‹ Recherches sur les Perchlorates Propriétés Analytiques et ToxicologiquesChapitre 44 sur 52 · BACTÉRIES · texte numérisé non relu

BACTÉRIES

Pour terminer les recherches toxicologiques d’ordre général que nous avons poursuivies successivement chez les animaux, chez les végétaux supérieurs, chez les champignons, nous avons voulu estimer le comportement du perchlorate de sodium vis-à-vis des bactéries.

Nous référant à la thèse de Doctorat ès-sciences de S. LAMBN (36), nous, faisons observer qu’une étude bactériologique complète de l'influence sur les microorganismes de l’acide perchlorique ou de différents perchlo-

rates devrait comprendre l’établissement pour chacun des produits envisagés de leur « pouvoir antigénétique » et de leur « pouvoir antibiotique ». Cet auteur, en effet, fait remarque que l’action d’un antiseptique sur un microorganisme nous fait observer deux processus : le premier est un arrêt de la multiplication des germes sans destruction de ceux-ci (pouvoir antigénétique), le second est la destruction définitive des germes (pouvoir antibiotique). A ces deux dénominations, proposées par $S. LAMBIN, correspondent les doses antigénétiques et antibiotique, représentant la quantité,minima de substance qui, ajoutée à un litre de bouillon de culture, empêche le développement ou détruit les germes contenus. Or ces doses sont délicates à déterminer et dans la thèse en question, l’auteur rappelle et présente la critique des différentes méthodes suivies jusqu'alors : méthodes des porte-germes, méthode des suspensions, méthode des ensemencements sur milieux nutritifs solides, puis propose à son tour une technique pour déterminer d’une façon très précise et sans objections possibles, les doses antigénétique et antibiotique d’une substance.

En ce qui concerne le perchlorate de sodium, il nous semble plus correct de parler du pouvoir empêchant car les pouvoirs antigénétique et antibiotique s arpliquent plutôt implicitement aux corps doués de pouvoirs antiseptiques, même légers, ce qui ne semble pas le cas du perchlorate de sodium. Nous nous sommes donc contentés d’estimer l’ordre de grandeur de son pouvoir empêchant vis-à-vis de Bacterium Coli et de Staphylococcus pyogenes aureus. Les doses empêchantes, ainsi délimitées, sont d’ailleurs très élevées, de plus, elles semblent n’amener qu'un retard plus ou moins long du développement. Nous avons observé par exemple un retard de huit jours sur les témoins dans des tubes de bouillon ensemencé avec le Staphylocoque et additionné de 10 % de perchlorate de sodium (dose relativement considérable).

Technique suivie. — Nous avons tout d’abord reparti nos milieux de culture dans des tubes contenant chacun 7,5 cm® de bouillon de bœuf peptoné salé, auquel était ajouté 2,5 cm$ d’eau distillée contenant «es quantités variées de perchlorate de sodium afin de réa-

2 60 liser les concentrations voulues. Tous ces tubes soigneusement remués pour assurer l’homogénéité du mélange, ont été bouchés au coton cardé et stérilisés par séjour de 20 minutes à l’autoclave.

Nous sommes partis de souches sur gélose inclinée, soit de Bacterium Coli, soit de Staphylococcus aureus, provenant du laboratoire de bactériologie de la Faculté de Pharmacie de Paris, sur lesquelles nous avons procédé à un premier prélèvement que nous avons ensemencé en bouillon peptoné salé. Après un séjour de 20 heures à l’étuye à 37°, le bouillon de culture nous a servi a ensemencer à l’anse de platine dans des conditions aussi strictement semblables que possible, les différents milieux préalablement préparés, à raison de 3 tubes de chaque dilution, conservant également 3 tubes témoins non ensemencés. Les différents tubes ont été maintenus à l’étuve à 37° et observés chaque jour, en notant leur observation par + ou 0 suivant qu’un trouble du bouillon ou que sa limpidité indiquait un développement ou non des germes.

Les premiers essais, dans le but de délimiter les doses agissantes du perchlorate de sodium, ont été faits sur des dilutions au 1/100, 1/1.000, 1/10.000. Les cultures ont toutes été positives et semblables aux témoins (bouillon non perchloraté) dès les premières observations. Une deuxième série d’essais a donc été faite avec, cette fois, des concentrations plus élevées : bouillon nutritif perchloraté à 25 g., 50 g., 75 g. et 100 g. par litre. Les résultats obtenus sont consignés dans les tableaux suivants, correspondants respectivement au Bacterium Coli (Tableau XIX) et au Staphylococcus aureus (Tableau XX).

Résultats. — Nous observons que les doses empéchantes du perchlorate de sodium sont variables avec les espèces envisagées ; elles sont de toutes façons très élevées et peuvent se situer entre 25 et 30 g. par litre pour Bacterium Coli, et entre 75 et 100 g. pour Staphylococcus aureus.

Bouillon non perchloraté. 5

B. perchl. à 0,1 g. par litre.

1 gg - — 10 g.

(résultats identiques)

B. perchl.

B. perchl.

B. perchl.

B. perchl.

à 25 g. par litre...

à 50 g. par litre...

TABLEAU NIEX Bacterium coli

RO ne CO

à 15 g. par litre...

à 100 g. par litre.. «

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