XII. Pholidophorus ornatus Agass
Vol. 2, Tab. 37, fig. 6 et 7.
Le poisson que je décris sous ce nom ne m'est connu que par un fragment comprenant la partie supérieure du tronc avec la caudale et une portion de la dorsale et de l'anale . Ce qu'il y a de plus frappant dans ce fragment, ce sont les écailles qui sont distinctement plissées et sillonnées dans le sens de leur largeur , et qui , examinées à la loupe , se présentent sous la forme de fig. 7. Leur bord postérieur est dentelé, et ces dentelures correspondent
à des sillons qui ont l'air de rayonner du milieu de Técaille ; le côté antérieur de l'écaillé est muni dun ap|)endice assez proéminent, qui rappelle les écailles de certains Lepidotus. Une autre particularité de notre espèce consiste dans la position très-reculée de la dorsale et de l'anale, (]ni sont toutes deux très-rapprochées de la caudale. Si les autres nageoires étaient rapprochées dans la même proportion , il faudrait admettre que le poisson était très-trapu. En elTet , l'espace entre l'insertion des premiers rayons de l'anale et l'origine de la caudale égale à peine la longueur du plus grand rayon de la caudale. L'espace entre la dorsale et l'origine de la caudale est encore plus court. Or il n'est certainement aucune autre espèce de Pholidophore qui présente de pareils rapports. La caudale elle-même est bien fournie ; elle est. largement échancrée et tous ses rayons sont dichotomés nombre de fois. Les rayons externes sont munis de petits fulcres qui s'étendent jusque près de leur extrémité. Le pédicule de la queue est grêle.
L'original se trouve dans la collection de M. Mantell ; il provient du calcaire de Purbeck.
Xin. Pholidophorus Flesherii Agass.
Vol. 2, Tab. 37, fig. 8.
Je désigne sous ce nom un poisson très-allongé, et qui est presque tout d'une venue depuis la tête jusqu'à la queue. Il n'y a du moins aucune espèce dont la largeur soit si peu variable. La hauteur du corps , à l'endroit le plus large , en avant des ventrales , dépasse à peine celle de la tête ; et la partie du corps qui est la plus rétrécie , à l'origine de la caudale , égale encore plus de la moitié de la plus grande hauteur. La dorsale est très-fournie ; ses principaux rayons sont précédés d'un nombre considérable de plus petits rayons , qui vont en décroissant d'arrière en avant. L'insertion des ventrales n'est pas exactement opposée à celle de la dorsale ; elle est un peu plus reculée. Je ne compte que cinq rayons principaux , fourchus, précédés de cinq petits rayons simples. Les pectorales sont beaucoup plus fournies ; leurs rayons sont aussi plus longs et plus épais; il y en a au moins une douzaine. La caudale, enfin , mérite une attention toute particulière. Au premier coup d'œil , ses deux lobes paraissent égaux, ou du moins le lobe supérieur ne déborde que très-insensiblement le lobe inférieur; mais par le fait, ce dernier est cependant le plus long, attendu que la partie supérieure de la queue, à laquelle s'attache le lobe supérieur, est beaucoup plus avancée. La formule de la caudale est I, 8,7, L Les rayons du lobe inférieur sont non -seulement plus longs , mais aussi plus gros que ceux du lobe supérieur. Les fulcres du lobe supérieur sont nombreux, ils commencent fort avant sur le dos et s'étendent presque tout le long du rayon principal. Tous les rayons sont subdivisés nombre de fois; mais les plus grands le sont proportionnellement moins que ceux du milieu de la nageoire. En revanche , leurs articulations transversales sont plus distinctes.
J'ai représenté sous chacune des nageoires un de ses rayons isolés. C'est au fond le même type, soumis aux variations que commande la position du rayon dans la nageoire. Il est à remarquer que les pectorales et la caudale ont les plus longs ; ceux de la dorsale et des ventrales sont sensiblement plus petits.
Les écailles sont toutes rhomboïdales , avec cette différence , que celles de la partie postérieure du corps sont plus longues que hautes, tandis que celles de la partie antérieure sont sensiblement plus hautes que longues. On aperçoit au milieu de la surface de chaque écaille un petit renflement tuberculeux, qui rappelle un peu les écailles des Acrolepis, de la famille des Sauroïdes. On ne saurait non plus méconnaître dans la physionomie générale de ce poisson une certaine ressemblance avec les Ophiopsis, et je ne serais pas étonné que l'on reconnût par la suite qu'il appartient réellement à ce genre et non pas au genre Pholidophorus; d'ailleurs les dents sont aussi un peu grosses pour un Pholidophorus. Je regrette de n'avoir à ma disposition qu'un dessin de ce poisson ; je n'ai même jamais vu l'original , ensorte que je ne puis me prononcer d'une manière catégorique sur les vraies affinités de ce fossile, La ligne latérale se reconnaît à une série d'écaillés plus foncées , situées au milieu du corps. La têle est bien conservée ; on y reconnaît distinctement plusieurs des pièces operculaires , entre autres l'opercule , qui est grand et arqué , et la mâchoire inférieure , sur laquelle sont implantées les dents. L'œil est petit. Le profil de la tête forme un angle d'environ k^° avec la verticale.
Je ne connais ce poisson que par un dessin que je dois à l'obligeance de M. le D" Buckland. L'original se trouve dans la collection de M. Flesher de Towcester ; il a été trouvé dans une marne schisteuse jaune de l'oolite inférieure, lorsque l'on creusa le tunnel de Blissworth, près de Northampton.