V. Semionotus Nilssoni k
Yol. 2. Tab. 27 a 3 fig. i, 2, 3, 4 et 5. fCah. suppl. *)
Faute de renseignemens sur l'origine de ce poisson, que je reçus de Suède déjà vers la fin de i834 , et qui se trouve mentionné dans le Feuilleton, page ^7, j'avais dû suspendre la publication de mes notes sur les autres espèces de ce genre. M. Nilsson, à qui j'en étais redevable sans le savoir, m'a appris depuis, que, comme je l'avais supposé d'après ses affinités avec les autres Lépidoïdes, il provient du Lias. C'est dans les couches houillères du Lias de Schonen , près de Bosarp et de Hœganœs, que l'on trouve cette espèce; elle a même déjà été décrite et figurée par M. Nilsson dans les Transactions de l'Académie des Sciences de Stockholm, 1824 , p.io3 à iô5, tab. 2, fig. I, 2 et 3. Comme M. Nilsson ne lui a pas donné de nom , je m'empresse de la dédier au savant à qui la science doit de si précieux documens sur les fossiles de la Suède.
Le S. Nilssoni est une espèce facile à distinguer ; elle est très-bien caractérisée par ses grandes écailles lisses et par la largeur assez considérable du tronc. La tête est proportionnellement assez petite. Quoique ses os soient en grande partie enlevés dans l'exemplaire représenté fig. i , il est cependant possible d'en déterminer la forme
(*) En donnant aux planches des Cahiers supplémentaires des N"' qui font suite à ceux des planches du corps de l'ouvrage, j'ai pour but d'en faciliter l'arrangement systématique. Quant aux personnes qui n'en feront pas l'acquisition, elles seront toujours prévenues par la parenthèse qui suit les citations, qu'elles ne trouveront pas ces planches dans leurs portefeuilles.
assez exactement, tant leur empreinte est distincte. Comme la tête^ dans cette figure , se présente plutôt de profil qu'en face , je l'ai fait aussi dessiner (fig. 2) par sa face supérieure , de manière à représenter les os du crâne et la mâchoire supérieure , au bord de laquelle on aperçoit très-distinctement la rangée extérieure des dents. Les fronteaux , a, a, sont fort allongés \ leur prolongement antérieur ne se rétrécit pas très-considérablement; en sorte que la tête est moins effilée dans cette espèce que dans les autres. La suture qui les unit, est inégale , le frontal gauche étant plus large que le droit , et faisant saillie sur lui à sa partie postérieure. Les pariétaux , bj b, sont petits; le droit est cependant un peu plus grand que le gauche . Le mastoïdien gauche , en partie conservé, c, montre à sa surface de très-petits tubercules pointus. L'orbite est assez petite ; les sous-orbitaires qui l'entourent sont étroits et granuleux à leur surface. Les plaques buccales, d, considérablement plus larges, semblent complètement lisses, à en juger du moins par un fragment dont la surface est visible. L'opercule est beaucoup plus haut que large ; les autres pièces operculaires sont enlevées. La forme de la gueule est assez particulière, peu allongée, fendue transversalement; les os maxillaires sont courts, mais assez développés en travers. L'on ne peut distinguer que la rangée extérieure des dents , où elles sont toutes imiformes , grêles , cylindracées , terminées en pointe obtuse. Le milieu de la mâchoire supérieure est formé par les intermaxillaires , sur le côté desquels les maxillaires supérieurs sont disposés de manière à ne former qu'un seul arc avec eux.
La partie antérieure du tronc, qui seule est bien conservée, présente une courbure uniforme de la nuque au bord antérieur de la nageoire dorsale; les contours du ventre sont plus droits. La queue est complètement cachée, et la partie de la roche dans laquelle elle gît est trop mince pour qu'il ait été possible de la mettre à découvert. Les écailles sont très-grandes , proportionnellenient aux dimensions du poisson , surtout celles du milieu des flancs, fig. 4; leur face extérieure est lisse, et leurs bords sont entiers et droits; l'angle inférieur et postérieur, seulement, fait une saillie assez vive, qui est même bifurquée dans quelques écailles de la partie iiîférieure du tronc. Cette pointe n'est pas un simple prolongement de l'angle de l'écaillé , mais paraît produite par un épaississement de ses lames ; eusorte qu'elle forme comme une quille obtuse qui avance diagonalement vers le milieu de sa surface. On distingue aussi un petit sillon au bord inférieur des écailles qui recouvrent la partie inférieure des flancs. Vers le dos et le ventre , les écailles sont un peu plus petites que sur le milieu du corps ; leurs bords supérieur et inférieur se dirigent obliquement en haut jusque vers la dorsale; là (fig. 5) ils deviennent de plus en plus horizontaux, jusque dans la partie de la queue qui est encore visible. Les écailles de la ligne latérale sont percées d'un tube qui s'ouvre dans une échancrure de leur bord postérieur, environ à la moitié de leur hauteur.
Les pectorales, insérées au dessous de l'opercule et près du bord inférieur du corps , sont entièrement enlevées j cependant la structure de la base des rayons de celle du côté gauclie , que l'on voit assez distinctement , prouA^e que ces nageoires étaient formées de rayons grêles. La ventrale du même côté est très-bien conservée; mais celle du côté droit est cachée; on y distingue 6 rayons assez grêles, simples jusqu'à la moitié de leur longueur, et de là bifurques et articulés transversalement; leurs côtés sont recouverts d'émail. Le premier d'entr'eux est plus large à sa base que les autres ; il est précédé d'une écaille acuminée. Cette nageoire est placée beaucoup en avant du bord antérieur de la dorsale. Celle-ci a à son bord antérieur des rayons simples assez larges à leur base , et qui augmentent insensiblement de longueur : viennent ensuite des rayons plus effilés , simples environ jusqu'à la moitié de leur longueur , puis bifurques et articulés transversalement. Tous ces rayons ont leurs côtés recouverts d'émail ; il n'est pas possible d'en indiquer exactement le nombre, l'extrémité de la nageoire étant très-endommagée.