SDR DES OSSEMENS DE PAL.EOTHÉRIVMS TROUVÉS HORS DU BASSIN DE PARIS
n eût été assez extradrdinfitire que les genres dont les ossemens reoriplissent nos plâtrières n'eussent point laissé de leurs débri^ en d'aïutres eontrées; aussi n'en est-il pas ainsi. Bien que nous n'ayons rencontré nulle part les mêmes espèces y nous avons obtenus de quelques endroits de France et de l'étranger, des pièces dont les caractèi-es génériques sont évidemment semblables à ceux de nos animaux; et, ee qui est bien remarquable , c'est presque toujours aussi dans des terrains d'eau douce qu'ont les a découverts , et le plus souvent dans des terrains d'eau douce anciens , où ils sont ao* conipagnés, comme dans nos gypses^ d'osse*
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mens de crocodiles et de tortues. Le genre \(y^ phiodon ^ que nous avons décrit daps le troisième volume, et qui ressemble si fort à nos palaeothériums , parait les avoir accompagnés presque partout, si ce n'est aux environs de Paris I où nous n'en avons trouvé aucune trace.
ARTICLE PREMIER
Des palœothériums des environs du Puj
en Vélay.
C'était- dans des couches gypseuses à peu prés de même date que celles de Paris, qu'il était naturel de chercher des ossemens de ce genre; mais soit que les plâtre^ qui ressemblent le plu$ aux nôtres , tels que ceux d' Aix en Provence , soient en effet d'une autre époque , ou aient été formés dans d'autres circonstances, soit que les recherches n'aient pas été suivies, on n'a encore découvert que dans une seule couche gypseuse éloignée des nôtres des os de palœothériums.
C'est auprès du Puy en Véiay, et, ce qui est bien remarquable, dans une carrière de calcaire d'eau douce mêlée de gypse , que cette
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découverte a été faite. Elle eat due à M. Bertrand Roux f habitant du Puy, dans le cabinet de qui M. Adolphe Brbngniart a pris les 4eâsins gravés , pi. 148^ fig. i , a et ^.
On peut juger au premier coup d'œil que c'est une portion antérieure de mâchoire inférieure^ semblable^ pour la forme de ses dents y à celles de nos pi. Sa, 120^ 131 et i34 des environs de Paris*
Les trois molaires subsistantes ont les formes parfaitement cylindriques, et les bourrelets delà base, comme dans tous les vrais palœothériums; la première^ ou petite . molaire , m^anque y ainsi qu'une petite incisive du côté gauche ; mais la forme des incisives restantes, celle des canines, les collets saillans de ces dernières sont tout-à-fàît comme dans les palaeothériums.
Je n'oserais çe^ndant assurer l'identité d'es^ pèce de ce palceothérium avec un des nôtres. Il me semble que ces incisives sont plus grandes à proportion , et sa partie antérieure moins haute. Je trouve aussi l'intervalle entre les canines et les molaires un peu plus court , et les trous menton niers autrement disposés; mais ce ne sont là que d^ }égèrç9 différences d'espèces. . -
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Je n'ai aucun autre oi de ce lieu; mais C3e fragment paraîtra sans doute assez int^ressaant pour faire renouveler les recherches'^ et pe».^être trouvera- t-on là un nouveau dépôt de g^nrCy dont les.rje^les pi nombreux dans n environs offrent dajà.-t^fit de sujets de r< flexions.
Je n'en ai d'autres mesures que la figix^ ^ même , qui a été faite de grandeur nat reUç«
ARTICLE II
Des palœothériumi dès environs iT Orléans.
Nous avons parlé dans le t^oi|sièaie volunv^/ pag. 40 1 et suivantes , des carrière dp calcaire // d'eau douce de Montabusard, près d'Orléans, / 1 ou M. Defav a découvert upe si grande quantité d'osseméns fossiles , et entre autres les os aé lopnîôdan , qûié nous avons décrits a Tendroit cite (1). Ces ciarrièrés renferment aussi
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(1) M. J)efay a payle .de ces os ^ans son ouvrage intîtule : 'Lh Nàtitj^e considérée dans jHusieutà de ses opérations, Paris, 1783, p. 56. ...
VALMjOSUÉKWMS étrahgers. 4^
ées os de palœotherium ^ mais d'une o^ même de ijieuii espèces différentes (ie ôçlleâil^ nos piftirières. * •
On peut Toir, pi. 148, fi^. 2 a la, lès flgu-* T68 de plusieurs morceaux qui me furent dôm*
munîqtfés dafis le temps p&i^M. Befky. •
Il ne ftit pas difficile dé reconnaître dans les pièces des fig. 2^ 5, 4» 5, 6, 7 et 10, lès doubles croîssans des mâchelîères inférieàres des palœothèriumSy leurs formes cylindriques, et même )ç bourreFct saillant de leur base; la fig. 5 montrait de plus la petite molaire tranchante ^ceeen avant de toutes les autres ; la fig. 5, à en juger par son troisième lobe, devait être celle d*ùne dernière molaire; dans les fig. 8 et 9 , on ref rouva la forme carrée des mâchelières supérieures du nliême genre, la ligne i^n W de leur bord externe ^ les eollimes qui vij9nnent ie . t^ininer «lu oôté in*^ terne , enfin le bourrelet a»Uant de hi J^aie de
ce 4«ême f^oijé.
flea flanetèrâ? ^ ^ttmv^xf^ me permifeat de cQiiclitre l'identité 4u genre , bien qu» }es eepiàtoet le^ inciâives me manquassent.
Je les trouvai confirmés par la suite dans une portion de mfâchoire qui me fiit ôommu- Aiquée par M. Bigot de Morogue^ savant mî-
néralogîste d'Orléans , et dont on voit la fi-* gure^ pi. i4à, fig. iS. Sa partie montuite, sod angle postérieur ont cette largeur et cette forme arrondie caractéristiques des pala&othé^ riums. On y voit d'un coté , par leur face in«terne ^ les cinq dernières molaires ep place, dont la dernière a son troisième petit loba comme dans les palaeothériums ; les deux dernières de c^ dents sont vues par leur couronne^ fig. i4; un seul fragment resté du coté opposé y fig. i5,a,b, montre par leur face externe la première et la seconde molaire^ et la première est sensiblement idenfiqijii^^ec celle, de la figure 5. '\'.;.
Toutes ces mâchelières sont donc de la même espèce , et tout semble prouver que eette espèce est du genre palseothérium.
Néanmoins c'est un palœothérinm qui a ses caractères propres , qui le distinguent de tous ceux que nous avons dans nos plâtrières.
Celui des mâchelières inférieures consiste en ce que la rencontre des deux arcs ou des deux croissans de la couronné forme une double pointe au milieu de la face interne, tandis que cette pointe est toujours simple dans les palaeothériums des environs de Paris.
Oh peut reniarquer aussi ^ soit dans la
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i-f fig. i5, toit dans la fig. 5, que la dernière molaire a son troisième lobe en forme de cône simple plutôt qu'en croissant.
Fbnr les molaires supérieures , le caractère disdnclîf consiste en ce que les collines qui partent du bord externe , à leur arrivée vers le bord interne ne se recourbent pas , et en ce qu'il y a au bord postérieur une petite colline isolée en forme de chevron. Il est aisé de prendre une idée nette de cette structure , par la fig. 1 1 ^ où l'on a représenté une de ces couronnes non enjcore entamée. Celle de la fig. 12, qui esta moitié usée^ montre que ces cai^actères se conservent long-temps encore très-visibles.
Je pense que c'est une de ces molaires supérieures qu'a représentée Guettard ( Mémoires sur les arts et les sciences, tome Y; mém. X, plVn, fig. i).
Cet animal devait être un peu plus petit que notre pakeotherium crassum, et à plus forte raison que le mediumj les cinq mâchelières de la fig. i3 occupent une longueur de 0,1 : dans le palœoiheriym crassum , la longueur occupée par les mêmes dents est de o^ 1 1 ; dans le medium, de 0,1 35.
Parmi les os de M ontabusard , je n'en ai trouvé que deux qui , avec des caractères de
palœothérium ^ fussent d'une taille à peu pi correspondante à ces dents.
L'un est une tête de fëmur mutilée , pl« i^i fig. i5^ mais parfaitement semblable ^ dans ^c^e qui en reste , à celle du palœothérium crassu^.^^. On y voit surtout un commencement de tn^i* sième trochanter qui est décisif sur la famille.
L'autre est un os moyen du métatarse, f>l. i48 , fig. i6, a par devant, h du cÔté extcr»«, c du côté interne, d en dessus, ayant Sa ta te supérieure assez entière. Il ressemble beauco'snp à celui du palœothérhim latum.
Je n'oserais cependant affirmer que ces os ne pussent provenir du lophiodok qui est ^ »tèfrré ail même endroit, et ne fussent parcc^toséqtient de l'espèce des huiAérus que nc^ns avons déjà fait représenter {^Animi 'vois. ^Jes tapirs f pi. 8i, fig. 3 à 6) : des genres si voisins entre eux peuvent bien faire pardon^ ner quelque incertitude.
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ARTICLE 111
Bu palœothérium des environs de Montpellier.
Cette espèce ne me parait diiTéreren rien de €6 que j'en connais de celle d'Orléans. On en a trouvé, en 1780, prés de Saint-Geuiez^ à trois lieues de Montpellier, un morceau que feu M. Eaujas publia en 1 809 , dans le tome XIV des Annales du Muséum ,. page 382, pi. XXIV, et qu'avec sa légèreté ordinaire il prit pour
être de palœothérium médium,
Cest un fragment de mâchoire inférieure du côté gauche, contenant les quatre dernières molaires et un peu.de la racine de celle qui les précédait, mais où malheureusement le troisième lobe de la dernière est enlevé. Il paraît avoir été entouré d'une ocre ferrugineuse jaunâtre, dont il reste quelques traces dans ces vides. M. Faujas dit qu'il ét^it dans une pierre coqnillière compacte, à grain fiTi , et dans nn banc à plus de trente pieds de profondeur. Si cette assertion est vraie^ c'était probablement du calcaire d'eau douce ancien, ce qui est d'autaqt plus aisé à vérifier, que c'est
de cette carrière que l'on tire une bonne partie des pierres avec lesquelles on constrait à Montpellier. Quoi qu'il en soit, les dents sont les mêmes qu'à Orléans par leurs croissans , p^r leurs collets , par la bifurcation de l'angle intermédiaire. Je regrette d'autant plus la perte du troisième lobule de la dernière^ qu'il aurait été à souhaiter qu'on pût voir s'il était en croissant ou simplement conique^ ce qui aurait complété l'identité dont je me crois déjà sûr. Les quatre dents ^ non compris le dernier lobule, occupent un espace de 0^07, et les mêmes dans le morceau d'Orléans, ont, sans ce lobule, 0,073.
Nous donnonsce fragment, pi. 148^ fig. 17.
ARTICLE IV
Du palœothérium des environs d^Issel.
Les pentes de la Montagne- Noire, si fécondes en ossemens fossiles, et d'où nous avons déjà tiré les lophiodons décrits dans notre troisième volume , recèlent aussi les os d'un vrai palœothérium extrêmement semblable à celui. d'Orléans. On en voit, pi. 148, ifig. 18,
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a et h, un fragment de mâchoire inférieure qui contient les trois dernières molaires.
Les dents ont, comme celles d'Orléans , l'angle de réunion de leurs deux crorssans bifurqué; les lobes parfaitement cylindriques en dehors , et un collet saillant à leur base ; mais le troisième lobe de la dernière est en croissant comme dans les palseothériums de Paris ^ et non en cône comme dans ceux d'Orléans* De plus, ces dents d'Issel sont plus petites. Elles n'occupent à elles trois que 0;o5 de longueur, tandis que leurs correspondantes d'Orléans en occupent 0,06. *
Il est donc certain que le palaeothérium d'Issel est d'une espèce particulière qui ne surpassait probablement pas de beaucoup notre P^lœotherium curtum.
Ce morceau est teint en noirâtre comme les autres os des mêmes environs.
Voilà tout ce que j'ai pu obtenir jusqu'à ce jour de palœothériums enterrés ailleurs que dans nos plâtrières, bien que depuis quinze ans je n'aie rien négligé pour connaître les os de ce genre qui auraient pu être découverts dans des carrières ou conservés dans des cabinets de quelque ville de l'Europe que ce soitr
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