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jectiâre assez ingénieuse deLeibnitz, d'attribuer au morse (i) la plupart des os et des dents de mammouth de Sibérie : on ^'évitait ainsi la peine de les faire arriver des Indes; mais cette conjecture ne supporte pas le moindre examen, et le premier coup d'œil montre, comme nous l'avons dit^ que ce sont des os d'éléphant. Linnsus n'aurait donc pas dû adopter cette idée , et Gmelin aurait encore moins du la répéter (2) à une époque où la chose était depuis long-temps éclaircie.
L'ivoire du morse est grenu , et sa tranche ne présente que de petites taches serrées et rondes : ceux de l'éléphant, du mammouth et du mastodonte sont réticulés en losange ; avec ce seul caractère on ne sera janonis exposé à les confondre.
Quant à la prétendue tête de morse des environs de Bologne , décrite par Monti (5) , j'ai montré que ce n'est autre chose qu'une
(1) Protogœa, SS XXXIII et XXXIV.
(2) Syst. nat. , art Trichecus rosmams.
(3) De monumento dilaviano, nuper in agro Bolumicnsi detecto^ Bol., 171d| in-4®.
458* PHOQUKS FOSSILES.
mâchoire inférieure de rhinocéros (i); néanitaoins elle a' été citée comme morse fossile fiàr tous les auteurs de minéralogie et de géologie du dix*huitiéitte siècle (2).
S'il y a de vrais morses parmi les fossiles , il qst probable qu'il faudra les chercher , comme les lamantins et les phoques , dans des couches essentiellement marines , et que ce ne sera ni avec les éléphans, ni avec les palaeotheriums, ni même avec les ruminans des couches meubles , que l'on peut espérer de les trouver.
J*ai trouvé encore un témoignage en faveur de réxistence des os de morse à l'état fossile : c'est celui de Georgi^ dans son Histoire naturelle de Russie ^ t. III, p. 591.
Moi-même , d'après un nouvel examen des os trouvés auprès d'Angers, j'y ai reconnu une côte et une vertèbre de morse , et j'en ai eu des fragmens de dents du département des Latides.
(1) Tome III du présent ouvrage^ p. 101.
(2) Wallerius , Linnœus , Gmelin , Walch , etc. , etc.