‹ Recherches Sur Les Ossemens Fossiles (volume 2)Chapitre 13 sur 43 · RESTITUTION DES PIEDS DE DEVANT. 3O · texte numérisé non relu

RESTITUTION DES PIEDS DE DEVANT. 3O

ptHDchent; mais dans celui-ci elle est comme étranglée du reste de la face , et l'arête longitudinale^ a^ b, CfUe s'étend pas dessus : dans le rhinocéros, elle s'élève en pente douce, etc. Au total , c'est encore le cochon qui ressemble le plus ; mais sa facette externe ou semîlunai^ rtMne, e, est plus étroite à proportion que l'iiltéme ou scaphoïdiemie , d. C'est le contraire dons l'ois fossile, qui se règle sur la grande Ifti^ur de Id facette correspondante de son semilunaire , /, fîg- i, n° 5.

^° La face antérieure, n° 2, ne diffère de celle du cochon que parce que la ligne y, g y est jnresque droite , tandis qu'elle est trèscobtexe dans le cochon.

5^ Il en résulte que la face inférieure, n" 5, est presque plane ou très-légèrement concave. Dans le cochon, elle a deux courbures, une concave en long, une convexe moins sensible en travers. Le tapir est peu concave : le cheval, le bœuf, ne le sont pas du tout. Le rhinocéros est comme le cochon, etc.

4" Le côté externe, n° 4; présente deux facettes, tout-à-fait semblables à leurs corres- ]pondantes, m et n, de l'unciforme, et qui offrent par conséquentlesmêmesdifférencesde leurs analogues dans le cochon, le bœuf, etc. .

5° Le côté interne, n" 5, offre, pour l'arti-

culation avec le trapézoïde , une petite facette verticale o, qui descend de la facette scaphoïdienney ^, à la métacarpienne j et une autre en arrière, ovale et oblique,;; ; dans le cochon 9 il y a deux facettes longues , une au bord inférieur, une au supérieur.

Dans le rhinocéros et le tapir^ il n'y a que la facette o : le cheval a les deux du cochon , et la troisième propre à l'os fossile ; le boeuf , qui n'a point de trapèze ni de trapézoide du tout^ diffère éminemment à cet égard : son grand os s'élargit vers le côté interne du pied , et n'y porte aucune facette.

Dès-lors il résulta pour moi de cette recherche : i" que ces trois os, examinés séparé-? ment, ne ressemblaient à aucun de ceux du carpe des autres animaux;

2** Qu'ils convenaient l'un à l'autre et étaient faits pour aller ensemble;

S"" Qu'ils avaient appartenu à un système particulier de carpe, lequel tenait le milieu pour les formes entre le cochon et quelques autres pachydermes, d'une part, et les ruminans, de l'autre.

Or, si l'on se rappelle la description que

nous avons donnée dans la deuxième section

• de ce c]^apitre, article troisième, du grand pied

de derrière à deux doigts de Y anoplotlierium

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commune, et si l'on se souvient qu'il occupait aussi parfaitement cette même place entre les pachydermes et les rumînans ,' on sera porté à croire que ce pied de devant appartient au même animal.

Mais pour s'en faire une idée complète il faudrait savoir combien de doigts porte ce carpe^ et quelles sont leur forme et leur longueur.

Il est déjà clair qu'il n'y a qu'un vestige de petit doigt ^ et l'analogie des autres animaux fait croire qu'en conséquence il n'y a pas de pouce.

Le doigt complet que porte l'o^ unci forme est donc V annulaire; celui que porte le grand os et dont l'os métacarpien s'appuie aussi par une facette sur l'unciforme^ est le médius. Mais y a-t-il un index , ou n'y en a-t-il point ? Le pied est-il tridactyle ou didactjrle ?

Pour répondre à cette question, il aurait fallu avoir le trapézoïde et connaître sa facette métacarpienne, et je fus long-temps avant de l'obtenir; les facettes latérales internes du grand os me faisaient bien voir que le trapézoïde existait, mais ne m'apprenaient point son étendue en largeur. S'il n'était pas consi-. dérable , il pouvait à la rigueur servir de base au même métacarpien que le grand os; V. 14

comme dans le chameau^ trois os du carpe servent en commun de base à un seul cànon ; et l'analogie du pied de derrière , de la section précédente^ article ill^ pouvait porter à le croire.

Nous avions vu dans ce pied de derriwe un vrai tarse de chameau porter deux métatarsiens : il en aurait été de même au pied de devant y d'après ce système. Un carpe de trois pièces au second rang y aurait porté aussi deux métacarpiens.

Il faut se ressouvenir que le chameau est le seul ruminant qui ait ces trois os au second rang du carpe , comme il est le seul qui ait le cuboide et le scaphoïde distincts au tarse, et qu^il se rapproche par-là des pachydermes^ dont il s'éloigne par son métatarsien et son métacarpien uniques. Notre animal fossrle aurait donc toujours été l'intermédiaire de ces deux ordres.

J'en étais là de ces réflexions^ quand on m'apporta un morceau qui paraissait en confirmer singulièrement les résultats.

'Jél'ai fait dessiner à demi-grandeur, pi. ia5, fig. I.

M présentait une portion de tête inférieure d*hùmérus, Aj une empreinte d'avant-bras, B, G; deux os du carpe, D; E, dont un en-

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lier, D, et deux doigts presque complets, F, G, que, d'après les autres parties qui les accompagnent, je me crois bien autorisé à regarder comme ayant appartenu au pied de devant. L'un des os de carpe, enlevé au plâtre et bien entier, I), s'est trouvé être précisément le semiliinaire décrit ci-dessus, pi. i03, fig. I : d'où je conclus encore que ce pied dé devant était celui dont je viens de faire connaître trois os du carpe.

Le semilunaire est celui du côté gauche^ et la tête d'humérus aussi ; nouvelle probabilité que tous ces os s'appartenaient. Or, ces deux os métacarpiens sont bien pareils : ils sont à peu près droits. Il n'y en a point d'oblique, comme cela devrait être s'ils avaient appartenu à un pied didactyle. Il en est de même pour lés phalanges; un doigt ne devait pas être plus court que l'aujtre : d'où je conclus encore qu'il n'y en avait que deux parfaits , et que ce pied était un pied fourchu , mais sans canon,' et dont les os du métacarpe restaient séparés; espèce de pied qui, comme on sait, n'existe point dans la nature vivante, et qui n'a d'analogue que dans le pied de derrière ^anoplothérium décrit dans la section précédente.

Gé morceau me donnait l'indication tiéces-

âl4 FOSSILES DE PARIS.

rieures des deux grands métacarpiens^ G et H 9 parfaitement semblables à leurs analogues dans les morceaux précédens^ en sorte que l'espèce n'avait plus rien de douteux..

Nous y trouvions en même temps le ciinéi* forme B^ et le trapézoïde C, qui nous avaient manqué jusque-là^ ainsi qu'un vestige de petit doigt F.

Ce trapézoïde y qui était Tos qui nous intéressait le plus^ est représenté de grandeur naturelle; par -devant^ fîg. 7; par sa face interne , ou répondant au ^rand os , fig. 8 ; par l'externe, fig. 9; par la postérieure^ fig. 10; par la supérieure, fig. 1 1; et par l'iuférieurey fig. ia{ il est plus large et plus étendu en arrière que celui du cochon , et ne touche pas cpmme lui par une facette particulière à la tête du médius; sa facette Cy pour Tos scaphoïde est oblique, concave en traversj^et descend beaucoup en arrière et de côté. Il a à sa face interne une facette dy en arrière, qui répond à celle du grand os, marquée n^ pi. 102, fig. 5, n° 4^ ^t pï^s bas une autre, e, répohdant à celle marquée 772, ibid. Il a une facette inférieure a, pour l'index, et un peu en dessus et en dehors, une autre A, pour le vestige de pouce, celle-ci est verticale, et fort petite; ce qui prouve que ce vestige était ex-

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trêmement petit : il devait cepehdant surpasser celui du cochon , qui est presque nul.

Cet os trapézoïde ressemble beaucoup à ceux du chameau et du cheval ; ces derniers ont seulement leur face radiale sans conca- Ytté.

C'est aussi la petitesse du vestige de petit doigt qui fait que l'unciforme E est tronqué verticalement à son bord externe , au lieu dé s'y porter de côté et en arrière comme dans le cochon.

Ce vestige est en effet un osselet arrondi de toutes parts y excepté à ses facettes articulaires^ dont l'une adhère à l'unciforme, et l'autre au métacarpien de l'annulaire; nous l'avions déjà rencontré quelquefois ; et, avant de l'avoir trouvé en place , nous le prenions pour un osselet sésamoïde.

Le cunéiforme B est représenté de grandeur naturelle, pi. 128, en dessous, fig. 9; en arrière, fijg. 10; en avant, fig. 11; en dessuè fig. 12. Sa face cubitale a est presque rhom- Iboîdale; en- arrière > elle en a une oblique b^ pour le pîsiforme ; c et c à la face semilunairienhe répondent aux facettes concaves marquées / dans le semilunaire, pi. 102, fig. i, n« 4.

Enfin sa fac€ inférieure d pour l'unciforme

2l6 FOSSILES DE PAIUS.

est ea quart d'ellipse , et il n'a point de facette articulaire à son bord externe.

Nous avons encore trouvé ce cunéiforme d'autres fois isolément.

C'est aussi à ceux du chameau et du cheval qu'ils ressemblent le plus. Les ruminans ordinaires^ le cochon et même le tapir ont la face cubitale plus descendante eh dehors et plus concave.

Il restait à connaître le scaphoîde et T index ou ce qui en tient lieu , aussi-bien que le T^e^tige de pouce.

Dans deux occasions je trouvai les pièces correspondantes à ces derniers doigts , en place ^ et adhérentes à leur trapézoîde^ à leur grand os^ et même une fois à leur métacarpien de médius.

J'appris ainsi que Vindex de ce pied était réduit à une pièce irrégulièrement conique, fort courte, articulée d'une part au trapézoîde par une facette supérieure, et au grand os par une facette latérale étroite j de l'autre au métacarpien du médius par deux facettes , une antérieure triai^ulaire assez grande, et une postérieure fort petite, lesquelles répondent à celles de la face interne de ce métacarpien.

Je vis aussi qu'un petit os , rond , ou ellip-

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tique, articulé aux facettes externes du trapézoide et de ce vestige d'index, tenait lieu à la fois de trapèze et de pouce.

Ce petit os se soude quelquefois tantôt à l'un tantôt à Tautre des deux os auxquels il adhère.

Ainsi on voit, pi. 128, fig. 5 à 8, un trapézoïde uni au vestige de pouce.

Quant au scaphoïdcy il aurait été possible de le refaire en remplissant d'une matière molle l'intervalle compris entre le radius, le semilunaire, le grand os et le trapézoïde , que nous possédions tous les quatre. L'empreinte que j'en pris ainsi me donna lieu de le reconnaître lorsque je le trouvai isolé, et j'eus le bonheur de le rencontrer enfin en connexion avec le grand os et le trapézoïde et même une fois avec le semilunaire.

Nous le représentons, pL 126, par sa face externe, fig. 3; par la supérieure, fig. 4; par l'interne, fig., 5 et par l'inférieure, fig. 6.

Sa face supérieure ou radiale est à peu près ronde, très-peu concave, et ne va point jusqu'à l'arrière de l'os qui est en gros tubercule; à sa face interne il a vers le bas une facette allongée «, ^, correspondante à celle du semilunaire marquée /, m, fig. i, n® 5, pi. 102.

:iao FOSSILES de paris.

trace parmi les animaux connus aujourd'hui à la surface du- globe.

ARTICLE IV

Des pieds de devant qui se rapportent aux deni fomes génë* riques à trois doigts et à deux doigts , mais qai par lenr grandeur ou d'autres circonstances, annoncent des espèces différentes des deux précédentes.

Encore même marche que pour les têtes, que pour les pieds de derrière; encore mêmes résultats; on voit pour ainsi dire nos animaux se reformer petit à petit par cette nouvelle synthèse.

§ I. Des pieds de devant à trois doigts.

I® D^un pied de devant a trois doigts y et de grandeur moyenne , mais plus court et plus large que celui qui a été décrit dans Varti^

cle II (i).

Il me fut annoncé par un métacarpien de médius que je trouvai isolé, et que je repré-

(1) C'est ici le pied de devant du paUeoiherium arassum.

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forme à celui que nous avons dohné pour tel i pi. 102, fîg. 3; cette face y est représentée

C, runciforme, également donné pour tblfjbi'd:} fig. a; cette face y est représentée 1^5.

a, vestige dii pétîi doigt, tel que nous' l'avons vu , pi. i32, fig. 6. F.

E, débris du cunéiforme.

¥j débris du semilunaire.

G, débris du scaphoïdc.

H, le vestige de l'index tel que nous venons de le décrire. Il est fâcheux que le vestige du pouce ait disparu de cette main d'^/itonj-j^ car nous n'aurions plus eu rien à désirer sur cette partie. Les deux métacarpiens I etKj les premières phalanges L, M; le débris d'une seconde N; les sésamoïdes Ô, 0, Ô, 0, ressemblent aux parties analogues déjà attribuées a cette espèce, d'après des morceaux découverts précédemment.

Il n'y a donc plus nul doute que nos carrières ne recèlent des pieds de devant a deux doigts pîàrfafits , le médius , et rannulàîré , dont les métacarpiens dçmeuraient séparés pendant toute la vie, et où les trois autres doigts existaient en simples vestiges, construction dont il n'existe certainement aucune

222 FOSSES 9fi PARIS/

■côté est une tubérosité pour les ligamens.

Le premier morceau où je crus retrouver un métacarpien de cettç taille était encore trèsdéfectueux : je le découvris dans les anciens magitôins de l'Académie des Sciences, avec les pieds de deyrrière de la pi. g8 ; on le voit, pi. loi f -fig. I et 2; à moitié grandeur. Il est formé de deux pièces qui se recouvrent, et contenait deux pieds de devant ; ipaîs il n^'y est resté qu'une portion d'humérus, 11 vj .une double empreinte d'avant-bras du côté gituohe, a,iy Cj d, Cff, avjec plusieurs portions dos ; Fempreinte très-iacomplète du droit, a, e,fj une empreinte incoçiplète du carpe gauche ; g^ A, I, ic 9 I9 m, /7, o, pf q^ etc.; et* la double emprainte du droit, //, k'y ï y m'y etc., et h^, , m , /^ , etc.

Un seul os d&ns tout cela est entier et reconnaissable : c'est le semilunaire du côté droit, h' y fig. 2 ; lequel , comparé à celui que nous avons décrit dans l'article II , s'est trouvé extrêmement semblable. C'est donc bien un pied du même genre.

Ses dimensions étaient les suivantes :

Longueur du cubitus , d'à en e 0,230

Longueur de l'olécrane a-^b 0^0^

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