NÉGADAH SUD, TABLEAU DES INDICES (CRANES FÉMININS
Les tableaux quî précédent nous montrent que, bien qu'à un degré un peu moindre que pour Beit-Allam, la dolichocéphalie était la forme prédominante à Négadah sud. Nous trouvons en effet :
Dolichocéphales exagérés moins de 70
Dolichocéphales vrais de 70 à 75
Sous-dolichocéphales
de 75 à 77,9
Mésaticéphales
plus de 78
hommes
femmes
hommes
femmes
hommes
femmes
femme
Numéros
Indice céphalique
Indice vertical
occipital
Indice orbitaire
Indice nasal
le
Moyennes
Bien qu'elles soient assez limitées, ces diflFérences suffiraient déjà pour affirmer un mélange de races; mais cet argument n'est point le seul. En ce qui concerne la hauteur de la tête nous trouvons :
Platycéphales (hommes 2
( femmes 3
^ . , , , ( hommes 21
Orthocephales < „
( femmes 7
( hommes 4 Hypsicéphales j ^^^^^^ 3
En dehors des mensurations, ces données se confirment.
Fig. II. — Négadah sud, n» 6.
La configuration de la tète est tantôt en forme de barque (scapho* céphalie) (voir fig. 11, 15), tantôt arrondie (fig. 13, 17) au sommet. La scaphocéphalie ne se prononce quelquefois qu'à la partie postérieure (fig. 20), tandis que la voûte frontale est plus arrondie (fig. 19). Ces deux figures sont la reproduction d'un seul crâne, le n* 38 de la série.
J'ai noté avec soin la forme du trou occiphal qui varie beaucoup dans cette série. 11 est :
( hommes 12 fois ° ^ ( femmes 1 fois
( hommes 3 fois
Lancéolé <« o«.
( femmes 8 fois
( hommes 4 fois
Ovale ] „
( femmes »
( hommes 7 fois ^•'■«"'«"'^ • • •! femmes 4 fois
L'apophyse mastoïde est presque toujours volumineuse chez les hommes; grosse, courte et mousse chez les femmes.
La suture sagittale présente, dans Timmense majorité des cas, une dépression au niveau de son tiers postérieur.
Fig. 12. — Négadah sud, n® 7.
Vers la partie moyenne de la suture lambdoïde on note, surtout chez les hommes, une dépression qui a été signalée par Broca sur les crânes d'Orrouy (fig. 10, 14).
Les bosses sourcilières et la glabelle sont, en général, très saillantes chez les hommes et plus marquées chez les femmes qu'à Beit-AUam, sans qu'elles soient très développées. La figure 14 présente, chez un homme, l'un des plus beaux sinon le plus beau spécimen de la série.
Les sutures du crâne sont en général assez simples; cependant,
Fig. i3. — Négadah sud, n» 7.
Fig. 14. — Négadah sud, n© 21.
sur certains sujets, elles sont remarquablement compliquées. Le plus bel exemple nous est fourni par le crâne n* 38 dont la figure 20, représentant la partie postérieure du crâne, montre tous les détails de la suture lambdoïde et le tiers postérieur de la suture sagittale.
Lorsque la partie sous-cérébrale du frontal fait une forte saillie, le front est fuyant (fig. 14). Dans le cas contraire le front est droit et bien développé (fig. 10, 12, 16, 18).
Fig. i5. — Négadah sud, no 2r.
Dans les deux tiers des cas, les bosses pariétales sont nulles ou peu développées ; dans le dernier tiers elles sont apparentes et même assez marquées (fig. 20).
Les parois du crâne sont plutôt bombées que plates (fig. 7, 15).
Ce que j'ai dit des bosses pariétales s'applique aux deux sexes. Quant au front, il est toujours droit chez les femmes.
Chez les sujets à crâne scaphocéphale, la face est large, les os ma-
laires saillants (fig. 11). La mâchoire supérieure est carrée, ainsi que les orbites. Ces formes, pour ainsi dire géométriques, donnent un caractère très spécial, différant absolument de ce que Ton observe dans
Fig. i6. — Négadah sud, n® 32.
Fig. 17. — Négadah sud, n° Sa.
les autres nécropoles, mais comparable, sinon identique, au type pélasge décrit par Morton.
L'un des crânes, le n» 10, sera longuement décrit au chapitre de la pathologie. Je n'insiste pas davantage ici sur ces particularités.
Le prognathisme, comme c'est la règle habituelle dans les races blanches, est plus fort chez la femme que chez Thomme. Il n'est cependant pas constant, ni dans un sexe, ni dans l'autre.
Fig/ 18. — Négadah sud, ii« 38.
Fig, 19. — Négadah sud, n» 38.
L'indice orbitaire plus faible chez l'homme, 82,13 au lieu de 86,4, est à peu de chose près celui que Ton observe chez les Parisiens anciens, tandis que celui des femmes est très rapproché des anciens Égyptiens.
L'indice nasal place les femmes parmi les mésorhiniens, les hommes sur la limite de cette classe près des leptorhiniens.
Fîg. 20. — Négadah 8ud, n<> 38 (face postérieure).
Le point de la face où aboutit le trou occipital se trouve, dans les trois quarts des cas, 18 sur 24, au-dessus de l'épine nasale chez les hommes, et huit fois sur neuf chez les femmes.
Deux crânes avaient encore une partie de leurs cheveux : le n*» 8, une femme, le n* 9, un homme. Ces cheveux, dans les deux cas, sont noirs, lisses, droits, fins et brillants. On ne peut les attribuer qu'à des sujets appartenant à une race blanche.
RECHliRCHES SUR LES CRANES
Kawamil.
Les crânes extraits de la nécropole de Kawamil étaient tous pleins de sable fin, absolument comme ceux de Beit-AUam. Il n'y avait cependant pas identité absolue dans les conditions de Tinhumation, car, si les dépôts de sel sont rares pour les crânes de Beit-AUani, à Kawamil on les observe presque toujours, et, le plus souvent, avec une abondance extrême. Ils infiltrent les os, les recouvrent sur de
leur ai maintenu le numéro qui leur avait été donné, toutes les fois que cela m a été possible, en le faisant suivre de la lettre M. Ce signe
indique que le numéro concorde avec les notes do M. de Morgan.
Les vides de la série ont été remplis, en partie, avec les crânes sans numéro ou dont le numéro n'a point été retrouvé, et le chiffre est suivi de la lettre F, pour indiquer qu'il a été placé par moi. — Les ossements remis dans les caisses, pour éviter l'encombrement, portent
Fig. 22. — Kawamil, n© i6 M.
les numéros correspondants aux crânes. — J'ai reçu un assez grand nombre d'ossements de Kawamil ; bien peu étaient en état de fournir des renseignements anthropologiques; presque tous étaient brisés comme par écrasement, et des cristaux volumineux de sel, déposés sur les cassures, attestaient leur ancienneté. J'ai dit, à propos de Beit- Allam, que M. FI. Pétrie attribue au cannibalisme la brisure des os, plus fréquente à Kawamil que dans les autres nécropoles dont j*ai eu
à m'occuper. J'ai cité Topinion du docteur Verneauquicroit à la possibilité de sépultures secondaires. J'émets à titre de renseignement une hypothèse appuyée sur un usage très ancien qui subsite encore chez certaines tribus juives de l'Orient. Les sacrificateurs, avant Tinhumation, procèdent au lavage du corps, puis brisent les os des membres. Je sais de source certaine que cette pratique existe en Egypte, mais je ne suis pas parvenu à constater e/e mw l'état du squelette après l'opération. Nous sommes peut-être ici en présence de squelettes traités de cette façon. Après la brisure des os, les corps ont pu être exposés pour le décharnement à l'air libre, puis recevoir plus tard une seconde sépulture. L'opinion émise par le docteur Verneau resterait donc plausible et l'état de fragmentation des os serait expliqué sans qu'il y ait eu cannibalisme.
Ces faits appellent de nouvelles recherches minutieuses, sur le terrain même, au moment de l'exhumation. La nécropole a fourni, malgré les accidents du voyage, déjà signalés, une importante série composée de dix-neuf crânes d'hommes et onze de femmes. La face était souvent trop mutilée pour être reconstituée. Les tableaux suivants, dressés pour chaque sexe, résument les mesures qui ont pu être prises.
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