‹ Recherches sur les poissons fossiles (volume 3)Chapitre 69 sur 156 · II- PARTIE · texte numérisé non relu

II- PARTIE

DES CYCLOIDES MALACOPTERYGIENS.

TojJ. Y. 2' PARTIE.

DES CYCLOIDES MALACOI»TERYGII]]\S EN GÉIVÉRAL.

Après avoir passé en revue les familles qui joignent à leur caractère d'ordre celui d'avoir des rayons épineux à la dorsale, nous arrivons à celles qui sont dépourvues de ce caractère. Je range dans celte division les familles suivantes : les Cyprins, les Cyprinodontes , les Esoces, les Halécoïdes , les Angùilliformes et les Gades. Toutes ces familles sont liées entre elles par des affinités très-étroites. Ainsi la famille des Cyprins se rattache à celle des Esoces par les Cyprinodontes, tout comme elle se lie aux Anguilles par les Loches (Cobitis). Les Salmones (dont je fais avec les Clupes ma famille des Halécoïdes), se rattachent aux Esoces par les genres Xiphostoma et Belone d'un côté et par les genres Scopelus et Stomias de l'autre. Les Gades se rapprochent directement des Anguilles par les Ophidium, qui à leur tour les rapprochent directement des Esoces et des Salmones. Comme que l'on envisage donc ces familles et dans quelque ordre qu'on les fasse suivre, leurs affinités sont telles qu'elles se présentent toujours comme un groupe très-naturel , dont le caractère d'ordre est d'avoir des écailles de Cycloïdes , et le caractère secondaire d'avoir des nageoires malacoplérygiennes. Or ce qui prouve bien que les caractères tirés de la position des nageoires ventrales n'ont pas la valeur qu'on a voulu leur prêter, c'est que dans ce groupe si naturel , il y a à la fois des poissons abdominaux , les Halécoïdes , les Cyprinodontes et les Esoces ; des Apodes , les Anguilles ; des thoraciques el des jugulaires, les Trachinides et les Gades. La plupart des naturalistes rangent aussi la famille des Siluroïdes parmi les Malacoptérygiens ; mais je crois que l'affinité est ici plutôt apparente que réelle, et j'ai fait voir ailleurs qu'ils se rattachent d'une manière trop directe aux Esturgeons par les Loricaires pour pouvoir en être séparés. C'est par conséquent parmi les Ganoïdes qu'ils doivent très-probablement trouver leur place. Les Pleuronectes que Cu\ier range également parmi les Malacoptérygiens, ont des écailles pectinées , et doivent par conséquent être reportés dans l'ordre des Cténoïdes à côté des Chétodontes. Les Echeneis sont de vrais Acantlioplérygiens, ainsi que nous l'avons fait voir dans la première partie de ce volume. Quant aux vrais Discoboles , les poissons qui en font partie sont encore trop peu connus pour que l'on puisse se prononcer d'une manière définitive sur leurs vraies affinités.

Quant aux affinités qui lient les Cycloïdes malacoptérygiens aux Acanthoptérygiens , nous

les avons discutées en détail dans les remarques générales sur l'ordre des Cycloïdes. Nul ne

conteste que les Labres ne soient très-voisins des Cyprins , par leurs dents pharyngiennes et

la structure de leurs lèvres, ni que les Scombres, les Sphyrènes et les Hisliophores ne se rap-

Carton. Tom. V, 2' part.

prochent à bien des égards des Esoces et des Belones ; el ces affinités sont une des principales raisons qui m'ont fait subordonner les difîérences tirées des nageoires à l'uniformité de la squammation.

La plupart des espèces de Cycloïdes malacoptérygiens ont le corps fusiforme ou plus ou moins comprimé , depuis les formes trapues des Carpes et des Truites jusqu'aux formes effilées des Anguilles. Il n'en est aucune qui soit globuleuse ou déprimée à la manière des Raies. On trouve au contraire dans ce groupe les formes les plus régulières, et l'on peut dire sans exagérer que ce sont les poissons les plus élégans de toute la classe. Ils habitent en grande majorité les eaux douces , et il n'y a que quelques familles dans lesquelles les espèces marines l'emportent par leur nombre sur les espèces fluviatiles.

Toutes les familles qui rentrent dans ce groupe à l'exception des Gadoïdes ont des représentans fossiles. Les plus anciens types sont des Halécoïdes qui apparaissent simultanément avec plusieurs genres de Scombéroïdes dans les schistes de Claris. Les premières traces de poissons d'eau douce se montrent dans les formations tertiaires. Ce sont des Cyprins, des Esoces et des Anguilles , associés à des Perches , dont les espèces, quoique voisines de celles de nos jours , sont cependant différentes. Mais il n'existe point de Saumon fossile , el le type si remarquable des Cyprins propre aux rivières de l'Inde, que M. Heckel a décrit sous le nom de Schizolhorax , paraît également étranger à la faune fossile.

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