‹ Recherches sur les poissons fossiles (volume 2)Chapitre 147 sur 289 · II. Salirichtuys Mougeoti Agass · texte numérisé non relu

II. Salirichtuys Mougeoti Agass

Vol. 2, Tab. 55«, fig. 12-15.

J'ai appelé, du nom du savant botaniste M. Mougeot, de Bruyères, un fragment de mâchoire inférieure qui a conservé plusieurs de ses dents. La principale différence entre cette espèce et le S. apicalis consiste dans la largeur bien plus considérable de la mâchoire et dans sa forme proporlionnellement bien plus courte (comparez les fig. 12 et 13 avec la fig. 7). La base des dents l'emporte de beaucoup sur la partie émaillée ; celte dernière n'a guère plus du tiers de la hauteur totale dans les dents du milieu de h mâchoire. Il en est un

peu autrement dans les dents antérieures, dont la couronne et la racine sont à-peu-près d'é- 4>ale hauteur.

En voyant cette mâchoire, une question se présente naturellement, c'est celle de savoir si toute la partie que nous avons appelée racine, et qui est distinctement séparée de la couronne émaillée par un col ou une dépression annulaire , et d'ordinaire par une teinte toute différente, ainsi que par l'absence d'émail, si, dis-je, cette portion était enveloppée dans les chairs, de manière à ne laisser surgir que la couronne, ou bien si la racine s'élevait aussi au-dessus de la gencive. Cette dernière opinion me paraît la plus vraisemblable , à raison de la hauteur extraordinaire des racines. Ce qui est certain, c'est qu'une pareille mâchoire n'a pu appartenir qu'à un poisson de très-grande taille. Les iig. 15« et 136 représentent deux dents légèrement grossies.

C'est une espèce propre aux terrains triasiques. L'original de la fig. 13 se trouve dans la collection de M. Perrin. Une autre mâdioire (fig. 12), un peu plus petite, sur laquelle on distingue cinq dents, se trouve dans la collection de M. Gaillardot , à Lunéville. L'une et l'autre proviennent du Muschelkalk compacte de cette contrée.

Les fig. ii et lo représentent deux dents isolées du Muschelkalk de Bayreuth , que je rapporte à cette espèce , à cause de l'étranglement marqué qui sépare la racine du cône émaillé. Cependant on ne pourra avoir une entière certitude à leur égard qu'autant qu'on les aura trouvées sur une mâchoire. L'une d'elles est fortement comprimée sur les côtés (fig. ik). Les fig. ika, ik h, 1 4 c et 1 S rt, 1 S 6 sont grossies.

Il existe aussi une quantité de dents isolées dans le Keuper de Rottweil , en Wurtemberg , qui sont très-voisines de cette espèce, si même elles ne sont pas identiques avec elle. C'est une question qu'il est d'autant plus difficile de décider, que la plupart de ces dents sont brisées ou n'ont conservé que leur pointe émaillée. La forme de cette pointe et l'étranglement très-prononcé qui la sépare de la racine, me portent cependant à croire qu'elles se rapprochent plutôt du S. Hloiujeoti que du S. acuminatxs. J'en fais la remarque expresse, parce que je me rappelle avoir étiqueté ces dents dans plusieurs collections sous le nom de S. acuminatus.

in, Satirichthys acuminatus.

Vol. 2,Tab. S5a,fig. 1-5.

Je désigne sous ce nom plusieurs dents voisines du S. Mougeoti, mais qui m'ont paru en différer par un caractère constant ; c'est que la base ou le pédicule de la dent est plus court. L'émail en est séparé par un étranglement surmonté d'un léger renflement. La couronne est ordinairement lisse , quelquefois aussi elle est plissée , surtout près de la base, mais les plis ne s'étendent jamais jusqu'au sommet. J'ignore jusqu'à quel point l'absence ou la présence de ces plis et de la racine indioue' des différences spécifiques ; je dois

par conséquent nrabstenir d'énieltre une opinion motivée à cet égard , n'ayant pas les originaux sous les yeux.

Les originaux de mes figures se trouvent dans la collection de l'Institut philosophique de Bristol. Ils proviennent du Muschelkalk d'Aust-Cliff. Les fig. 2 a, 3a, ka et ^a sont grossies. La lig. 56 est une coupe de la racine de fig. iî , pour montrer la cavité de cette dernière.

Autrefois on envisageait ce terrain d'Aust-Cliff comme faisant partie du Lias. Mais je crois avoir démontré, par la détermination des poissons fossiles qu'il renferme, que c'est au Muschelkalk qu'il doit être rapporté ; et la présence de dents du type des Saurichlhys corrobore encore celte découverte. Peut-être reconnaîtra-t-on même un jour , lorsqu'on possédera de meilleurs exemplaires , que notre S. acuminatus n'est qu'une variété du S. MouyeotL

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