‹ Recherches sur les poissons fossiles (volume 2)Chapitre 236 sur 289 · CHAPITRE ^/n · texte numérisé non relu

CHAPITRE ^/n

DU GENRE PHYLLODUS Agass.

On trbuve dans les dépôts tertiaires , et notamment dans l'argile de Londres , des plaques dentaires de poissons qui méritent une attention toute particulière, à cause de la structure feuilletée des dents qu'elles portent , et que je désigne , pour cette raison , sous le nom de PhijUodus. A ne considérer que la forme des dents qui garnissent ces plaques et la manière dont elles sont disposées par séries, on croirait avoir à faire à de vrais Pycnodus. Il y a au milieu une rangée de grandes dents allongées transversalement, qui vont en diminuant de grandeur de dehors en dedans , et qui sont entourées de chaque côté de plusieurs séries de petites dents plus ou moins arrondies. Les dents principales ne sont pas toutes égales ; les plus grandes occupent ordinairement le milieu de la plaque , qui , dans certains exemplaires , est concave, dans d'autres, convexe. Les plaques concaves me paraissent appartenir à l'os hyoïde, les convexes au vomer. Mais ce qu'il y a de vraiment extraordinaire , c'est que ces mêmes dents, au lieu d'être d'une seule pièce, comme chez les Pycnodus, sont composées d'une série de quatre à huit et dix lames superposées qui n'ont guère qu'un quart de ligne d'épaisseur, et qui se remplacent successivement à mesure que la supérieure s'use par la mastication. En présence d'une structure si extraordinaire, il est fort difficile de dire à quelle famille ce curieux genre appartient , d'autant plus qu'on ne connaît encore aucun débri du squelette. M. Owen, dans son Odontographie, envisage ces dents comme des dents pharyngiennes de poissons voisins des Scares , et il fonde ce rapprochement sur la structure microscopique , qui est fort semblable. Cependant la position des lames dont ces plaques sont composées n'est pas la même que celle des dents pharyngiennes des Scares. Dans le genre Phyllodus, les lames sont empilées verticalement les unes sur les autres et offrent toute leur surface extérieure à la mastication , tandis que dans les dents pharyngiennes des Scares la couronne est plus ou moins tranchante.

Cela posé , nous admettons , d'après l'analogie des genres ci-dessus décrits , que la partie rétrécie du palais indique le devant, et la partie élargie l'arrière. Jusqu'ici tous les exemplaires qu'on connaît de ce singulier type sont des palais entiers ; je n'ai pas encore vu de dent isolée.

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