l'existence, bien constatée, de sépultures collectives très incomplètes où Ton trouve tantôt la tête sans les ossements, ou l'inverse.

Les renseignements anthropologiques les plus précieux étant tirés de l'examen du crâne, j'insiste, autant que je le puis, sur l'étude de celte partie, ne donnant pour les os que les moyennes obtenues et d*où je déduis la taille pour les deux sexes. Le temps ne me permettait pas de suivre plus complètement cette étude.

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