‹ Recherches Sur Les Ossemens Fossiles (volume 3)Chapitre 57 sur 73 · DES ESPÈCES VIVANTES · texte numérisé non relu

DES ESPÈCES VIVANTES

ARTICLE PREMIER

Des narvals.

§ I. Description de VanimaL

La corne ou plutôt la dent du narval est depuis des siècles un objet de curiosité et de commerce; mais l'animal qui la porte est de-

17a NARVALS

meure pendant long-temps à peu près inconnu. Wormius(i), Rochefort (^2), Jonston (5) , etc. , n'en avaient donné que des figures imaginaires. Il en échoua un dans l'Elbe en 17369 dont Ânderson publia une figure aasa exacte (4); mais les naturalistes ont mieux aimé copier celle que donna Klein , d'après h peau beaucoup trop bourrée de ce même indi* vidu que l'on conservait au cabinet de Dresde; c'est celle qui est répétée partout. Elle diffère tellement de la vérité, que M. le comte de Lacépède en ayant reçu une autre de sir Jo* seph Banks, d'après un individu échoué près de Boston en Angleterre (5), crut devoir en faire une seconde espèce sous le nom de micrO' céphale ; mais il est bien démontré aujourd'hui , par les descriptions et les figures de

(1) Mus. Worm. , p. 282.

(2) Ilist. des Antilles, p. 188, la figui*e supérieure, car Tinférieure est assez exacte.

(3) Hist. nat. Fisc. , pi. XLVIII , fig. 4.

(4) Hist. du Groënl. , t. I , p. 108.

(5) Et non Boston en Amérique; voyez Flemifig) Mém. de la Soc. wernérienne , 1 , 146.

VIVAN8. lyS

MM. Fleming (i) et Sooresby (2), que ce microcéphale est le Trai narpal, et même le seul noival qui soit connu.

Les uns disent qu'il se nomme narval ou ba* Jeine des cadavres parce que les Islandais ima- ^nent qu'il s'en nourrit , les autres parce que ces mêmes Islandais pensent que sa chair est inortelle (3). Si telle est l'étymologie du mot, die n'a aucun fondement, ni dans l'un ni dans l'autre sens. Bartholin nous apprend que l'on en a mangé impunément^ et M. Scoresby nous assure qu'il mange principalement des mollusques , et que l'estomac de ceux qu'il a jDUverts ne contenait que des sèches.

Le narval est à peu prés de la forme d'un dauphin à tête ronde j tel que le glchiceps ou le béluga, et en général, par toute sa structure, cet animal est aux dauphins à peu près ce qu'est le dugong aux lamantins.

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(1) Fleming , loc. cit. , pi. YI.

(1) Scoresby, Account of the artic. régions, I, 486 et soiv. I et II , pi. Xy, fig. 1 et 2.

(3) Barthol. , Centur. IV, Hist. XXIV, p. Î77.

meure pêadant ^ ^^^^ ciroonfiérenœ. U connu. Wor .J^^ i^, sepg«meUe U loogiKnr (5), etc.. ■" ^

imagip

17^ ,if <lûs, daoB le jeune, est giûittt,

tt' '^ de pelitM luslie^ conAuentes pie

^^, etdaits l'adulte, Uauchâtre ou ja>-

^y«, Avec de petites lacjieâ grises ou broMt,

fgntblc'Ji en intensité; elles dimiiiueul surin

^ifii et disparaissent sous le corps. Leâ boEÉ

ikfi nageoires sont aoiràurefi.

U n'a .point de vraie dorsale, mais seule* ment une aràle irrégulière qui ne s'élève que de deux pouces sur deux pieds et plus de tongueui'. $^ pectorales sont courtes et coupées obliquement, e< sa caudale, divisée par une édtaucrure, eu deux lobes terminés, chacun l^éralenjent, par une pointe peu aiguë et non courbée en croissant. Son évent est à rexté' rieur et à l'intérieur le même que celui du dauphin (0 : il a aussi le même larynx;

Sa tête osseuse , counne nous le Terroni,

(1) Voyei-en L» fig. Scomby, Voyage an GroeoL, p.l40etUl.

Se de celle des dauphins plus que autre , si ce n'est qu'elle manque de atérales.

Les inter-maxillaires contiennent chacun une dent dirigée en avant; mais , dans la femelle ^ ces deux dents restent presque toujours ren- ^qaées dans Talvéole, et dans le mâle, il n'en sort ordinairement qu'une des deux , le plus souvent celle du côté gauche , qui se prolonge alors jusqu'à une dimension de neuf ou dix pieds et davantage (i). On voit cependant quelquefois des femelles qui ont une de leurs défenses sortie (2), et des mâles où elles le 9ppt toutes les deux (3). Elles sopt généra-

(1) Voyez un crâne de mâle et un de femelle , dont les alvéoles incisifs sont ouverts , dans les Leçons d'Anat. comp. de sir Everard Home , t. II , pi. XLII. Le premier qui ait parlé de la dent renfermée dans son alvéole est Tîchonius , professeur ^ Copenhague , dan3 sa dissertation intitulée, Monoceros piscis haud monoceros^ Copenk. , 1706.

(2) M. Scoresby en a pris une telle (Voyage au Groënl. ^ 18S2,p. 136).

(3) Anderson a fait connattre, dans son Histoire du Groënl. , trad. fr. > p. 108 , un de ces crânes à deux dentf

176 NARVAtS

lement sillonnées en spirale. On parle , à k vérité , (l'une occasion où l'on en aurait vu de lisses; mais ce n'étaient que de petites denb de six pouces de longueur, c'est-à-dire de œs dents qui avaient avorté dans Talvéole, et dans cet état elles sont toujours lisses (i).

La dent qui reste dans l'alvéole se remplit ,

pris en 1684 ; je le crois le même que j'ai vu en 1811 i Hambourg , dans le cabinet de M. Rœdin^r , et dont la figure a ctc donnée par plusieurs autres auteurs. Ti second , du cabinet de Stuttgart , a été représenté pv Reisel , dans les Epbémérides des Curieux de la NatiiK pour 1700, p. 351 ; et il y en a un troisième dansli collection de M. Froriep , à Weimar, dont f«»u M. Alben a donné la figure dans ses Icônes ad illiistrandam Anal comp. , pi. H et III.

(i) Voyez Sachs, Monocerologia, p. 94, et pi. I, fig.5; et Audcrson , t. II , p. 113. Ce sont ces petites dents lisïCî qui ont donné lieu die faire iftie espèce dite narval endersonien. Sachs en parle d'après des ëcliaiitillons qui avaient été apportés à un négociant de llainhoiirj;. e: Anderson ne fait que rappeler le fait cité par Sachs. La dent représentée par Willoughby, pi. A, 2, ■}-, cstégali?ment une de ces dents de narval ordinaire avortées dai» ralvéole.Willoughby, comme plusieurs de ses devanciers, croyait mal à propos que c'était une dent de fœtus.

VlVANS. 177

et c'est même pour cela qu*clle avorte; l'autre grandit par la raison qu'elle conserve la ca- TÎté de son aïkë ^ et qu'elle y loge , sans l'étrangler^ le noyau pulpeux qui lui fournit des accroissemens.

M. Scoresby (t) nous apprend que la convexité extérieure de la tête du narval varie beaucoup selon que la graisse qui la renfle est plus ou moins abondante , et il est probable que cette observation s'applique à plusieurs dauphins.

Je ne parlerai point ici du monodon spurius ou anarnak de Fabricius^ qui, d'après la description de cet auteur, ne me parait pouvoir être qu'un jeune de Vhjrperoodon ou dauphin à deux dents de Hun ter, ou du moins une espèce très-voisine,

§ II. Ostéologie.

I^ narval présente dans la structure de son crâne ( pi. 223 , fig. 7 ) les caractères des dau-

(1) Account of the arctîc. régions, I, p. 493. vin, 2* ])art. 12

1 78 NARVALS

phins ; mais au lieu d'une multitude de petites dents le long des bords des maxillaires , il n'en a qu'une de chaque côté , dirigée en avant et implantée dans un alvéole commun au maiillairë et à Tinter-maxillaire. Nous avons tu que ces dents observent rarement la symétrie; que presque toujours l'une des deux reste renfermée dans son alvéole, tandis que lautre acquiert dix et douze pieds de long. Cependant il arrive aussi quelquefois qu'elles sortent Tune et l'autre (i).

(1) Il ne manque pas de figures de tt^tes de narrii. mais la plupart sont peu exactes. Voyez Saclis, Monocfr rologia, pi. I et II; Wormiiis , Mus. , p. 283 ; Jonstoa. Hist. nat. Pisc, pi. XLVIII; Th. Bartliolin, do Icicornu, p. 121, etc.

Celles de Campeur lui-même , Cétacos, pi. W|\,X\\ et XXXI, ne sont pas d'après une tcte bien entière.

Everard Home, Lect. on compar. Anat., pi. XLO. fig. 1 et 2. La fîg. 2 est d'un individu où les deux dt'fenses étaient restées dans l'alvéole.

M. Home nomme ces dents cachées des dents de-bit; mais je suppose qu'elles étaient toutes les deux remplifi et que leur accroissement était terminé.

M. Albers donne deux très-bonnes figures du dessoî

viVANs; 1 79

G^est à la tête du béluga (pi. saS , fig. 5 et 6) que celle du narval ressemble le plus, par Tuniformité de sa convexité , par la directioi^ presque rectilîgne des bords de son museau , par deux sillons profonds qui dessinent une demi-ellipse et une longue pointe sur les intermaxillaires au-dessous des narines, et par les pointes que forment ses ptérygoidiens au bord postérieur de ses arrière-narines.

La partie du museau , et surtout des inter-maxillaires , est j^lus élargie que dans les dauphins. Les inter-maxillaires remontent jusque tout près des os du nez. Les trous dont les maxillaires sont percés dans leur partie élargie, et qui tiennent lieu de sous-orbitaires , sont grands et nombreux. L'échancrure qui

et du dessous d'une tête de narval à deux dents (à la vérité très-inëgales) , Icônes ad illiistrandam Anatomcn cômparatanij pi. II et III.

Tétc d'un narval à deux dents égales et longues de sept pieds, péché en 1684, conservée encore à Hambourg chez M. Rœding, donnée par plusieurs naturt^ listes, entre autres Klein, Miss. , Y, pi. III, fig. a, b; Bonnaterre, Encycl. méth., planches de Gétologie , pi. Yi fig. 2 et 3 ; Lacépède, Cétacés , pi. IX, fig. 1«

l8o NARVALS VlVAlfS.

sépare cette partie élargie du museau est petite, et le dessus de Torbite peu saillant. Les os du nez sont fort petits , et la narine gauche, plus petite que l'autre.

Nous n'avons point de squelette entier de narval; mais selon M. Scoresby (i) on y compte sept vertèbres cervicales, douze dorsales et trente-cinq lombaires ou caudales , cinquantequatre en tout. C'est à la quarante-unième qu'elles cessent d'offrir un canal médullaire. Les apophyses épineuses commencent à diminuer sur la trente-quatrième et disparaissent sur la trente-huitième. Les os en Y commencent entre la trentième et la trente-unième, et finissent entre la quarante-deuxième et la quarante-troisième. 11 y a six paires de vraies côtes et six de fausses, toutes assez grêles.

Sachs décrit avec soin, p. 71 et suivantes de sa Monocérologie , et représente, pi. III, les os de l'extrémité antérieure; ils doivent avoir ressemblé beaucoup à ceux du marsouin, si ce n'est que les doigts sont plus égaux , ce à quoi l'on devait s'attendre d'après la rondeur de la nageoire du natval.

(1) Account of iLe arctic. régions, I, 493.

HTPBROODONS VIVAN8. tSt

ARTICLE II

De l'hyperoodon.

§ I. Caractères extérieurs.

Vhj'peroodon ressemble par l'extérieur aux dauphins à bec court , et la structure de sa tête le rapproche à quelques égards du dauphin du Gange et conduit à celle des cachalots.

11 a reçu son nom de M. de Lacépèdci d'après les petites dents dont Baussard assure que son palais était garni dans les individus qu'il a observés; elles ne pouvaient guère être, d'après l'analogie, que des proéminences cornées de la membrane du palais, comme on en voit dans l'échidné, ou peut-être des espèces de vestiges de ces fanons qui deviennent si considérables dans les baleines.

Comme ce cétacé acquiert ftne grande taille, et qu'il n'a que peu ou poinude dents maxillaires, les naturalistes l'ont souvent rangé parmi les baleines; et plusieurs d'entre eux

l8l HYPBROODONS

l'ayant nommé Balœna rostraia, il s'en est (lit une confusion inextricable avec cette autre Balœna rosir ata qui est une vraie baleine da . sous^enre des rorquals;

Dale (i) en décrit et représente un individu femelle de quatorze pieds de long , échoué a Malden dans le comté d'Essex en 1 7 1 7 ^ et Ton en prit en même temps à Bradwell un autre de vingt-un pieds. Dale nomme cette espèce Jlonders^Iieadwhale f ce qui'serait la traduction du mot de bu tzkop f d' après ceux qui croient qu'il signifie tête de pleuronecte. On croit que c'est le même animal qu'a si mal représenté Pbntoppidan (2), sous le nom de baleine à bec d^oiej mais c'est beaucoup plus sûrement le dauphin a deux dents de Ilunter (3), pris dans la Tamise prés du pont de Londres en 1785,

(1) Ilistory and antiquities of Ilarwich and Do vercourt, first coUected by Silas Taylor, — wilL notes aud obseï^ valions rclatin(|r to nalural history, by Samuel Dale. London , 1 730 , in-4P, p. 41 1 .

(2) Hist. nat. of Norway, part. II , p. 108. The^oosebeaked whaltf.

(3) Transact. phil. de 1787, pi. XIX.

viVA^s. i85

qui avait encore deux très-petites dents à la mâchoire inférieure. Hunter reconnaît que son animal est le même que celui de Dale.

Chemnitz en décrit, maisd'une manière très^ incomplète, un individu de vingt-cinq pieds, pris en 1777 à la hauteur du Spitzberg (i), et qui n'avait plus qu'une seule petite dent à la mâchoire inférieure ; il le nomme Balœna rostrata elbutzkopf.

Une mère et un petit échouèrent en septembre 1788 près de Honfleur, et furent décrits et représentés d'une manière fort reconnaissabie, aussi sous le nom de buizkopf^ par un officier de marine nommé Baussard , dans le Journal de Physique, t. XXXIV, p. 201, et p]. 10; mais ce que cet observateur a voulu dire de leur anatomie est, ou étrangement altéré par l'imprimeur, ou entièrement inintelligible. Il y joint cependant, pi. 11, une assez bonne figure de la tête osseuse. La mère avait vingt-trois pieds , et le petit douze. Les figures se rapportent parfaitement à celle de Dale. Il n'y avait aucune dent ni à Tun ni à l'autre individu.

(i) BescliœlUgungeu dcr Gcs. Natuif. fr. , 1. 1 V, p. 1 H3 .

l84 HYPEROODONS

C'est une de ces fif];ures de Baussard que )'on a copiée dans Touvrage de Schrebery pi. 347^ sous le nom de Delphinus edenfulus.

Camper enfin , dans son Ostéologie des Cétacés, p. 78, et pi. i5-i6, décrit et représente en détail une tête osseuse que lui donna un armateur de Saardam : son fils et son éditeur lui attribuent ie nom de Balœna rostrata.

C'est I en effet , la Balœna rostrata de Pennanty Brit. zool., III, p. 4^, mais non pas celui de Fabricius.

Cet hjrperoodon paraît donc plus rare que legramptis , et ne point vivre en grandes sociétés comme le gtobiceps.

Sa taille est de vingt à vingt-cinq pieds; son front est renflé , son bec court et déprimé ; les cornes de son évent sont tournées en arrière. Le corps est brun ou plombé , et le ventre plus pâle. Ses pectorales sont petites, et sa dorsale peu élevée.

Baussard dit (|ue le dedans de fa mâchoire supérieure et le palais étaient garnis de petites pointes dures et aiguës , un peu inégales , qui dans le petit avaient une devii-ligne d'élé^a*

VIVANS. l85

tiofif et qui étaient ;?/z/5 longues et plus fortes dans lit mère. C'est la seule indication que nous ayons d'une particularité de structure dont il importerait beaucoup de constater le véritable caractère. On peut soupçonner, comme nous l'avons dit, que ce sont des vestiges de fanons.

§ II. Ostéologie.

Nous avons vu et dessiné au Muséum des Chirurgiens à Londres le squelette de cet animal fait du temps de Ilunter, et à Kleinlankum près de Franeker, chez feu Adrien Camper, la tête osseuse décrite par Camper le père. Ces deux pièces ressemblent entièrement à la figure de crâne donnée par Baussard .

Cette tète, pi. 225, (ig. 19, :2oet :2i, sort tout-à-fait des formes propres au genre des dauphins, et mériterait à elle seule de faire placer Tanimal dans un genre particulier.

Les maxillaires a^ a, pointus en avant, élargis vers la base du museau ^ élèvent de chacun de leurs bords latéraux une grande

l86 HYPBROODONS

crête verticale 9 arrondie dans le haut^ a', descendant obliquement en avant et plus rapidement en arrière I où elle retombe à peu près au-dessus de Fapophyse post-orbitaire, en a' . Plus en arrière encore ce maxillaire, continuant de couvrir le frontal , remonte verticalement avec lui et avec roccipital, pour former sur le derrière de la tète une crête occipitale transverse, a"' ^ très-élcTee et très-épaisse. En sorte que sur la tête de cet animal il y a trois de ces grandes crêtes : la crête occipitale en arrière, et les deui crêtes maxillaires sur les côtés, qui sont séparées de la première par une large et profonde échancrure. Elles le sont l'une de Tautre par toute la largeur de la tête , car elles ne se rapprochent point en dessus et ne forment point de voûte comme dans le dauphin do Gange , mais simplement des espèces de murs latéraux.

Lesinter-maxillaires, h^ placés commeàToTdinaire entre les maxillaires, remontent avec eux jusqu'aux narines, et passant a coté d'elles s'élèvent au-dessus, en V ^ en sorte qu'ils prennent aussi part à la formation de la crête por térieure élevée sur l'occiput. Les deux os do nez, c, c, fort inégaux ainsi que les narines

sont placés à la face antérieure de cette crête occipitale et s'élèvent jusqu'à son sommet.

Du reste , les connexions des os sont à peu près les mêmes que dans les dauphins.

L'apophyse zygomatique du temporal, f\ est épaisse sans être aussi longue que dans lé dauphin du Gange ; l'orbite est aussi large que dans les dauphins ordinaires, et borné de même en dessous par une tige grêle donnée par le jugal.

Les pariétaux ne se montrent que très*peu dans la fosse temporale, qui elle-même est peu étendue en hauteur.

En dessous , fîg. 19, le palais est un peu en carène, ce qui pourrait indiquer un rap[Srochement avec les baleines.

Il n'a point les sillons latéraux du dauphin vulgaire.

Les ptérygoïdiens, g^ g^ occupent une trèsgrande longueur aux arrière - narines , et diminuent beaucoup la part qu'y prennent en avant d'eux les palatins, // A.

Le vomer se montre à deux endroits de la

l88 HYPEROOCONS VI VANS.

face inférieure I /, /, entre les ptérygoidiens H les palatins, et entre les naasiilaires et les inter-maxillaires.

L'occiput, fig. 21 ; est plus haut que large.

La mâchoire inférieure, fig. 2a , n'a passa symphyse plus longue qu'aux espèces ordinaires de dauphins (i).

Le squelette à!hjrperoodon conservé au Muséum des Chirurgiens de Londres est long de vingt-un pieds, et cependant les épiphyses sont encore séparées à tous les os.

Il y a sept vertèbres cervicales , toutes soudées ensemble; trente-huit autres vertèbres dont neuf portent des côtes; à la vin(;t« deuxième comii^ncent les os en Y qui caractérisent les premières caudales , en sorte que Ton peut compter dix -sept vertèbres à la queue. Il y a six de ces os en V; et les apophyses épineuses supérieures cessent sur la neuvième caudale. Les cinq premières côtes seulement s'articulent au sternum , et il n'y a que quatre

(1) Fig. de tète d'hyperoodon. Baussard, Journ. de Phys., mars 1789, figure trop peu détaillée; Camper, Cétacés, pi. XIII , XIV, XY et XYI , très-bonnes.

CACHALOTS VI VANS. iÔQ

fausses côtes de chaque côté. Le sternum se compose de trois os : le premier carréi échancré en avant et en arrière ; le second aussi carré et échancré en avant; le troisième obloDg et échancré en arrière.

L'omoplate de Thyperoodon^ pL asS, fig. aS, a le bord spinal plus étendu à proportion et plus rectiligne que dans les dauphins , l'angle antérieur plus aigu , Tacromion dirigé un peu vers le bas , et la pointe coracoïde un peu en sens contraire. Les os du bras et de l'avantbras sont un peu moins raccourcis que dans les dauphins. La main est presque arrondie, mais il serait possible que les phalanges n'eussent pas été bien montées.

ARTICLE m.

Des cachalots

§ L Récapitulation des caractères indiqués pour leurs espèces; incertitude de ces caràttères*

Le grand cétacé à mâchoire inférieure dentée, qui fournit le sperma-ceti et Tambre gris,

tgO CACHALOTS

a été, dit-on^ nommé cachalot par les Basques, du Tùot cachait , qui dans leur langue veut dire dent.

Nous avons vu que c'était probablement Yot'ca des Latins. C'était peut-être aussi ce grand phjrseter dont parle Pline , qui , dans h nier dés Gaules, élevait ses jets d*eau aodessus des voiles des navires (i); et cependant je ne vois pas qu'aucun ancien ait connu ni le sperma-ceti ni Tambre gris.

Mais les auteurs du moyen âge ont bien connu l'une et l'autre de ces productions, ainsi que la taille énorme de l'animal qui la fournit.

Albert , au mot cétus , indique fort distinctement le blanc de baleine ou l'huile qui sortit de la tête de deux de ces animaux échoués de son temps ; l'un en Frise , l'autre auprès d'Utrecht. Quant à l'ambre , il croyait, ainsi que Vincent de Beauvais , que c'était la semence.

Les Italiens nomment depuis long-temps cet animal capodogUo ou capidogUo, sans doute i

(1) Plin. 9 lib* IX, cap. iv.

VI VANS. îQt

cause de cet énorme réceptable de sperma-ceti qui occupe la plus grande partie de sa tête et qui est liquide dans l'animal vivant. On peut s'en assurer i)ar la description que donne Paul Jove de celui qui échoua de son temps dans les environs de Gorneto(i).

Les Espagnols (2) et les Languedociens (5) le nomment peis mular, à cause de la grandeur du membre du mâle qu'ils ont comparé à celui d'un mulet ; et les Hollandais et les Allemands potl'fiscli on poU'Wa/Jisch, à ce qu'on croit, parce que de loin sa tête a l'apparence d'une marmite renversée (4).

Son histoire a été réellement embrouillée; on a confondu avec lui des êtres si différens, on en a si gratuitement multiplié les espèces, que je me vois obligé , pour arriver à quelque

(1) Dei Pesci Romani , p. m. 22 ; voyez aussi Ranzani, Elementi di Zoologia, t. II , part. III, p. 696 , note.

(2) Nieremberg , Hist. nat. Peregr. , lib. XI 9 cap. Lxii, p. 265.

(3) Rondelet, de Piscib., p. 485.

(4) Adelung au mot pott^fisch.

I()à CACHALOTS

précision à son sujet, de reprendre chronologiquenient tout ce qu'en ont dit les natnrtlistes.

Les pères de l'ichthyologie moderne , Bél<m et Rondelet , ne paraissent ni l'avoir vu ni s'eB être fait d'idée distincte.

Bélon (i) confond le capidoglio avec la htleinCf et donne pour l'être irnag^inaire résultant de cette confusion une figure qui ne représente qu'un dauphin très-renflé.

Rondelet , qui donne de ia baleine deux £• gures très-fausses (2), en distingue le ^1 mular ou capidoglio y qu'il dit être le physeter des anciens et s'appeler en français senedetle^ et dont il décrit fort bien le sperman^eti ; mais la figure qu'il en donne n'est pas moins fausse que celle de la baleine, et porte, entre autres erreurs, de grandes dents aux deux mâehoi- ' res (3). Ni l'un ni l'autre ne parle du nom de cachalot.

(1) De Aquatil. , p. 4 et 6.

(2) DePiscib.,p. 476et482.

(3) De Piscib. , p. 485.

VlVANg. tgS

Gesner n'ajoute rien à ce qu'avaient dit ces deux premiers ichthyologistes , à moins qu'on ne veuille croire que son grand cétacé britannique y p. 2 1 2 ^ échoué à Teignmouth en 1 53a , ne soit un cachalot auquel le dessinateur aura ajouté par ignorance des dents à la mâchoire supérieure et des ongles aux pectorales.

Il en échoua un de cinquante-huit pieds de long en iSyy, dans TEscaut, près d'Anvers, dont Âmbroise Paré , dans le XXV livre de ses OËuvresy donne une figure très-fautive pour la nageoire du dos , mais du reste assez reconnaissable. Elle est copiée dans Aldro*vande (de Piscib., p. 682) et ailleurs.

Le premier auteur, à notre connaissance, qui en ait donné une figure et une description, incomplètes à la vérité, mais du moins exemples d'erreur dans ce qu'elles font connaître , est Clusius, en i6o5. Il en avait vu un individu long de cinquante- trois pieds échoué en i5g8 a Berchey sur la côte de Hollande, entre Schevelingen et Catwyck, et un autre à Beverwyck en i6oi-

Il ne dit rien de la dorsale, et place Tévent m capite versus dorsumj ce qu'ensuite on a expliqué in ce/vice, et ce qui a causé des confusions, vifi, 2«paf€. 13

194 CAClIAtOTS

Sa figure n'éclaircit pas ces deux circonstances, parce qu'elle représente ranimai du cot^ dn ventre.

Jonston (Fisc. , pL XLI, %• i , etXLU) donae deux très-bonnes figures de cachalot, miû placées camme celle de Clusius, de sorte que rpn n'y voit pas non plus l'évent ni la dorsale.

Personne ne songeait à faire de ces dÎTers animaux des espèces différentes , et Rai luinéme, en i685y n'en figurait qu'une lorsqu'il publia richthyologie de Willoughby, et n'en comptait qu'une dans son Synopsis Pis^ ciwn^ lorsqu'il reçut la Fhalœnologie de Sibbald, où il trouva l'indication de quatre cétacés dentés à la mâchoire inférieure seulement (i). Sibbald, en effets dans ce livre in^primé en 1693^ après avoir cité le cacludot ^e ^Clusius i en décrit un échoué dans le golfe de Forth en 1689^ qui avait quarante«deui ^ej;ijts ^alciformes (2) et une arête longitadi-

(1) Bai y Syn. method. Piscium 1 p. II. Cet ouvrage poithume a paru en 1713.

(2) y^ici les terme» de Sibbtld : « ]>eiites Aï y fonni

nale au lieu de nageoire le long du dos , et un troisième pris dans les Orcades en 1687^ qui avait des dent| usées au bout (i) et une nageoire élevée sur le dos. Il en décrit aussi un petite long au plus de vingt-quatre pieds ^ qui manque de dorsale et a la tête ronde.

Mais je ne vois rien dans celui de Fortih'qui diffère de celui de Clusius ; et quant à èëhii des Orcades^ outre que Sibbald ne dit pas l'avoir vu lui-même , rien ne prouve dans sa description que ce ne soit pas un vieux globiceps ou quelque autre grand dauphin qui aurait perdu «es dents supérieures; enfin , toutes les apparences sont que ce petit à tête ronde et sans dorsale n'est que le béluga.

Théodore llasa^us^ savant théologien de*

M omnes falcis qua in segete deinetenda utimur, rotuiidai « et parum compressa ^ in medio crassiore et œagiftarte cuata , et sensim de crassitie rémittente , superius in M conum acutum intus versum desinente , inferius etiam tt de crassitie perdente et in radicem tenuiorein et quam K in medio angustiorem finiente. »

(1) « In mandibulà inferiore dentés habet niiniiB in- «t flexoB et in planum desîncntes. » Voyez Rai 9 leç, çiU t p. 16.

|g6 tACH\l.ot^

Brème, qui a fait plusieurs dissertations sur des animaux de rÊcriture sainte^ et qui prétendait que le leviatan était un cachalot , a décrit, en 1723, dans sa disseftation sur le leviatan de Job et la baleine de Jonas , un animal de ce genre , sur le rapport de pêcheurs de Brème qui Tavaient pris par les 77 degrés de latitude nord, long de soixantedix^ pieds , à très-grande tête , à mâchoire inférieure portant cinquante-deux dents pointues sur une longueur de seize pieds , avec une bosse sur le dos et une autre près de la queue , qui ressemblait à une nageoire ; mais d'après l'observation faite sur diver%dauphinSy cette disposition y que personne n'a revue, pourrait avoir été accidentelle^ et alors cet animal n'aurait diflëré en rien du cachalot vulgaire.

En 1725, dans le n° 587 des Transactions, Dudley donne une description abrégée de l'animal du sperma-ceti^ mais sans prétendre le caractériser ni le différencier du cachalot ordinaire. Cependant on a aussi voulu faire de son animal une espèce particulière.

En 1735, dans le troisième volume des j^eia Naturœ curiosorum , Bayer donne une figure

faite par un inconnu, et anciennement commu-' niquée par Vallisneri , d'un cétacé échoué près de Villefranche en 1726 , et qui a quatorze dents de chaque coté en bas , un évent sur la racine du museau et une petite nageoire pointue sur le dos; il le trouve semblable au mular de Nieremberg , et c'est sur un pareil renseignement que l'on a cru pouvoir établir une espèce.

En 1741 il en échoua un de quarante- neuf pieds de long dans l'Adour, près de Bayonne, dont on donna une description dans l'Histoire de l'Académie des Sciences pour cette annéelà y p. 36. Nous avons au Muséum le dessin original d'après lequel cette description a été faite. On ne lui compte que dix-huit dents de chaque côté.

En 17461 Anderson, qui n'en a vu aucun, prétend cependant aussi en faire quatre espèces, mais il les empi^nte manifestement des quatre de Sibbald.

Il parle d'abord (i) de celle qu'il considère comme la plus commune, comme celle de

(1) Hist. nat. de l'Isi. et du Groënl., trad. fr. , II, 132.

Clusius , d'après un individu qui échoua dans i^lbeen 1720, et que des paysans dépecèrent à Vischhaven , près de Stade. Il était long de soixante à soixante-dix pieds , et ressemblait à la figure de Jonston. Il avait vingt-cinq dents de chaque côté^ dont Anderson eut deux f longues de sept et de huit pouces^ et larges et îrrégulières dans le haut. La nageoire caudale avait seize pieds d'une pointe à l'autre.

n fait sa seconde espèce de celui de Hasa?as.

Quant à sa troisième espèce^ Anderson (1) y place d'abord ceux qui échouèrent, au nombre de dix-sept , en lysS^ sur les bords de l'Elbe, près de Ritzebuttel , et dont il parle d'après un rapport d'un sénateur de Hambourg. Ils avaient de quarante à soixante-dix pieds de long. Leurs dents étaient au nombre de quarante-deux, longues de huit pouces sur sept de tour, arquées; celles de derrière avaient plusieurs pointes , et Anderson les compai^c à des molaires; mais il dit qu'on les lui avait apportées et non pas qu'il les avait vues en situation.

(1) Loc.ôt. ,11, 142.

viVANS. igg

En même temps il suppose qu'Ut aTnient des dents en haut et que les autres cachalots en ont aussi , ce qui est loin d'être prouvé.

Il rapporte également à cette troisième es* pèce un cachalot échoué en 17 38 dans le dis* trict d'Eiderstadt , qui avait cinquante^une dents recourbées, et sur le dos, vers la queue, une bosse de quatre pieds de long sur un pied et demi de large (i).

Il en donne la figure (pi. de la p. 168) telle^ dit-il^ qu'on la lui avait envoyée, mais trèsgrossière et faite par quelque pêcheur, où la bosse prétendue ne parait pas et où l'évent est sur le milieu du museau, ciroonstantie à peu près pareille à celle qu'indique la figure faite à Nice , et qui serait remarquable si elle «tait réelle , mais dont il n'est pas dit un mot dans le texte.

C'est cette figure qui est recopiée , mais en y ajoutant une bosse qui n'est pas dans l'original, dans Bonnaterre(Cétologie, pi. VII, fig. i), et d'après lui dans l'Hist. nat. des Cétacés,

(1) Loc. ch. , II, 147.

pi. IX , fig. 3^ SOUS les noms de cachalot et de physale cylindrique (i).

Enfin 9 Andersen déclare lui-même que sa quatrième espèce est le wefssfisch ou béluga; mais il veut la distinguer de la petite espèce de Sibbaldy parce que Sibbald donne à celle*» des narines indépendantes de Té vent, ceqai est évidemment une erreur du naturaliste écossais.

A cette époque avaient commencé à reparaître les nomenclateurs qui , à l'exemple de Rai^ travaillaient par voie de compilation.

En lySS, Artedi fait deux catodons ou espèces sans dorsale y et deux physeters ou espèces à dorsales ; mais il définit ses catodons tout à rebours de ses citations : il place sous la première espèce {calodon fistiila in rr)stro) le petit cacbalot de Sibbald ou le béluga ^ qui a bien sûrement fislulam in vertice\ et sous la seconde {calodon Jistula in ce f vice) il met le ca-

(1) Elle l'est aussi sous le nom pm- et simple de r/ichalot dans l'IIist. des Pèches , traduite du hollandais par Bernard de Reste.

chalot ordinaire y celui de Clusius, qui Tarn rostro.

Ses ûexïx phjseters sont le deuxième de Sibbald pris dans le golfe de Forth en 1689^ et que nous avons déjà vu ne point différer du cachalot vulgaire , et le troisième du même Sibbald ou celui des Orcades , à dorsale élevée , et que je crois le globiceps ou le grampus. Il ne fait donc que répéter Sibbald, en y ajoutant des erreurs d'inadvertance.

En 1756 ^ Brisson fait tout d'un coup sept espèces de cachalot :

Le commun , qu'il définit toujours y?5/i//a in cervicCy ce qui est une erreur; le blanc, qui est le weissjisch de Martens^ d'Ânderson, ou le delphinaptère béluga j celui de Dudley, qu'il nomme de la Nouvelle-Angleterre, et qu'il déduit Jistula in cervice, dorso gibboso, ce qui fait un double emploi manifeste, puisque Dudley n'avait prétendu décrire que le cachalot commun ; le petit de Sibbald et d'Artedi , qui est encore le weissfisch , comme nous l'avons vu, et qui fait par conséquent un autre double emploi; \e cachalot à dents pointues, qui est la deuxième espèce d'Anderson (le cachalot d'Eiderstadt); le cachalot à dents en faucilles, qui

a02 CACHALOTS

est la deuxième espèce de Sibbald ( ou le ca« chalot du Forth ) , et la troisième d'Anderson (celui de Ritzebuttel); enfin le cacha/otàdents plaies y qui est la troisième espèce de Sibbald ou celui des Orcades à haute dorsale , et qoe Brisson prétend ^ sans dire pourquoi , être le mular de Nierembei^ : j'ai déjà dit que je k crois un globiceps ou un hutzkopf.

Ce n'est, comme on voit, que Sibbald aree addition de trois espèces tirées d'Anderson et de Dudley, mais dont deux au moins, la blanche et celle de Dudley, font évidemment double emploi.

Linnxus, qui dans sa Fauna siiecica n'avait placé que Je deuxième catodon d'Artedi, qui .serait l'espèce de Clusius, en lySSet en 1766, dans son S/stema, forme son genre phjseier des quatre espèces mises dans deux genres par Artedi , nommant les deux catodons Phjseter catodon et macrocephalus, et les deux physôters, Phjrseter mtcrops et tursioj ce qui, comme on voit, n'est, ainsi qu'Artedi lui-même, qu'une répétition de Sibbald.

En 1769, on voit dans la Zoologie britannique dePennant, t. III, pi. :2, p. 44, la figure

d'un cachalot qu'il nomme à grosse tête (bfunt headed) y pris aBlythsanden 1763^ long de cinquante-quatre pieds, avec dix-huit dents de chaque côté, arquées en dehors, longues de huit pouces. Celte figure est copiée avec des rectifications d'une mauvaise gravure publiée dans le temps par William Bingham, et qui était si peu exacte qu'il y avait fallu changer la direction de la queue. Il y a une bosse sur le dos.

Ensuite Pennant marque comme distincts un cachalot a grande tête y ou microps de Linnxus, qui serait la deuxième espèce de Sibbald; un cachalot à tête ronde qu'il croit le catodouy et qui n'aurait point de dorsale : ce serait le petit cachalot de Sibbald, qui ne peut être que le béluga; enfin un cachalot à haute dorsale ou la troisième espèce de Sibbald, c'est-à-dire probablement le globiceps ou le butzkopf. Ainsi au fond il répète encore Sibbald.

En 1770, James Robertson (1) a donné la figure , en apparence fort bien faite, d'un ca-

(1) Trans. pliil. , vol. LX, p. 321 , n« XXVII.

chalot échoué en 1769 sur l'île de Cramond, dans le golfe de Forth, non loin deLeith^ct long de cinquante-quatre pieds , qu'il regirde comme le même que le blnnt headed de Peinant. Sa tête est gi^nde, renflée au bouta museau. 11 y avait vingt-trois dents de chaque côté, longues de deux pouces (sans doute i prendre de la gencive ) et arquées un peu eo dedans. On voit aussi sur le dos une nageoire peu élevée. L^uteur veut y voir XePhjseiercBr todon de Linnœus.

Cette figure est recopiée par Bonnalerre (Cétologie, pi. Vlll, fig. i) et par M. deLacéiiède (pi. X, fig. 2) sous le nom de trumpo ^ que les cachalots portent aux Bermudes , selon Parchass; mais j'avoue que je ne vois dans cet individu, non plus que dans celui de Pennaut, aucun caractère qui les distingue du cachalot vulgaire d'une manière positive.

En 1780, Fabricius me fournit une trèsbonne description du grand cachalot y du cnr chalot vulgaire f qu'il a vu, description qui répond bien à toutes les autres , et où il ajoute une particularité intéressante relative aux dents supérieures; mais ensliite, avecsa manie ordinaire de retrouver les espèces dont il est

i>arié ailleurs, il établit un fvêteudn câtodon , dont il n*a vu que des dents usées obliquement au bout y qui pouvaient très-bien venir de l'epaulard, et un prétendu microps, dont il n'a vu que la mâchoire inférieure , et qui , d'après sa description ^ doit être le globiceps.

En 1788^ Gmelin ajoute sous le macroce^ phalus ou cachalot vulgaire , comme simple variété , le we/ssfisch de Martens et d'Egède , ou le béluga , qui a déjà paru dans son livre comme catodon, et qui y reparaît un peu plus loin comme Delphinus albicans.

En 1789, Bonnaterre établit un marror?e^A/7/e auquel il rapporte les individus échoués à Audierne en 1784 ^ dont nous parlerons et dont il donne une fi{jurc et les dimensions; mais il définit ce macrocéphale autrement que Linnœus et qu'Artedi , pinna spuria in dorso , den^ tiens inflexisj apice acuiiusculoj un petit qu'il appelle en latin calodon , et auljuel il donne subitement pinnam aspeianv in dorso ^ tandis que tous les autres le font dorso impinni; il le croit le svineval des Norvégiens , et fait'graver sous ce nom une tête osseuse de vieux globi-cepSf en sorte qu'à son égard il brouille tout ce que donnaient les synonymes précédens;

SoB' CACHALOTS

un frumpo ([ai est celui de Dudley, tandis qtie Dudiey assure lui-même ne décrire que l'cipèce ordinaire, et à ce catlialot de Dudlej i\ rapporte l'individu échoué à BayoDoe en 1741 et l'individu de IIas?cus; un cachalot cjlin' drùjue, qui est le cachalot d'Eiderstadt figaré AildersoD, mais qu'Andersoa lut-mêiitt à 11 1 eus; un inicropi, qu'S

o c ui de Linnfeus, mais

>. u'j liricius, et qui serait

I 1 jhmusg/obiceps ouioxa

otit, tM.»H uii ''à haute dorsalct '4i

lême que celui oe ». .sson , le même que le [ Unisième de Sibbald ou celui des Orcades, le même que le Physeter lursio de LinnSËUG^ et par conséquent encore un globiceps ou ud grampus.

Ce qui est admirable, c'est qu'il donne tout cpt échafaudaj^e fantastique comme aussi ce^ tain que s'il avait vu et comparé tous ces aDimaux.

En 1804, M. de Lacépède divise les espèces établies par ses prédécesseurs en trois genres, dont deux manquent de dorsale , savoir .- les cachalots, qui ont les éveos au.b'out du ma* seaii; \k%' pkjsales , qai ôiit lés êveiis sur lé

museau i et le troisième , celui des physeters , qui est muni d'une dorsale et porte les évens au bout du museau.

Parmi ses cachalots, il y en a trois qui ont des éminences sur le dos , savoir : le macro^ céphale , qui est Tordinaire , et dont il donne la figure d'après un* des individus d'Âudierne; le tninipo, qui réunirait ceux de Dudley, de Fennant et de Robertson; le svineval^ qu'il Bomme catodon comme Bonnaterre^ et auquel il attribue de même la tête osseuse du globicepsj un quatrième , qui n'a pas d*éminence sur le dos , est le cachalot blancliâtre , c'est-à-dire le béluga.

Il ne donne qu'un phjsale , qui est le cachalot cylindrique deBonnaterre, c'est-à-dire l'individu d'Ëiderstadt , figuré parÂnderson, ou la deuxième espèce de ce dernier auteur; mais il compte trois phjselers^ savoir : le //i/crops de Bonnaterre ou le cachalot du Forth de Sibbald ; Voiithodon , qui est le deuxième d'Anderson , que nous venons de voir pa-raître comme physale cylindrique; et le mular ou tursio, ou l'espèce des Orcades de Sibbald , que nous avoiu^u devoir être un grampus ou un globiceps. ^

fto8 OACHAtOTS

Depuis \ovè M. de Lacépède a indiqué (Mém« du Mus. y IVy ^70), d'après des dessins faitsao Japon, un phjseter qu'il nomme sillonné^ parce qu'il aurait la gorge ridée par des sillons comme les rorquals.

Enfin il y a dans Schreber , pi. SSg, une figure dont lorigine n'est pas indiquée, et qui est donnée pour le Phjrseïer microps. Bechstein l'a copiée (Hist. nat. d'Âllem.,1, pi. XX 9 fig. s) ; mais, d'après la forme de si mâchoire inférieure, elle me semble plutôt celle de quelque grand dauphin qui avait perdu ses dents supérieures.

Ne sera-^e pas maintenant une grande té^ mérité, à moi, après avoir exposé les idées de tant de savans hommes, de prétendre qu'il n'y a encore aujourd'hui qu'une seule espèce de cachalot qui puisse être considérée comme vraiment connue, je veux dire le cachalot vulgaire, Tanimal du sperma-ceti ?

Et cependant lorsqu'on a^fait justice des mauvaises combinaisons de synonymes et des doubles emplois, lorsqu'on a éliminé le^ luga et le gratupus ou leglobiceps , conromli)» mal à propos dans ce genre ^u|ue reste-t-ii,

^inon des cétacés de très-graiiK taille , à lct6

énorme I en grande pariie remplie deipernuH cetjj^à dents coniques plus ou moins arquées^ plus ou moins émoussées , au nombre de quarante à cinquante environ, mais le plus sou-« Tent très-mal comptées,, dont le dos est muni d'une proéminence peu saillante , que les uns ont appelée nageoire, les autres arête longi-* tudinale , et les autres bosse ou tubercule , et que quelques autres, comme Clusius, n*ont pas vue du tout , parce qu'ils n'ont observé qu'un animal échoué sur le dos et que Ton ne retourne pas aisément un cadavre de soixante ou soixante-dix pieds de long sur vingt pieds d'épaisseur ? A peine est-il sur le rivage que la populace accourt et le dépèce ; heureux si le naturaliste en trouve encore quelques os intacts.

Si Ton avait pu s'attendre à trouver des caractères distinctifs énoncés avec précision , c'est dans la comparaison que fait Camper de la tête de l'un des cachalots échoués à Audierne en 1784 et conservée dans notre Muséum ^ avec celle que l'on conserve dans le chœur de l'église de Schevelingen , village de la côte de Hollande près de La Haye, et qui provient peut-être du cachalot de Clusîus; mais il est sensible que ce crâne de Schevc-

VIII, 2* part. 14

%tX$ CAtflAMTS

Kngênaété tmrtilé; que l'on a emponém»aeWletaêint le jugal comme dans le nàlït, nMfo tente la partie orbitaire du ftont*!; (|M Fon a cassé également une partie de k efîk eccipitale , et que dans tout ee qui reste entier il Wy a pas de ^fiërence.

J'ai adieté àLondres^ en iS^S, pow nota Muséum , le squelette presque entier d'an » dialot de cinquante çt quelques pieds de loin gueur, dont la tête* ressemble , à quelques différences près dans ses proportions, à odk d'Audierne que nous possédions depuis longtemps; nous avions aussi quelques antres parties de ce dernier indi^du, et c'est d'après ces pièces que je donnerai Tosteologie de cet animal.

Quant à son extérieur, il parait , d'après ce qu'il y a de plus audientique dans les rapports que Ton en a, que c'est un des plus grands etlacés, qu'il atteint soixante-dix à quatre-vingà pieds de longueur, que sa tête est très-grande, très-grosse, et que Ton n'a pas beaucoup exagéré sa longueur en disant qu'elle fait le tiers du total; que son museau est très-obtus et comme tronqué; que son étroite mâchoire inférieure est reçue entre les lèvres sapé-

tlVAM. ait

rieures eomme dans un sillon ; que tè^ detAi entrent , quand sa gueule est fermée , dani des trous des bords du palais ( quelqué&-unA pensent même qu'il y a dans ou entre cet ttmis d'antres petites dents qui ne restent pas dans le squelette ) ; que son évent est suf Textrémité de son museau; que ses pe^itcVndes sont petites et obtuses ; qu'il a Une dorsale très-peu saillante vers l'arrière du dos^ qiielquef<HB sréduite à une protubérance , oÀ à deux ou trois; que sa caudale^ fbrt large, est échancrée feiu milieu et pointue de ehaqiJe côté; que ses yeux 'sont nôn-seulement fbi^ petits f mais inégaux , et même qu'il ne ^t pas de l'œil gauche; que sa couleur est en dessus d'un gris plus ou moins noirâtre et quelquefois verdâtre, et en dessous blanchâtre ainsi qu'autour des yeux ; que l'immense concavité du dessus de son crâne , recouverte par une voûte simplement cartilagineuse ou tendineuse , est divisée intérieurement en concamérations également tendineuses commuAiquant les unes avec les autres , et en cellules remplies d'une huile qui est fluide tant que ranimai est chaud, et qui, en se refroidissant, prend la forme concrète sous laquelle on l'emploie. C'est cette huile à laquelle on donne le nom assez ridicule de sperma-^eiï^

aid CKCHÂiAytê

et qne plus ridiculement encore on a regiN dëe pendant long-^temps comme la cerrdb de l'animal; mais la véritable cervelle nW cupe dans rintérieur du crâne qu'on fort petit espace. Cette substance du spermarttli est répandue aussi le long^ du dos et dam plusieurs parties du corps d'une manière qui n'est pas encore clairement expliquée. Cot dans les intestins de la même espèce que Foi trouve l'ambre gris; mais on n'a point enooie bien fait connaître dans quelle partie du corpi il se forme , ni quelles sont les causes acddentelles de sa formation (i^.

' Ce cachalot vit en grandes troupes, et i moins qu'il n'y ait entre ceux des divers parages des différences qui n'ont point été indiquées^ on doit croire qu'il se trouve dans toutes les mers. Aujourd'hui c'est dans les mers méridionales et des deux côtés de TAmérique que Ton en prend le plus.

Existe-t-il en outre des cachalots à hante

(1) Voyez à ce sujet les infonnations reçues par le conseil privé d'Angleterre et insérées dans les Transactions de 1791 , part. I, et dans le Journ. de Phys. de 1792, t* XL, p. 38t

dorsale ? en existe-t-il dont l'évent soit peroé près du front sur le milieu de la tête? en existe-t-il ou les branches de la mâchoire inférieure ne soient pas réunies sur la plus grande partie de leur longueur en une symphyse cylindrique? Voilà* ce qui reste à chercher, ce qui reste à prouver autrement que paf des figures tracées par des matelots. Ce n'est qu'après que des hommes éclairés auront observé ces êtres avec soin, et en auront déposé les parties osseuses dans des collections où elles puissent être vérifiées par des naturalistes, qu'il sera possible à la critique de les admettre dans le catalogue des ' animaux.

Dans toutes mes recherches je ne suis parvenu à me procurer la connaissance que de deux pièces qui puissent indiqueç^des espèces différentes de celle dont je décris le squelette, mais non pas assez différentes pour croire qu'elles aient offert les caractères dont je viens de parler et qui sont d'une nature presque générique.

La première est une portion de mâchoii*e inférieure rapportée des mers antarctiques par les équipages de M. Daubrée , armateur

âl4 GÀCHJlIiaTS

4e Nantes^ qui a&it dans joes parages pluaîeui expéditions heureuses pour la péehe des baleines. Il ne reste qu'une partie de la sjoh physe depuis le bout antérieur jusqnî h vingtième dent. Nous en représentons Feitrémité^ pi. ^SS^ fig. 8, comparativement avec l'extrémité de celle du cachalot d*Aidierne^ fig. 7. La première est plus pointue; les dents dont elle est armée sont plus grandes ^ plus aiguës y s'écartent davantage; ks deux premières sont sur la même ligne que les autres et presque aussi grandes. Dans b mâchoire d'Audierne^ ces deux premières dents sont placées entre les deux suivante», et beaucoup plus petites (i ).

Cette portion dé mâchoire appartient à un individu plus grand que celle d'Audierne.

Dans la mâchoire inférieure d'Audierne, les vingt premières dents occupent une Iodguenr de 2^320^ et dans celle du cap Ilornde •2^,890.

(1) Cette particularité n'a pas été assez marquée dans les figures de cette même mâchoire données : Bonnaterre, Cytologie, pl, VI, fig. 3; Lacép. , Cétacés , XI, fig. î; Gamper, Cétacés y pi. XXTII.

VIVÀNS. 2X5

Les plus grandes d'Àudierne ont Q1I17 de long sur 0,075 de plus grand diamètre ; dfuui l'autre, 0,148 de long sur o,o8o.

Vers la sixième dent , la première mâchoire a o, 1 1 5 de haut sur o, 180 de large ; la seconde a 0,1 32 de haut sur 0,200.

C'est aux naturalistes à juger si les différences qu'elle présente caractérisent une espèce, ou si elles appartiennent seulement à l'âge ou au sexe; mais je pense qu'ils seront obligés d'ajourner leur décision j usqu'â ce que l'on ait' une tête complète du cachalot antarctique et un bon dessin de l'extérieur des deux animaux.

Ma seconde pièce est une petite demi-Ynâ- ' choire, fig. 9, conservée au Cabinet d'a9§|OT mie, mutilée en arrière, et longue dans ce qui en reste de i,o5o.

La partie qui devait être symphyséeest longue deo,9i8suro,i52dehauten arrière et 0,072 de large; et cette longue symphyse, sans prouver absolument que cet os vient d'un cachalot, le rend du moins vraisemblable, puisqu'aucini dauphin approchant de cette taille n'a sa' mâchoire symphysée sur un aussi long espace.

2ll6 cAciiALcyrs

En admettant des proportions analogfues a celles du cachalot d'Âudierne , dont la mâchoire, sur utie longueur de 4» 1 5o , a sa symphyse de 5fi20, ce petit cachalot aurait eu a mâchoire longue au total de 1 96421. Par des calculs semblables , on trouve que raDimaJ entier aurait été long de 6,276 ou près de vingt pieds.

Ce qui me fait croire que ce n^est pas simplement la mâchoire d'un jeune cachaloi, c'est que les dents non^-seulement sont usm par le bout, mais qu'elles sont pleines , et que leur racine est complète et fermée par en his,

comme dans tous les cétacés adultes.

Mais est-ce la mâchoire de Tune des espèces ou prétendues espèces indiquées par les auteurs? c'est ce qui me parait fort douteux: car, parmi ces espèces y il n'en est point d'aussi petite, si ce n'est le petit cachalot de Sibbald, que toutes les apparences font regarder comme identique avec le béluga.

VIVAHS. 217

§ II. Ostéologie des Cachalots.

i: De la tête.

C'est au dauphin que le cachalot se rapporte le mieux pour Fostéologie de sa tête(i).

Que l'on suppose le crâne d'un dauphin beaucoup rapetissé à proportion ; les bords de son museau très-élargis et relevés de manière

(1) Od voit uo dessin incomplet de tête de cacbalot , Lacép. y Cétacés , pi. XI ; la même tête est donnée par Camper, Céuc^ , pi. XVIII et XIX : les jagaox y manquent. Camper donne aussi , pi. XYII , XX » XXI et XXII y une autre tête , à ce que je crois de la même espèce I mais fort mutilée dans la partie orbitaire.

Nous ayons déjà fait remarquer que la prétendue tête de cachalot swineval donnée par Bonnaterre , Encyd. méthod. , Cétologie , pi. YI , fig. 2 , et copiée , Lacép. , Cétacés y pi. IX , fig. 2 y n'est qu'une tête de globiceps qui avait perdu ses dents , mais nous avons oublié de dire qu'elle avait été gravée plus anciennement par Daubenton (Métii. de TAcad. des Sciences pour 1782 , pi. lY, p. 218) aussi comme une tête de petit cachalot.

âl8 CACHALOTS

à en rendre la face supérieure concave; k partie des maxillaires qui passe sur les frontaux très-étendue, très-relevée par ses bords, formant ainsi une très-grande concavité an fond de laquelle sont perchées les narines osseuses externes; Toccipital s'élevant de même derrière les maxillaires pour les doubler et fiNTiner avec eux une enceinte élevée , qoi n'est, à vrai dire, qu'un extrêoie développe-' ment de la crête occipitale du dauphin, dans la b^se de laquelle les pariétaux sont presque entièrement cachés , et l'on aura une tête de cachalot, telle que nous la représentons pi. 225, fig. I en dessous, fig. 2 en dessus, fig. 3 de profil , fig. 4 obliquement en dessus, et fig. 5 par derrière.

Son immense museau, malgré sa prodigieuse étendue , n'est formé , comme celui dn dauphin, que des maxillaires , a, a, sur les côtés, des inter-maxillaires , b, b, vers la ligne mitoyenne , et du vomer, c , sur cette ligne. Les inter-maxillaires dépassent les autres os pour former la pointe antérieure, i'/ils remontent des deux côtés des narines et des os du nez, et se redressent pour prendre quelque part à la composition de cette espèce de mur qui s'élève perpendiculairement et circulaire-

viYAm. 319

ment ror le derrière de la tète, mais celai di; côté droit s'y porte, en b'\ bien plus haut que celui du côté gauche, b'''; levomcr, c, seippntre entre eux sur une assez grande largeur, surtout dans le (iaut ; il y est creuse sur toute la longueur d*un demi-canal.

Les narines sont percées au pied de cette espèce de muraille dont nous venons de parler, à la racine du vomcr, et entre les parties redressées et montantes des deux in ter-maxillaires , y et J'". Leur direction est oblique de bas en haut et d'arrière en avant. Elles sont excessivement inégales , et celle du côté droit n'a pas le quart de l'ampleur de celle du côté gauche.

Les os du nez, d, d, sont aussi fort inégaux ; fbusdeux remontent entre les inter-maxillaires contre le pied de l'espèce de mur demi-circulaire qui se relève sur la tête , mais ils n'y remontent qu'au niveau de l'inter-maxillaire gauche. Le nasal du côté droit est non-seulement plus large que l'autre , il descend aussi plus bas entre les deux narines , s'articulant sur la racine du vomer, et donnant, de cette partie ^ une crête ir régulière , d, qui se touche un peu obliquement sur la narine gauche.

2^0 CACUALOTS

laquelle , ainsi que nous venqiis de le dire, eit la plus large (i).

Cette direction du vomer et cette ampleur de la narine gauche indiquent une diredioD du canal membraneux des narines et de tout Tappareil des jets d'eau vers le mépie oAté, et expliquent ce fait observé par les marins, que les cachalots lancent toujours la colonne d'eaa vers leur côté gauche (2).

Les maxillaires ne se joignent pas l'un à Tautre au-devant du mur demi-circulaire, et ils y laissent voir entre eux une partie irrégulière et assez considérable du frontal , ej k frontal marche derrière eux, et, se portant de côté, vient former^ comme dans les dauphin^ la partie principale du plafond de rorbite,^'; le maxillaire en forme l'angle antérieur, aïkdevant duquel le bord de ce m^illaire a uoe échancrure profonde; et à sa face supéricurei

(1) Il est bien étonnant que Camper n'ait pas vu lesos du nez du cachalot et en nie l'existence ; voyez sou AuêU des Cctacés , p. 101 .

(2) Voyez Schwediauer, dans le Joum..de Phys. d'octobre 1784, p 286.

Tls^-vis dô 6êtte ëchàtidt*afe I est lé grand trou»/i /; qui tient lien du sous^orbitaire^ mais qu'ici l'on devrait appeler sur-orbitaire.

L'angle postérieur de Torbite est occupé par la pointe de l'apophyse zygomatique du temporal, gj mais elle ne joint pas tout-àfait Tapophyse post-or bi taire du frontal , en sorte que le bord de l'orbite est ouvert à cet endroit.

Le bord inférieur de l'orbite est formé par un jugal, A y gros et cylindrique, dont la partie antérieure se dilate eu une lame oblon* gue qui ferme en partie l'orbite en avant.

La fosse temporale est assez profonde, de forme arrondie , mais n'est point distinguée par une crête du reste de l'occiput; on y aperçoit 'un peu du pariétal , en /, fig. 3 , entre le temf^ral et le frontal.

La partie écailleuse du temporal est peu étendue; sa partie zygomatique est en forme de cône gros et court; allant jusqu'à l'orbite, elle forme seule l'arcade, comme dans les dauphins. L'occipital, kjk^ est vertical, et forme toute la face postérieure de la muraille demicirculaire qui cerne la tête en arrière. Le trou

ft»4

CAQHAtiDT*

Principales diènènéionè des têiéS de cùchaltiU,

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Loncucw de la tête immU l'eitréflûtê du ■iisctajiiM|tt*ia boid pottérienr des oondylM ocdpUiiix. • • • •

M. àm erâtte depwi It bocd pottinev des coodylct ocdpiuax jiuqu'k la paroi puaiMraM de PcfeBC d« oAU dioit

/d. da bec depak feitrteité da mairav jaM|n'aB fond de réchancrara antoirkU tabe da maiillaire.

Largeur de la Ute entre lei orbitei.

/J. du museau entre les échancrarei antorbitaires du maiillaire

Id, du museau ven ion tien eapérienr. .

Diitance entre let troni lOttMNrlMtaircs. . •

Id, entre lei poinlet antérîcaret des mazil' lairea

Id, entre Un partût internet dei bords releTéi du maxillaire

Largeur de rêvent gauche.

/</. de révent droit. . .

Hauteur di> la crête occipitale au*deMus diS \>% «In nez •

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