‹ Recherches sur les poissons fossiles (volume 2)Chapitre 45 sur 289 · OSTEOLEPIS ARENATUS AgaSS · texte numérisé non relu

OSTEOLEPIS ARENATUS AgaSS

Yol. 2. Tab. 2 dj fig. I, 2, 3 et 4-

M. Pentland, à qui les géologues doivent plusieurs notices très-intéressantes sur les poissons fossiles d'Angleterre, a aussi mentionné cette espèce dans les observations qu'il a communiquées à 31. Murchison sur les poissons de Ganirie , près de Troup- Head, BanfFshire, en Ecosse; il la place dans la famille des Esoces, à cause de la position reculée de la dorsale placée près dé l'anale, et parce qu'il a reconnu la présence des ventrales au milieu de l'abdomen. Il ajoute que ce poisson a de grandes écailles pentagones, et la forme particulière de la caudale des poissons de Gaitbness. (V. lesTrans. de la Soc. Géol. de Londres, 2™" série, vol. 2, p. 364.) Les poissons de Gamrie se trouvent dans des géodes de calcaire marneux, qui présentent à leur pourtour une structure cristalline, fibreuse, dont les rayons sont divergens vers leur surface. Ces géodes se trouvent dans une marne bleuâtre d'environ 4o pieds d'épaisseur, au fond d'un ravin dont les flancs sont de vieux grès-rouge. Elles contiennent plusieurs espèces de poissons appartenant à différens genres ; j'en ai examiné un trèsgrand nombre d'exemplaires qui^m'ont été communiqués par M. le D' Rnigbt, d'Aberdeen, et par M. Murchison, qui les devait lui-même aussi à M. Rnigbt. M. le D' Scouler de Dublin , et M. ïorrie, m'en ont aussi communiqué des exemplaires trèsinstructifs. Les mieux conservés de tous ceux que j'ai vus sont des espèces nouvelles des genres Cheirolepis et Cheiracanthus. Les exemplaires de l'espèce dont il s'agit dans cet article sont moins bien conservés : j'ai pu avec peine m'assurer qu'ils appartiennent réellement au genre Osteolepis. N'ayant pas d'abord reconnu la présence des deux dorsales et des deux anales, je pensais que ce poisson devait appartenir au genre Palœoniscus.

Il ne m'est pas possible de déterminer exactement la forme de V Osteolepis arenatus ; les exemplaires les mieux conseivés, et que j'ai fait représenter dans la Tab. 2 dj n'en donnent pas une idée parfaite. Celui de la fig. i est aplati de haut en bas ; la tête est complètement écrasée ; en avant seulement on voit le contour de la mâchoire inférieure droite et les deux plaques branchiostègues. En arrière de la tête, on voit

étalées à droite et à gauche les deux pectorales, qui sont arrondies comme dans les antres espèces de ce genre, et dont les rayons sont très-grèles et trcs-bifurqués ; en avant de celle du côté droit on voit une impression de la branche horizontale inférieure de rhumérus, à l'angle duquel les pectorales sont insérées. Plus en arrière, le tronc doit avoir subi des mutilations plus considérables encore ; car à l'extrémité de cette empreinte on voit la première dorsale et la première anale en profd 5 ce qui prouve évidemment que l'espace entre la tête et ces nageoires est tordu sur luimême, et en conséquence fait paraître le corps moins large qu'il n'a dû l'être. Ces deux nageoires ont à-peu-près la même forme et la même grandeur -, leurs rayons antérieurs, surtout les petits rayons accolés à leur bord, sont un peu plus gros que les suivans, qui sont très-grèles. La longueur totale de la tête est comprise une fois et demie dans l'espace qu'il y a entre l'occiput et la première dorsale. Dans l'exemplaire de la figure 3 , on reconnaît certainement la présence des deux dorsales et des deux anales •, cependant la dislocation générale des écailles fait encore voir ici que le tronc n'a pas son épaisseur naturelle, mais qu'il est allongé; car le bord de toutes les écailles <■ des flancs est fortement incliné en arrière. Sur le pédicule de la queue on voit quelques belles écailles, dont la surface émaillée est couverte de petits points creux trèsdistincts, ressemblant cependant à des grains de sable qui y seraient épars, quand on les examine sous un faible grossissement. J'en ai fait représenter une séparément dans la lig. L\. L'exemplaire de la fig. 2 indique, je crois, les proportions naturelles de cette espèce ; du moins les séries des écailles ne sont-elles pas disloquées , et l'on voit distinctement comment, en avant de la première anale, le tronc se dilate insensiblement. Dans cet exemplaire la seconde dorsale est très-distincte ; elle est placée visà-vis de l'espace qui sépare les deux anales, que l'on voit également bien les deux, quoiqu'elles soient moins distinctes que la seconde dorsale. La caudale se voit également dans la fig. 2 et dans la lig. 3 -, ses rayons grêles vont en diminuant de longueur le long du bord inférieur du prolongement du pédicule de la queue ; ceux du lobe inférieur sont les plus longs. Cependant cette nageoire paraît peu échancrée. Les écailles qui recouvrent le pédicule sont beaucoup plus petites que celles des flancs. Au dessus des séries d'écaillés qui s'étendent jusqu'à l'extrémité de la queue, il y a aussi de petits rayons, mais moins grêles que dans les espèces précédentes et plus accolés contre le pédicule caudal.

A en juger par des fragmens moins parfaits encore, cependant assez distincts pour servir de terme de comparaison , cette espèce atteignait des dimensions plus considél'ables que ne l'indiquent les exemplaires figurés. Il en est entr'autres un dans la collection de M. Murchison, qui provient d'un individu d'environ i5 pouces de long.

Cette espèce n'a encore été trouvée que dans les géodes de Gamrie.

IV. Additions au genre Acanthodes, et description des nouveaux genres

Cheiraca]nthus et Cheirolepis.

1" De f AcANTHODES Bronnii Ag'ass.

Vol. 2,Tab. I. , •

Lorsque j'ai décrit \ Acanthodes Bronnii, au chap. i , pag. 20 de ce volume, je ne connaissais que les exemplaires qui m'avaient été communiqués par M. le Prof. Bronn, et qui étaient suffîsans pour donner une juste idée de la forme et des caractères généraux de cette espèce. Mais depuis j'en ai examiné plusieurs autres dans la collection de M. le comte de Munster, qui me permettent de faire quelques additions de détail à ma description. Je dois de plus à l'obligeance de M. Hermann de Meyer la communication d'un exemplaire parfaitement bien conservé , et qui modifie même un peu les caractères génériques de ce poisson. Je croyais le genre Acanthodes dépourvu de ventrales; mais l'exemplaire de M. de 3Ieyer m'a convaincu qu'elles existent également dans ce genre. Seulement elles sont très-petites et placées en avant du milieu de l'abdomen, environ au tiers antérieur de l'espace compris entre l'anale et l'insertion des pectorales. Leur bord antérieur est soutenu par un rayon épineux, comme celui des pectorales, de l'anale et de la dorsale ; seulement ce rayon est beaucoup plus court ; il n'égale même pas en longueur la moitié de ceux de la dorsale et de l'anale. Ces gros rayons sont évidemment osseux dans toutes les nageoires ; ils sont beaucoup mieux conservés dans cet exemplaire que dans aucun de ceux que j'avais vus auparavant. Au bord intérieur du grand rayon pectoral on voit quelques traces des rayons mous, qui sont très-grèles. Malgré la petitesse extrême des écailles, il est facile de reconnaître encore dans cet exemplaire, que celles du dos et de la partie inférieure du ventre sont plus petites que celles des flancs , et qu'elles sont toutes inclinées de manière que leurs bords supérieur et inférieur sont dirigés en avant et en arrière, et que l'angle inférieur postérieur est tourné directement vers la partie postérieure du corps. Les os de la tête paraissent avoir eu moins de consistance que dans les autres genres de cette famille ; car dans tous les exemplaires que j'ai vus, la tête est marquée par un contour noir, sans que son ossature soit distincte.

Tous ces nouveaux exemplaires proviennent également du terrain houiller des environs de Saarbriick, et sont contenus dans des géodes de fer hydraté carbonate. (*)

C) En énumérant les fossiles du terrain houiller, M. H. de Meyer cite dans son Palœologica, p. 302, plusieurs localités qui me sont encore inconnues , et où l'on trouve aussi des poissons fossiles. En général , cet ouvrage rapporte dans un petit volume une niasse énorme de faits. L'énumération des animaux vertébrés fossiles est le cadre le plus complet de tout ce qui a été fait dans cette partie ; aucun paléontologue ne saurait s'en passer, car elle remplace à elle seule une bibliothèque entière. Ce serait un avantage immense pour la science , si l'on possédait de semblables tableaux poiu: les autres classes du règne animal.

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