‹ Recherches sur les origines de l'ÉgypteChapitre 67 sur 87 · J '^ PU · texte numérisé non relu

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Numéros

ludice céphalfq.

Indice vertical

occipital

Indice nusal

Indice orbilalre

Indice libial

MoyeDnes

L'examen des indices, dans les tableaux qui précèdent, nous fait pressentir un changement de race que l'examen purement descriptif viendra, je crois, confirmer.

La dolichocéphalie diminue, des éléments brachycéphales sont venus marquer leur influence sur 18 hommes. Douze cas de dolichocéphalie, dont trois ont plus de 74; un mésaticéphale, le n** 18 (fig. 23 et 24); un sous-brachycéphale, le n® 39. C'est la première fois que nous voyons apparaître cet indice dans nos séries. Les femmes ont une moyenne supérieure, 73,7 au lieu de 73,09, les variations extrêmes sont moins grandes chez elles.

Au point de vue de la hauteur nous avons :

Platycéphales .

Orthocéphales Hypsicéphales

3 hommes sur 16, 2 femmes sur 9.

11 hommes sur 16,

4 femmes sur 9.

2 hommes sur 16,

3 femmes sur P.

Dans les deux sexes, l'orthocéphalie prédomine.

L'indice nasal les place parmi les mésorhiniens. Quant à l'indice orbitaire, les deux sexes diffèrent à peine et il est intéressant de noter que l'indice moyen des hommes, 86,2, est précisément celui des anciens Égyptiens, 86,26. Celui des femmes, 85,2, se trouve placé entre les Basques français et les nègres occidentaux, simple rapprochement.

Aux différences fournies par les mensurations du crâne et de la face, nous devons ajouter tous les renseignements donnés par les caractères descriptifs.

Fig, 23. — Kawamil, i8 M.

Le crâne présente, dans la série de Kawamil, pour la majorité des sujets, des traits qui nous éloignent beaucoup de ce que nous avons observé à Négadah sud et nous tiennent même à distance de Beit- Âllam, quoiqu'il y ait, à cause des bosses pariétales, développées de de la même façon, plus d'affinités entre ces deux séries (Beit-Allam et Kawamil).

La glabelle et les arcades sourcilîères sont moins marquées, le front droit. Le crâne va en s'élargissant d'avant en arrière, jusqu'aux bosses pariétales après lesquelles il se rétrécit assez brusquement.

La courbe de profil médian monte jusqu'à la suture fronto-sagittale, puis au niveau du quart antérieur des pariétaux on observe une dépression plus apparente sur les parois latérales que sur la ligne médiane, on la voit cependant sur les figures 23 et 29*. Elle existe aussi dans le crâne n° 22 M (fig. 25), mais elle est précédée d'un bourrelet saillant immédiatement en arrière de la suture temporo-pariétale.

Fig, 24. — Kawamil, 18 M.

Dans deux ou trois crânes, la dépression n'existe pas (crâne no 32, fig. 37). Ce crâne a une conformation très particulière, aussi a-t-il été décrit séparément.

Les parois latérales sont peu bombées, sans être tout à fait verticales. Depuis Tapophyse orbitaire jusqu'au niveau des bosses pariétales, leur plan s'éloigne de plus en plus de la ligne médiane^ puis re-

vient brusquement en arrière. L'écaillé de Toccipital est globuleuse, et le receptaculum cerebelU saillant. Le plus souvent son point le plus inférieur se trouve sur le même plan que l'extrémité inférieure des apophyses mastoïdes. Quelquefois il descend plus bas et les empêche de toucher le plan sur lequel le crâne repose.

Dans un cas, n** 16 (fig. 21), ce sont les condyles qui font la plus forte saillie.

Le trou occipital présente les mêmes variétés que dans les autres nécropoles; les proportions sont les suivantes pour 22 crânes :

Losange, 3 fois;

Fig. 25. — Kawamil, 22 M.

En forme de pointe de flèche, 8 fois;

Ovale, 10 fois;

Circulaire, 1 fois.

La dépression post-bregmatique se trouve 25 fois sur 39 cas. Elle semble une forme très atténuée de la déformation dite toulousaine.

Les apophyses mastoïdes sont : petites, 21 fois (dans les deux sexes); moyennes, 4 fois ; grosses, 2 fois ; longues et minces, 1 fois (n*» 23) sur 28 cas.

Le quart postérieur de la suture sagittale se trouve dans une dépression pour un tiers des cas.

Dans les trois quarts des cas, pour les deux sexes, il existe un léger prognathisme sous-nasal.

Dans la nécropole de Kawamil les cheveux étaient assez bien conservés. J'ai pu en recueillir huit échantillons qui ont été mis à Tabri de l'air dans des flacons. Les cheveux du n* 5 sont assez gros, rudes, bouclés et grisonnants.

Six autres échantillons sont châtain foncé ou noirs, assez fins ou môme fins, lisses, droits ou légèrement ondulés; une femme (n© 35) était coiffée de nombreuses petites tresses à trois brins qu'on trouve fréquemment chez les momies des époques pharaoniques, comme par

^"Bjo.

Fig. 26. — Kawamil, 9.2 M.

exemple celles des prétresses d'Ammon de la XXP dynastie. Son indice céphalique (77,8) la rapproche beaucoup de l'Égyptien moderne. Un dernier échantillon, l'un des plus abondants, nous présente des cheveux blonds ou plutôt jaunes, et peut-être décolorés par la chaux. La coiffure était formée de mèches légèrement bouclées, longues de 0'»,10 environ.

Le crâne absolument brisé, écrasé même en plusieurs points, m'a semblé être celui d'un homme. Je n'ai pu lui retrouver de numéro.

De l'examen superflciel de tous ces cheveux on peut, tout au moins, conclure que l'élément nègre n'entrait pour rien dans la race de ceux qui les portaient.

La hauteur du plan du trou occipital a donné, chez les hommes, sur 14 mensurations faites, 3 fois — , 11 fois + . Chez les femmes, sur 6 cas, 6 fois + «

Pour compléter ces renseignements je donne la description de deux des crânes de cette série.

Kawamil, n^ 32.

Squelette d'un homme âgé de près de soixante-dix ans, d'une vigueur extraordinaire (fîg. 27). Ce qui frappe tout d'abord quand on regarde le crâne de profil, c'est l'immense surface des insertions musculaires qui s'étendent en arrière jusqu'à Tastérion, formant un vaste champ en relief de 0™,002 au moins. La glabelle est médiocrement bombée, mais les arcades sourcilières sont très accusées, les

Fig. 27. — Kawamil, 32 M.

crêtes frontales rugueuses et peu épaisses. Le front un peu fuyant présente une courbe régulière, à part quelques oscillations au tiers postérieur de la suture sagittale. La nuque renflée, se terminant en crochet, est suivie par une dépression très accentuée de toute la

région sous-iniaque. Le trou occipital est grand. Le condyle gauche^ le seul qui reste, est volumineux, et sa face tournée en dehors.

L'apophyse mastoïde, qui subsiste, est rugueuse, forte, portée en avant. Les parois du crâne sont légèrement bombées (fig. 28). L'aile du sphénoïde se termine en pointe et ne touche le pariétal que sur une faible étendue (0°*,004). Les sutures du crâne sont simples, les bosses frontales et pariétales peu accusées, les arcades zygomatiques peu saillantes, la face des os malaires regarde en dehors.

Fig, 28. — Kawamil, 32 M.

L'échancrure du nez est profonde, le nez aquilin est volumineux, proéminent. L'action du temps a effrité la région sous-nasale et alvéolo-dentaire. Du côté droit, une forte perte de substance circulaire, de0'",014de diamètre, pénètre dans le sinus maxillaire. Sur la paroi antérieure de ce conduit débouche un trajet fîstuleux. L'aspect des tissus osseux indique qu'ils ont été le siège d'une interminable suppuration.

Le squelette correspond bien au crâne. Les os sont volumineux et lourds, un peu incurvés. Ils indiquent une taille d'environ 1" 72. L'humérus est un peu court, très tordu sur son axe, la cavité olécranienne imperforée. La colonne vertébrale présente des lésions pathologiques intéressantes; pour éviter des redites, j'ai renvoyé l'examen de la pièce au chapitre de la pathologie (voir fig. 66).

Ce sujet, à première vue, diffère de la grosse masse; il méritait avec le numéro suivant une mention spéciale et une description un peu détaillée.

Kawamil, n^ 33 M.

Crâne et squelette d'un homme âgé de soixante ans environ.

Glabelle et arcades sourcilières très marquées. Front bas, fuyant (fig- 29). Légère dépression après le bregma. Au commencement du

Fig. ftg. — Kawamil, 33 M.

dernier tiers de la sagittale, la suture se renfle sur la ligne médiane et l'os s'épaissit, surtout vers la droite, ce qui fait que ce renflement est peu visible dans la figure, le crâne étant vu à gauche. La région iniaque est globuleuse, l'inion rugueux. Le trou occipital vaste, en forme de flèche arrondie. Les condyles et les apophyses mastoïdes se trouvent sur un même plan, ces dernières rugueuses et plates.

Les sutures crâniennes sont peu compliquées. Le ptérîon terminé en pointe (K de Broca) ne touche le pariétal que par un point, les parois latérales sont peu bombées (fig. 30).

La face assez longue est orlhognathe. Le nez très échancré à sa base, aquilin à un haut degré, est saillant; l'épine nasale horizontale, longue, mince, était bifide. Les os malaires sont portés en arrière,

Fig. 3o. — Kawamil, 33 M.

les apophyses zygomatiques sont minces. La cloison du nez est déviée à gauche. Les orbites grandes, obliques, quadrangulaires. Les dents brisées au niveau des alvéoles montrent, malgré ces dégradations, que la denture était remarquablement saine pour un homme d'un âge aussi avancé.

Les pièces du squelette arrivées jusqu'à nous indiquent un homme bien musclé, d'une taille d'environ 1™,73.

Négadah nord

Les fouilles pratiquées dans cette localité n'ont fourni qu'un petit nombre de crânes, six seulement, « trouvés, me dit M. Jéquier, à côté d'un tombeau royal; toutes les tombes étaient carrées et contenaient des vases différents de ceux de la nécropole de Négadah sud et datant probablement des premiers temps de la domination égyptienne M*.

La moitié de ces crânes, les n*** 2, 5 et 6, ont été trouvés dans un lieu envahi, longtemps peut-être après l'inhumation des corps, par le limon du Nil qui les avait, peu à peu, remplis complètement. Dans ce milieu particulier, ils se sont admirablement conservés, prenant une teinte d'un blanc jaunâtre qui rappelle certains vieux ivoires. A leur surface, aucune trace de tissus, de cheveux ou matières bitumeuses. Ils avaient cependant subi une préparation, car. ainsi que je l'indiquerai au chapitre embaumement, j'ai pu extraire de la gangue limoneuse des fragments de cerveau recouverts de bitume.

Les trois autres crânes, le n» 4 surtout, conservés dans un sol sableux, portent encore extérieurement les traces de Tembaumement. Au point de vue des sexes, on doit les séparer par parties égales : 3 hommes et 3 femmes, avec un point d'interrogation devant les deux derniers numéros.

Il existe, en effet, dans ces deux crânes des caractères contradictoires. Je crois cependant que le n** 5 est un homme peu musclé et le n<*6 une femme dont les insertions de la nuque sont plus marquées que normalement.

Cette courte série, très peu homogène, ne pouvant pas donner de résultats bien tranchés, j'ai négligé d'établir des moyennes et de faire des tableaux séparés.

Il n'y avait dans l'envoi que j'ai reçu aucun os capable de me renseigner sur la taille de ces sujets.

I . Lettre de M. Jéquier, membre de la Mission française d'archéologie du Caire, i4 mars 1897.

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