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CHAPITRE IX

DE LA STRllCTUllE DES DENTS DES PYCNODOiVTES.

Les dents des Pycnodontes ont une structure assez uniforme. Nous avons déjà vu que par leur forme extérieure, elles ressemblent fort aux dents des poissons cartilagineux broyeurs. Ce sont comme les dents des Cestraciontes des plaques plus ou moins larges , arrondies, à surfaces planes . très-propres à réduire des alimens contenus dans des enveloppes dures , telles que des carapaces de Crustacés et des coquillages de Mollusques; mais ce qui les distingue d'une manière tranchée, c'est qu'elles sont complètement dépourvues de ces racines larges et planes, à réseaux médullaires compliqués, du milieu desquels s'élèvent des canaux ascendans droits, entourés de tubes calcifères disposés en panache (voy. vol. III , p.lS9 et suiv.). Les dents des Pycnodontes sont disposées d'après un tout autre plan. Elles forment une voûte plus ou moins bombée de dentine épaisse et dure, avec une seule cavité centrale dont les contours répètent ceux de la dent elle-même. Des tubes calcifères minces , mais très-serrés, traversent la dentine , se dirigeant à angle droit vers la surface de la dent. Ces tubes, ramifiés à la manière des peupliers d'Italie, ont leurs branches parallèles au tronc et, comme la déjà fait remarquer M. Owen , c'est dans cette disposition des tubes calcifères que réside un des principaux caractères qui distinguent les dents des Lépidotus de celles des Pycnodontes. Chez les Lépidotus , les dernières branches des tubes calcifères sont contournées en sens divers , et même souvent recourbées vers la base de la dent, tandis que, chez les Pycnodontes, elles sont toujours droites et ne se croisent pas.

Les genres Pymodus (Vol. I,Tab. J.fig. i), Sphœrodm , (fig. 2) et Gyrodus (fig. 3) se ressemblent tellement dans leur structure qu'il est inutile de les décrire séparément. Le genre Microdon participe, d'après M. Ovvcn , à la même structure. Chaque dent forme un capuchon creux, appliqué sur la moelle de la pulpe et divisé en deux couches de dentine distinctes, qui sentourent Tune l'autre. La couche interne qui forme le noyau , est jaune ou brunâtre , et se sépare assez facilement de l'autre. Dans le genre Sphserodus surtout, cette séparation s'opère si facilement , (ju'il y a beaucoup d'espèces dont nous ne connaissons que le capuchon qui est formé par la couche externe , tandis que le noyau de la couche interne est inconnu. Dans les Gyrodus et surtout dans les Pycnodus, les deux couches s'isolent meins facilement. La couche interne se caractérise , outre sa couleur, par des tubes calcifères beaucoup plus

gros et peu ramifiés qui se continuent dans les tubes plus déliés et plus ramifiés de la couche externe, où ils se terminent par des ramules excessivement fines. Les aspérités de la surface des Gyrodus ne dépendent que de la couche externe. Il n'existe point d'émail particulier aucpiel ces ornemens pourraient être attribués.

Le genre Periodus est d'une structure assez différente de celle que nous venons de signaler. Cette structure consiste en un noyau de dentine parcouru par des canaux médullaires assez grands, disposés en réseaux, qui vus sur une coupe, ressemblent à des étoiles, comnumiquant entre elles. De ces réseaux partent des canaux vermiformes beaucoup plus minces et anastomosés nombre de fois. Les tubes calcifères de la dentine sont excessivement minces et serrés; il partent des grands canaux médullaires et présentent un tissu inextricable, d'un aspect velouté. Les rebords saillans, qui caractérisent le genre Periodus, sont formés par une dentine plus solide et sans canaux médullaires. On voit une colonne de cette dentine plus compacte dans la coupe longitudinale de fig. 5.

Les Phylloclus enfin présentent aussi une structure particulière. Les lames horizontales de dentine compacte , dont sont formées ces singulières dents, sont séparées par des couches de tissu osseux, d'un diamètre presque égal aux lames de dentine, et dans lesquelles se trouvent des canaux médullaires. Les tubes calcifères des lames de dentine ressemblent à ceux des Periodus ; ils sont très-fins et serrés. Cette structure des différentes lames milite sans doute en faveur de l'opinion de M. Owen , qui voit dans ces appareils des plaques de dents pharyngiennes , semblables à celles des Scares ; mais leur horizontalité et leur superposition les en éloigne d'un autre côté et me font penser que c'est plutôt des Pycnodontes qu'il faut les rapprocher.

Fig. i, coupe longitudinale d'une dent de Pyctiodus Gigas ; Fig. 2, une coupe pareille de Sphœrodus Gigas; Fig. 3, coupe verticale de Gyrodus rhomboidalis; Fig. k, coupe horizontale, et fig. .^ , coupe verticale de Periodus Kœnigii; Fig. 6 , coupe verticale de Phyllodus toliapicus.

Tableau synoptique de la famille des Pycnodontes ,

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