‹ Recherches sur les poissons fossiles (volume 2)Chapitre 88 sur 289 · XV. Tetragonolepis Magneville Agass · texte numérisé non relu

XV. Tetragonolepis Magneville Agass

Vol. 2, Tab. 24.

Espèce très-caractéristique par sa grande largeur, par la petitesse de sa tête, par la ténuité du pédicule de la queue, par l'extension de la dorsale et de l'anale, et par la granulation des écailles. Ce poisson a été découvert par M. de Magneville dans rOolithe inférieure des environs de Caen. Je n'en connais encore que ce seul exemplaire, qui se trouve au Musée de Caen.

Les caractères qui distinguent cette espèce sont si tranchés, qu'il est impossible de la confondre avec aucune des espèces précédentes. La tête est proportionnellement petite; les mâchoires seules, qui forment une saillie arrondie, sont aussi grandes que dans les autres espèces. En dessous de la mâchoire inférieure l'on remarque l'empreinte d'un écusson impair, moins grand que dans le T. angidifer. En arrière on voit "7 rayons branchiostègues, dont les antérieurs sont plus courts et plus larges que les suivans qui vont en s'allongeant insensiblement. Les pièces operculaires sont petites. Les plaques buccales et les sous-orbitaires ont dû être beaucoup plus petits que dans les autres espèces; car l'orbite occupe presque tout l'espace entre les mâchoires et les pièces operculaires. C'est le crâne qui est la moins développée des régions de la tête. Tous les os de la tête ont leur surface couverte de points saillans. Ceux de la ceinture thoracique s'aperçoivent comme une lisière étroite en arrière de la tête.

La forme et la grandeur des écailles varie extrêmement suivant leur position. Celles qui recouvrent les parois de la cavité abdominale sont les plus grandes, et en même temps beaucoup plus hautes que longues; celles de la nuque et des côtés de la queue deviennent insensiblement plus petites, et sont à-peu-près équilatérales. Sur le pédicule de la queue, elles sont beaucoup plus petites encore que dans le voisinage de la dorsale et de l'anale. Le long de l'insertion de ces deux nageoires, il y a une série de petites écailles oblongues, qui suivent la direction des rayons et qui ont dû former une espèce de gaîne autour de leur base. La ligne latérale, légèrement arquée vers le dos, s'étend presque directement de l'angle supérieur de l'opercule au milieu delà caudale. Toutes les écailles ont leur surface ornée de petits points saillans, ou de petits tubercules en forme de piquans.

La nageoire dorsale commence un peu en avant du milieu du dos, qui est fortement voûté, et s'étend jusque près des fulcres qui bordent le lobe supérieur de la caudale. Ses rayons sont si profondément bifurques, qu'ils se sont divisés en filets parallèles, sur lesquels on aperçoit des articulations transversales très-rapprochées. L'anale s'étend encore plus en arrière que la dorsale, et jusque vers la base de la caudale; mais son extrémité antérieure a été enlevée avec le bord inférieur du ventre. Cependant, d'après ce qu'il en reste, il est évident que cette nageoire était très-longue. Sa base est droite, tandis que la partie correspondante de la dorsale forme un arc. Ses rayons sont décomposés en filets, comme ceux de la dorsale; la base des premiers, qui sont mieux conservés, indique qu'ils étaient assez larges, et qu'ils avaient des articulations transversales très-rapprochées. Les rayons de la caudale sont moins larges à leur base; mais ils vont en se dilatant à leur extrémité, à mesure qu'ils se subdivisent en un plus grand nombre de filets. Leurs articulations transversales sont assez rapprochées pour que les articles ne soient pas plus longs que larges. Le long

du bord supérieur de cette nageoire, il y a de grands fulcres allongés-, ceux de sou bord inférieur sont plus petits. Les ventrales ont été enlevées avec la partie inférieure du ventre. Il n'est non plus i^esté aucune trace des pectorales, qui paraissent cependant avoir occupé une dépression qui se voit à la hauteur du bord de la mâchoire inférieure.

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