‹ Recherches Sur Les Ossemens Fossiles (volume 3)Chapitre 68 sur 73 · DE CETTE SEPTIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

DE CETTE SEPTIÈME PARTIE

Je vois encore par des articles de journaux qu'une omoplate énorme et en forme d'éventail a été retirée du lac de Genève, et ce ne peut guère être que celle d'un rorqual.

Feu M. Roussel, professeur d'histoire naturelle à Caen, m'avait eUvoyé autrefois un radius déterré dans les environs de cette ville , et qui montre aussi, tout dépouillé qu'il est de ses épiphyses , les proportions et les formes de celui d'une baleine.

Mais, je lerépète, ces divers morceaux, tout en prouvant de plus en plus l'existence des cétacés parmi les fossiles, ne nous apprennent rien d'assez positif sur les espèces dont ils proviennent pour que nous devions y arrêter nos lecteurs.

Qu'il nous suffise donc de leur rappeler les objets plus déterminés que nous leur avons fait connaître dans les chapitres précédens et le résultat incontestable qui en découle : c'est que les mammifères marins recueillis dans nos couches dont il a été possible de caractériser les espèces ne sont pas moins diffërensde ceux qui habitent nos côtes que les mammifères terrestres fossiles, et même que la plupart de ces cétacés fossiles diffèrent sensiblement de tous

ceux qui ont été obserrés jusqu'à oe jour yîvans dans les différentes mers.

Ainsi notre lamantin des environs d'Angers, non-seulement est d'un genre étranger à nos climats , mais il est d'une espèce différente et des lamantins d'Afrique et d'Amérique, et beaucoup plus eAcoi^ des animaux de la mer des Indes et de la mer Pacifique que l'on avait jusqu'à présent rapprochés des lamantins.

Ainsi le dauphin à longue symphyse déterré par M. de Borda est entièrement inconnu parmi les nombreuses espèces de ce genre décrites par les naturalistes. Le dauphin à museau mince des environs d'Angers, le dauphin à museau large découvert par M. Cortesi en Lombardie, bien que moins éloignés des espèces connues, s'en distinguent toutefois par des caractères d'une nature bien spécifique.

On doit en dire autant du rorqual de Lombardie,qui est dû aussi aux recherches de M. Cortesi.

Mais ce qui passe tout ce que Ton pouvait imaginer, ce sont ces trois ou quatre espèces tellement dissemblables aux autres cétacés,

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que nous avons été obligé d'établir pour elles un genre particulier.

Les ziPHins , comme on Va, vu , ne sont ni tout-à-fait des baleines, ni tout-à-fait des cachalots, ni tout-à-fait des hyperoodons. Us tiennent dans l'ordre des cétacés une place analogue à celle qu'occupent dans l'ordre des pachydermes nos mastodontes , nos palseotheriums , nos anoplotheriumset nos lophiodons, et dans celui des édentés notre mégatherium et notre mégalonyx. Ce sont probablement aussi des restes d'une nature détruite , et dont nous chercherions en vain aujourd'hui les originaux à l'état de vie.

Par là se confirme de plus en plus la proposition à laquelle l'examen des coquilles fossiles avait déjà conduit : c'est que ce ne sont pas seulement les productions de la terre qui ont changé lors des révolutions du globe, mais que la mer elle-même , agent principal de la plupart dé ces révolutions , n'a pas conservé les mêmes habitans;que lorsqu'elle formait dans nos environs ces immenses couches calcaires peuplées de coquilles aujourd'hui presque toutes inconnues, Iqs grands mammifères qu'elle nourrissait n'étaient pas ceux qui

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