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DESCRIPTION DE LA TECHNIQUE

Voici la description détaillée de la méthode que nous proposons pour doser la quantité de perchlorate contenue dans une substance biologique quelconque, méthode que nous avons exposée à la société de chimie biologique au cours de la séance du 2 mars 1937 (15).

Pour fixer les idées, prenons le cas d’un dosage à effectuer dans un organe animal.

1° Broyage et division. — L’organe préleve et pesé est trituré au mortier avec environ le quart de son volume de sable, jusqu’à obtention d’une pâte à peu près homogène.

20 Epuisement. — Le contenu du mortier est additionné d’une petite quantité d’un mélange à parties égales d’acétone anhydre et d’alcool à 95° de façon à

former une bouillie sans grumeaux que l’on transvase dans un becher. Le mortier est rincé avec une petite quantité d’alcool-acétone, et le becher est maintenu à la glacière. Après un séjour de 24 heures, le résidu est essoré à la trompe à vide et soigneusement lavé par plusieurs additions successives de petites quantités d’alcool-acétone.

3° Déchloruration. — La liqueur d’épuisement est légèrement acidifiée à l’acide nitrique et traitée par un excès de nitrate d’argent qui précipite le ClAg. On laisse en contact à froid pendant 24 heures. Le chlorure d’argent se dépose bien et la filtration et les lavages ultérieurs se font dans de bonnes conditions. Le chlorure d’argent est alors séparé par filtration sur un petit filtre sans plis, la solution extractive étant reçue dans le matras devant servir aux opérations ultérieures. 2 ou 3 Cm” d’alcool-acétone rincent en fin de filtration successivement l’Erlenmeyer et le filtre.

4° Evaporation. — Le matras est additionné d’une bille de verre et adapté à un réfrigérant descendant pour récupération du mélange alcool-acétone. L’ébullition douce est maintenue jusqu’à ce qu’un changement de son régime et parfois un peu de mousse indiquent la distillation de la plus grande partie de l’alcool et de l’acétone.

On sépare alors le réfrigérant et on termine l’évaporation sous une hotte en chauffant le matras maintenu avec une pince en bois et agité assez fortement. En opérant ainsi, la mousse se forme mais ne monte pas. Le mélange s’épaissit, la couleur se fonce, puis on observe un départ de vapeurs nitreuses dues à la décomposition du nitrate d’argent en excès; peu après, le mélange commence à charbonner. On arrête alors le chauffage. Le résidu s’enflamme parfois spontanément, mais des essais séparés nous ont montré qu’il n’y a pas de départ de chlore. On laisse refroidir.

5° Réduction. — Le contenu sec et plus cu moins charbonneux du Kjeldahl est additionné de 4 gr. de soufre lavé, exempt de chlore, et de 15 à 20 cm d’acide

sulfurique pur. Le Kjeldahl est adapté à un barboteur

en W garni de 2 ou 3 cem$ d’une solution à 26 % de sulfite de sodium et refroidi par immersion dans l’eau. On chauffe doucement jusqu’à ébullition que l’on maintient alors assez vive pendant 30 minutes environ. Or observe la distillation d’un peu de soufre dans le barboteur, et le départ de gaz sulfureux (il convient à ce sujet d’opérer sous une hotte à fort tirage).

6° Titrage. — Le contenu du barboteur est versé dans un Erlenmeyer, et le tube est rinçé à trois reprises par remplissage de la première boule à l’eau distillée que l’on fait successivement passer dans les autres boules. Le liquide total obtenu est acidifié par 10 em d'acide nitrique à froid, puis additionné d’un volume connu de nitrate d'argent décinormal. On porte à ébullition et on observe un départ de vapeurs nitreuses en même temps que la formation d’un précipité noir. La couleur de ce précipité est due à la présence de sulfure d'argent. Ce sel est attaqué pendant le chauffage et la couleur du précipité passe au blanc (chlorure d’argent). En fin d’opération, après 1 ou 2 minutes d’ébullition, on a un liquide incolore tenant en suspension un précipité blanc de chlorure d’argent plus ou moins abondant, et accessoirement quelques parcelles de soufre ne gênant en rien le titrage, qui est fait de préférence après filtration. Après refroidissement total et addition de quelques gouttes d’une solution d’alun de fer à 10 %, l’excès d’argent est titré par le sulfocyanure d’ammonium décinormal.

Le nombre de cm° obtenu, déduit du nombre de cm$ de liqueur d’argent décinormale mis auparavant, donne le titre de chlore ou de perchlorate évalués en cm décinormaux.

Chaque cm* correspond à 0,01225 g. CIO{Na.

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