CHAPITRE IV
ÉLIMINATION DES PERCHLORATES
Dès 1868, RABUTEAU étudiant l’élimination du perchlorate de potassium et faisant les dosages par voie sèche, observait son passage sans altération dans l’urine, dans la proportion de 85 à 95 % de la quantité administrée (45).
EICHLER, reprenant cette question, établit des bilans d'élimination de l’ion perchlorique montrant d’une part sa rapide élimination et, de l’autre, la forte proportion retrouvée dans l’urine (16).
Nous avons voulu, en appliquant à nos dosages la méthode que nous avons mise au point, étudier la cadence de cette élimination en fonction du temps.
Pour ces recherches, il était tout indiqué d’envisager l'application à l’homme. SABATTINI, en 1887, a en effet établi que les perchlorates étaient moins toxiques que les chlorates (47). Le peu de toxicité de l’ion perchlorique rendait donc ce choix possible, et grâce à lui, il est facile d’obtenir dès lors des émissions d’urine à intervalles réguliers et fixés d’avance par les besoins de la recherche.
Détail! de l’expérimentation
Expérience 1.— Le sujet A absorbe par voie buccale à 14 heures, 0,784 gr. de perchlorate de sodium dissous dans 100 gr. d’eau, après évacuation de la vessie. A 15 heures, soit une heure après, il émet 115 cm° d’urine. À 17 heures, deuxième émission, de 125 cm$. À 19 heures, troisième émission, de 70 cm°. Nous recueillons alors ensemble toutes les émissions successives jusqu’à la
dixième heure, puis ensemble toutes celles du lendemain, puis enfin celles du surlendemain.
Nous dosons alors suivant notre technique, dans chacune des émissions, la quantité de perchlorate contenue, et par le calcul nous obtenons:
1. Les diverses concentrations de l’urine en ion C10{ au cours de l’élimination.