‹ Recherches sur les poissons fossiles (volume 2)Chapitre 74 sur 289 · I. Tetragonolepis SEMiemcTus Bronn · texte numérisé non relu

I. Tetragonolepis SEMiemcTus Bronn

Vol. 2, Tab. 22, fig. 2 et 3.

On ne cojinait encore de cette jolie espèce qu'un seul exemplaire qui se trouve dans la collection de 31. le baron d'Althaus à Durheim. Je l'ai examiné à plusieurs reprises, et en ai fait dessiner les deux empreintes ; ce sont les originaux de mes deux figures. M. le Professeur Bronn, lorsqu'il a établi le genre Tetragonolepis ^ en a publié une figure au trait dans le Jahrbuchfur Minéralogie etc., année i83o, accompagnée d'une description très-détaillée et que je me plais à reproduire, parce qu'elle laisse peu de chose à désirer, et que je pourrai y intercaller encore quelques observations nécessaires.

« Ce sont deux plaques correspondantes d'un poisson dont il ne manque que la partie antérieure de la tête et la partie antérieure et inférieure du tronc. Il a de très-grosses écailles et une forme toute particulière; il est très-court et très-large; sa partie inférieure surtout est très-saillante, tandis que le dos est peu arqué. L'extrême régularité des écailles et la position des nageoires impaires immédiatement au bord du contour du

poisson , montrent évidemment qu'il était naturellement très-plat et nullement renflé. La longueur du tronc, depuis l'angle postérieur de l'opercule jusqu'à l'insertion de la caudale, est de 35 millimètres 5 il en a /p jusqu'à l'extrémité de cette nageoire. La partie conservée de la tête a 19 millimètres de longueur; mais étant entière elle a dû en avoir au moins 2'3. La largeur du tronc, en avant de la dorsale, est de 44 ^^^^~ limètres ; et la colonne vertébrale se trouve environ au quart supérieur de cette largeur. Le bord inférieur de la tête descend à peine à la moitié de la hauteur totale. Les écailles sont toutes conservées ». Dans la fig. 3, on les voit par leur surface extérieure; dans quelques points seulement, à la partie antérieure et supérieure du dos et vers le bord du ventre, elles sont enlevées; et l'on voit en dessous les écailles du côté droit par leur surface intérieure. Dans la fig. 2, on ne voit que l'empreinte de la surface extérieure des écailles du côté gauche, et la surface intérieure de celles qui ont été enlevées sur la plaque opposée. « On ne découvre aucune trace des os de la colonne vertébrale; mais les écailles sont légèrement relevées sur une ligne longitudinale qui a du être occupée par elle. Dans sa partie moyenne elle est un peu arquée vers le ventre, puis elle devient horizontale. Les écailles forment des séries obliques, qui vont en divergeant de plus en plus du bord du dos au bord inférieur dé l'abdomen; il y a 28 séries semblables en ai'rière de la tête, et 5 perpendiculaires sous son bord inférieur. Les écailles elles-mêmes vont en grandissant dans chaque série du haut en bas ; celles du dos sont aussi hautes que longues, et ont environ un millimètre; tandis que celles du milieu des flancs ont 5 à 6 millimètres de hauteur sur 2 de longeur » . Dans la partie postérieure du poisson , elles deviennent de plus en plus petites , et sur les côtés de la queue elles sont équilatérales et rhomboïdales. « Dans la région moyenne du tronc, les bords supérieur et inférieur des écailles sont à-peu-près parallèles au diamètre longitudinal du poisson; tandis que dans sa partie supérieure ils deviennent de plus en plus obliques, en se dirigeant vei'S le bord du dos. Cependant ces bords supérieur et inférieur, loin d'être rectilignes eux-mêmes, ont la forme d'un S très-ouvert ». Il paraît que la cavité abdominale était très-spacieuse, car on voit en arrière, à la hauteur du bord antérieur de l'anale, des indices de ses limites. Au bord inférieur du ventre on aperçoit une série d'écaillés impaires et saillantes, qui rappelleraient la dentelure abdominale du genre Pristigaster-j s'il n'y avait pas lieu de croire qu'ici les saillies qu'elles forment sont accidentelles et résultent de la compression de l'abdomen. « La dorsale commence à i3 ou i4 millimètres de Tangle postérieur de l'opercule ; elle a 20 millimètres de long; son bord antérieur en a 7, et ses rayons vont en diminuant insensiblement jusque vers l'insertion des rayons de la caudale, sans cependant se confondre avec eux. Ces derniers rayons n'ont que 2 millimètres de longueur. L'anale se termine aussi immédiatement en avant de la caudale, et s'étend sous la queue jusqu'à 16 millimètres de

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son insertion -, les rayons de son bord antérieur ont 4 millimètres , ceux de son bord poste'rieur n'en ont que 2 » . On voit des traces des petites pectorales en dessous de l'angle de l'humérus, qui forme en arrière une saillie arrondie. Les pièces operculaires sont étroites et petites , comme toute la tête l'est proportionnellement aux larges dimensions du corps. On ne voit pas de trace des ventrales; cependant je ne puis admettre la supposition de 31. Bronn, que si elles existaient, elles étaient insérées en avant des pectorales ; car elles sont placées au milieu de l'abdomen dans plusieurs espèces oii elles sont très-bien conservées. Il me paraît donc plus probable d'admettre qu'elles ont été enlevées sans laisser de traces de leur existence , comme cela arrive si souvent dans les Ganoïdes. « La caudale a 9 millimètres de longueur; son bord postérieur est coupé presque carrément, ou plutôt légèrement arrondi; ses deux extrémités sont distantes l'une de l'autre de 19 millimètres ». Mais la largeur apparente de la nageoire dépendant du rapprochement et de l'éloignement des rayons, il ne faut pas attacher d'importance à ce caractère.

Plus loin, M. Bronn compare ce poisson avec les espèces fossiles déjà connues. Il ne lui trouve de ressemblance qu'avec le Dapedius du Lias, dont il croit pouvoir le distinguer par l'absence des dents bifurquées, des onglets articulaires des écailles, et par la position des ventrales, qu'il croit jugulaires. J'ai déjà fait remarquer qu'il était probable que ce poisson avait ses ventrales dans la même situation que les Dapedius. Quant aux écailles, leur structure est parfaitement semblable dans les deux genres, et les onglets articulaires existent dans toutes les espèces de Tetragonolepis aussi bien que dans les Dapedius; comme on l'a vu plus haut dans la discussion de la valeur relative de leurs -caractères génériques. Les dents du Tetragonolepis semicinctus n'ayant point encore été observées, la position générique de cette espèce pourrait paraître douteuse , si la disposition des écailles et la grande différence de dimension entre celles du dos et celles des flancs ne rappelaient plutôt les Tetragonolepis que les Dapedius. Lorsque M. Bronn a cherché ensuite à déterminer la position de son genre Tetragonolepis dans la classe des poissons, il a éprouvé la même difficulté que l'on éprouverait maintenant si l'on voulait s'efforcer d'encadrer dans les familles déjà établies les nouveaux genres dont j'ai formé mes Lépidoïdes, mes Sauroïdes et mes Pycnodontes , et dont toutes les espèces sont fossiles. Ils forment évidemment ensemble une grande division naturelle, dont je rappellerai, dans les généralités de ce volume, toutes les particularités d'organisation, et qui a dû rester inconnue aux zoologistes aussi long-temps que les poissons des terrains anciens n'avaient pas été soumis à un examen très-détaillé.

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