SUR L'OSTÉOLOGIE DES TATOUS ET DE VORYCTÈROPE
ARTICLE PREMIER
Détermination des espèces.
Ces deux genres^ quelque difFérens qu^ils soient par leurs tégumens extérieurs , se ressemblent assez par le squelette pour devoir être décrits comparativement.
Uoryctérope est jusqu'à présent unique dans son genre ; propre au sud de TAfrique , y vivant de fourmis et de termites comme les tamanoirs et les tamanduas d'Amérique^ il a donné lieu de soutenir qu'il y avait aussi des fourmiliers dans l'ancien continent, et cette contestation n'a commencé à s'éclaircir que lors des descriptions du fétus de l'oryctérope,
a^a OSTEOLOGtK
par Pallas(î), et de l'adulte, par Âllamand(2); et surtout lorsque Camper en décrivant la tête de cet animal a fait voir qu'elle différait beaucoup de ceux auxquels on voulait l'associer (3).
Quant aux tatous ^ non-seulement leurs espèces sont extrêmement nombreuses, mais elles doivent être réparties en plusieurs sousgenres , d'après les grandes différences qu'elles présentent dans la structure de leur tête et de leurs pieds.
Les uns n'ont aux pieds de devant que quatre doigts apparens et munis d'ongles, dont les deux mitoyens sont plus longs et égaux entre eux , et les deux latéraux plus courts , surtout l'interne qui est le pouce. Leur petit doigt est réduit à un simple vestige caché sou9 la peau.
Leur tète est allongée ; leur museau pointu ;
' (1) MiaoelL Zool. , p. 64 ( MjrrmcaqyJuiga afra }.
(S) Supplém. de BufTon , t. YI , p. 230 , et pi. XUCSl {cochon de terre).
(3) Mém. de Pélersbourg poui* 1777 {Acta, t. I| part. Il, p. 233).
DBS tATOUS Et DE L^ORYCTÉROPfi. !»:»$
et ils ont sept dents de chaque côté et à chaque mâchoire; leur queue est enveloppée d'anneaux osseux , composés chacun de plusieurs rangées de plaques polygones. Leur verge est courte et se termine par un gland à trois lobes.
Le cackicame ou tatou à 9 bandes de Bnffon {Dasypus novemcinetus ^ L. )^ parfaite^ ment décrit par Daubenton, Hist. nat., X,
pi. XXXVU(i);
Le taiuète du même Qi\\ tatou à 8 bandes {Das. octocinctus ,h.), que Daubenton regarde comme une variété du précédent, Schreb., LXXIII ;
Le tatou à longue queue ^ BufF., Suppl. III, pi. LYID, qui n'en diffère pas non plus, ne forment qu'une espèee, qui est le tatou noir de d'Azzara , p. 175.
Le tatou mulets de ce dernier auteur,
(1) C'est bien cette espèce que représente Gesner, ëdit. de 1603 y Qnadr.yp. 935; c'est aussi Séb. , I, XXIX , I ; Schreb., pi. LXXIY; Bill , An. pi. XXYII, p. 561. Cachicamo est le nom générique des tatous chez les Indiens de rOrénoque , sdon Gumilla.
^^4 OSÏÉOLOGIE
p. i86, Das. septemcinctus de Schrebéfi pi. LXXII (i), est uDe espèce très-voisine , de taille plus petite, à queue un peu plus courtCi qui n'a que 6 ou 7 bandes mobiles.
Il y en a une troisième espèce , également très-voisine y rapportée du Brésil par M. de Saint-Hilaire , sous le nom de tatou "verda deiro , de la taille et à queue de la proportion du tatou mulet ; mais la pointe de sa queue se termine par un étui corné d'une seule pièce; les bandes mobiles sont plus larges, et les écailles du bouclier de la croupe plus grandes (2).
Le tatou apara , de Marcgrave ^ Vapar de Buff., Dasjpus trxinctus L. , Schreb. , LXXI;
(1) A cette espèce doit se rapporter le tatou de Belon, Observ. , p. 467, el celui d'Âldrovande , Digit. , p. 480.
(2) On aurait de la peine à déterminer à laquelle de CCS trois espèces appartient le tatou de Monardes ap. Glus. , p. 330, copié par Niercmb., Hist. nat. Percgr. , p. 158, fig. média , et par Marcgr., p. 231 , et par Lact. , Indes occident. , p. 552 , ainsi que Vaiotochtli de Ilernandes , Mexic* , p. 314. Quant à Vaiotochtli de Niereinberg j loc. cit. ^ f . sup. , c'est bien sûrement le cachicame ou tatou noir.
0B8 TATOUS ET DB L^ORYCTÉlOn. 27$
OU le tatou matacOf de d'Azzara, p. 197^ le mieux cuirassé detous^ et à qui la brièveté de sa queue et la forme de ses boucliers permet de se rouler en boule , a aussi les pieds de de« Tant à quatre doigts comme les précédens , bien qu'il en diffère par la structure de sa tête et d'autres particularités (i).
Les autres tatous ont cinq ongles bien prononcés aux pieds de devant , mais ces ongles y sont disposés selon deux proportions différentes. Dans les uns les trois du milieu sont plus -grands et les deux latéraux plus petits. Leur queue est en partie couverte d'écaillés placées en quinconce, et à sa base d'anneaux formés de plaques sur une seule rangée dans chaque anneau.
Tel est Vencoubert (3) ( Dasjrp. sexcinctus^
(1 ) Cette espèce remarquable a été plusieurs fois bien représentée y Glus. , Exot. I p. 109 , fig. inf . , copié Nie~ lembergy Hist;.nat. Peregr. , p. 158 , fig. inf. ; Marcgr. , p. 232; Séb. , t. I, pi. XXXYUI , fig. 2 et 3. Le chelo^ ni0cus de Fab. Golomna , Aquat. , XYI , n'est pas autre diose , mais il lui a donné mal à propos quatre bandes iulkiude trois.
i (2) N. B. Encuberto est le nom générique des tâtons vm, 15
aa8 OBTEOLOGfE
zara, p. iSa, représenté par Buffan, tomeX, pi. XLI, sous le titre de second cabassoUftt qui, outre sa grandeur, se distingue par sa queue longue et entièrement recouverte d*écailles placées en quinconce (i). Je l'appellerai tatou géant.
Les trois espèces ont de i ^ à 1 3 bande».
Dans tous les tatous à cinq ongles, la wrge est excessivement longite.
ARTIGLB II.
Ofltéologîe (les têtes des IVlons.
Nous n'avions jusqu'à ce jour que Vostéoiogie du cadUcame^ telle que Ta donnée Daubenton(Hist. nat., X, pi. XXXIX), et qud-* ques têtes aussi de la même espèce , donnés isolément par divers auteurs. Il devenait nécessaire de compléter ces documens.
(1) C'est cette qnene que représeote Cluaius, ExoC., p. 109, fig^ «i^. I s^us le Qçp» dQ (wvui adrmfondum.
DBS TATOUS &T DB L'ORYGTEROPE. Û^^
Je me suis procuré les têtes à peu près de xmtes les espèces^ et j'ai observé npo-seuleinent ipi'eltes diffèrent useÈ entre elles , mais i|ae leifts différences ne sont pas réparties Umt-à-fait dans le même ordre que celles des pieds; en ^rte, par exemple, que Vapar, dont lès piecls ressemblent à ceux du cachicamef le pichijr, dont les pieds sont pareils à ceux de Vencouberl , ont la tête plutôt comme le ca^ kiisou, tandis que le tatou géant ^ dont les
peds sont les mêmes que dans le cabassou ,
a sa tête formée sur un plan tout particulier.
Il y a<%pendant des caractères génériques oommuQ» à toutes ces espèces- Leur tête est en général un long cône, dont 1^ pointe ou le museau s'effile presque en cy"" findre. Le^oône s'élai|;it au devant des orbites pthr donner les arcades, et se rétrécit ensuite, yenfoncement de la tempe est peu marqué et iMDte à peine jusqu'au pariétal. L'occiput est eoopë à peu près verticalement; les orbites aiMit petits et Técartement des arcades médiocre ; elles ont leur courbure dirigée vers le bas. Il y a dans les cartilages des narines deux petits aires osseux qui occupent le bo|[^ externe
ilSa OSTBOLOGIE
de ces cavités et aident à soutenir le boutoir lorsque l'animal creuse^ comme les os en forme de tubercules qui sont dans le ]Aaco-> chère.
Les os du nez avancent au-delà du bord des inter-maxillaires, de sorte que ceux-ci montent plus ou moins obliquement en avant. Lies frontaux forment un angle en avant pour joindre les os du nez; les côtés de cet angle s'articulent sur un grand espaee avec les maxillaires. La suture postérieure des frontaux est transverse et presque rectiligne; celte des pariétaux avec l'occipital lui est parallèle^ et a peu près contigué à la crête occipitale, qui est mousse et peu saillante; il n'y a point de crête sagittale; je ne trouve pas d'inter-pariétal. Le temporal et les deux sphénoïdes touchent au frontal dans la tempe et l'orbite; It suture temporo-frontale est surtout considérable; mais le palatin ne l'atteint pas. En dessous les palatins prolongent la voûte du palais fort en arrière. Les apophyses ptérygoides internes, les seules qui existent, en prolongent les côtés jusqu'auprès des caisses. Elles sont distinctes du corps du sphénoïde. Les trous incisifs sont petits, entièrement dans l'os du même nom. Les trous sous-orbitaires
DU TATOUS ET DB l'oRYCTBROPE. sSff
Bont également peu larges ^ et leur canal est de longueur médiocre. Le trou lacrymal est sur le bord de l'orbite en dehors; le trou optique , le sphéno-orbitaire , le rond et l'oyale sont tous distincts. La facette glénolde est plane ; toutes les dents Sont simples et cylin^ driques.
Intérieurement la région de la selle est peu élevée; le crible ethmoidal est énorme , et l'apophyse cristagalli trés-saillantc. Il y a de grands sinus frontaux. La crête du rocher est assez aiguë et se prolonge en une tente osseuse médiocre , si ce n'est à sa partie supérieure.
kptèB cette indication des caractères com-» ttuns aux tatous ^ il faut remarquer les différeùces extraordinaires qui les distinguent.
Veneoubert, fi. aia, fig. 4» ^ ^t 6, qui a neuf dents de chaque côté à la m&choire supérieure et dix à l'inférieure , porte la première d'en haut implantée dans l'os incisif h h près de la suture, plus en arrière que les trous du même nom ; elle est assez comprimée latéralement. Les suivantes sont dans l'os maxil-* laire/f g, et s'arrondissent de plus en plus.* Les trois dernières d'entre elles sont dans la partie
âSa OSTÉOLOGIE
de l'os qui est au côté du palatin , et derrière la naissance de l'arcade f par conséquent sous l'orbite.
L'inter^maxillaire, prenant plus d'espace sur les côtés du museau que dans les autres espèces, s'unit au maxillaire par une suture verticale.
Le palatin kka. son bord postérieur échancré; il monte dans l'orbite jusqu'au sphénoïde antérieur; le maxillaire s'y étend aussi jusqu'au frontal.
On n'y voit point l'ethmoïde. Le lacrymal/ est petit, placé sur la base antérieure de l'arcade entre le frontal a, le maxillaire etle jugal e, et se soude si vite au maxillaire , que sa suture disparaît bien avant toutes les autres. Le canal sous^rbitaire du maxillaire est creusé dans la base même de l'arcade. Il y a dans la tempe, entre le palatin et le maxillaire, un gros trou tenant lieu du sphéno-palatin et du ptérygo-palatin.
Les apophyses ptérygoïdes sont verticales et terminées en crochet ; les caisses s'ossifient de bonne heure et s'unissent promptement au reste du temporal. Le rocher occupe asscx de
DBS TATOUS BT DB l'oRYCTBROPE. âSS
place de chaque côté de l'occiput, qui est plus large que haut. C'est à lui qu'appartient Tapophyse mastoide, qui est fort petite.
Dans le cabassou, pl« 21 2 , ùg. 7, 8 etg, les dents sont au nombre de neuf partout; quelquefois même il n'y en a que huit seulement en bas de chaque côté, et il n'y en a aucune dans l'inter-maxillaire; la suture intermaxillaire est oblique et Tos in ter-maxillaire peu étendu comme dans le reste du genre.
Loin qu'une pointe du frontal avance entre les bases des os du nez, ceux-ci échancrent le frontal en demi-cercle.
Le palatin n'est point échancré, occupe plus d'espace en arrière; et l'apophyse ptérygoîde est très-petite, en forme de crochet, et promptement soudée avec le corps du sphénoïde. Les trous sphéno et ptérygo-palatin dans la tempe sont distincts et percent, l'un dans le palatin, l'autre dans le maxillaire.
Les frontaux sont bombés , encore plus qu'à Vencoubertf mais il lui ressemble assez par l'ensemble de ses formes. L'apophyse post-orbilaire inférieure, formée à la fois par le temr poral etle jugal, est plus saillante.
3 54 OSTEOLOGIB
L'espèce de cabassou à queue courte et nue diffère de l'autre par des os du nez plus larges et coupés carrément à leur base frontale. Une autre espèce semblable à l'ordinaire , mais dont la tête a moins de tubercules, a ces mêmes os plus étroits, mais également coupés en carré dans le haut.
Le pichijr ressemble à Yen couberi, dont il a aussi les pattes , plus qu'au cabassou , par les connexions de ses os et surtout par les inter-maxillaires; mais il ne porte aucune dent dans ces derniers os. On ne lui en compte que huit en haut contre neuf en bas. Son arcade zygomatique est beaucoup plus large , surtout de la partie du jugal. Ses trous sont les mêmes qu'à Yencoubert.
Sa tête se distingue par un museau plus rétréci à proportion de la largeur du crâne.
Uapar, comme nous l'avons indiqué , bien qu'il n'ait que quatre doigts , a les dents et les connexions d'os des cabassous (je lui compte 9 dents partout, dont aucune dans Tintermaxillaire ) ; mais sa tête est dans toutes ses parties plus étroite à proportion de sa largeur et de sa hauteur.
Dans toutes ces têtes, la mâchoire inférieure.
DBS TATOUS BT 0B l'oRYCTëROPE. i5S
terminée en pointe en avant ^ a son angle pcf»^ teneur arrondi et convexe; sa branche mon-' tante large, droite, et assez grande; soncondyle articulaire transverse et plat, fort élevé aiirdessus du niveau des dents; son apophyse ooronoide un peu plus élevée et crochue.
Dans les tatous à quatre doigts, à museau efiSlé, à queue annelée , que je nommerai du nom sous^énérique de cachicames, pi. su, fi^ 2, 5, 4 6^ ^» l^s dents ne sont qu'au nombre de sept partout. Il n'y en a jamais dans Hnter-maxillaire ; la première ne se trouve même qu'assez loin de la suture; la dernière est plus en avant que la suture antérieure du palatin et sous le milieu de la base antérieure de l'arcade. Les parties du maxillaire placées aux côtés du palatin sont donc libres de dents.
Ces tatous ont un grand os lacrymal qui occupe sur la joue un espace triangulaire , et auquel vient se joindre un jugal comprimé et élevée ainsi que l'apophyse zygomatique du temporal.
Leurs palatins ont le bord postérieur entier; leurs apophyses ptérygoides sont pliées de nianière que la partie contiguë aux palatins
^56 OSTEOLOGIE
est dans le même plan que ceux-ci y et que le corps de l'apophyse est aplati contre le sphénoïde. Le rocher ne dépasse pas la crête de Foccipital , et celui-ci est plus haut que large. L'ossification de leur caisse se réduit presque pendant toute leur vie à la partie annulaire; enfin, par une de ces exceptions qui viennent toujours détruire les règles en apparence les mieux constatées, leur os maxillaire finit en arrière après avoir donné la base de Tarcade, et Tethmoîde occupe dans le fond de l'orbite un grand espace qui est ordinairement occupé par le palatin (i). Le canal sous* orbitaire est creusé plus bas que la base de l'arcade ; le trou analogue au sphéno-palatin est percé dans ce canal même, entre Tethmoîde et le maxillaire, et le trou analogue au ptérygo-palatin est un peu plus en arrière aussi dans Tethmoïde et près de la fin du maxillaire (2).
(1) Je m*clonne beaucoup que M. Wiedemann, quia bien décrit la lete d'un de ces tatous , Archives zool. et zoot. , 1. 1 , p. 62 y ne se soit pas apci^u de celte circonstance remarquable.
(2) Fig. de tètes de tatous , Fischer, os intei^mazOl. , pi. I y fig. 1 , mauvaise figure faite d'après une espèce à
DBS tATOim BT DS L^ORYCTBROPB. ài'f
Ces tatoua ont la branche montante de leur mâchoire inférieure trés-basse , l'angle posté*-* rieur pointu ; le condyle articulaire transverse et plat, mais à peine élevé au-dessus du niveau des dents ; l'apophyse coronolde droite, grêle, pointue, et s'élevant beaucoup au-dessus de ce condyle.
Biais le plus curieux de tous les tatous par sa tête, c'est le tatou géant, pi. 21a, fig. i, a^ et 5; il a ^4 dents de chaque côté dans le haut et 22 dans le bas , ga en tout ; aucune n'est dansFintermaxillaire; toutes sont comprimées!* en coin et un peu tranchantes ; 5 ou 6 seule-* ment se portent sur les côtés du. palatin , et cet os se prolonge beaucoup plus en arrière ^'elles , occupant dans le palais un espace égal à celui du maxillaire. Il est coupé carrément en arrière comme dans les tatous à sept denta , mais les apophyses ptérygoîdes y sont
lept dents ; Wiedemann , Archives zool. et zoot., t. I» pi. II , bonnes figures d'une espèce à sept dents ou cachi^ came; Spix, Ceplialogenesis , pi. YII, fig. 13 , fig. de profil y encore d'une espèce à sept dents. Je pense que toutes les trois sont du cachicame ordinaire de Buffon on tkUm noir de d'Auara , Dasyp. 8-cinct. et 0«cinct. — Gtt*« Tier, Règne animal > 1. 1 , p. 220.
â40 OÔTEOLOOIE
coubert^ qui est jeune^ cet acromioti 68t par« tagc dans son milieu , à l'endroit le plus large, par une suture d'épiphysë.
L'humérus I fig. 6^ 7 et 8, est gros et assez oourt ; sa crête deltoidale est grosse et tressaillante vers le bas ; elle occupe plus du tiers de la longueur; la tête inférieure est asses large, la crête de son condyle externe est tranchante ; l'interne est percée d'un grand trou; la face articulaire est en poulie avec une gorge concave au milieu , et une convexe de chaque côté.
Le radius , fig. 9, 10 et 1 1 , a sa tête divisée obliquement en une partie concave et une eonvexe; sa oréte antérieure est très-aiguê.
Le cubitus, iB., est soudé en partie à sa crête postérieure dans le cachicàme; il en -demeure distinct dans l'encoubert. Cet os est gros, court et comprimé; son olécrftne prismatique trés-Iong , égalant la moitié du reste de l'os, et terminé par un petit crochet recourbé en dedans.
C'est par les mains que ces deux squelettes 4îfiteent le plus.
Dans les tatous à Quatre doigts, pi. ai t^ fig.
DBS TATOUS ET DE L*0RTCTÉR0PE. St^l
t a , il y a au premier rang da carpe les quatre os ordinaires, et le pisiforme y est petit. Au second rang on Toit nn assez grand trapèze pour le pouce p un trapézoïde pour Tindex, un grand os pour le médius , un unciforme qm répond en pavtie au médius , en partie à Tannulaire , un tris-petit os surnuméraire en dehors^ sous lequel est un seul vestige du pe« tit doigt.
Le tendon commun du fléchisseur profond s'ossifie sous le carpe et y produit un os surnuméraire ovale ^ plus grand qu'aucun des os ordinaires du carpe, articulé avec une facette du semi-lunaire et avec une autre du pisiforme. Jusqu'à présent je n'ai trouvé cet os que dans^les tatous; mais il me parait que sous une forme ou sous une autre il existe dans toutes leurs espèces.
Dans Venconbert, pi. 212, fig. 14 > le pisiforme est plus grand de plus du double , et le cunéiforme, par une disposition toute particulière , repoussant l'uncftforme vers le milieu de la main, le contourne pour s'articuler avec le métacarpien du petit doigt.
Un seul os tient la place du trapèze et du trapézoïde , et il y a au bgrd extçrn^ un trcs-pe« mu 10
2/|i OSTKÔLoGIË
lit oà Surnuméraire. Le métacarpien du pouce est grêle; ceux de Tiùdex et du méditià sont ])Ius longs et plUâ larged; ceux de Tannulaîre et du petit doigt sont larges et Courts.
La main du tatou géant, pi. ai^i^ fig. lo (a demi-'gràndenr) , est une des plus extraordînaîreid qu'il y ait parmi les quadrupèdes , et i elle seule elle expliquerait toutes les anomalies que nous verrons dans celle du mégachéri tiin.
Soiis un cubitus et un railius courts et gros, mais d'ailleurs assez semblables à ceux de Yencoubvrt ^ s'articulent un scaphoide petit et irréguUér fort éehancré pour une pointe de la ikce interne du radius , un très-grand semilunairci im cunéiforme médiocre ^ et derrière ces deux os un pisiforme gros ^ court et pointa^ qui s'articule avec ces deux os et avec le cubi* tus. En dehors du cunéiforme est un petit os surriuiliérâire, et avec l'un et l'autre, ainsi qu'avec Tunciforme, s'articule un os irrégulier, qui a l'air d'étreMu second rang du carpe, ifaaià qui dans le fait est le métacarpien du petit doigt.
L'unciforme est reporté en dedans du carpe et s'articule ayec les métacarpiens de Fanntt*
DES Tatous et de l*orycT£roi>e. 245
lài^e et du médius. Ce dertlicr donne presque seul aHicdlation au grandes; entre lui ^ lé ^rarid os, le s'caphoîde et lé trapèze^ est Un petit tt^apézoîde qui porte le métacarpien de l'ihdtel. Lé trapèze est comprimé, plus allongé' que le trapézoîde , et porte le métacarpien du pouce et encore un petit os surnuméraire un peu en dedans de la main. Enfin l'os qui résulte de l'ossification du tendon du fléchisseur profond est très-grand, renflé en arrière en une grosse tête très-inégale , articulée par de lai;ges facettes au semi-lunaire et au pisiforme, offrant des facettes concaves du côté de l'a^ vant-bras, et se terminant vers la main par un corps comprimé et moins large que la tête.
Si on rencontrait un pareil os parmi des fos< siles, on serait certainement , à' moins de l'avoir vu comme moi , bien embarrassé à en déterminer la place ; c'est pourquoi je l'ai fait dessiner séparément, pi. 212 , fig. 12 et i5 (i demi-grandeur ).
Les métacarpiens ne sont pas moins extraor'r dinaires que le carpe.
Ceux du pouce et de Tindex, ainsi t[ue leiifs phalanges, sont assez grêlés et d'une formé ordinaire':; mais celui du médius est en reb«
:i44 OSTKOLOGtR
tangle transverse ^ très-large^ et moins long que large; il porte une phalange également très-courte et très-grosse, et qui malgré sa brièveté représente à la fois la première et la seconde, comme il est aisé de le juger par la forme de ses deux facettes articulaires, et qui porte elle-même l'énorme onguéal.
Le métacarpien de l'annulaire est également très-court, et encore plus irrégulier que celui du médius , avec lequel il s'articule par le milieu de sa longueur, s'articulant aussi avec l'un ci forme et avec le métacarpien et la première phalange du petit doigt.
La première phalange de l'annulaire représente comme celle du médius la première et la seconde, et porte un onguéal analogue , mais plus petit.
Tous les os du petit doigt sont raceourcis; le métacarpien et la première phalange, qui en représente aussi deux , sont comme enchâssés au bord externe de la main entre le cunéiforme, le petit os surnuméraire qu'il porte , et que quelques-uns prendront peu l-être pour le vrai métacarpien du petit doigt, Tunciforme et le métacarpien de Tannulaire; Tonguéal de ce petit doigt est analogue aux deux prçcé-
DES TATOUâ ET D£ l'oKYCTEROPE. 2^5
denS| mais encore beaucoup plus court que celui de l'annulaire. Tous les trois sont comprimés, crochus et tranckans en dessus et en dessous, mais dans une direction oblique. Dans tous les trois , l'arc d'articulation avec la phalange précédente fait plus de saillie dans le haut , en sorte qu'elles se fléchissent naturellement en dessous comme dans les paresseux. Tous les trois ont à leur base une gaine osseuse pour l'ongle, laquelle entoure cette base obliquement, et dont les trous vasculaircs inférieurs sont très-inégaux. Lesonguéaux du pouce et de l'index sont tout autrement faits, déprimés, tranchans par les côtés, seulement renflés en dessous, mais sans gaine osseuse.
11 résulte de cet arrangement des doigts que les trois ongles externes doivent former un tranchant terrible pour les autres animaux , et propre à fendre sur-le-champ la terre la plus dure, tandis .que les deux internes peuvent ne servir qu'à gratter et aux autres usages ordinaires.
Cette organisation ne s'éloigne pas beaucoup de celle de la chrjsochlore ou taupe dotve du Cap y et c'est par elle que ce tatou est en état de s'enfoncer promptement dans la terre i
^6 OSTEOLOGIE
OU de s'y cramponner si fortement qu'il faut plusieurs chevaux pour l'en arracher.
Dans les cabassous ordinaires ou de moindre taille^ pi. :2i3, fig. ii^ la disposition générale des parties est la même , mais il y a encore plus de soudures entre les os; ainsi le trapèze^ le trapézoîde et le métacarpien de l'index n'y font qu'un seul os^ sur une apophyse latérale duquel s'articule le métacarpien du pouce.
' Le métacarpien et les deux premières phalanges de l'annulaire y sont aussi réunis en un seul os qui porte immédiatement l'onguéal f et il en est de même du métacarpien et des deux premières phalanges du petit doigt.
L'o9 particulier résultant dç l'ossifioatiofi do tendon commun du fléchisseur profond est plus aplati et plus large à proportion que dans le tatou géant, trilobé du coté des doigts et muni d'une apophyse distincte qui s'articule avec le scaphoïde , indépendamment des deux facettes pour le semi-lunaire et le pisiforme.
DES TATOUS VT pE |.*ORYCTEROPB« ^47
ARTICLE IV
De l'eitrémité pottérienrei
L'os Sacrum, pi. 211^ fig. t3 et 22 f secQmpose de huit vertèbres , singuIièremeQt larges et plates^ surtout lies deu\ dernières qui s'articulent avec l'ischion, comme les premjères à l'os des iles. Les trois intermédiaires répondent au bord du trou resté de Tcchancrureischiatique; ce trou est de forme elliptiqije.
Leurs apophyses épineuses forment une crête. coQtinuej pli}s élevée surtout en avant dans le cachicame que dans Tencoubert.
Les os des iles sept prismatiques, et se terminent en avant, comme les ischions len arrière, par une grosse tubérosité triangulaire, Jliquelle est à peu près le seul point du squelette qui soit uni immédiatement par des ligamens à l'enveloppe extérieure.
L'ouverture du petit bassin est m.édiocrement oblique, moitié plus longue quelj^pge.
2l4d OSTl-OLOGlC
Les trous ovalaires sont très-{];rands et presque arrondis.
Le fémur, pK 211, fig. i4i est gros et fort, surtout dans Tencoubert, où il est fort large par en bas; le cou est court. Le grand trochanter, en prisme triangulaire et terminé par une grosse tubérosité , s'élève beaucoup au-dessus.
Le petit est en forme de crête» et il y en a un troisième en dehors, très-fort et aussi en forme de crête.
La tête inférieure est plus large que longue.
Le tibia et le péroné, fig. 17, sont trèsforts, arqués en sens contraire, et se soudent ensemble par leurs deux bouts. Le tibia est fortement creusé en canal à sa face péronienne. Sa crête antérieure se jette du côté interne vers le bas, qui, ainsi que pelui du péroné, est aplati de manière à donner beaucoup de largeur i la jambe.
Dans le cachicame adulte le péroné a même une crête qui lui forme un crochet vers son tiers supérieur.
La tête inférieure du tibia, fig. 19, est beaucoup plus large que longue.
DES TATOUd ET DB l'oKYGTëROPK. 249
Le tarse, %. 30, et pi. 21a, fig. 171 18, ig, est compose des os ordinaires , et d'un petit surnuméraire en dehors du scaphoide et du grand cunéiforme.
L*astragale est large ^ sa poulie peu pro-* fonde et son col très-court. Il s'unit par une lace très-convexe à un scaphoide très-<x)ncave.
Le calcanéum a sa partie postérieure assez Longue et assez forte; dans le tatou géant, son extrémité se recourbe en dedans.
Tous les tatous ont cinq doigts au pied de derrière, dont l'externe et le pouce sont les plus petits* Le cunéiforme du second doigt est remarquablement petit. Dans les cachicames , il y a sous le tarse une partie ossifiée du tendon des fléchisseur^, comme au pied de devant; mais je ne lai pas observée dans le tatou géant ni dans les cabassous et encouberts.
â50 OSTKOLOGIE
ARTICLE V
Les os du troue.
Les vertèbres cervicales se soudent promptemcnt^ensemble dans les tatous. L'axis ne fait déjà qu'un avec la troisième dans de trèsjeunes sujets; avec Tâge la quatrième s'y unit également y et probablement dans les vieux cette union va plus loin. Leur corps est Iar{;c et plat sans avoir rien de cylindrique ou d approchant.
Je compte onze dorsales à mes cachicames et douze à mon encoubert.
La première côte est extrêmement large dans tous.
Les sept ou huit dernières dans les cachicames sont creusées en demi-canal , et ont le bord postérieur saillant.
Leurs parties sternales s'ossifient et s'articulent les unes avec les autres; de la deuxième à la cinquième par de petites apophyses, et
DES TATOUS ET DE l'oRYCTÉROPB. ^Si
dans les suivantes, qui sont celles des fausses cotes, par une grande partie de leurs bords.
Les vertèbres dorsales ont des apophyses épineuses assez longues , surtout les premières; elles diminuent en arrière et se rallongent sur les lombes.
A compter des cinq dernières et sur toutes les lombaires , les apophyses articulaires antérieures portent y au lieu de tubérosités, de véritables apophyses dirigées obliquement de côté et un peu en avant et en haut, qui sont aussi longues que les épineuses, et qui servent à loger et à attacher les muscles du dos et de la queue.
Les tubérosités des fourmiliers sont bien moindres, mais dans l'oryctérope elles approchent de ce qu'on voit aux tatous.
Il y a cinq ou six vertèbres lombaires dans les cachicames, et trois seulement dans l'eneoubert.
Leqrs apophyses transverses se dirigent ~ obliquement en avant.
Dans le cachicame, la première pièce du sternum est un assez grand losange, dont
aS2 OSTEOLOGIE
l'angle antérieur, un peu tronqué , donne articulation aux clavicules; les latéraux^ aux premières côtes; le postérieur, qui est très-caréné en dessous, aux secondes. II y a ensuite quatre autres pièces plates en dessus, cachées en dessous par les côtes sternales , et enfin la pièce xiphoïde.
Dans l'encoubert, pi. 211, fig. 21, cette première pièce est à peu près carrée. A ses côtés s'articulent les premières côtes par une espèce d'épiphyse , ou de partie sternaJe trèslarge et très-courte en forme de croissant; i ses angles antérieurs s'articulent deux petites pièces qui donnent elles-mêmes appui au cartilage qui les unit aux clavicules; le dessous est un peu caréné; les autres pièces du sternum sont comme au cachicame.
A l'origine et au premier tiers de la queue, les apophyses trans verses sont très-longues, la première les a unies aux ischions par des ligamens; partout les épineuses sont à peu près nulles. Je compte vingt-quatre vertèbres à \à. queue du cachicame , et seulement seize ou dix-sept à celle de Vencouberi.
DKS TATOUS Bt DB L OftYCTERÔ^â. aS5
ARTICLE VI
Comparaison de Poryctérope avec les tatous.
La tête de Yorjctérope prise en masse ^ pi. 31 5, %. 2fZf^^i Sj ressemble beaucoup à celle du tatou géant ; mais son museau est un peu plus long à proportion ^ ses os du nez i i beaucoup plus larges, et ses apophyses post-« orbilaires du frontal a a marquées et pointues, ce qui n'a lieu dans aucun tatou.
Quoique sans dents ^ les inter-maxillairesA h sont assez grands; ils montent par une suture verticale au cinquième inférieur des os du nez. Ceux-ci avancent bien moins que le bord des inter-maxillaires et sont échancrés dans le bas; ils s'élargissent beaucoup dans le haut, mais sans atteindre les lacrymaux f f^ parce que les frontaux descendent fort en avant des orbites. Le lacrymal occupe assez de place sur la joue. Le trou y est percé çn avant du bord de Torbite. Le trou sous-orbi taire est entre le lacrymal et Tantépénultième molaire , de grandeur médiocre. Le frontal donne une apo-
im d6TE0U>Glfc •
physe post-orbitaire assez pointue. Là sutare des frontaux avec les nasaux fait un arc convexe eu arrière; celle avec les pariétaux b est légèrement festonnée. Les pariétaux s'unissent promptement ensemble^ et je ue sais s'il y a un inter-pariétal. L'occipital c s'avance un peu en avant de sa crête. Le jugal ee est large à sa base» où il termine la joue , et s'articule largement avec le lacrymal. Son union avec l'a^ pophyse du temporal d dse fait au milieu de l'arcade^ qui est mince et presque rectiligne ; les palatins k k occupent en arrière un espoee carré , qui faita peu près le quart de la voûte palatine, et va jusque vis-à-vis Tantépénultième molaire. Le bord postérieur du palais est voisin des dernières mdlaires , et renflé en bourrelet comme dans le sarigue. Un grand trou à chaque angle remplit rofTice du canal ptérygo-palatin. Le palatin forme encore long-temps une simple fcrête verticale avant de joindre l'apophyse ptérygoïde, qui elle-même est aussi en crête verticale et a sa pointe en crochet; elle reste lông-témps un os distinct. Dans l'orbite le palatin va atteindre le lacrymal au bord dix caiiàl sous-orbitaire. Sa suture avec le frohtal et les deux sphénoïdes descend ensuite obliquement ; il forme a peu près moitié de Taile jptërygoïde. L'autre moitié est formée
DEà TATOUS ET DE l'orYCTÉROPE* ^55
par l'apophyse ou plutôt par l'os du même nom. Les deux sphénoïdes montent aussi haut l'un que l'autre dans la tempe et Torbite. Le postérieur touche de sa pointe seulement au froûtal, et par un espace médiocre au pariétal; eà dessous il se soude de bonne heure au basilaire. La facette glénoide du temporal est légèrement concave et oblique ; elle n'est pas (1ns longue que large. La caisse osseuse n'est qQ'nn anneau interrompu vers le haut. Sa concavité s'étend dans une cellule du temporal. Le sphénoïde y contribue aussi un peu. Le rocher se montre en arrière dans le bas de la crête occipitale. L'apophyse mastoïde est très-petite et le trou occipital très-large.
Il y à au frontal sous l'apophyse post-orbitaire un grand trou qui pénètre dans les sinus frontaux. Le trou orbitaire antérieur est grand et placé entre le frontal et le sphénoïde antérieur. On ne voit rien de l'ethmoïde dans l'orbite. Le trou optique est médiocre. Le sphénoorbitaire^ auquel le rond s'unit^ est rond et un peu plus grand que l'optique; l'ovale est distinct et entièrement dans le sphénoïde. Les os maxillaires sont creusés au palais d'un canal ioDgitudinal ^ large et peu profond, qui paraît loger quelque organe aboutissant aux
2$6 OSTHOLOGIÉ
trous incisifs. Ceux-ci sont assesi grands et fort séparés.
Le crible ethmoldal est grand et très-en-' foncé. La région de la selle est peu élevée (i).
Ce que Toryctérope a de plus extraordî* naire ^ ce sont ses dents (pi. a 1 3, fig. 6 , 7 et 8).
Il y en a partout cinq grandes en série continue^ et un nombre de petites qui yarie d'une à trois.
Des grandes^ la première est la moindre; sa forme est un cylindre comprimé; la seconde estun peu pins ronde ; la troisième et la quatrième sont formées comme de deux cylindres adossés , et la dernière est un cylindre simple.
Des petites il y en a une en avant et prés de la première des précédentes; les deux autres sont à quelque distance encore plus avant. C'est quelquefois la seconde, quelquefois la
(1) Fig. de tétc d^oryctéropc , Camper, Mémoires de rAcadéiiûe de Pétersbourg , Acta , t* I ^ part. I, anpfc 1777 , pi. IX, fig. 1 et 8.
DES TATOUS ET DE l'oRYCT£ROPE. 25j
dernière des trois qui subsiste. La première tombe le plus ordinairement à la mâchoire inférieur^; je n'en ai jamais vu qu'une^ et encore, une fois seulement.
Ces dents, ainsi que je l'ai dit dans mes Leçons d'Anatomie comparée, ne sont point faites comme celles des autres mammifères , mais percées dans toute leur longueur comme des joncs d'une infinité de petits tubes parallèles, dont on voit même les orifices supérieurs sur la couronne, quand l'émail qui la recouvrait commence à s*user, mais dont les orifices inférieurs se voient encore beaucoup mieux à la base quand on arrache la dent. Il n*y a aucune racine.
L'omoplate de l'oryctérope, fig. 9 et 10, est très-semblable à celle de l'encoubert, si ce n'est que son bord postérieur est moins concave , et la pointe de son acromion moins allongée; l'acromion a de même un angle saillant à son bord postérieur.
Les formes de l'humérus, fig. 11, la, i3,
sont aussi à peu près les mêmes, excepté qu'il
est tin peu moins raccourci, que le condyle
interne se relève en crochet de son extrémité, vn». 17
ntyS osti-:ologIï:
et qu'il est percé cVuii trou ou canal bien plus lar{;e.
Le cubitus, fig. i4 et iS, est à trc6-peii près le même. Le radius, fig. 14 et 16, ne diffère que par sa tête supérieure un peu plus ronde, et sa crête antérieure se prolongeant moins vers le poignet.
Le carpe, fig. 17, est également très-semblable par les connexions et les configurations des os, mais leurs proportions diffèrent.
Ainsi le scaphoideet le semi-lunaire tiennent plus de place en travers; le cunéiforme en tient moins, et cependant il s'articule ainsi par une facette avec le métacarpien du petit doigt.
Le pisifbrme est très-singulier ; il ressemble à un stylet grêle et comprimé.
Le premier os du second rang est un trapèze auquel, s'attachent deux très-petits 0S| seuls vestiges du pouce, car c'est le pouce qui manque à l'oryctérope, et non pas le petit doigt, comme aux tatous tétradactyles. Cette diffërence estYort remarquable.
Le trapézoïde répond au métacarpien de
DRS TATOU* Rf '•*»lA)nY(:TKROPË, ^S^
Pidilex y h eèlut du médius ^ ëi ii l\ihnto^ dh grand oBf (|ui ne préseritc à la ince antéKtore dq Mrpe qu'une trèd^petUe pftFtle.
rr
L'unciforme est assez grand; en ^vant eien arrière il donne une apophyse qui se recourbe ^klfHère te béa dtt eîihéïfonne/ dt vient ^r- Aiê¥ Ufie' tubérmitë an bord externe de là main.
*' L/inda est presqiic àèssi long que le ihé- Aitis; nais l'annulaire et le petit doigt vont ^^ti'dfniinûant^ce'qùi forme une main oblique iMiMntié dans les caba^soùs.
Les ongnéaux sontmoios grands qiW' dans les cabassous, plus , déprimés vers le boni; ita'dis leur tranchani est également oblique. Ik ont* uhe grosse tiibérpsité sôus Ieurt>ase^ mais poifft db gamë bèseiise poui: Tongle.
L'os des iles de Vof^ètérope, flg. lîfil, i\e ressemble. i^as à celui, des lalo^s; il est (ip^fti; don ïhgjé ^lérieur eîst ])ointu ctnoi) tèri^aÎM^ en tilberosite; sa face externe est concave; son XH^té.infibrifMir est im oMirbe eoneave, le dMsal en courbe coavexe; son coii est pianfué/ek porte à son bord antérieur et externe une
•|iofrtiyieKeQUFte« lly^tfuM autre apoph^sQ
!I0A OSTEOLOOIB
rieurcfl donnent aussi des produdions saillantes et dirigées en haut et en avant» hien que moins cousidérables que dans les ta*tous.
Le sacrum est |k*esqHe rectangulaire, un peu rétréci dans son milieu. Sa crête est basse en avant.
Les vertèbres de la base de la queue ont de grandes Apophyses transverses , etc.
Les côtes sont grêles et rondes; il y en a huit vraies et cinq fausses; la première, plus grosse que les autres , n'approche pas toutefois de celle des tatous.
Le premier os du sternum est à peu près de la même forme que dans le cachicame; il y en a ensuite six autres, y compris le xiphoide, touis allongés et aplatis en dessus»
DES TATOUS £T DE l'oRYCTEROPE. 205
Principales dimensions des squelettes de /'oryctérope et des tatous encoubert et cachicame.
iOircTfiorB.
TÈTE
Lon(piear de la tûte , depuis les coiiJyles occipitaux jusqu^au bord antérieur des oa incisifi.
A£. . . . jusqu'au bordantcrienr des oi du nei. .......
Moiiidre largeur du crâne. • . .
Plut grande largeur des arcades ijgomatiques
Largeur du mweau prise à la naissance des os incisifs. . . .
Hauteur du crâne, depuis le bord inférieur du trou occipital jusqu'à la crête du même
Havlenr du trou occipital Sa laigeur
Hauteur du crâne prise du bord aWéolaire postérieur jusqu'au sommet des bosses frontales.
o,ai7 0,047
0,046 o,ora 0,0^5
E^COl BEtT.
o,iot
o,o3t 0,011 o,oï4
Caciicahe.
o,o83 o,oi3
o,oa5 0,011 o,oia
OSTEOI.OGIB
OCYcTtSOPE.
EncovDEiT.
Càcaicwc
llatitritr (lu muftcan ptinc à la naissance des os incisif». .
DiBtiince (In bord infcricnr du
1 irou occinital an i>ord |iosté-
rieur de la Yoûte palatine. .
o,oa5
Longueur du bord alvcolairc. .
OjOQO
Lon{;iirur de la mâchoire infc* 1 ricnre , depuis ran{;lc pnslc- 1 rieur jusi|n'au bord antérieur.
o,io3
.Hauteur de la branche de la
mâchoire inférieure
o,o.îo
Dislance de ran{;1e postérieur au sommet de 1 apoplivse co-
Longueur du bord aWéolaire. .
Éc.irtcment des condyles pris à leur bord externe
ÉPLNE.
Longueur dos CCI ticales
/</ dorsales
o,îi36
/(/ lombaires
o,ai7
r^ngueur dei Ténèbres sacrées. .
o,og6
■/</. caudales.
Longncur totale de l'épine et de la tc(e en ligne droite. . . .
Largeur de l>tUa
o,oa8
o,oa3
DES TATOUS ET DE l'oRYCTÉROPE. 205
[Lit]^ar de U scjitiômc crnicale.
fiC • • de U tepticmo dorsale.
f. . • de la dcrnicrc lomhaire.
(d. m . de la dernière sacrco. .
:ur de la première caudale.
mlenr de la nliis liaiWi* npophjae épineuse drs iIoi\s;iic9.
id, • . de la plii« haute apo* pbjtc ëpinmae des lombAires.
ÙL . • uticBlaire des lombaires.
QLTaÉMITK ANTÊRIEUIIE.
LmfpieaTde romoplAte depuis le ■iliea de son bord postérieur JMqn'à rcxtrémilc de Tacro- ■iua
f. jaiqu'à la cavité gicnoîde.
;acBr do bord antérieur. . .
'X/. postérieur. . .
\id. ipinal. . . .
LarQciiT du col
Loagncv de la carité gl^nolde.
Sft brgror.
MUmUw de IV'pine
OSYCTÉROPC.
ExCOCBEfiT.
CACBir.\)lB.
0,1 56 o,ia4 0,118 o,i3f o,o85 0,037 0,0^9 0,019
o,o3o o,oaa 0,036 o,o.{5 0,044
o,oa5
0,038 o,cao 0,039 0,047 o,o55
ostj:ologie
f<ongueur de rhumérus depuis le sommet de la granclc tubcrnsi(é jusqu'au bas du cond)-lL' eiieme
Diamètre antcro-postérieur de la tête supérieure
/</. . . . transversc y compris les tubêrositês
OklCItROPL.
Id, de la tête inférieure d'un condyle à l'autre
Ijargeur de la poulie articulaire.
Diam. transverse de l'os au-dessous de la cicte delloîdienne.
Longueur du cubitus
Id» ... de son olécràoe. . . .
Largeur de sa tête inférieure. .
Longueur du radius
Largeur de ta tête supérieure. .
Id inférieure. .
Longueur du carpe
i<i. du métacarpien du pouce. • .
id. de l'index. .
Id. du médius. .
Id, de Tannulaire.
id.
du petit doigt.
0,01 5 0,163 O.OÎ9 o,o3a